20 octobre 2017

Destroyer - Ken

Découvert réellement au moment de son dernier et magnifique "Poison Season" - très bien classé dans mon top albums 2015 - Destroyer est déjà en passe de devenir un de mes groupes préférés. Son nouveau disque "Ken" a une étonnante référence : c'est le titre original du très beau "The Wild Ones" de Suede. Pourtant, l'univers musical de Dan Bejar est assez éloigné de celui de Brett Anderson, même si tous les deux puisent plus leur inspiration en Angleterre qu'en Amérique. La musique, assez proche de son "Kaputt" - son disque le plus adulé par la critique - revient à des sonorités eighties. On croirait entendre une sorte de New Order (les synthés sur "In The Morning" ou "Tinseltown Swimming in Blood") ou de Pet Shop Boys pas dansant, plus précieux et orchestré, qui ferait davantage de bien à la tête qu'aux pieds. "Sky's Grey" fait aussi penser à la classe et l'épure de son précédent album et beaucoup moins au Springsteen de "Born to Run". Il reste aussi quelques titres plus directs et immédiats comme "Cover from the sun" ou "Sometimes in the world". Le refrain de "La règle du jeu" chanté par Bejar en français sur le dernier morceau n'est pas sans rappeler la pop fantasque des frères Maël. 
Bref, Destroyer est une de ces rares formations qui avancent toujours, proposant du neuf avec du vieux. "Ken" est un mélange de tout ce qui fait de Destroyer un groupe supérieur. 

11 octobre 2017

Ghostpoet - Dark Days + Canapés

Après King Gizzard and The Lizard Wizard, voici une autre musique dont je ne suis habituellement pas très amateur. Comme quoi, je suis aussi capable de m'ouvrir à d'autres styles que le sempiternel rock indépendant ou la pop à la française. Ghostpoet est le pseudo d'un chanteur londonien d'origine nigérianne, Obaro Ejimiwe. Je l'avais vu en concert, en première partie de Metronomy, à Edimbourg, au moment de la sortie de son premier album, en 2011. Déjà, à l'époque, j'avais plutôt apprécié son originalité. Le gaillard pratique une sorte de trip-hop assez glauque, un peu politique, et en cela proche de Massive Attack. Un membre de ces derniers, Daddy G, vient d'ailleurs faire une apparition sur "Woe is meee" - comme un renvoi d'ascenseur, après la participation de Ghostpoet au troublant titre "Come Near Me" de la mythique formation de Bristol.
Ce n'est pas vraiment chanté, plutôt parlé. Ce n'est pas vraiment mélodique, c'est plus l'ambiance et la rythmique qui prédominent. Les influences et les arrangements sont plus variés qu'il n'y paraît. Il y a même un tube en puissance, "Freakshow", au groove et au riff de guitare assez irrésistibles. Et puis il y a le magnifique "End times" qui vient conclure de la meilleure façon qui soit un bien beau disque.

5 octobre 2017

King Gizzard and The Lizard Wizard - Flying Microtonal Banana

Voilà un groupe dont je ne pouvais foncièrement pas passer à côté, déjà rien que pour le nom qu'on pourrait traduire par le Roi Gésier et le Lézard Magicien. Ensuite, parce qu'à l'instar de leur nom, les gars sont bien barrés et sortent en plus des disques à tire-larigot. Celui-ci est le premier des trois qu'ils ont déjà fait paraître en 2017 et ils ne comptent pas s'arrêter là puisqu'ils ont prévu cinq albums pour cette année. Et, en plus d'être ultra prolifiques, leurs disques ne se ressemblent pas. Pour "Flying microtonal Banana", ils - enfin, c'est surtout l'oeuvre du leader Stu McKenzie - ont décidé d'utiliser des instruments microtonaux, c'est-à-dire pour lesquels il existe moins d'un demi ton entre chaque note. Cette multitude de notes est beaucoup pratiquée dans la musique orientale. Mélangé à leur psyché garage rock, cela donne un son assez étonnant et inédit. Les Australiens sont en constante évolution et recherche, ce qui les rend, vu leur productivité, assez difficiles à suivre. Leurs influences sont pourtant clairement situées dans la musique de 1967 à 1975 environ, de la pop psychédélique (jetez donc une oreille à leur magnifique "Paper Maché Dream Balloon" sorti en 2015) au rock progressif en passant par le hard rock (Deep Purple, Black Sabbath ou Led Zeppelin).
Pas toujours ma came, donc, mais une démarche casse-gueule qui ne peut que laisser admiratif, d'autant que les petits gars ne sont pas manchots musicalement parlant. "Rattlesnake" et son riff terriblement addictif commence le disque de la manière façon qui soit. Les titres suivants sont sans doute moins évidents mais gardent une belle homogénéité en termes de style et de qualité. En plus, il paraît que sur scène ils sont excellents. Voilà donc l'une des formations rock les plus intéressantes du moment.

29 septembre 2017

Metronomy - festival Printemps Solidaire - Place de la Concorde, Paris - 17 septembre 2017

Metronomy était en concert gratuit un dimanche, place de la Concorde, à Paris, dans le cadre du festival Printemps Solidarité. Le printemps, en plein mois de septembre, il y en a qui n'ont pas le sens des saisons. Comme nous n'avions pu avoir les horaires de passage des différents groupes sur Internet, nous y sommes allés un peu au hasard, espérant que le concert de la troupe de Joseph Mount aurait lieu dans l'après-midi. Parce qu'en dehors de Metronomy, c'est peu dire que la programmation ne nous intéressait pas. 18h, les anglais passaient à une heure idéale, pas trop tard pour coucher les enfants et assez pour aller profiter un tout petit peu des journées du Patrimoine dans le quartier. Malheureusement, la pluie est venue se mêler à l'affaire. On n'allait pas pouvoir rester 45 minutes - on pensait qu'étant donné le nombre considérable de formations programmées, le concert serait nettement plus court - debout, à se faire tremper. Mais ça n'a pas duré.
À croire que l'électro-pop enjouée de Metronomy est capable de miracles. Je crois que c'est la première fois que nos loulous ont apprécié de la musique live. Il faut dire qu'ils connaissaient déjà bien beaucoup de morceaux, en tête desquels les irrésistibles "The Bay" et "Love Letters". Ce fut un vrai bon moment, capable de vous faire oublier tous les tracas quotidiens. Tous les tubes ont ainsi défilés : "Corinne", "I'm Aquarius" ou les singles du dernier "Summer 08" pour finir par "The Look". Metronomy ou la paix des familles... C'est particulièrement rare pour le souligner. Du coup, au retour, ma fille voulait se mettre à la guitare et mon fils au piano. Un miracle, vous dis-je.

28 septembre 2017

Luna - A Sentimental Education / A Place of Greater Safety

Une "éducation sentimentale" (Flaubert) et "A Place for a Greater Safety" (Hilary Mantel), voici le retour de Luna, le futur ex-groupe du classieux couple de bobos lettrés new-yorkais Dean Wareham et Britta Philips. Leur musique est toujours biberonnée au meilleur du rock du coin, le Velvet Underground évidemment, mais pas seulement. Le premier des disques susnommés est constitué uniquement de reprises de groupes familiers, mais les chansons le sont moins. Des reprises toutes réussies, de Dylan à Bowie en passant par Cure, Mercury Rev et j'en passe, le Velvet évidemment, mais soit celui sans Reed ni Cale, soit par le biais de la reprise d'un titre de Willie Loco Alexander, remplaçant dans les années 70 de Sterling Morrison, alors que plus personne ne s'intéressait la mythique formation. On savait que Luna n'avait pas son pareil pour s'approprier et faire sien la musique des autres. Comme si tous ces
morceaux avaient été écrits par Wareham lui-même. La reprise de "Sleepy City" des Stones est par exemple un pur bonheur, peut-être la meilleure du lot. L'autre sortie est plus courte, inédite et uniquement instrumentale. Elle n'en est pas moins intéressante, preuve qu'avec ou sans paroles, la musique de Luna peut encore enchanter malgré les années et le manque de renouvellement diront les mauvaises langues. Et puis, si le fond reste sensiblement le même, la forme - album de reprises et EP instrumental - diffère. Un excellent retour donc qui, s'il risque malheureusement de ne pas faire beaucoup parler, prouve, après un déjà excellent premier album solo en 2014, que Wareham en a encore sous le pied.

21 septembre 2017

Chad VanGaalen - Light Information

Voilà un chanteur à côté duquel j'étais toujours passé, jusqu'à ce "Light Information". Pourtant le gars n'en est pas à son premier disque. Mais dès le premier titre, "Mind Hijacker's Curse", difficile de résister. Il y a déjà tout : une mélodie qui file tout droit, comme une évidence et vous laisse scotché. Elle n'est pas facile pourtant, il n'y a pas de simples couplets, ponts, refrains, non c'est une chanson plus tordue qu'il n'y paraît, mais qui, mine de rien, vous amène où elle veut jusqu'à vous faire succomber, un peu malgré vous. Un type capable d'un tel exploit a forcément un potentiel supérieur à la moyenne. Et là, on se dit que le gars ne réussira pas à rééditer de sitôt la performance. Mais on se rend rapidement compte que le dénommé Chad n'en a cure, il part tout de suite ailleurs. Il fait ce qu'il veut, ce qu'il aime, trace sa route, et nous embarque avec, parce que même quand la mélodie se fait moins facile, plus insidieuse, c'est fait avec un tel naturel qu'on a confiance. Forcément. L'album passe ainsi, d'une trombe. 
Certains le rapprochent d'un Neil Young, mais la démarche n'est pas la même. L'illustre aîné n'a pas son pareil pour nous faire aimer des morceaux si évidents qu'ils seraient mièvres chez les autres. Chad, lui, nous fait paraître évident des chansons qui ne le sont pourtant pas. Et dire que j'étais passé à côté d'un tel phénomène...

19 septembre 2017

Ariel Pink - Dedicated to Bobby Jameson

Ariel Pink a écouté un jour un obscur chanteur américain des années 60, Bobby Jameson, disparu il y a quelques années. Il est tellement tombé sous le charme du bonhomme et de sa musique assez proche de groupes de pop psychédélique comme Love qu'il a décidé de lui consacrer l'écriture entière d'un album. Véritable hommage ou simple prétexte à un concept foireux ? Il est toujours aussi difficile de cerner le sérieux de la démarche d'Ariel Pink. Pour ce qui est de la forme, il revient à un style nettement plus homogène que le magnifiquement foutraque "Pom Pom" et en cela, "Dedicated to Bobby Jameson" est assez proche de "Before Today" de 2010, que beaucoup considèrent encore comme son apogée artistique. L' américain montre une fois de plus son indéniable talent pour composer de petites vignettes pop lo-fi doucement décalées. Ce nouvel album enfile les perles mélodiques, notamment la belle triplette composée du titre éponyme, "Time to live" et "Another weekend", comme un brillant résumé du savoir-faire de Pink. 
Il n'y a pour une fois pas de titres en retrait, de légères fautes de parcours, ce qui était souvent le défaut de ses disques. C'est le propre des gens qui flirtent allègrement avec le kitsch et le mauvais goût, il n'y a qu'un pas parfois entre le génie et l'esbrouffe. En cela, cette nouvelle production postule déjà aux plus hautes places des podiums de fin d'année.

14 septembre 2017

PJ Harvey, Timber Timbre, Sleaford Mods, etc - Rock en Seine, samedi 26 août 2017

Cette année, une fois n'est pas coutume, on a préféré Rock en Seine à la Route du Rock. Pour la musique bien sûr, mais ça, je vais en reparler juste après, mais aussi pour les contrôles de sécurité rapides et efficaces - bah oui, c'est une raison comme une autre -, les goodies très nombreux, les festivaliers beaucoup plus sobres et donc moins pénibles qu'en Bretagne, les transports en commun plutôt mieux organisés que les précédentes éditions. Tout a commencé tranquillement par un concert de Ulrika Spacek, les anglais se sont visiblement améliorés depuis la dernière fois qu'on les avait vus. Ça ressemble toujours autant à Deerhunter. Les chansons ne sont pas si bonnes, à de rares exceptions près, mais en live, c'est nettement mieux ficelé. C'est déjà ça. Ensuite, rapide passage pour la fin de Band of Horses sur la Grande Scène. Il y a des fans. Un gars est même affublé d'une tête de cheval. Parmi les formations à noms d'équidés, on reste quand même très loin d'un Sparklehorse : musique folk assez facile et basique. Même si le chanteur a une belle présence scénique, ça manque d'enjeu. On part alors vers la Scène de la Cascade pour les sympathiques belges de Girls in Hawaï. Là encore, c'est plutôt classique comme pop-rock mais bien exécutée et assez efficace dans un style Radiohead période "The Bends". On n'attend pourtant pas la fin pour aller direct sur la scène d'à côté assister au premier concert vraiment attendu : Timber Timbre.
On monte évidemment de plusieurs crans, même si le concert ne décolle pas tout de suite. Les nouvelles chansons jouées d'emblée ne sont pas si fortes que les anciennes, hormis l'impeccable "Western Questions". La part belle est fait au saxo pour une fin de set particulièrement réussie. Dommage que ça ne dure pas plus longtemps ! Et puis, ils auraient assurément mérité une plus grande scène.

Après ça, on en a profité pour manger un peu en attendant le concert des deux frimeurs de The Kills.
C'est dingue, les années passent et rien ne change chez ces deux-là, hormis quelques cheveux blancs. Le style est assez efficace même si les chansons ne sont pas foudroyantes. En tout cas, la chanteuse en fait toujours des caisses dans la rock'n'roll attitude, un peu comme une nièce américaine de Philippe Manoeuvre : lassant à force. La suite est plus naturelle avec le soulman Lee Fields et sa musique légère et euphorisante. C'est pas mal, mais pas non plus trop notre truc. On récolte donc quelques goodies supplémentaires avant le concert de la soirée, celui de la reine PJ Harvey.
Et tout de suite, c'est une grande claque. Elle a beau jouer surtout son dernier disque, loin d'être son meilleur, tout est bon en live et magistralement exécuté. Il faut dire qu'elle est sacrément bien entourée, à l'image de Nick Cave et de ses Bad Seeds. Ceux-là pourraient jouer des heures qu'on ne s'en lasserait pas. Et puis, quand elle enchaîne "Down by the water" et "To bring You my love", je sens maman défaillir à côté de moi. Beaucoup d'émotions avec très peu d'effets et une attitude toute en retenue, à l'opposé de la chanteuse de The Kills, Alison Mooshart. Concert du soir, haut la main donc. 

On redescend avec celui de Sleaford Mods. Ces deux gars-là sont totalement inclassables, difficile de savoir si c'est à prendre au premier degré ou non.
Mi-décalé, mi-sérieur, diront ceux qui les ont déjà vus live ou qui, comme moi ont regardé l'excellent documentaire "Bunch of Kunst" diffusé récemment sur Arte. Le chanteur est une vraie pile électrique, postillonnnant des paroles à l'humour typiquement British avec un accent de Nottingham à couper au couteau. Il serait une sorte de Robin des Bois punk, parlant surtout aux classes populaires anglaises auprès desquelles le groupe rencontre d'ailleurs un succès grandissant. Le type vit ses chansons, allant jusqu'à faire sembler d'aller pisser derrière un ampli. Son acolyte se contente de passer sa musique sur un ordinateur portable, se dodelinant ensuite pendant les morceaux avec sa bouteille de bière bien placée au niveau de l'entre-jambe. Au final, le public finit par se laisser prendre au jeu, la circonspection faisant place à une certaine admiration. C'est le concert idéal pour regagner nos pénates. Mais c'est évidemment la musique de PJ qui résonne ensuite en nous jusqu'au plus profond de notre sommeil. Douce nuit...

11 septembre 2017

LCD Soundsystem - American Dream

C'est bizarre. J'adore James Murphy et sa magnifique machine de guerre électro punk-rock, mariant le meilleur de la musique que j'aime : Bowie, Eno, le Velvet, Kraftwerk, les Talking Heads. J'ai vu beaucoup de gens accrocher à ce nouveau "American Dream" dès la première écoute. Malgré les années d'absence. La fin annoncée à plusieurs reprises de la formation, le concert d'adieu de plus de 3h au Madison Square Garden, je n'y croyais pas. Je savais qu'ils allaient revenir mais je pensais naïvement qu'une telle attente allait être justifiée par quelque chose de plus fort, un véritable nouveau son, pas ses schémas de chansons assez prévisibles. Alors, j'ai immédiatement été déçu, j'ai eu l'impression d'avoir été trompé sur la marchandise quelque peu survendue. Il m'a fallu plusieurs écoutes pour percevoir la pertinence d'un tel retour. Cette musique reste incroyablement accrocheuse ("Call the police" quand même). Il faut rentrer dans les morceaux, en savourer la lente progression, les différentes textures sonores, toujours empruntées aux mêmes références, avec un soupçon de Suicide sur l'inaugural "Oh Baby". 
"American Dream" ne serait pas ce qu'il est sans la rencontre décisive de Murphy avec son idole, David Bowie. L' américain s'est excusé d'avoir volé son maître, ce dernier rétorquant qu'il n'y avait aucun déshonneur à voler un voleur...Bowie était aussi fan de LCD Soundsystem, c'est pourquoi Murphy fut invité pour jouer des percussions sur l'ultime disque du Thin White Duke. Il faudra donc attendre un peu avant de savoir si ce "American Dream" correspond toujours bien à un rêve musical. Mon rêve musical. C'est bizarre, d'habitude, je succombe tout de suite à cette musique. Bon signe ?

8 septembre 2017

Deerhoof - Mountain Moves

Ceux-là, ça fait longtemps que je les suis sans pour autant en parler ici. Parce que leurs disques me fatiguent toujours hormis quelques titres : trop compliqués, trop bordéliques. Et puis, avec ce dernier album, ça passe pour ainsi dire comme une lettre à la poste. C'est pop, enjoué et varié. Le groupe a invité plein d'amis - d'autres femmes à la forte personnalité musicale comme Juana Molina ou Laetitia Sadier -, on croirait à une sympathique fête entre gens gentiment dérangés, à la fantaisie maîtrisée, où les fous à lier ont été mis sous éteignoir par une sorte de puissance supérieure bienfaitrice. Deerhoof a beau essayer de brouiller les pistes, comme de coutume, je parviens pour une fois à ne perdre pas le fil et j'en redemande même. Et puis, quand c'est trop barré, ça ne dure pas, les chansons sont trop courtes pour nous semer complètement. 
Bien sûr, les fans du groupe diront sans doute que ce nouveau disque est trop "grand public" et qu'à ce titre, ce n'est pas leur meilleur. Pour une fois, la folie de Deerhoof est aussi salvatrice sur disque que sur scène où la formation excelle depuis longtemps déjà.

6 septembre 2017

Fionn Regan - The Meeting of The Waters

Simon Raymonde, membre éminent de feu Cocteau Twins, groupe essentiel des années 80 et fondateur du tout aussi indispensable label Bella Union ne tarit pas d'éloges sur Fionn Regan. Autant dire que c'est le genre de gars dont on a plutôt tendance à suivre l'avis les oreilles fermées. Regan était d'ailleurs signé sur Bella Union au début de sa carrière pour ce qui reste encore pour beaucoup son meilleur disque, "The End of Century", subtil recueil de chansons folk supérieures dans la lignée d'un Nick Drake par exemple. Puis, le délicat irlandais est parti sur une major et lui comme Raymonde s'en sont mordus les doigts, parce que le chanteur est rapidement tombé dans l'anonymat public comme critique. Même les gens qui le connaissaient déjà ont été alors presque jusqu'à oublier qu'il sortait encore régulièrement des albums.
Et puis, il a suffi entre autres que la nouvelle star d'Hollywood, Cillian Murphy, acteur dans "Dunkerque" - du très surfait Christopher Nolan - mais surtout dans l'excellente série "Peaky Blinders" apparaisse dans un de ses clips pour qu'il resurgisse. Le style a changé depuis ses débuts, il a pris de l'assurance - on entend désormais des synthés - tant en gardant sa finesse d'arrangements. Et puis, il y a toujours cette voix soyeuse qui vient vous caresser, quoiqu'elle chante. Dommage que les plus belles chansons ("Turn the Skies of Blue On", "Book of the Moon", etc) soient aussi les plus courtes... Raymonde a raison : Regan est sans doute l'un des songwriters les plus doués de sa génération.

4 septembre 2017

Top albums 1969

10- Serge Gainsbourg et Jane Birkin - Je t'aime moi, non plus
Gainsbourg, au sommet de son art pop, festival de ritournelles éternelles, souvent grivoises, où l'artiste n'a pas son pareil pour jouer avec les mots. On retrouve ici quelques chansons écrites pour d'autres que Gainsbourg se réapproprie, comme une compilation de ses plus grands succès populaires. La suite et "Melody Nelson" entre autres le verra essayer d'asseoir aussi son génie auprès des critiques. Transformation réussie à tous les niveaux, évidemment. 

9- The Kinks - Arthur or The Decline and Fall of the British Empire
Dernier grand disque du groupe de Ray Davies. La musique des Kinks ne supportera pas le changement de décennie. "Arthur" n'est déjà plus du niveau des précédents. Il est moins inspiré, les mélodies sont souvent moins aériennes. Mais il contient encore son lot de petites merveilles. 

8- Scott Walker - 4 
Pour la première fois, un album de Scott Walker ne contient pas une seule reprise (de Brel). Tout est fait maison et c'est sans doute ce que le chanteur a fait de mieux, de plus accessible, d'un kitsch assumé avec des arrangements beaucoup plus subtils qu'il n'y paraît. La suite de sa carrière sera nettement moins immédiate. 

7- The Stooges - The Stooges 
Premier disque de celui qu'on surnommera l'iguane et première claque. L'album est produit par l'ancien Velvet, John Cale. Le son est sale, même si d'aucuns trouveront qu'il est encore trop lisse par rapport à la sauvagerie des prestations live de la formation de Detroit. "I wanna be your dog", "No fun" deviendront entre autres des classiques, précurseurs du mouvement punk. 

6- Montage - Montage 
Michael Brown, après avoir sévi au sein des trop sous-estimés Left Banke décide de former Montage, pour un sublime premier et unique disque. La pop baroque à son sommet et une musique très peu copiée au final. Le chanteur et compositeur est décédé il y a quelques années dans un profond anonymat, alors qu'il mérite de figurer au rang des meilleurs auteurs pop des années 60, époque qui, pourtant ne manquait pas d'artistes majeurs du genre.

5- King Crimson - In The Court of The Crimson King
Premier album du groupe du célèbre guitariste Robert Fripp qu'on retrouvera derrière beaucoup de disques qui comptent dans la décennie suivante. La pochette, comme la musique restent marquantes, une pierre angulaire du psychédélisme anglais et précurseur du rock progressif. Comme souvent, les premières fois sont les plus mémorables. La suite sera moins passionnante... 

4- Kevin Ayers - Joy of a Toy 
Kevin Ayers aimait bien la France, il a vécu ses dernières années dans le village de Montolieu perdu au beau milieu de l'hexagone. Ayers, c'était une certaine idée du psychédélisme anglais, un de ses précurseurs au sein de Soft Machine avec entre autres Robert Wyatt et puis un curieux de tout, une musique ouverte aux quatre vents, ça s'entend déjà sur ce "Joy of a Toy", son premier album solo, toujours aussi pertinent près de cinquante ans plus tard.

3- The Beatles - Abbey Road 
On ne présente plus "Abbey Road", sa célébrissime pochette, ses non moins fameux tubes, "Come together", "Something", "Here Comes The Sun", "Octopus garden"... Et tout le monde de s'écharper pour savoir lequel des disques des Beatles serait le meilleur, celui qu'on voudrait emporter à tout prix sur une île déserte, s'il n'en fallait qu'un. Pourquoi pas "Abbey Road" justement, sorte de compilation du meilleur du savoir-faire des liverpudliens. Manque peut-être un peu de Lennon, pas de "A day In  A Life", ni de "Happiness is a warm gun" ici. Pour le reste, c'est parfait, notamment la deuxième partie où les titres courts et inspirés s'enchainent sans interruption. Ça se boit comme du petit lait. 
 
2- The Velvet Underground - The Velvet Underground 
John Cale est parti, le son se fait plus doux, moins expérimental. Restent les textes et le sens des mélodies de Lou Reed. Toutes les chansons sont mémorables, appelées à être maintes fois reprises. 

1- Nick Drake - Five Leaves Left 
Ce disque reste une énigme près de cinquante ans plus tard. Comment un jeune anglais timide d'a peine plus de vingt ans a-t-il pu produire une œuvre aussi riche et poétique ? En seulement trois albums, Nick Drake s'est positionné comme le chantre du folk anglais à la finesse supérieure. 


30 août 2017

Grizzly Bear - Painted Ruins

5 ans sans nouvelles, c'est long. Le précédent "Shields" m'avait d'abord déçu à l'instar de tous ces disques dont l'attente est trop forte, disproportionnée. Puis, comme beaucoup d'albums de 2012 (ceux de Beach House, d'Ariel Punk, etc, à croire que j'étais bien à côté de mes pompes cette année-la), j'ai été bien obligé de réévaluer "Shields". Parce que Grizzly Bear est un des groupes de rock indépendant les plus passionnants de l'époque. Leurs chansons ne se laissent pas facilement apprivoiser. Elles se méritent, tourbillon d'arrangements subtiles, de voix aériennes et de mélodies plus légères qu'il n'y paraît. Pas de révolution comme chez Arcade Fire ici, on ne simplifie toujours pas les choses, on continue le hors pistes, quitte à larguer encore plus de monde. 
La musique de Grizzly Bear est trop cérébrale, diront certains. Sans doute. Il y a un effort à faire. Mais une fois habitué, ces mélodies paraissent évidentes. On pense à l'effet que nous avait fait les chansons de Radiohead au tournant du millénaire. Sûr que ce "Painted Ruins" sera bien classé dans mon panthéon de 2017. Comme l'avait été "Veckatimest". Comme aurait dû l'être "Shields". Comme chaque production de ces quatre garçons.

28 août 2017

Temples, Future Islands, Jesus and Mary Chain, etc. (Festival La Route du Rock, Fort Saint-Père, samedi 19 août 2017)

Voilà, c'est toujours pareil avec les vacances. On se dit qu'on va enfin pouvoir profiter d'avoir plus de temps libre pour récupérer notre retard de disques à écouter, de livres à lire, de films ou séries à voir, de posts de blog à écrire. Et puis, finalement, non. Et c'est tant mieux, parce qu'on a finalement été sevré plus que prévu de culture et que surtout on a été trop faignant pour écrire quoi que ce soit. Cela fait du bien, de se déconnecter vraiment. De profiter pleinement et sereinement. La Route du rock, voilà un événement toujours agréable, même si j'avais fait l'impasse sur la précédente édition, faute d'affiche qui m'aurait fait déplacer. Cette fois-ci, ce fut d'abord pour les revenants Jesus and Mary Chain - pas leur dernier disque assez convenu, mais pour le souvenir des éclats bruitistes de leurs débuts. Puis, ce fut et surtout pour Temples et Future Islands que j'attendais avec impatience de voir pour la première fois sur scène. PJ Harvey, ça sera plutôt la semaine suivante à Rock en Seine. On loupa volontairement le premier concert de la soirée, celui de Cold Pumas qui ne m'avaient pas franchement convaincu sur disque. Le suivant, on aurait aussi pu faire l'impasse. Les américains de Parquet Courts, dont le rock est parfois comparé à celui de glorieux aînés tels que Television, Pixies, Sonic Youth ou Pavement, sont assurément surcôtés. Leurs chansons sont somme toute assez basiques hormis quelques titres ("Dust"). Le guitariste aux faux airs de Beck ou de Thurston Moore se montre pourtant assez arrogant. À l'inverse de son collègue à l'improbable look de teenager tout droit sorti de la série des années 90, "Sauvé par le gong". Tant mieux si certains y trouvent leur compte.
À suivre, la reformation de Arab Strap, ce groupe écossais adepte des ambiances plutôt intimes : pas franchement de la musique de festival, donc. D'autant que les textes souvent plus parlés que chantés constituent une part importante de leur univers. Après quelques longues minutes assez ennuyeuses - dommage, car le chanteur, Aidan Moffat, avait lui, l'air content d'être là -, le set prit du peps en fin de parcours mais un peu tard.
21h15, enfin l'heure d'en découdre avec les jeunes petits surdoués anglais de Temples. Si leur premier disque m'avait plutôt enthousiasmé, le second m'a définitivement convaincu. Pas qu'il soit meilleur, il m'a d'ailleurs permis de réévaluer le précédent. Temples, sous leurs airs de déjà entendus des milliers de fois possède un talent rare pour produire au kilomètre des hymnes pop intemporels, empruntant au meilleur du répertoire anglais essentiellement sixties, des Beatles bien sûr aux Kinks en passant par T-Rex, Bowie ou Pink Floyd. En concert, les petits gars assurent sans trop la ramener. Assez impressionnant.
La suite verra la prestation des revenants de Jesus and Mary Chain qui eux aussi, paraissent plus modestes que prévu. Leur retour en studio ne s'est pas soldé par un disque indispensable loin s'en faut même s'il n'est pas non plus honteux. En live, c'est plus efficace à défaut de casser la baraque. Les frères Reid se contentent d'assurer avec un son plus rond et direct qu'à l'époque de "Psychocandy". On peut le regretter mais comme tout un chacun ils vieillissent et on a connu pire pour leur âge.
Ensuite, il faut se taper les Black Lips pour patienter. Les Black Lips possèdent un évident capital sympathie mais après Jesus and Mary Chain les petits gars font très amateurs. Le son est horrible. Malgré cela, nos oreilles finissent par s'habituer et sur quelques titres leur côté volontairement (ou pas) brouillon et simpliste fait même son petit effet ("Family Tree"). Pas suffisamment pour que nous ne partions pas avant la fin nous placer devant la grande scène histoire d'être aux premières loges pour admirer le légendaire déhanché de Samuel T. Herring. Et comme prévu, du début à la fin de leur prestation, le chanteur de Future Islands n'aura de cesse de nous concocter des micro-danses et des postures particulièrement physiques dont lui seul a le secret. Ce type a une énergie incroyable, le tout avec un naturel confondant. La musique est à l'avenant, directe, dansante, avec ce côté non toujours maîtrisé qui en irrite certains et en enthousiasme d'autres. Je fais partie, vous l'aurez deviné de la deuxième catégorie.
Il est alors temps de s'éclipser. L'attente de près d'une heure avant le prochain et dernier concert, celui de Soulwax, et l'heure tardive ont raison de nous. Le temps de conclure que la Route du Rock reste notre festival préféré à maman et moi, même si cette cuvée n'était assurément pas la meilleure. Il manquait LE concert (The Flaming Lips en 2011, Nick Cave en 2013 ou Portishead en 2014). L'année prochaine peut-être à moins qu'on se soit tout simplement trompé de jour en évitant PJ Harvey et Interpol ?

4 août 2017

François and the Atlas Mountains - Solide Mirage

De retour de quinze jours de vacances, je vais essayer de m'atteler au mois d'août à rattraper mon retard de nouveautés, de vieilleries - ben oui, l'été, c'est aussi l'occasion de faire une pause salutaire dans l'actualité musicale et de découvrir ou redécouvrir des artistes injustement délaissés - de livres, de concerts. Bref, en attendant la vraie rentrée, c'est encore l'heure de se faire plaisir, de prendre son temps aussi. Pour le dernier disque de François and The Atlas Mountains, j'étais négligemment passé à côté, à cause d'une écoute distraite et des habituelles voix discordantes sur les réseaux sociaux. Ben oui, il m'arrive encore de me laisser influencé. Je suis retombé dessus par hasard le temps d'une ballade estivale dans la capitale. Passant près de l'Hôtel de Ville de Paris avec les enfants, nous avons constaté qu'il y avait là le Festival Fnac Live et que François and The Atlas Mountains y jouaient gratuitement dans un quart d'heure. Comme les loulous connaissent et aiment bien "Soyons les plus beaux" où "La vérité", on s'est dit que ça pourrait être sympa. Et puis, c'était aussi l'occasion de rentrer dans les salons de la mairie et de voir pour la première fois le groupe en concert. Ce fut effectivement très plaisant, même si trop court d'autant qu'en raison de problèmes techniques, le concert commença avec 10 minutes de retard. Le groupe ne joua aussi quasiment que le dernier disque que je ne connaissais pas bien. Malgré cela, on passa un très bon moment. François and The Atlas Mountains sera à voir dans des circonstances plus favorables. 
"Solide mirage", leur dernier album, assoit en tout cas définitivement la formation, imposant son style à nul autre pareil. Une pop bien de chez nous qui emprunte à Daho, Dominique A mais aussi à des groupes américains comme Grizzly Bear ou Animal Collective jusqu'au Mali de Amadou et Mariam. Si le début est impeccable, il y a bien quelques titres plus dispensables (notamment "Bête morcelée") en cours de route. Pas suffisant pour ne pas rêver avec eux du "Perpétuel été".



14 juillet 2017

Broken Social Scene - Hug of Thunder

Les albums de Broken Social Scène ont toujours ressemblé à des compilations. Ce nouveau disque n'échappe pas à la règle. Il faut dire que le collectif canadien est imposant et arrive à faire rentrer beaucoup de sensibilités différentes dans sa musique. Cette fusion est une fois de plus possible grâce au talent des deux leaders Brendan Canning et Kevin Drew. Avec Arcade Fire, ils ont défini les contours d'un rock épique, beau mélange de mélodies et de rythmiques dévastatrices. Un son qui reste associé aux années 2000, le tout agrémenté d'une puissance de feu scénique ahurissante. Il faut avoir assister à un concert de Broken Social Scène pour se rendre compte de l'énergie folle qui se dégage de leur musique. Les nouveaux titres de "Hug of Thunder" devraient assurer encore de belles prestations live. Difficile de dénicher ici une quelconque faiblesse. 
Après quelques aternoiments et des albums où le groupe essayait autre chose à défaut de toujours réussir , les Canadiens reviennent, à l'image de Feist, membre éminent du collectif, en pleine forme, au niveau de "You Forgot It In People" et du formidable album éponyme de 2005 - mon préféré. Broken Social Scene se concentrent sur ce qu'ils savent le mieux faire pour notre plus grand bien. Beaucoup de bisous. Des bisous du tonnerre... Oui, c'est bien ça.


11 juillet 2017

Public Service Broadcasting - Every Valley

Ce groupe est devenu en quelques années, deux disques, surtout le premier, le formidable "Inform - Educate - Entertain" et une poignée de concerts mémorables, un de mes préférés. Alors quand ils sortent un nouvel album, c'est forcément un événement. "Every Valley" qui vient trouver sa thématique dans la fin de l'industrie du charbon au Pays de Galles, est une fois de plus une réussite, plus encore que le décevant "The Race For The Space" sur le sujet trop évident et un peu éculé de la conquête de l'espace. On nage bien sûr comme d'habitude entre les extraits de films et la musique post-rock voire krautrock. Pour faire plus local, le groupe a invité pléthore de gloires galloises, notamment le leader des Manic Street Preachers. Mais la musique de Public Service Broadcasting est encore plus belle lorsqu'elle se passe de chant. Seule, Tracyanne Campell, la chanteuse des écossais de Camera Obscura s'en tire admirablement sur "Progress", parce qu'elle épouse la mélodie. Les deux titres "All out" aux guitares un peu bourrines et "Turn no more" avec la voix lourdaude de Bradfield font un peu tâche au final, par leur manque de finesse. Dommage, car mis à part ça, c'est un sans faute, jusqu'au clin d'œil à Bowie sur "You+Me" où l'intro est volontairement pompée sur celle de "Five Years". On entend aussi sur ce même titre, du gallois ainsi que pour la première fois la voix de Willgoose. 
Pas sûr qu'on l'y reprendra de sitôt lui qui préfère se cacher derrière sa musique et l'histoire qu'il veut nous raconter. Public Service Broadcasting réussit encore l'exploit d'allier les deux de manière intelligente et réfléchie pour en faire un tout cohérent, riche et documenté. Toujours aussi passionnant.

4 juillet 2017

40 ans en chansons

ça y est, j'y suis. Putain 40, j'ai dû mal y croire. Alors voilà, pour fêter (oublier?) ça, j'ai sélectionné 40 chansons qui me résument. 40, c'est évidemment beaucoup trop peu. Il en manque plein. Des milliers de chansons m'ont suivi au fil des années. Il a fallu faire des choix. Ce sont ceux du moment. Qui sait si ce seront encore ceux de demain ? 40 chansons pour une soirée rêvée. Des chansons tristes, joyeuses, mélodiques, qui donnent envie de danser ou pas. Parce que la musique n'est pas uniquement là quand tout va bien. Des chansons qui racontent la vie, ma vie. 40 chansons et au moins autant de souvenirs associés. Histoire d'arrêter l'horloge, ne serait-ce que le temps de ces 40 chansons.

1- Vashti Bunyan - Swallow Song (1970)
Parce que cette femme a la classe absolue.
2- Lou Reed - Perfect Day (1972)
Parce que passer "Perfect Day" à une soirée d'anniversaire a quelque chose de profondément masochiste.
3- Brian Eno - On Some Faraway Beach (1974)
Parce que c'est une des meilleures chansons de tous les temps (de la mort qui tue) et que très peu de gens le savent. C'est pas moi qui le dit, c'est maman et comme maman a toujours raison...
4- David Bowie - Sound and Vision (1977)
Parce que maman et moi. Parce que Bowie. Le son et l'image. Et tout le reste.
5- Kraftwerk - The Robots (1978)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
6- The B52's - Rock Lobster (1978)
Parce que ce sont les seuls à vouloir danser le rock avec des homards et parce que quelque chose me dit que je risque d'en manger bientôt.
7- The Feelies - Raised Eyebrows (1980)
Parce que leur concert à Central Park l'an passé est un souvenir inoubliable.
8- Joy Division - Love Will Tear Us Apart (1980)
Parce que passer "Love Will Tear Us Apart" en soirée a quelque chose de profondément pernicieux.
9- New Order - Ceremony (1981)
Parce qu'aujourd'hui, c'est la fête.
10- The Specials - Ghost Town (1981)
Parce qu'on aimerait parfois que Paris soit une ville fantôme.
11- Syl Sylvain and The Teardrops - Formidable (1982)
Parce que c'est maman qui me l'a fait découvrir celle-là et que, comme son nom, l'indique, elle est formidable. Maman ou la chanson ? Les deux, mon capitaine.
12- Blue Orchids - Bad Education (1982)
Parce que je n'en ai pas eu, de mauvaise éducation (merci papa et maman) et parce que cette chanson est une des rares dont je suis heureux de garder en tête pendant plusieurs jours.
13-Talking Heads - Road To Nowhere (1985)
Parce qu'on y est tous, sur ce chemin vers nulle part. Mais c'est pas grave. Au moins, on n'est pas tous seuls.
14- The Smiths - There is a Light That Never Goes Out (1986)
Parce que "There is a light that never goes out", c'est la conclusion rêvée à toute chose.
15- The Field Mice - Sensitive (1989)
Parce que ce sont les plus belles guitares du monde.
16- Suede - Animal Nitrate (1993)
Parce que c'est la fin de ma période Top 50 et MTV et le début de ma période Bernard Lenoir, le commencement de beaucoup de choses.
17- The Divine Comedy - Tonight We Fly (1994)
Parce que cette chanson devrait passer dans toutes les soirées dignes de ce nom.
18- Pulp - Common People (1995)
Parce que moi aussi, par rapport à Jarvis Cocker, je suis un "common people".
19- Dominique A - Les Hauts Quartiers de Peine (1995)
Parce que j'ai longtemps erré dans ces quartiers mais je suis désormais guéri. Enfin, j'espère.
20- Katerine - Le Plus Beau Jour de ma vie (1996)
Parce qu'on voudrait tous qu'aujourd'hui soit le plus beau jour de notre vie. 
21- Belle & Sebastian - Get me away from here, I'm dying (1996)
Parce qu'il y a toujours des moments où on voudrait ne pas être là, être ailleurs.
22- Radiohead - No Surprises (1997)
Parce que ce disque a vingt ans et que ça sera éternellement celui de mes jeunes années.
23- Neutral Milk Hotel - In a Aeroplane Over The Sea (1998)
Parce que c'est beau à pleurer.
24- The Flaming Lips - Feeling Yourself Disintegrate (1999)
Parce que ce groupe chante la vie, l'amour et la mort, comme personne et parce que ce n'est jamais triste.
25- Daft Punk - One More Time (2001)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
26- The Czars - Killjoy (2001)
Parce que je le suis quelques fois, rabat-joie. Mais je me soigne.
27- Beth Gibbons & Rustin Man - Mysteries (2002)
En souvenir d'un magnifique concert, le jour de notre pacs, à maman et à moi. Des frissons.
28 - Franz Ferdinand - Take me out (2004)
Parce que Ferdinand, c'est le nom de mon petit loulou.
29- Arcade Fire - Neighborhood #1 (2004)
En souvenir d'un concert fabuleux, à l'énergie folle, au Nouveau Casino, en 2005, pendant lequel les Canadiens tapaient comme des fous sur tout ce qu'ils avaient à porter de main.
30- Gorillaz - Dare (2005)
Parce qu'à part Daft Punk, Gorillaz et The Robots, le reste, c'est "du pipi de chat". C'est pas moi qui le dit, c'est ma Lulu...
31- LCD Soundsystem - All My Friends (2007)
Parce que je n'ai pas d'amis - les amis Facebook, ça ne compte pas, hein ? - mais comme je ne suis pas en manque d'amour, ça n'est pas grave. Parce que ce groupe est une incroyable machine de guerre en concert.
32- of Montreal - Heimdalsgate like a Promethean Curse (2007)
Parce que les Kevin ne sont pas tous des beaufs...
33- Dead Man's Bones - My Body's a Zombie for You (2009)
Parce que Ryan Gosling, en plus d'être beau gosse et bon acteur, sait aussi écrire et chanter des bonnes chansons - bah oui, vous ne le saviez pas, hein ? Parce qu'il y aura toujours toi d'un côté et des Ryan Gosling, de l'autre.
34- Archie Bronson Outfit - Shark's Tooth (2010)
Parce qu'avec des dents de requin, plus rien ne peut nous arrêter, on peut tout bouffer...
35- Beach Fossils - Golden Age (2010)
Parce que même si c'était moins bien que The Feelies et qu'ils n'ont même pas joué ce morceau, on les a vus à Central Park...
36- Metronomy - The Bay (2011)
Peut-être pas ma préférée du groupe, mais rien que pour "papa, tu peux mettre "want-to-go" s'il te plait ?"...
37- Bertrand Belin - Un Déluge (2013)
Parce que ce type a la classe. Après lui, le déluge, donc.
38- Public Service Broadcasting - Everest (2013)
Parce qu'on aimerait tous monter tout en haut, au moins, une fois...
39- Future Islands - Seasons (2014)
Pour le formidable déhanché du chanteur et parce qu'on les verra enfin à la prochaine Route du Rock...
40- Timber Timbre - Hot Dreams (2014)
Parce que c'est le plus beau slow du monde.