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Articles

Affichage des articles du février, 2015

Darren Hayman - Chants For Socialists

D'abord se souvenir qu'en son temps, j'ai adoré Hefner, plus que tout autre groupe, faisant suite à la défection de Belle and Sebastian, dont les albums après "The Boy with the Arab Strap" n'ont cessé de me désintéresser. La formation emmenée par Darren Hayman les avait remplacé au pied levé : même pop enjouée aux mélodies qui visent immédiatement justes, même apparente naïveté, avec l'humour en plus et un style bien marqué, accentué par l'aspect "cartoon" des pochettes (d'ailleurs, si quelqu'un sait comment se procurer les badges avec lesdites pochettes griffées dessus, merci de partager). Hayman a mis fin à son groupe après seulement 4 albums tous plus que recommandables, ainsi que l'excellente compilation "Boxing Hefner". Il continue depuis à produire disques sur disques, à une vitesse de un par an en moyenne. Darren Hayman est passé il y a quelques semaines chez Vincent Théval et son émission Label Pop, le lundi s…

The Sound - I Can't Escape Myself (1980)

Le son, bah oui, le son. Pourquoi pas le son d'abord ? Parce que c'est quand même ce qui nous intéresse en premier lieu, non ? Un bon son, y a que ça de vrai. "I Can't Escape Myself", le premier titre du premier album de ce groupe anglais paru au tout début des années 80 en est assurément un. De bon son. Mais l'époque n'en manquait pas, alors ils sont passés un peu inaperçus. Pourtant, à réécouter aujourd'hui ce "Jeopardy", on se dit que c'est injuste. Que The Sound aurait dû être énorme, presque autant que Joy Division ou The Cure. Le groupe essaiera tant bien que mal de sortir son épingle du jeu. En vain. Il restera cantonné dans l'ombre. Malheureusement, qu'arrive-t-il dans ces cas là ? Adrian Borland, le chanteur, se suicide en se jetant sous un train en gare de Wimbledon, à Londres, un triste jour de 1999, près de vingt ans après la mort d'un certain Ian Curtis et des débuts de The Sound. Trop tard diront les plus cy…

Motorama - Poverty

Motorama, c'est typiquement le groupe que je pensais lâcher rapidement. Parce que des formations inspirées par Joy Division, ça n'est pas ce qui manque. Et puis, parce que dans le lot, même s'ils sont assurément parmi les meilleurs, ils n'inventent rien. Alors, quand "Poverty" a débarqué, j'ai quand même pris le soin de l'écouter, mais distraitement. Parce que bon, ça commence à bien faire cette musique. L'effet Interpol sans doute. Des groupes qui tournent rapidement en rond. En plus, j'ai vu que beaucoup de blogueurs allaient dans mon sens. Conforté j'étais. Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai décidé de réécouter ce disque, à tête et oreilles reposées, sans à priori. Et là, ce ne fut pas la même chanson. Il y a une incroyable dynamique dans ces morceaux. Une modestie de moyens, une économie d'effets appréciables. Joy Divison oui, mais enrobé de l'esprit de Sarah Records.
Bref, des chansons brutes et efficaces, qui se suff…

Baden Baden - Mille éclairs

La musique de Baden Baden a de paradoxale qu'elle nous paraît immédiatement familière alors que nous serions bien incapables d'en trouver une filiation évidente. Leur deuxième album "Mille éclairs" est plus qu'une confirmation, tellement il surpasse leur bien nommé premier essai, "Colline". Ici, le groupe parisien prend une altitude rarement atteinte dans nos contrées. De la pop intelligente, mélodique, riche en recoins, qui donnent envie de fureter encore et encore. Il n'y a pourtant aucun tube dans cet album, aucun truc qui s'impose d'emblée. C'est un ensemble et c'est mieux comme ça. Parce que ça nous force à tout écouter sans tri. De toute façon, difficile d'y trouver une seule faiblesse, une seule facilité. "Dis leur" disqualifie à lui seul tous les Fauves de la terre : arpèges aux petits oignons, mélodie qui trotte dans le ciboulot, textes simples mais qui en disent plus longs sur le mal être des trentenaires que…

Mes victoires de la musique 2015 : les résultats !

Ça y est, les votes sont terminés. Merci à tous ceux qui ont participé. Comme je le disais déjà dans mon bilan 2014, Murat confirme son emprise sur la chanson de chez nous avec un "Babel" majeur : artiste masculin et album de l'année, haut la main. La biographie "Coups de tête" est au passage l'occasion de revenir sur la carrière déjà bien remplie de cet empêcheur de chanter en rond (encore que!). J'essaierai d'en faire un petit tour, dans les prochaines semaines, histoire de prolonger ces victoires méritées. 
Autre récompense prévisible, celle de François et ses montagnes de l'Atlas, avec la délicate "fille aux cheveux de soie", chanson de l'année, à défaut d'autres titres dans lequel ils étaient aussi nommés, tous deux squattés par l'inatteignable seigneur Murat.

Dans la foule enchevêtré, dans les les couloirs du soir
Je me change en François sans foi ni loi
Je presse le pas, ce soir j'ai quelqu'un à voir
Quand la fi…

Top albums 1981

Je le dis tout de go, 1981 est pour moi la moins bonne année de la décennie des eighties : pas de chefs d'oeuvres incontournables - encore que, le Durutti Column n'en est pas loin - et une réelle difficulté à rassembler 10 disques qui tiennent encore la route aujourd'hui. Pourtant, je pense que chacun pourra trouver son compte dans la liste ci-dessous.


10. Klaus Nomi - Klaus Nomi
Un chanteur lyrique allemand chipe les fringues de Bowie et orne ses arias de "froufrouteries" new-wave et kitsch. Dis comme ça on pourrait rester circonspect voire s'enfuir en courant. Mais c'est fait avec un tel aplomb et sans aucune retenue, que la curiosité finit par l'emporter. Toujours aussi unique en son genre.

9. Taxi Girl - Seppuku 
Daniel Darc, j'ai longtemps cru que c'était un vulgaire poseur, comme beaucoup de chanteurs de ces années-là. Alors qu'il était tout l'inverse de ça, la simplicité et la gentillesse même. A la lumière de ce constat et de sa…

Mes victoires de la musique 2015

C'est déjà l'heure de mes désormais traditionnelles victoires de la musique. Cette année encore, je ne me reconnais pas dans les victoires "officielles" et je vous propose donc les miennes. Sauf que si la sélection a été réalisée par mes soins, les résultats seront les vôtres. Encore plus que les autres années, j'ai essayé de faire une place au maximum d'artistes, même ceux dont je n'ai jamais parlé ici - et qui l'auraient pourtant bien mérité -, comme La Féline, Laetitia Shériff, Forever Pavot ou Grand Blanc. François and the Atlas Mountains est le seul à être trois fois nominé. Arrivent ensuite Florent Marchet, Jean-Louis Murat, Feu! Chatterton et Pain-Noir avec deux nominations. J'espère que vous serez encore plus nombreux que les années précédentes à venir voter pour donner plus de poids à ces victoires. Il n'y a rien à gagner, juste à venir défendre ses goûts. C'est déjà ça, non ? Fin des votes vendredi 13...
Artiste ou interprète mas…

Twerps - Range Anxiety

Ils sont Australiens et comme leurs illustres aînés, ils n'ont peur de rien. Comme les grands écarts en faisant successivement penser aux Cranberries - les premiers albums, quand même, faut pas pousser ! -, à Pete Doherty, aux Field Mice, aux Feelies ou à Hefner. Leur nouvel album, c'est sûr, va faire parler de lui. D'ailleurs, c'est déjà le cas, tous les festivals de rock indépendant de l'été 2015 se les arrachent. La faute à un premier single imparable, "Back To You". Le reste du disque n'est évidemment pas toujours à ce niveau-là, mais il a le charme naïf habituellement affublé à la pop australe, celle qui se fout des modes, des convenances et garde une innocence salutaire. Comme feu les formations du label Flying Nun, les Go-Betweens ou les Apartments dont on attend au passage avec une grande impatience le nouveau disque depuis des lustres. On pense aussi surtout à Here We Go Magic pour cette propension à faire de jolies mélodies sautillantes. Ma…