24 décembre 2015

Compilation 2015

Sur cette compilation 2015, je vous souhaite à tous de joyeuses fêtes de fin d'année et vous dis à l'année prochaine pour de la nouvelle musique à papa ;-) 


Viet Cong - Continental Shelf
Twerps - Back to you
Public Service Broadcasting - Gagarin
Dominique A - Eléor
The Apartments - Twenty-one
Blur - There are too many of us
Django Django - Shake and tremble
Flavien Berger - La fête noire
Algiers - Blood
Les Innocents - Love qui peut
Unknown Mortal Orchestra - Multi-love
FFS - Police encounters
Ratatat - Abrasive
Requin Chagrin - Adélaïde
Aline - La vie électrique
Destroyer - Dream lover
Blank Realm - Flowers in mind
Bertrand Belin - Je parle en fou
Deerhunter - Breaker
Cart Seat Headrest - Something soon

23 décembre 2015

Top albums 2015


10- Bertrand Belin - Cap Waller
Pour moi, le meilleur disque français de l'année. A l'inverse d'un Dominique A, Bertrand Belin ne cesse de se radicaliser, de creuser davantage dans la même veine, quitte à laisser les suiveurs d'avant sur le bord du chemin. "Cap Waller" est plus rythmé que les précédents. Mais c'est un rythme à la Belin, dépouillé et toujours maîtrisé, sophistiqué malgré les apparences. Le chanteur a créé un style unique : cette voix à la Bashung, mais ces mots et cette guitare qui appartiennent à personne d'autre.   


9- Beach House - Depression Cherry
Après "Teen Dream" dans mon top 3 de l'année 2010, j'étais forcément devenu exigeant, quitte à négliger carrément (à tort) le suivant, "In Bloom". Il faut dire que Beach House n'est pas un groupe qui change fondamentalement sa musique entre deux disques. Avec "Depression Cherry", les guitares sont à nouveau mises en avant, ce qui n'est pas pour me déplaire. Et puis, en live, leurs chansons prennent une ampleur magique portée par la voix un brin rocailleuse de Victoria Legrand. De la dream pop assurément. 

8- Unknown Mortal Orchestra - Multi-Love
Même si on attend toujours le chef d'oeuvre de Unknown Mortal Orchestra, avec "Multi-Love", ils s'en rapprochent un peu plus. Le groove est plus présent que jamais - mon dieu, quelle basse ! Les mélodies sont aussi. L'enrobage psychédélique permet à l'ensemble de constituer une belle marque de fabrique. Ici, contrairement à Tame Impala, pas de démonstration, les chansons et le songwriting parlent d'eux-mêmes.


7- Algiers - Algiers
Algiers est sans doute le plus groupe rock le plus original apparu cette année. Si leur premier album mélange habilement soul, gospel et post-punk, son caractère compact, homogène voire jusqu'au boutiste peut rebuter. En concert, ce n'est aussi pas la claque annoncée. Reste une énergie et une force considérables qui finissent par vous prendre aux tripes.


6- Bill Ryder-Jones - West Kirby County Primary
L'ancien guitariste de The Coral est un talent rare. Après deux disques enregistrés au piano dont un entièrement instrumental à l'ampleur cinématographique et l'autre très mélodique qui aurait pu être signé par Elliott Smith, voici Bill Ryder-Jones qui revient à ses premières amours : la guitare. Et là encore, c'est réussi. On pense au meilleur du rock des années 90, de Pavement à Blur en passant par les Boo Radleys. 


5- Blur - The Magic Whip
Il y a tellement de reformations "bidon" seulement intéressées par l'argent que beaucoup n'ont même pas pris la peine d'écouter ce nouveau et inattendu Blur. Pourtant, ce "Magic Whip" condense magnifiquement 25 ans de carrière, revenant là où "1999" avait laissé les choses, en y ajoutant une bonne dose de maturité, de guitares plus maîtrisées. Albarn et Coxon se sont rabibochés et on se demande immédiatement pourquoi ils avaient arrêté de travailler ensemble. Ce nouveau Blur est bien plus intéressant que la carrière solo des deux réunie.


4- Destroyer - Poison Season
On pense au Bruce Springsteen flamboyant des années 70, mais pas seulement. Avec "Poison Season", Destroyer franchit un cap, abandonnant une pop indé encore maladroite pour gagner en épaisseur. Les arrangements sont ici de toute beauté. Dan Bejar démontre qu'il est aussi capable de jouer dans la cour des grands, dans la première division de la pop. Connaissant son talent de brouilleur de pistes, on attend avec impatience la suite.


3- Viet Cong - Viet Cong
S'il n'était pas si sérieux, ce disque serait sans doute en première position de ce classement. Viet Cong, ce sont les guitares les plus tranchantes qu'il m'ait été donné d'entendre cette année. Et que dire de cette rythmique dantesque. Comme les canadiens ont fini sous la menace par changer de nom (vive la liberté d'expression au pays de l'oncle Sam!), ce disque restera unique. Une claque qui fut longtemps mon unique disque référence de 2015, celui après lequel tous les autres paraissaient fades. 


2- Christopher Owens - Chrissybaby Forever
Je n'ai jamais vraiment aimé Girls et son côté branleur assumé. Je les voyais comme d'insolents imposteurs, survendus par la plupart des critiques musicaux. Quand il a commencé à chanter en solo, beaucoup ont délaissé Christopher Owens. Comme si celui qu'on disait l'homme à tout faire du groupe n'était finalement rien sans son ancien acolyte. Comme si d'un coup, tout le monde voyait au grand-jour ses recettes faciles et ses toujours mêmes accords. Il a fallu ce troisième album sorti en catimini et enregistré à la maison pour que le chanteur me touche enfin. Car c'est sans artifice et effet de manches que ses chansons sont pour moi les plus convaincantes. "Chrissybaby Forever", c'est du Spiritualized lo-fi, du Spiritualized nettoyé de sa couche pompière voire pompeuse. Du Spiritualized qu'on vient donc visiter plus facilement. Le meilleur disque de Owens, n'en déplaise aux inconditionnels de Girls.


1- Blank Realm - Illegals In Heaven
Je sais bien que je dois être le seul mais je m'en fous. Ce disque est tombé pile poil au bon moment entre mes oreilles. Juste après un certain 13 novembre. Le titre, la pochette, le nom du groupe, les chansons, tout sonnait juste dans ma tête. Depuis, il ne m'a plus quitté. Impossible de se détacher de "Flowers In Mind", "Palace of Love" et des autres, de ces chansons qui rappellent à la fois les Pixies, Sonic Youth ou les Field Mice. Un disque de rock indépendant comme on n'en espérait plus. Un disque qui se fout des modes, un peu bancal, un peu sale, mais qui fait un bien fou. Et on a envie de tout lâcher et de partir avec eux, comme l'homme sur la pochette qui se laisse guider, plein de confiance, sans savoir où il va. Pour oublier ce monde médiocre et ses stupides vanités. Pour oublier qu'en 2015, c'est l'écoeurement qui a prédominé devant l'affreuse actualité. Pour rêver à des lendemains meilleurs. Ici ou ailleurs. 

22 décembre 2015

Top concerts 2015

Ça y est, nous y sommes. L'heure du bilan a sonné. Comme d'habitude, je me mêle à l'affluence en proposant moi aussi mes tops 2015. Je commence par celui de mes meilleurs concerts de l'année. Je l'ai déjà dit maintes fois mais 2015 ne fut pour moi pas une bonne année et les concerts n'ont pas dérogé à ce triste constat. Pas mal de déceptions, plus ou moins grosses : Deerhunter, Ariel Pink, Viet Cong ou Algiers. Heureusement, quelques très beaux moments aussi, voici les principaux :

5- Motorama - Café de la danse, Paris - 26 octobre
On ne peut pas dire que les russes de Motorama brillent par un grand charisme mais ils ont un son bien à eux, même si ultra référencé. En concert, la machine est parfaitement huilée et enchaîne les morceaux à vive allure. Le travail et la rigueur russes en quelque sorte qui, même en matière rock, sont capables de produire d'excellents élèves.


4- Timber Timbre - la Route du rock, Saint-Malo - 14 août
La grande scène du fort Saint-Père à Saint-Malo n'est sans doute pas l'écrin idéal pour leur musique mais quand on a la classe comme les canadiens de Timbre Timbre, peu importe le flacon... Au bout de quelques titres seulement, ils arrivent à nous embarquer dans une ambiance de cabaret à l'atmosphère lynchienne. "Hot dreams" était mon disque de l'année 2014 : belle confirmation scénique.


3- Beach House - festival de Pitchfork, Paris - Grande Halle de la Villette - 29 octobre
"In Bloom" m'avait lassé. Je trouvais que le duo de Baltimore tournait déjà en rond. Et puis "Depression Cherry" a permis de réévaluer leur disque précédent. Et puis, les voir en concert a permis de réévaluer l'ensemble de leur carrière. Beach House est bien un des groupes les plus essentiels du moment.


2- FFS - la Maison de la radio, Paris - 21 juin
Quand deux formidables machines à danser se rencontrent, ça ne peut produire que des étincelles. Quand on a appris la formation de ce super groupe, on avait pourtant dû mal à y croire, tellement leurs univers semblaient différents. Mais à l'écoute de leur disque commun, cela paraît une évidence : ces deux groupes-là étaient faits pour se rencontrer. Sur la scène de la Maison de la Radio, on ne pouvait rêver plus belle fête de la musique. 


1- Public Service Broadcasting - le Petit bain, Paris - 27 mai
Leur deuxième album fut une déception. Le thème spatial était pourtant bien trouvé, mais à part deux-trois morceaux, rien de très marquant. En concert, en tout cas, le groupe prouve que son concept des voix enregistrées fonctionne à plein pot, jusque dans les relations avec le public. D'un parti-pris d'aspect austère, Public Service Broadcasting démontre un humour et un talent mélodique typiquement british. Même si sur disque, la redite guette déjà, en live, c'est un show particulièrement réjouissant et atypique. Meilleur souvenir de concert de 2015.

10 décembre 2015

Robert Forster - Songs To Play

50ème disque vaguement chroniqué ici pour l'année 2015. Il va être temps d'en finir avec cette fichue année. Fichue année musicalement parlant, car je dois vous dire que je sais d'avance que peu de disques de ce millésime me suivront encore dans quelques mois. Fichue année car l'actualité n'y a pas été du tout réjouissante : attentats de Charlie Hebdo, du 13 novembre à Paris, poussée historique du Front National. Difficile d'y croire encore, de rester optimiste. Robert Forster, je ne sais même plus lequel d'entre vous me l'a proposé dans ses disques de l'année. Je ne sais même plus si je n'ai pas tout simplement rêvé que quelqu'un m'en parlait. Robert Forster, c'est un peu le retour de l'ami de trente ans, celui dont on désespérait un jour d'avoir des nouvelles. Bien sûr, il en avait donné il y a 7 ans déjà. Mais à l'époque, on venait à peine de se faire à l'idée qu'il n'y aurait plus jamais de disques des Go-Betweens. Son alter-ego, Grant McLennan, était parti définitivement deux ans plus tôt. Bien sûr, ce "Songs to play" ne remplacera jamais "16 Lovers Lane". Mais quelque part, il porte admirablement bien son nom. Ce sont juste des chansons pour jouer ou chansons à jouer. 
Des chansons simples, sans beaucoup d'effets, de belles histoires comme des bouteilles à la mer, que chacun est libre d'attraper ou non. J'ai d'abord hésité et puis il a fallu qu'un ami sans doute imaginaire me dise d'insister pour que je me laisse happer. Ces chansons sont de délicieux anachronismes, défiant toute notion d'époque et de mode. On pense d'abord à des oeuvres inachevées, de simples démos et puis au fil des écoutes, on découvre l'envers du décor, des richesses insoupçonnées. J'aurais dû le savoir : un tel savoir-faire, ça ne se perd pas.

Clip de "Let Me Imagine You" :

7 décembre 2015

Yo La Tengo - Stuff Like That There

L'autre matin, comme beaucoup de matins malheureusement, je me suis fait réveillé par des cris. Un samedi, à 6h45. J'aurais voulu être très loin, rester dans mon rêve, quelque qu'il soit, ne pas aller voir, faire comme si ce n'était pas mes enfants. J'ai pensé alors à de la musique. Ne dit-on pas que la musique adoucit les moeurs ? Qu'elle permet l'évasion, à moindre frais ? Le dernier album de Yo La Tengo. Voilà un disque qu'un lecteur m'a recommandé par mail, je crois. Je n'ai malheureusement pas noté son nom. Mais grâce à lui, je me suis rappelé de cet album en partie composée de reprises, qu'elles soient connues comme le "I'm so Lonesome I could Cry" de Hank Williams, sans doute un des titres les plus repris au monde, inconnues (au moins en France) comme le très beau morceau d'ouverture, "My Heart's Not in It" d'une certaine Darlene McCrea ou enfin du groupe lui-même comme la formidable "Deeper Into Movies" aussi efficace en version acoustique qu'électrique.
Car oui, ce "Stuff Like That There" est à l'image d'un de leur premier disque, le légendaire "Fakebook", une sorte de compilation des titres préférés du groupe, joués tranquillement, à la guitare sèche. Enfin sèche, chaude plutôt. Les américains n'ont pas leur pareil pour réchauffer les coeurs, les voix se font caressantes, les mélodies boisées enveloppantes. Leur version du célèbre "Friday I'm in Love" des Cure est par exemple un modèle du genre. Bien sûr, on pourra mégoter et dire que sur la longueur, on finit par s'ennuyer un peu. Pourtant, le temps d'un disque, j'ai pu prendre mon petit-déjeuner au calme. C'est déjà énorme, croyez-moi. 

Clip de "Friday I'm In Love" :

"Automatic Doom" :

4 décembre 2015

Marshmallow Coast - Vangelis Rides Again

On commence aujourd'hui les trois disques de l'année choisis par les (quelques) lecteurs de ce blog. Marshmallow Coast est déjà un vieux groupe puisque "Vangelis Rides Again" est leur neuvième album. Rien que le titre et la pochette permettent de situer la fantaisie de Andy Gonzales, le leader. Qui pour s'intéresser encore aujourd'hui aux claviers kitschs du grec Vangelis, ancien membre des Aphrodite's Child de Demis Roussos ainsi que compositeur de quelques bandes originales de films restées plutôt célèbres comme "Les chariots de feu", "Blade Runner" ou "Christophe Colomb" ? Rassurez-vous, la musique de Marshmallow Coast n'a rien à voir. Gonzales est associé au collectif de musiciens nommés Elephant Six, collectif à l'origine de groupes aussi novateurs et importants que Olivia Tremor Control, Neutral Milk Hotel ou of Montreal. Gonzales fera d'ailleurs un temps parti de la bande de Kevin Barnes. C'est donc plutôt du côté de cette pop-folk atypique qu'il faut aller chercher les influences et l'inspiration. 
Ce nouveau disque ne contient que 8 morceaux et ne dure qu'à peine plus de 20 minutes, mais on sent bien qu'il a été méticuleusement pensé et enregistré. Il me rappelle aussi beaucoup "Overgrown Path", le formidable disque de Chris Cohen sorti il y a 3 ans déjà. Bref, ça se boit comme du petit lait, encore et encore : une pop légère et fluide, mais en même temps travaillée et intelligente. Merci Pierre pour cette belle découverte.

Clip de "Forever" :

Clip de "Foreign Denial" :

Clip de "Hills Are Alive" :