21 février 2017

Xiu Xiu - Forget

J'ai encore du retard dans ma chronique hebdomadaire du disque de la semaine puisque les sorties musicales paraissent le vendredi. Cette fois-ci, j'ai une excuse, car le nouvel album de Xiu Xiu ne doit sortir que le 24 février. Pourtant, ça fait un bail qu'il est accessible sur le net via un leak malencontreux. Jamie Stewart est toujours aussi prolifique, puisqu'après son disque sur Twin Peaks parut l'an dernier, ainsi que diverses collaborations, il nous revient dès février avec de surcroît un nouveau Xiu Xiu presque accessible au plus grand monde. Car il faut avouer que les productions de Stewart sont absconses, torturées, qu'il est compliqué parfois d'y trouver une quelconque accroche. Avec "Forget", on a droit à des titres plus directs ("The Call", "Wondering"), plus immédiats même si le monsieur cultive toujours son goût immodéré pour les climats et ambiances un peu glauques. Mais ce refus du tout-venant est le propre des groupes qui font avancer les choses, qui bousculent les lignes.
La pop de Xiu Xiu est, après 15 ans de carrière, facilement reconnaissable, curieux mélange de new wave lo-fi et de musique industrielle, et cette voix tantôt caressante, tantôt rugueuse. "Forget" ne change pas une équipe qui gagne, mais revient à de la musique plus lumineuse, toute proportion gardée, tout du moins plus mélodique. Il est temps que ce groupe soit reconnu à sa juste valeur, lui qui produit une pop parmi les plus novatrices de l'époque.

15 février 2017

The Flaming Lips (+ Georgia) - Paris, le Bataclan - 2 février 2017

C'est la première fois qu'on revenait avec maman au Bataclan depuis les événements tragiques que personne n'a oublié. Puisque c'était pour voir les Flaming Lips, je n'ai pas hésité un seul instant. Avec la bande de Wayne Coyne, ça ne peut qu'être festif, limite régressif. Pauvre Georgia, jeune anglaise, qui devait assurer la première partie avec sa copine, elle à la batterie, l'autre au clavier. La tâche paraissait compliquée. Encore qu'il vaut mieux passer avant qu'après. Comment peut-on passer après les Flaming Lips d'ailleurs ? Comment ne pas paraître fade et insignifiant ? Georgia fait du mieux qu'elle peut, développant une belle énergie et surtout affiche une sincérité bienvenue. La musique n'est pas trop ma came, mais c'est assez original. Je n'ai pas expliqué notre entrée dans la salle du Bataclan, les deux énormes champignons hallucinogènes à l'entrée, les ballons de 1m de diamètre a l'étage retenus par un filet. On imagine l'entrée en matière. On avait raison. "Race for the Prize", les ballons sur nos têtes, des confettis lâchés depuis le plafond et Coyne qui nous allume à coup de canon à serpentins. L'effet est garanti et fonctionne à chaque fois. Avec les Flaming Lips, on revient systématiquement en enfance. La suite, c'est Yoshimi et deux animaux géants gonflables qui débarquent sur scène, encadrant le chanteur qui finit par avoir du mal à assurer, avec toute cette mise en scène et les ballons qui lui reviennent en pleine figure. Wayne Coyne montera ensuite sur une grande licorne en plastique, ornée de guirlandes lumineuses. 
Le groupe entier, hormis leur charismatique chanteur, joue derrière un ruban de lianes lumineuses et multicolores. Autre moment fort, "Space Oddity" chanté dans une bulle au-dessus du public. Si le son et la performance globale - surtout de Coyne, pas toujours très juste- pouvait laisser à désirer au début, les Flaming Lips montent en puissance, notamment sur un grandiose "Feeling Yourself Disintegrate" - ma préférée qui n'a même pas besoin d'artifices pour aller droit au coeur, contrairement à ce que pourraient dire des mauvaises langues sur le fait que tout le décorum que les Flaming Lips mettent à chacun de leur concert sert surtout à masquer la faiblesse des morceaux. Tout ça finira évidemment par un parfait "Do You Realize?" en guise de rappel. Il a évidemment été question de l'attaque terroriste et du bonheur d'être ensemble et ce sentiment d'être plus fort. Plus fort que la mort. Les chansons des Flaming Lips ne parlent d'ailleurs que de ça. Et tout le monde de rentrer chez soi un sourire béat aux lèvres. Soirée inoubliable. Dans la boutique sur leur site internet, on peut acheter un tee-shirt où il est écrit "I experienced the Flaming Lips in concert and it made me a better human being". Tout est dit.

13 février 2017

The Bats - The Deep Set

Mon disque de la semaine arrive avec quelques jours de retard cette fois, vacances d'hiver oblige. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai quelques posts dans les cartons qui devraient être publiés très bientôt. "The Deep Set" est le nouvel album des néo-zélandais de The Bats. Voici un groupe à la musique immuable. Ce disque aurait très bien pu sortir il y a 30 ans au moment de "Daddy's Highway", leur premier essai. C'est toujours ce qu'on a appelé le Dunedin Sound bien que The Bats soient originaires de Christchurch. C'est toujours publié sur l'indispensable label local Flying Nun, que chaque fan d'indie pop vénère comme il se doit. Ce sont toujours les mêmes membres depuis les débuts, notamment Robert Scott présent au sein des non moins excellents The Clean. C'est toujours cette musique et ces guitares impeccables, ces mélodies inspirées par les premiers R.E.M. et "The Good Earth" des grands frères américains des Feelies. 
Je pourrais m'en lasser mais non. C'est toujours aussi bien, même après 6 ans d'absence. Voilà donc un album idéal pour un retour de vacances. The Bats demeure une valeur sûre. Il n'en existe plus tant que ça. Réconfortant comme un hiver au coin du feu. Et si la Nouvelle Zélande était une de nos prochaines destinations de vacances ?

3 février 2017

Surfer Blood - Snowdonia

Amateurs du Teenage Fanclub, bonjour. Voici le nouvel album des américains de Surfer Blood, beaucoup plus surfers que sanguinaires. La formation a pourtant connu des déboires : le départ de son bassiste et surtout le décès l'année passée de son guitariste Thomas Fekete, suite à un cancer. Sur ce "Snowdonia", il n'y parait rien ou presque. On retrouve l'indie pop dans ce qu'elle peut avoir de plus mélodique, de plus lumineux. Un disque où il est question de neige, mais ne vous y fiez pas, c'est plutôt un disque d'été, qui respire le soleil. Un truc qui vous donne la vitamine D manquante. Bien sûr, on ne vous parlera pas de la musique de Surfer Blood, parce que bon, c'est mignon, mais ça ne va pas chercher loin non plus.
Ces gens ont tort. Ces chansons à tiroir, ces guitares tourbillonnantes, maniant à merveille l'art du contre-pied, ces choeurs intelligemment parsemés, ces "ouhou", ces "lalala" venant à bon escient. Pour toutes ces raisons, "Snowdonia" est le meilleur album de Surfer Blood et à ce titre, une belle réussite.