Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du mars, 2016

Top albums 1973

En 1973, il y avait d'abord trois types formidables. Trois gars qui ont, chacun à leur façon, marqué l'histoire du rock. Et 1973, plus qu'aucune autre a été leur année. L'année où ils se sont retrouvés tous trois à leur meilleur. En 1973, on découvrait que John Cale pouvait aussi faire des disques de pop de facture classique et baroque, loin de l'image des violons dissonants des premiers Velvet. En 1973, Brian Eno quittait Roxy Music : leur musique ne sera plus jamais pareille. En 1973, Pink Floyd était devenu le groupe préféré des jeunes gens bien. En 1973, Elton John savait encore écrire de grandes chansons. En 1973, les New York Dolls ont voulu mélanger deux choses qui ne se faisaient pas : le glam et le punk. Ils en paieront le prix fort. En 1973, Gainsbourg était plus vicelard et classe que jamais. En 1973, les allemands de Can faisaient moins les malins que d'habitude. 
10- Can - Future Days 
L'époque n'a pas saisi tout de suite l'importance d…

Underworld - Barbara, Barbara, We Face a Shining Future

Voilà un "vieux" groupe qui ne m'avait jamais attiré jusque là. Leur musique était plutôt faite pour la danse, la trance. Leur tube "Born Slippy", extrait de la BO du film "Trainspotting" qui les a fait connaître du grand public, m'avait bien plu mais c'est tout. J'avais bien essayé les disques mais je n'arrivais pas à rentrer dedans : pas assez mélodique. La house est un style auquel je suis toujours resté hermétique. Elle ne parvient bien souvent ni à me faire bouger, ni à me toucher. Bref, je ne sais pas par quelle porte y entrer. Alors, le retour de Underworld, à priori ce n'était pas un truc qui allait me concerner. Mais j'ai quand même voulu jeter une oreille, surtout que le chanteur, Karl Hyde, avait récemment collaboré avec Brian Eno pour ce qui sont les deux meilleurs disques de l'ex Roxy Music depuis un bail. "I Exhale" m'a tout de suite emballé. J'y retrouvais la scansion d'un Mark E. Smith…

Iggy Pop - Post Pop Depression

Après la mort de l'icône Bowie, c'est plus fort que nous, on essaie de faire le point. Que sont devenus nos idoles ? Ces modèles, ces personnages incontournables de l'histoire du rock. Ces artistes qui ont su traverser les générations, en restant aujourd'hui encore des références pour les plus jeunes. Iggy Pop est évidemment de ceux-là. Même si la figure tutélaire du punk, l'iguane, a pris du plomb dans l'aile depuis pas mal d'années, jusqu'à apparaître dans des spots publicitaires, en parodie de l'éternel rebelle. Comme s'il était le seul à parler à tout le monde dans les chanteurs dits un tant soit peu transgressifs. Mais l'époque de "I Wanna Be Your Dog" ou autres "Penetration" est bien révolue. Le monde a changé, plus très apte à s'offusquer à la première chanson un peu trop crue écoutée. Iggy lui même a vieilli, il l'avoue. Il ne se sent pas rivaliser avec la nouvelle génération. D'ailleurs, où est la re…

The Coral - Distance Inbetween

The Coral connaît, comme beaucoup, le syndrome des groupes qui vieillissent : ils perdent en spontanéité et en fraîcheur mélodique ce qu'ils gagnent en maîtrise et en raffinement. Tout dépend de quel côté on se place. Ce nouveau disque sera soit une déception, soit une belle surprise. Pour ma part, je me placerais paradoxalement entre les deux. "Distance Inbetween" étant fidèle à ce que j'en attendais, car, comme tout un chacun, The Coral arrive à maturité et les entendre refaire aujourd'hui des titres comme "Dreaming of you" n'aurait plus de sens. On peut être nostalgique de sa jeunesse, vouloir que celle-ci perdure artificiellement mais dans ce cas, on se leurre. On n'est pas jeune deux fois. Les Liverpudliens de The Coral le savent bien et continuent d'avancer sans regarder en arrière. Leur nouvelle musique est moins pop, moins immédiate, plus dure et plus complexe aussi.  Ils restent malgré leur éparpillement progressif - le départ semb…

Public Service Broadcasting (+ Lull) - Paris, La Maroquinerie - 5 mars 2016

Enfin, le premier concert de l'année 2016... Et pas n'importe quel concert puisqu'il s'agit de Public Service Broascasting, mon meilleur souvenir de musique live de 2015. Bien sûr, il y a l'obligatoire première partie. Et là, plus que d'habitude, elle semble un passage obligé. Déjà le groupe n'en est pas un. Seul le chanteur a pu venir. A croire qu'il y a eu un remplacement à la dernière minute. Je n'aime pas dire du mal des gens car le chanteur présent est plutôt gentil, charmant même, mais sa musique, je ne peux pas. Pourquoi vouloir imiter James Blunt ? Pourquoi ne pas chanter en français ? C'est bien d'avoir des références anglo-saxonnes mais vu ce qui existe déjà en termes de musique folk, la concurrence est plus ardue et le champ des possibles plus limité. Je ne m'éterniserai donc pas sur Lull, le nom même paraît être une blague (lol). Le chanteur aurait eu plus sa place à l'émission The Voice, dont la voix et la belle gueule …

Ulrika Spacek - The Album Paranoia

Il y a une influence qui saute immédiatement aux oreilles, à l'écoute du premier album des anglais de Ulrika Spacek, c'est Deerhunter. Plusieurs morceaux pourraient être l'oeuvre de Bradford Cox ("Porcelain", "Strawberry Glue", etc). On retrouve aussi malheureusement l'attitude nonchalante et énervante qui va avec. Comme si ce genre de musique ne pouvait se dissocier d'un certain état d'esprit supérieur. La différence avec Deerhunter, c'est le côté psychédélique beaucoup plus marqué - ils seront d'ailleurs au Paris International Festival Of Psychedelic Music le 19 juin à la Ferme du Buisson partageant une jolie affiche avec Jacco Gardner et les précieux Woods -, jusqu'à l'écrasant martèlement des rythmiques. Si ce n'était les morceaux précédents, l'introduction bourine de "Nk" par exemple m'aurait dissuadé d'aller plus loin. Beaucoup ont déjà fait de Ulrika Spacek leur révélation rock du début de l&…

Syl Sylvain & The Teardrops - Formidable (1981)

Toujours se méfier des doubles prénoms. Ils n'évoquent souvent rien de bon, au pire des serial killers (Émile Louis, Guy Georges, etc) au mieux le pire de la variété française (Franck Michael, Herbert Léonard, Claude François, François Valéry, Mireille Mathieu et j'en passe, la liste est longue comme le bras...) il doit y avoir un truc avec eux. Sauf que là, c'est un double double prénom, à l'image de François François, le chanteur ringard imaginé par Albert Algoud, du temps de la grande époque de l'esprit Canal et de "Nulle Part Ailleurs". Oui, Sylvain Sylvain - même si sur ce disque, il avait momentanément changé en Syl Sylvain -, ça ne fait pas sérieux. Le type est pourtant un ancien membre des New York Dolls, ce groupe de glam punk trop en avance sur son temps qui est devenu culte bien plus tard par le biais de fans respectés comme Morrissey. Peut-être qu'il en sera de même avec les deux albums solos de Sylvain Sylvain, sortis au tout début des a…

Animal Collective - Painting With

Voilà l'une des formations les plus clivantes du rock indépendant. Animal Collective, c'est bien simple : soit on adore, soit on déteste. Pourtant, depuis le précédent disque et décevant "Centipede Hz" où même leurs fans de la première heure comme Pitchfork les ont lâché, le groupe semble tomber dans l'indifférence. Ce nouvel album était précédé du pétillant et bien nommé single "Floridada", précurseur d'un renouveau artistique attendu. À l'écoute de ce "Painting With", on reconnaît pourtant le style foufou des américains, sorte de Beach Boys sous acide, même s'ils n'ont jamais sonné aussi pop. Normal, le disque a été enregistré dans les mêmes studios que ceux du légendaire "Pet Sounds". On sait qu'un album d'Animal Collective mérite de l'attention, que ce n'est pas le genre de musique qui s'apprivoise facilement, alors on y revient plusieurs fois pour voir.  Et si, on est rapidement déçu de ne pa…

The Snails - Songs From The Shoebox

La musique à papa tourne au ralenti en ce moment. Mais ça devrait repartir, tranquillement, à l'allure des escargots de The Snails, ce drôle de groupe parallèle de Samuel T. Herring, le charismatique chanteur de Future Islands. Ce qui ressemblait au départ à une blague potache et récréative, en témoigne les costumes scéniques inspirés du gastéropode auquel le nom du groupe fait référence, a fini par se matérialiser avec la sortie d'un premier disque, "Songs from the shoebox". Les escargots, ça vit dans une boîte à chaussures, non ? À l'écoute de ce (trop) court album, on constate que les chansons ne souffrent pas de la comparaison avec celles de Future Islands.  Elles sont moins "électro" - moins connotées "eighties" -, peut-être moins immédiates aussi mais l'instrumentation y est plus variée. Il y a aussi plus de guitares, ce qui n'est pas pour me déplaire. On espère maintenant que ces escargots-là sauront avancer et venir par chez n…