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Articles

Affichage des articles du février, 2016

Top albums 1974

1974, voilà une année qui me réconcilie avec les années 1970, après vous avoir parlé de deux années - 1975 et 1976 - qui ne m'avaient pas franchement emballé. 1974, c'est le plein boom du glam rock. Bowie en fait un peu trop avec "Diamond Dogs" - beaucoup de drogues avouera-t-il. Le Roxy Music revient presque à l'exubérance de leur fabuleux premier album. C'est plus contrôlé - départ de Eno oblige - mais suffisamment foufou pour demeurer efficace aujourd'hui encore. Eno, justement, est lâché seul dans la nature. Il en ressort deux albums en une seule année. Et quels albums ! Deux des plus essentiels de la décennie. En matière de productivité, il y en a d'autres qui ne sont pas en reste, ce sont les frères Maël avec deux disques là-aussi complètement azimutés, un peu trop même pour "Propaganda", mais d'une richesse incroyable. Même Cohen lâche un peu la bride de son folk intimiste et épuré. Sur son quatrième disque, les arrangements se f…

Stranded Horse - Luxe

La musique de Stranded Horse m'avait laissé jusque-là sur le bord de la route. Bien sûr, je la trouvais belle, riche mais elle ne parvenait pas à me toucher vraiment. Je la trouvais austère. Sur ce "Luxe", je trouve qu'elle se pare enfin de chaleur, de langue française plus proche, plus originale, qu'elle s'ouvre davantage. Elle devient ce qu'elle aurait dû être dès ses débuts : un intense melting pot de culture, mélangeant les rythmes africains avec la chanson française et le folk anglo-saxon avec une emprunte mélancolique si caractéristique, un minimaliste forcené et salvateur dans les arrangements. Yann Tambour n'est plus dans la recherche de respectabilité et de légitimité propres à tous occidentaux s'essayant à un instrument étranger, qui n'est, par défaut, pas le sien. Il s'est débarrassé de toute volonté démonstrative, laissant même Boubacar Cissokho l'épauler à la kora. Il a aussi invité Éloïse Decazes, moitié féminine des exc…

O - Un torrent, la boue

Olivier Marguerit est depuis de nombreuses années un artisan de l'ombre, notamment au sein des brillants Syd Matters. Souvent quand ce genre d'individus connus uniquement des initiés sortent du bois, le milieu musical les encense exagérément, voulant compenser les années d'anonymat injustifiées. C'est qu'il doit y avoir une certaine solidarité parmi les artistes, ou plutôt ce sentiment que ce n'est pas forcément ceux qui le méritent le plus qui récoltent les lauriers. Croyez-le quand vous entendrez qu'il est agréable de s'abreuver de cet O là. Restez plus circonspect quand certains vous le vendront déjà comme le disque de l'année. Ce premier album ressemble forcément à du Syd Matters mais chanté en partie en français et en nettement plus électronique et pop ("La Rivière" est un tube en puissance). Mais on y retrouve la même façon de faire tournoyer les mélodies, de toujours faire avancer les morceaux. Bien sûr, il n'a pas la voix de s…