30 août 2017

Grizzly Bear - Painted Ruins

5 ans sans nouvelles, c'est long. Le précédent "Shields" m'avait d'abord déçu à l'instar de tous ces disques dont l'attente est trop forte, disproportionnée. Puis, comme beaucoup d'albums de 2012 (ceux de Beach House, d'Ariel Punk, etc, à croire que j'étais bien à côté de mes pompes cette année-la), j'ai été bien obligé de réévaluer "Shields". Parce que Grizzly Bear est un des groupes de rock indépendant les plus passionnants de l'époque. Leurs chansons ne se laissent pas facilement apprivoiser. Elles se méritent, tourbillon d'arrangements subtiles, de voix aériennes et de mélodies plus légères qu'il n'y paraît. Pas de révolution comme chez Arcade Fire ici, on ne simplifie toujours pas les choses, on continue le hors pistes, quitte à larguer encore plus de monde. 
La musique de Grizzly Bear est trop cérébrale, diront certains. Sans doute. Il y a un effort à faire. Mais une fois habitué, ces mélodies paraissent évidentes. On pense à l'effet que nous avait fait les chansons de Radiohead au tournant du millénaire. Sûr que ce "Painted Ruins" sera bien classé dans mon panthéon de 2017. Comme l'avait été "Veckatimest". Comme aurait dû l'être "Shields". Comme chaque production de ces quatre garçons.

28 août 2017

Temples, Future Islands, Jesus and Mary Chain, etc. (Festival La Route du Rock, Fort Saint-Père, samedi 19 août 2017)

Voilà, c'est toujours pareil avec les vacances. On se dit qu'on va enfin pouvoir profiter d'avoir plus de temps libre pour récupérer notre retard de disques à écouter, de livres à lire, de films ou séries à voir, de posts de blog à écrire. Et puis, finalement, non. Et c'est tant mieux, parce qu'on a finalement été sevré plus que prévu de culture et que surtout on a été trop faignant pour écrire quoi que ce soit. Cela fait du bien, de se déconnecter vraiment. De profiter pleinement et sereinement. La Route du rock, voilà un événement toujours agréable, même si j'avais fait l'impasse sur la précédente édition, faute d'affiche qui m'aurait fait déplacer. Cette fois-ci, ce fut d'abord pour les revenants Jesus and Mary Chain - pas leur dernier disque assez convenu, mais pour le souvenir des éclats bruitistes de leurs débuts. Puis, ce fut et surtout pour Temples et Future Islands que j'attendais avec impatience de voir pour la première fois sur scène. PJ Harvey, ça sera plutôt la semaine suivante à Rock en Seine. On loupa volontairement le premier concert de la soirée, celui de Cold Pumas qui ne m'avaient pas franchement convaincu sur disque. Le suivant, on aurait aussi pu faire l'impasse. Les américains de Parquet Courts, dont le rock est parfois comparé à celui de glorieux aînés tels que Television, Pixies, Sonic Youth ou Pavement, sont assurément surcôtés. Leurs chansons sont somme toute assez basiques hormis quelques titres ("Dust"). Le guitariste aux faux airs de Beck ou de Thurston Moore se montre pourtant assez arrogant. À l'inverse de son collègue à l'improbable look de teenager tout droit sorti de la série des années 90, "Sauvé par le gong". Tant mieux si certains y trouvent leur compte.
À suivre, la reformation de Arab Strap, ce groupe écossais adepte des ambiances plutôt intimes : pas franchement de la musique de festival, donc. D'autant que les textes souvent plus parlés que chantés constituent une part importante de leur univers. Après quelques longues minutes assez ennuyeuses - dommage, car le chanteur, Aidan Moffat, avait lui, l'air content d'être là -, le set prit du peps en fin de parcours mais un peu tard.
21h15, enfin l'heure d'en découdre avec les jeunes petits surdoués anglais de Temples. Si leur premier disque m'avait plutôt enthousiasmé, le second m'a définitivement convaincu. Pas qu'il soit meilleur, il m'a d'ailleurs permis de réévaluer le précédent. Temples, sous leurs airs de déjà entendus des milliers de fois possède un talent rare pour produire au kilomètre des hymnes pop intemporels, empruntant au meilleur du répertoire anglais essentiellement sixties, des Beatles bien sûr aux Kinks en passant par T-Rex, Bowie ou Pink Floyd. En concert, les petits gars assurent sans trop la ramener. Assez impressionnant.
La suite verra la prestation des revenants de Jesus and Mary Chain qui eux aussi, paraissent plus modestes que prévu. Leur retour en studio ne s'est pas soldé par un disque indispensable loin s'en faut même s'il n'est pas non plus honteux. En live, c'est plus efficace à défaut de casser la baraque. Les frères Reid se contentent d'assurer avec un son plus rond et direct qu'à l'époque de "Psychocandy". On peut le regretter mais comme tout un chacun ils vieillissent et on a connu pire pour leur âge.
Ensuite, il faut se taper les Black Lips pour patienter. Les Black Lips possèdent un évident capital sympathie mais après Jesus and Mary Chain les petits gars font très amateurs. Le son est horrible. Malgré cela, nos oreilles finissent par s'habituer et sur quelques titres leur côté volontairement (ou pas) brouillon et simpliste fait même son petit effet ("Family Tree"). Pas suffisamment pour que nous ne partions pas avant la fin nous placer devant la grande scène histoire d'être aux premières loges pour admirer le légendaire déhanché de Samuel T. Herring. Et comme prévu, du début à la fin de leur prestation, le chanteur de Future Islands n'aura de cesse de nous concocter des micro-danses et des postures particulièrement physiques dont lui seul a le secret. Ce type a une énergie incroyable, le tout avec un naturel confondant. La musique est à l'avenant, directe, dansante, avec ce côté non toujours maîtrisé qui en irrite certains et en enthousiasme d'autres. Je fais partie, vous l'aurez deviné de la deuxième catégorie.
Il est alors temps de s'éclipser. L'attente de près d'une heure avant le prochain et dernier concert, celui de Soulwax, et l'heure tardive ont raison de nous. Le temps de conclure que la Route du Rock reste notre festival préféré à maman et moi, même si cette cuvée n'était assurément pas la meilleure. Il manquait LE concert (The Flaming Lips en 2011, Nick Cave en 2013 ou Portishead en 2014). L'année prochaine peut-être à moins qu'on se soit tout simplement trompé de jour en évitant PJ Harvey et Interpol ?

4 août 2017

François and the Atlas Mountains - Solide Mirage

De retour de quinze jours de vacances, je vais essayer de m'atteler au mois d'août à rattraper mon retard de nouveautés, de vieilleries - ben oui, l'été, c'est aussi l'occasion de faire une pause salutaire dans l'actualité musicale et de découvrir ou redécouvrir des artistes injustement délaissés - de livres, de concerts. Bref, en attendant la vraie rentrée, c'est encore l'heure de se faire plaisir, de prendre son temps aussi. Pour le dernier disque de François and The Atlas Mountains, j'étais négligemment passé à côté, à cause d'une écoute distraite et des habituelles voix discordantes sur les réseaux sociaux. Ben oui, il m'arrive encore de me laisser influencé. Je suis retombé dessus par hasard le temps d'une ballade estivale dans la capitale. Passant près de l'Hôtel de Ville de Paris avec les enfants, nous avons constaté qu'il y avait là le Festival Fnac Live et que François and The Atlas Mountains y jouaient gratuitement dans un quart d'heure. Comme les loulous connaissent et aiment bien "Soyons les plus beaux" où "La vérité", on s'est dit que ça pourrait être sympa. Et puis, c'était aussi l'occasion de rentrer dans les salons de la mairie et de voir pour la première fois le groupe en concert. Ce fut effectivement très plaisant, même si trop court d'autant qu'en raison de problèmes techniques, le concert commença avec 10 minutes de retard. Le groupe ne joua aussi quasiment que le dernier disque que je ne connaissais pas bien. Malgré cela, on passa un très bon moment. François and The Atlas Mountains sera à voir dans des circonstances plus favorables. 
"Solide mirage", leur dernier album, assoit en tout cas définitivement la formation, imposant son style à nul autre pareil. Une pop bien de chez nous qui emprunte à Daho, Dominique A mais aussi à des groupes américains comme Grizzly Bear ou Animal Collective jusqu'au Mali de Amadou et Mariam. Si le début est impeccable, il y a bien quelques titres plus dispensables (notamment "Bête morcelée") en cours de route. Pas suffisant pour ne pas rêver avec eux du "Perpétuel été".