26 septembre 2014

Woods - With Light & With Love

Je ne sais pas pourquoi, au moment de sa sortie en avril dernier, j'ai ignoré ce disque. Peut-être que j'en attendais trop, me disant qu'à chaque nouvel album, Woods progressait inlassablement. Celui-ci se devait forcément d'être supérieur au précédent. En fait de supérieur, il est juste plus pop, plus lumineux, avec une production à chaque fois plus soignée, à moins que ce ne soit seulement parce que les membres du groupe ont progressé dans la maîtrise de leur instrument. A la réécoute, ce nouveau Woods n'est donc pas mauvais, loin s'en faut. On pense toujours à Neil Young, aux Byrds, à George Harrison, à Love aussi. Bref, au meilleur de la pop-folk des années 60. Jeremy Earl, le leader de Woods est aussi à l'origine du label Woodsist qui commence à se constituer un sacré catalogue, réunissant entre autres Real Estate ou plus récemment le très prometteur Kevin Morby.
Après "Bend Beyond" ou "Songs Of Shame", je continue donc à suivre ce groupe qui est en train de s'imposer comme une des valeurs sûres de la scène folk américaine. Du bois tendre et paradoxalement robuste, qu'on n'est donc pas prêt à découper en rondelles. Que demander de plus, finalement ?

Clip de "New Light" :

24 septembre 2014

Top albums 1983

Vous les attendez tous (si, si, avouez-le), voici le retour de mes tops annuels, classements méthodiques de mes 10 disques préférés année par année. Je sais ce que cela peut révéler de pathologique d'aimer classer ainsi des disques par leur millésime. En plus, les goûts changent et qui sait si demain mes goûts personnels n'auront pas évolué. Mais peu importe, voici déjà l'année 1983 avec une fois de plus, quelques albums qui comptent. Il y eut surtout la naissance d'une formation majeure de ces dernières décennies, REM, et leur premier "Murmur" d'anthologie. New Order qui, avec leur cultissime "Blue Monday" s'émancipe définitivement de feu Joy Division. Autres révélations, celle des Violent Femmes et leur folk-punk de bouseux qui en inspirera plus d'un. Les Chameleons auront au moins autant d'influences, peut-être moins revendiquées, mais réécoutez donc leur excellent "Script Of The Bridge" et vous comprendrez qu'un groupe comme Interpol par exemple leur a tout piqué ou presque. Pulp commence alors une carrière dans le plus profond anonymat, avec les moyens du bord mais un charme indéniable. Jarvis Cocker est le seul des membres déjà présent de la formation qui connaîtra le succès dix and plus tard. Les Ecossais de Aztec Camera sortis sur l'excellent label Postcard Records promettent le meilleur. Le meilleur, c'est déjà ce "High Land, Hard Rain" et c'est bien suffisant. Les plus expérimentés Stranglers s'octroient une pause salutaire dans leur discographie pour sortir un disque qui, d'abord considéré comme mineur, n'en demeure pas moins au final comme un de leurs plus aboutis. Les Australiens de The Church sortent leur troisième disque et resteront l'un des groupes les plus constants en qualité de la décennie. "Seance" est peut-être celui que je préfère. On a beaucoup glosé sur le coup marketing de U2 lors du lancement mondial de l'Iphone 6. Mais, il y a 30 ans, la bande à Bono faisait d'abord parler pour sa musique. Qui n'a jamais dansé de bon coeur sur "New Year's Day" ou "Sunday Bloody Sunday" ? Enfin, The Gist ou la sortie sur la pointe des pieds de Stuart Moxham après ses précieux Young Marble Giants. Le talent est pourtant toujours bien là.

10- The Gist - Embrace The Herd
Stuart Moxham est un être à part. Non content d'avoir inventé un nouveau son avec ses Young Marble Giants lors d'un "Colossal Youth" impérissable, il décide juste après de saboter la navire avec The Gist, pour une fois de plus un unique album. Moxham n'aime décidément pas la routine. Nouveau disque inclassable, toujours aussi minimaliste mais plus varié avec quelques magnifiques fulgurances, notamment "Love At First Sight", la version originale de "Paris, Le Flore" de Daho, admirateur de la première heure.

9- U2 - War
Ceux-là, je crois que beaucoup de ceux qui viennent ici m'en tiendront rigueur de les avoir sélectionné. A cause de ce qu'ils sont devenus. Des amis de Christian Estrosi, l'insupportable maire de Nice entre autres. En 1983, Bono parlait déjà naïvement de politique. Mais à l'époque, on y croyait, parce que lui y croyait. Et puis, le groupe savait encore trousser de vrais hymnes pour stade. La musique était encore l'essentiel.

8- The Church - Seance 
Ce n'est sans doute pas le meilleur album de ce groupe australien et les fans m'en voudront de ne mentionner que celui-ci dans les tops annuels. Alors pourquoi ? Tout d'abord, pour la pochette et puis parce que tous les disques de The Church sont bons ou presque.



7- The Stranglers - Feline 
Drôle d'album dans la carrière des virils Stranglers, "Feline" à l'image de son titre se fait plus langoureux tout en gardant quelques griffes. Le disque conserve aujourd'hui une étonnante homogénéité avec un son et un style qui n'appartiennent qu'à lui même. Bluffant.


6- Pulp - It
Je crois que j'aime toutes les périodes de Pulp ou presque. A part peut-être la toute fin avec le dispensable "We Love Life". Pourtant difficile à l'écoute de ce premier essai, le timide "It", de déceler le Pulp émancipé de "Different Class". Ce disque a le charme des premières fois hésitantes mais pleines de fraîcheur. Jarvis y avait même invité sa soeur qu'on peut entendre dans les choeurs.


5- Aztec Camera - High Land, Hard Rain
L'Ecosse ne votait pas encore pour son indépendance mais il y avait déjà des volontés d'autonomie dans l'air. L'excellent label Postcard Records enchaînait les sorties de formations qui allaient compter dans l'histoire de l'indie pop, comme Aztec Camera. Formation d'un seul grand disque malheureusement.


4- The Chameleons - Script of the Bridge 
Les Chameleons resteront comme l'un des meilleurs groupes de seconde division des années 80. Jamais cités en référence, il s'accorderont une seule fois la montée en première ligue avec ce toujours fringuant "Script of the Bridge".



3- Violent Femmes - Violent Femmes
La réponse de l'Amérique profonde au punk intello new-yorkais. Les Violent Femmes allait laisser ce magnifique recueil de chansons rêches et abrasives à la postérité, inspirant des groupes tout aussi importants à venir, de Husker Dü aux Pixies, sans parler des plus proches de nous et plus légers Louise Attaque.


2- REM - Murmur
Le premier et meilleur REM : le plus direct, le plus brut. Un folk-rock inspiré par la scène new-yorkaise de la fin des années 70. Influencé aussi par les Feelies qu'ils inspireront en retour sur "The Good Earth". Les débuts tonitruants d'une des formations américaines majeures de ces dernières décennies.


1- New Order - Power, Corruption & Lies
Là aussi, meilleur disque des duettistes Barney et Hook, qui n'en finissent plus de se chercher des noises, en éternels adolescents. La maturité, c'était Ian Curtis. New Order fut donc une réponse insouciante à Joy Division, plus physique que psychique. "Blue Monday" sur la version US de l'album marque la vraie naissance du son New Order qui allait laisser une empreinte indélébile dans l'histoire du rock.

22 septembre 2014

Half Japanese - Overjoyed

Parmi tous les retours de vieilles gloires, celui de Half Japanese est pour le moins passé inaperçu. Le groupe de Jad Fair a pourtant son lot non négligeable d'admirateurs, de Yo La Tengo aux Pastels en passant par l'inénarrable Daniel Johnston qui ont tous un jour collaboré avec lui. Bien sûr, ce ne sont que des "seconds couteaux", des formations ou artistes qui évoluent un peu en marge, mais ils ont leur suiveurs fidèles. Half Japanese, on a l'impression qu'ils sont transparents, jamais cités ou presque par les médias même spécialisés parmi les formations de rock indépendant influentes. Pourtant, le rock lo-fi, c'est eux qui l'ont inventé ou presque, à la fin des années 70, il y a bientôt 40 ans. Mais que penser de ce premier disque sorti après 13 ans d'absence ? Qu'il est magnifiquement rêche, que Half Japanese reste ce constant poil à gratter malgré les années, incapable de mélodies franches et directes, que même si les morceaux ressemblent enfin à de vrais morceaux, Jad Fair les affuble juste de l'essentiel : quelques savants riffs d'une guitare toujours indocile (écoutez donc l'abrasif "Do It Nation"), une voix un peu fausse et geignarde et une production sans fioriture.
Cette dernière est l'oeuvre d'un membre de Deerhoof, descendants et compagnons d'armes d'un rock oblique, jamais là où on l'attend. Tant mieux si ces chansons n'ont jamais été à la mode, on sait qu'elles ne seront jamais démodées. "Overjoyed", c'est que du bonheur, en somme.

Clip de "Our Love" :


Voici un mini documentaire sur le nouveau disque de Half Japanese avec le patronage de Kurt Cobain, REM, Sonic Youth, le Velvet Underground et j'en passe, si avec ça, vous n'avez pas envie de vous y plonger...

19 septembre 2014

Dominique A - Tomber Sous Le Charme

Je ne sais plus quand le déclic s'est produit. "Les Hauts Quartiers De Peine" ? Ou "Monochrome" sur un disque de Tiersen ? Je sais seulement que ses écrits sur le site "Comment certains vivent" ont constitué pour beaucoup dans l'admiration que j'ai aujourd'hui pour Dominique A. Il y eut aussi ses chroniques dans le magazine du TGV au moment où je prenais beaucoup ce dernier. Même si je lisais beaucoup moins que lui, je me retrouvais souvent dans ses choix, sa vision des choses et de la vie, Joy Division, Sarah Records (les fabuleux Field Mice). C'est à ce moment-là qu'au-delà de la musique, j'avais scellé un pacte avec le chanteur, étant sûr de le suivre peu importe où il pouvait m'emmener. Je faisais partie intégrante du même "Convoi". Quand est sorti en début d'année, "Tomber sous le charme", livre qui regroupait la quasi exhaustivité de ses chroniques musicales et littéraires, je n'ai pas trouvé d'intérêt à m'y replonger. Je connaissais déjà de quoi il en retournait, ayant lu une grande partie d'entre elles. Puis, je me suis finalement laissé tenter, peut-être avais-je loupé quelque chose d'essentiel ? Qu'il aime JP Nataf ou Babx a juste confirmé qu'on était décidément régulièrement sur la même longueur d'onde. Ses carnets de notes prises en tournée, moins "écrites", évoquent un homme moins posé et plus tourmenté qu'il n'y paraît. La distance se ressert, faisant découvrir au plus près le chanteur et ses faiblesses (l'alcool?). On y perd en amabilité ce qu'on gagne en humanité. Mais ce qui m'a le plus marqué, ce sont ses auto-critiques, cette incroyable faculté de remise en question, cette conscience étroite du chemin parcouru, de ce qu'il reste à parcourir et de ce qui est du domaine de l'inaccessible. Oser dire que sur "Remué", "on s'emmerde un peu". Que "La Mémoire Neuve" - mon préféré - est un disque "un peu sage, un peu raide aussi", sans parler de "Si Je Connais Harry" qui en prend pour son grade.
"Tomber sous le charme", ça pourrait aussi être le titre de ce blog. C'est juste une façon plus formelle de faire le passe-plat. Ci-dessous, quelques uns de ces savoureux mets à partager sans modération...


"C'est pourtant, avant tout, avec une chanson acoustique et lente que le disque emporte le morceau, une mélodie en suspension qui agit comme un baume. Elle s'appelle "Nicole", et il y a peu de choses à en dire, si ce n'est que c'est le type de chanson qui fait le vide autour de soi, et que si elle avait des bras, on viendrait s'y blottir."


"Un diamant, une chanson dix-huit carats, une mélodie céleste portée par une voix ample, et des orchestrations en direct de la stratosphère. A elle seule, une bande-son pour les soires d'été. Si ce dernier vous la refuse, laissez tomber, passez directement à l'automne."


"Pram ne sera jamais un groupe important, mais c'est peut-être, sans que ce soit incompatible, un groupe pour la vie. Un qu'on écoutera une fois l'an, toujours épaté par sa continuelle fraîcheur, ses trouvailles sonores, ses mélodies en colimaçon, et son petit monde enchanteur de série B fantastique."

Il n'en est pas vraiment question dans le livre mais je ne résiste pas à vous mettre "Partir" de Gisor, cet obscur chanteur français de synth-pop du début des années 80. Cette chanson aurait donné à Dominique A une furieuse envie de "Partir" de son Provins natal. Cette voix, mon dieu, oui, partir, je comprends ;-)


Dominique A lui avait rendu hommage - Gisor est mort dans l'anonymat en 2000 - dans la chanson "Gisor" extraite de l'excellent EP "Kick Peplum" sorti juste après "La Musique/La Matière" :

17 septembre 2014

Benjamin Clementine - Glorious You (EP)

Deuxième Ep chroniqué en une semaine, voilà que les habitudes changent ici. Comme si le format court restait la seule manière d'échapper à la redite ou à l'ennui. Pour les plus que prometteurs Feu! Chatterton ou Benjamin Clementine, on devine pourtant un potentiel, une variété de sons et d'ambiances qui devrait les mettre à l'abri de ce défaut sur leur tant attendu premier LP. Les deux n'ont pas peur d'en faire parfois trop et montrent une personnalité musicale déjà bien assumée. Le risque est donc de ne bientôt plus rien avoir à dire ou à proposer. Mais des morceaux comme celui qui ouvre ce "Glorious You", on pourrait en prendre par camions entiers qu'on ne serait pas certains de s'en lasser. On pense à Antony Hegarty pour les acrobaties vocales et les somptueux arrangements au piano. C'est du classique, de la soul, de la pop, du jazz. Bref de la musique avec un grand M. De celles qui vous font croire que malgré les difficultés grandissantes pour les artistes à vivre de leur art car n'étant plus reconnus comme tels en raison du massif flux musical reçu plus ou moins passivement par nos oreilles, un avenir est encore possible. 
Benjamin Clementine est beau, chante comme un dieu et sa musique est capable de vous retourner n'importe quelle pierre (tombale?). Impensable donc qu'il ne rencontre pas le succès.

Clip de "Condolence" :

En écoute sur Deezer.

15 septembre 2014

Feu! Chatterton - Feu! Chatterton (EP)

Il y a ce nom singulier, qui fait penser au "Chatterton" de Bashung - son disque le plus accessible ? - et ce "feu" qui bien sûr, rappelle la disparition du "maître". Il y a ce même phrasé "chanter-parler", ces textes littéraires au vocabulaire désuet qui semblent faire référence à une époque révolue voire à des lieux qui n'ont même jamais existé (et pourtant...) Il y a ces improbables litanies poétiques, cette étonnante capacité à installer un climat, une ambiance. Il y a ces fringues, ce costume trois pièces, cette petite moustache redevenue tendance, ce dandysme d'un autre siècle. Il y a ce lyrisme musical, ces perpétuelles variations, au son plus moderne, qui nous embarquent à chaque fois loin. Il y a ce concert en première partie de Connan Mockasin en février dernier qui m'avait intrigué, un peu secoué. Un style unique, inhabituel. Il y a maintenant ce premier EP plus qu'emballant, qui fait déjà beaucoup gloser, en attendant la consécration définitive au moment de la sortie de l'album prévue pour le printemps prochain.
Il y a enfin ce point d'exclamation qui change tout : la surprise, la joie, la claque. Révélation française de l'année. Haut la main. 

Clip de "La Malinche" :

En écoute sur Deezer.

9 septembre 2014

Karen O - Crush Songs

Cette fille a la classe. Pourtant, quand on mentionne les chanteuses rock qui comptent peu la citent encore. Cela devrait changer avec ce premier solo, "Crush Songs" qui prouve si besoin était que les Yeah Yeah Yeahs, c'était uniquement elle ou presque. Aux mauvaises langues qui ne prédisaient pas d'avenir au groupe ou alors un futur en roue libre, reproduisant de manière moins spontanée la recette d'un punk-rock de plus en plus prévisible, se rapprochant par exemple des bourrins de Greenday. C'était sans compter sur le talent à se renouveler de Karen O. De la furie jubilatoire du toujours sémillant "Fever To Tell" à cet intime et sobre "Crush Songs" en passant par des collaborations avec les barjots de Flaming Lips, des plus austères Swans ou encore une nomination aux Oscars, cette fille-là surprend constamment. Des guêpières et tenues fluos des débuts aux robes de soirée distinguées telles qu'elle portait à la cérémonie des Oscars, c'est un grand écart permanent.
Tantôt sûre d'elle, tantôt à fleur de peau, elle sait soit asséner des grosses baffes, soit caresser. Ce n'est pas le genre de femmes faciles à apprivoiser. Constamment en représentation ? Pas si sûr. Les crush songs ont été écrites en 2006, 2007, alors qu'elle vivait une période difficile liée à une séparation. On y retrouve le style intemporel d'une ballade comme "The Moon Song" prolongé sur 15 titres. Pas la moindre pose ou presque, juste de courtes chansons d'amour présentées dans leur plus simple appareil : une guitare sèche jouée à même l'os tout juste rehaussée parfois de quelques feulements, sifflements, craquements ou voix amies. C'est vieux comme le monde mais difficile de ne pas appuyer inlassablement sur Repeat. La vie devrait être aussi simple que ça.

Clip de "Rapt" :

8 septembre 2014

Avi Buffalo - At Best Cuckold

Avi Buffalo me fait penser au groupe de Trevor Powers, Youth Lagoon : même premier disque prometteur montrant des capacités évidentes et une maturité musicale étonnante pour un "gamin" d'une vingtaine d'années seulement, même deuxième disque plus mûr qui gagne en profondeur et en richesse d'arrangements ce qu'il perd en spontanéité. Sur "At Best Cukold", Avi Zahner-Isenberg se paie même le luxe d'égaler par moments le meilleur Elliott Smith ("Memories of You"), mais un Elliott Smith plus inspiré par les Beach Boys que les Beatles, Californie oblige. On pense aussi à Neil Young pour la voix et les mélodies. C'est toujours impressionnant, même quand le son est limite de tomber dans la guimauve ("Oxygen Tank") et les solos de guitare outranciers et dispensables ("Oxygen Tank"). On y entend tellement d'influences sans qu'aucune ne prenne le pas sur les autres que ça en deviendrait presque énervant.
Ce gars-là a déjà tout pour lui et frappe fort. Comme Youth Lagoon, donc. Il faudra compter avec ces deux groupes qui ont passé haut la main le cap de l'essai transformé. Parmi les nombreuses sorties de la rentrée (de l'année?), Avi Buffalo se démarque aisément. Vivement la suite.

Clip de "So What" :

"Memories of You" :

4 septembre 2014

La Souterraine : Pain Noir, Chevalrex et Baptiste W. Hamon

Une fois n'est pas coutume, il sera question aujourd'hui de compilations - avec un "s" de surcroît. 3x10 chansons de langue française ont déjà été habilement compilé par Laurent Bajon et Benjamin Caschera, animateurs de Planet Claire sur Aligre FM, depuis le début de l'année. Elles sont écoutables et téléchargeables gratuitement - ou plutôt ce qu'on appelle communément sur le net en "name your price". Tout ça pour vous dire que lisant ça, vous n'avez plus aucune excuse de ne pas aller y faire un tour et partager avec le plus grand nombre la bonne nouvelle. Oui, il existe une pop en français en dehors des chemins balisés par les médias traditionnels. Bon, je ne partage pas un même enthousiasme pour tous les artistes sélectionnés mais quelques uns méritent vraiment plus d'attention. Ce sont soit des nouveaux venus, soit des habitués de l'ombre. A l'exception peut être de Arlt qui loin d'avoir une reconnaissance méritée est au moins connu des habitués de ce blog. Je profite donc de ces compilations "souterraines" pour vous parler de noms qui, j'espère, sortiront très prochainement du bois. On commence avec Pain Noir, anciennement Saint Augustine, prof auvergnat qui a décidé d'abandonner l'anglais et de chanter enfin dans sa langue natale. Bien lui en a pris, car les trois titres déjà disponibles sur le net annoncent un album magnifique. Vous pouvez d'ailleurs contribuer à son financement sur Microcultures toujours à l'affût lorsqu'il s'agit d'aider des gens honteusement sur la paille. "L'arme", morceau présent sur la compilation de La Souterraine est un de ces titres qu'on pensait ne jamais entendre en français, sorte de Bertrand Belin en moins sec. Chevalrex dont le formidable premier disque "Catapulte" sorti fin 2013 - et aussi gratuit- est la nouvelle formation de Rémy Chante, chanteur coutumier de l'ombre depuis ses débuts il y a plus de dix ans. On y entend l'influence d'une certaine "Fossette", qui prouve si besoin que le minimalisme est une denrée qui ne périme pas. Baptiste W. Hamon, rien à voir avec l'ancien ministre de l'Education Nationale, se fout aussi des modes."Les Bords de l'Yonne" aurait pu être écrite et chantée il y a soixante ans. On parie déjà qu'elle sera encore d'actualité en 2074. Et si c'était ça, la vraie "fronde", ce refus de l'immédiateté et du conformisme, se contenter de peu mais en tirer le meilleur ?
"Le désert commence là", ce n'est pas la chanson retenue dans la compilation de la Souterraine, mais quel titre !