28 décembre 2016

Compilation 2016

Tindersticks - Like Only Lovers Can
O - La Rivière
Animal Collective - Floridada
Eddy Crampes - Automne
Iggy Pop - Gardenia
Parquet Courts - Dust
Teleman - Dusseldorf
Woods - Sun City Creeps
Kevin Morby - I Have Been To The Mountain
Andy Shauf - The Magician
Car Seat Headrest - Fill The Blank
Whitney - No Woman
Beck - Wow
Chevalrex - Pour Cible
Radiohead - Present Tense
Metronomy - Back Together
The Avalanches - Colours
Alex Cameron - The Comeback
Drugdealer - Suddendly (feat. Weyes Blood)
Frère Animal - Vis Ma Vie

26 décembre 2016

Top albums 2016

10- King Creosote - Astronaut Meets Appleman
J'étais jusqu'à présent complètement passé à côté de la carrière de cet écossais pourtant éminemment productif (plus d'une trentaine d'albums à son actif). Cette pop est facilement identifiable. Elle s'installe dans une tradition anglo-saxonne, assez proche de celle des charmants The Leisure Society par exemple. "Astronaut meets the Appleman" est un de ces rares disques qui vous persuade que la pop d'outre Manche n'est pas morte. Un de ces rares disques qui vous ferait même apprécier le son de la cornemuse - enfin, presque, faut pas déconner quand même. Dans tous les cas, de la belle ouvrage.



9- David Bowie - Blackstar
Bien sûr, il y a un peu de mégalomanie à se considérer soi-même comme une étoile, ou se comparer à Lazare, l'homme revenu d'entre les morts. Mais quand c'est Bowie qui le dit, tout le monde trouve ça normal. L'artiste et sa carrière en imposent. Cet album est son dernier mot laissé au monde orphelin. Un dernier mot savamment préparé et orchestré, une semaine avant de tirer sa révérence. Pour de bon. Pour sûr qu'il nous accompagnera encore. Jusqu'au bout. Alors, oui, une étoile noire, Lazare, tout ce qu'il veut. Bowie est éternel.



8- Alex Cameron - Jumping The Shark
Découvert un peu par hasard, en première partie de Unknown Mortal Orchestra, l'australien m'a immédiatement intrigué puis séduit. Ce crooner kitsch et rétro impose un univers à nul autre pareil, fait de petits claviers synthétiques et de simples mélodies qui, mine de rien, vous trottent durablement dans la tête. Comme l'improbable rencontre entre Ariel Pink et Nick Cave. "Jumping the shark" est paru en 2014 de manière auto-produite mais ce n'est seulement qu'en 2016 qu'il a connu une sortie plus large. Délicieusement décalé, Alex Cameron est l'ovni de l'année.



7- The Avalanches - Wildflower
Contrairement à beaucoup, je n'attendais rien du second disque des australiens de The Avalanches, paru quinze ans après le désormais mythique "Since I Left You". La surprise n'en fut que plus agréable. Bien sûr, comme son prédécesseur, "Wildflower" est trop long, comporte trop de morceaux et a tendance à nous perdre un peu en cours de route, avant de nous ré-embarquer in extremis en fin de parcours. Car ce disque est une vraie montagne russe. Un disque joyeux, chamarré, déluré, qui n'a peur d'aucun carambolage des genres. Une musique qui a dû se tromper d'époque. Tant mieux.



6- Iggy Pop - Post Pop Depression
L'iguane a la peau dure. Lou et David sont désormais partis. Il reste donc l'ultime représentant d'un rock d'un autre temps, celui où le mot "rock" n'était pas encore galvaudé. "Post Pop Depression" est un retour aux sources, les meilleures de l'ancien chanteur des Stooges, celles de la fameuse année 1977, de "Lust for Life" et de "The Idiot", disques réalisés avec la collaboration de Bowie. Cette fois-ci, c'est Josh Homme, le leader des Queens of the Stone Age qui est aux manettes, pour un disque sobre, efficace et direct. Comme un inconscient et brillant hommage à son ami disparu. 



5- Radiohead - A Moon Shaped Pool

Non, Radiohead n'est pas mort. L'ex-meilleur groupe de rock au monde est de retour aux affaires. Ok, ce n'est plus révolutionnaire, mais "A Moon Shaped Pool" est leur meilleure production depuis leur chef d'oeuvre de 2007, "In Rainbows". Les titres n'ont plus l'évidence d'autrefois, les mélodies sont moins immédiates, reste l'impressionnant travail sur le son qui place une fois de plus le groupe d'Oxford bien au-dessus de la mêlée. Même moins percutante, la musique de Radiohead demeure un précieux refuge.


4- Tindersticks - The Waiting Room
Les Tindersticks vont de plus en plus vers l'épure. Vers l'essentiel. On peut le regretter par certains aspects. Mais "The Waiting Room" est un album d'une beauté troublante qui avance lentement et sûrement. La musique des Tindersticks est plus que jamais celle des fins de soirée, des afters, quand l'engouement est retombé, quand tout est joué, perdu ou gagné, seul ou à deux - de préférence à deux. Quand l'alcool distille encore ces effets. Une musique de chambre, qui prépare au sommeil en finissant par le somptueux "Like Only Lovers Can"... tout est dit. 


3- Chevalrex - Futurisme
Mon disque français de l'année. Haut la main. Chevalrex est le chef de file d'une pop made in France différente, en marge, faite avec les moyens du bord, mais érudite. Le label Objet Disque, c'est lui - on y trouve aussi les excellents Eddy Crampes et Rémi Parson. On entend sur "Futurisme", le meilleur de la musique d'ici, d'Arnaud Fleurent-Didier à Dominique A, le tout arrangé avec une impressionnante précision et concision. Si le futur ressemble à ce disque, tout n'est pas perdu.


2- Kevin Morby - Singing Saw
Longtemps, "Singing Saw" est resté pour moi dans l'ombre du dernier disque de Woods, l'ancienne formation de Kevin Morby. Parce que j'en voyais, à tort, qu'une copie  plus basique. Mais la musique de Morby, sous des abords plus répétitifs et évidents, n'en demeure pas moins inventive. Les références sont solides et admirablement bien digérées - le nouvellement nobélisé Dylan bien sûr. Et puis, tout ça a l'air d'être réalisé avec tellement de facilité. Un classique en puissance. 


1- Woods - City Sun Eater In The River Of Light
Je l'avais prédit : ces américains n'étaient qu'à un chouia de produire LEUR disque, celui qui fera date, celui qui restera encore plus que les autres. "City Sun Eater In The River Of Light" est un disque de folk intelligent, moderne, impeccablement arrangé, aux influences diverses et variées, tellement imbriquées qu'elles n'en sont plus perceptibles. Woods ou la politique de la liberté.

3 décembre 2016

Et toi, t'as écouté quoi en 2016 ?

L'année 2015 ne fut pas des plus réjouissantes. On s'attendait donc à une amélioration. Forcément. Il n'en fût rien. Les nouvelles du monde ne donnent toujours pas à rire. En plus, cette année, on a vécu d'immenses pertes : David Bowie et Leonard Cohen, notamment. Deux monstres sacrés. Deux icônes inaccessibles. Deux témoins d'une époque révolue. Ma liste, cette année, est peut-être à cause de cela, encore plus resserrée : 42 disques seulement. Je compte sur vous pour me glisser quelques disques omis ou oubliés, en commentaire de ce post, sur Facebook, Twitter ou par mail. En attendant, voici ce qui a passé le plus de temps entre mes oreilles ces 12 derniers mois :


1 décembre 2016

Tristen - Les couleurs et les formes

Il y a trois ans déjà, j'étais tombé par hasard sur le deuxième disque de Tristen, alias Sébastien Pasquet, intitulé "Mars en marche". L'album contenait quelques jolis titres, dont le très accrocheur "Lustre" que le chanteur a depuis habilement remixé façon dancefloor. Les paroles, la musique, le clip décalé, tout aurait dû participer au succès de Tristen. Et bah non : même pas une centaine de vues sur Youtube ! Le chanteur poursuit sa carrière dans une incroyable indifférence. "Les Couleurs et les ombres" sortent cette fois-ci sur un petit label, mais à la réputation grandissante, "La Souterraine" qui est devenu le passage obligé de cette chanson française passionnante oeuvrant en marge des grands circuits. Ce nouveau disque est plus directement mélancolique que le précédent, dans le fond comme dans la forme. Plus de second degré. Il faut dire que l'époque n'est pas à la franche rigolade.
La musique est donc plus enveloppante, comme sur le très beau "La fin du monde" - reprise de Aloha Aloha, sortie aussi sur la Souterraine, tiens, tiens. Il n'y a pas de tubes. Pas de morceaux qui restent immédiatement en tête. L'effet est plus diffus, plus subtil avec, mine de rien, une étonnante variété de sons et d'ambiances. On pense même à Radiohead sur "Ton visage en silex". Ce sont effectivement de belles couleurs et de belles formes, du travail d'esthète.