30 juin 2014

Cheveu - Bum

Born Bad Records est un de ces rares labels indépendants français qui passe allégrement les frontières. Il a, depuis ses débuts, garder une ligne de conduite punk dans le sens large du terme. Disons plutôt anticonformiste, aimant par dessus tout les formations sortant de l'ordinaire rock. L'année dernière, il avait cassé la baraque en signant le premier disque de La Femme unanimement salué. Les Bordelais devenus Parisiens adoptifs de Cheveu pourraient venir rafler la mise en 2014. Leur univers doux dingue est inclassable, c'est une sorte post-punk qui loin d'être linéaire, part régulièrement tout azimut. Les trois gaillards ont sorti en début d'année un troisième album longue durée, qui commence seulement à faire son effet chez moi. "Polonia" m'avait rapidement impressionné avec ses paroles extraites de "Buffet Froid" de Bertrand Blier, mais j'étais rebuté par quelques tics franchouillards - le chant surtout - qui venaient me rappeler que l'Hexagone n'a jamais été une terre fertile pour le rock de manière générale. 
La folie de Cheveu a donc fini par me convaincre. De prime abord, on ne les prend pas au sérieux. Mais, une fois qu'on s'est laissé happé par leur fantaisie, c'est l'inverse qui se produit : leur musique est loin de n'être que du grand n'importe quoi. Même les plus exigeants y trouveront largement de quoi bouger, chanter, s'esbaudir. Plus qu'impressionnant au final. Born Bad Records est un ces rares labels indépendants français qui vous ferait croire qu'il y a un rock qui compte en France. Désormais, on ne pourra plus se passer de Cheveu ;-)

Clip de "Polonia" :

27 juin 2014

Protomartyr - Under Color of Official Right

En regardant la pochette, je me suis immédiatement dit que ce disque n'était pas pour moi. J'imaginais de la musique violente, lourde surtout. C'est bien parce qu'ils seront à l'affiche de la prochaine Route du Rock - en plus le jour où j'y serai - que j'ai quand même daigné écouter la musique de Protomartyr. Dès les premières notes, mes doutes sont levés : c'est plutôt du côté de ce qu'on a appelé le post-punk qu'il faut aller chercher l'influence, de Joy Division à The Fall. Une inspiration très anglaise pour un groupe originaire de Detroit. Mais on y sent quand même le rock teigneux du coin, pas glamour pour un sou - il suffit de voir leur dégaine improbable, surtout le chanteur -, pourvu qu'il y ait de la bagarre. Les guitares sont explosives, la rythmique est tranchante à souhait. Le son est impressionnant de précision. On sent bien que ça doit envoyer le bois en live et que les programmateurs malouins ne se sont pas trompés. Mais se sont-ils déjà trompés ? 
Les chansons les moins réussies ont même le bon goût d'être les plus courtes. Et encore, je chipote. Si l'album ne réinvente rien, il se pose comme un des plus efficaces du genre de la cuvée 2014. "I'll Take That Applause Because I Deserve It" nous disent-ils en conclusion de "Under Color Of Official Right". Effectivement.

Clip de "Come & See" :

26 juin 2014

Fear of Men - Loom

Dans un monde parfait, un festival comme "Heart of Glass, Heart of Gold", HOG-HOG pour les intimes, aurait eu lieu pendant ma période étudiante et nous serions partis ainsi en Ardèche à plusieurs, histoire de prolonger les vacances et repousser la rentrée. Nous aurions partagé un bungalow tous ensemble. On aurait bu, "philosophé" sur la vie, "dragouillé" - vous savez, c'est prétendre draguer tout en se rendant compte de l'aspect vain de la chose -, et aussi écouté de la bonne musique. Parce que pour sa deuxième année, le festival maintient une programmation exigeante et de qualité, très orientée "rock indépendant". On aurait vu notamment Public Service Broadcasting, une de mes révélations de l'an passé. On aurait profité de la piscine ou pas, mais au moins on aurait pu dire à notre retour aux malheureux restés à la maison qu'il y en avait une. On aurait rencontré de jeunes filles timides qui ont la "fear of men", ça tombe bien parce que nous, ça serait plutôt la "fear of women". 
Rien ne vaut les êtres qui doutent, qui sont mal dans leur peau, non ? "Shyness is nice", c'est même Morrissey qui le disait. Cela aurait duré un week-end. Un trop court week-end. Puis, on aurait repris comme qui dirait une activité normale, cherchant à nouveau notre place. La réalité, c'est que je ne l'ai toujours pas trouvé, ma place, même si avec mon CDI, ma femme, mes gosses et mon crédit pour l'appartement, je fais semblant que si. Puisqu'il faut faire semblant. La preuve, j'écoute encore Fear of Men.

Clip de "Green Sea" :

Clip de "Seer" :

Clip de "Descent" :

19 juin 2014

Top albums 1986


1986 est sans doute mon millésime préféré des années 1980. En effet, quatre de "mes indispensables" sont sortis cette année-là : le chef oeuvre incontestable des Smiths, celui malheureusement plus contesté de James avec la pop encore bouillonnante de "Stutter", les toujours merveilleuses guitares des Feelies et la pop vitaminée et pas si naïve des Housemartins. Et le reste de ma sélection, loin d'être en retrait propose aussi le meilleur de Nick Cave et de ses mauvaises graines, le meilleur de la new wave française avec Daho, des Go-Betweens bientôt au top, un New Order presque encore au top et deux formations anglaises éphémères et pourtant responsables deux disques importants.

10- New Order - Brotherhood 
Dans chaque album de New Order il y a des chansons qui résistent admirablement à l'usure du temps, comme ici l'excellent "Bizarre Love Triangle" et d'autres dont les tics et la production trop connotés eighties constituent un véritable frein à l'écoute. Ici, jusqu'au titre précité, c'est parfait. C'est après que ça se gâte. Un peu.

9- The Woodentops - Giant
Même constat pour les trop vite disparus Woodentops : une première partie d'album à l'image de son titre : "Giant". C'est pop, enlevé, revigorant. Après, ça ne tient pas forcément la longueur mais ça garde une belle énergie.



8- Etienne Daho - Pop Satori 
Le classique de Daho, son plus gros succès et son disque le plus évident malgré la production datée. Parce que le son Daho, c'est ça et rien d'autre. La preuve, c'est aussi l'album qu'il rejoue volontiers en live comme au prochain festival Days Off. Parce que le chanteur avait inventé un style bien à lui. De la new wave française qui n'avait pour une fois rien à envier à celle d'outre Manche.

7- Nick Cave & The Bad Seeds - Your Funeral, My Trial 
Mon préféré de son auteur. La musique de l'Australien, continuellement sous tension, était encore mal dégrossie. Mais des chansons comme "The Carny", splendide bande originale des "Ailes du désir" de Wenders, le morceau éponyme ou "Sad Waters" se tiennent très bien toutes seules. Malgré l'épisode post-punk de The Birthday Party, on y sent la véritable éclosion d'un des artistes les plus incontournables de l'histoire du rock. Passionnant. 

6- The Go-Betweens - Liberty Belle And The Black Diamond Express
L'autre grande oeuvre de ces Smiths australiens, avant l'inatteignable "16 Lovers Lane". Le groupe gagne alors en mélodies limpides, rajoute des cordes. Bref, c'est plus subtil. On sent que l'apothéose est pour bientôt.



5- It's Immaterial - Life's Hard And Then You Die
It's Immaterial était indéniablement en avance sur son temps. Cette pop new wave mâtinée de sons exotiques est aujourd'hui très à la mode de Vampire Weekend pour la version vitaminée à Wild Beasts pour la version glamour. A l'époque, le groupe fut injustement mésestimé et disparut après deux très bons albums, surtout ce premier et son terrible constat : "Life's Hard and then You die". Le résumé de leur carrière en quelque sorte.

4- The Housemartins - London 0 - Hull 4
J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce sympathique groupe originaire de Hull, adepte d'une pop pétillante à nulle autre pareille. Là aussi, deux seuls disques et puis s'en va. Dommage.




3- The Feelies - The Good Earth
Ces guitares, mon dieu, ces tourbillons de guitares ! Les Feelies, après avoir influencé REM semblent avoir été influencés en retour par la bande de Michael Stipe. "The Good Earth" se fait plus fluide que le précédent "Crazy Rhythms" et se place au niveau de "Murmur". Facile.


2- James - Stutter
En écoutant aujourd'hui leur nouveau disque et ensuite ce premier "Stutter", on se demande comment ils peuvent émaner de la même formation. Plus que les muscles et la testostérone, James privilégiait en 1986 la fantaisie et la pop azimutée. C'est bien simple, le groupe inventait un style unique et jamais reproduit depuis. Il est temps de réévaluer un disque qui contient des merveilles aussi variées que "Scarecrow", "Withdrawn" ou encore le Tom Verlainien "Why So Close".

1- The Smiths - The Queen Is Dead
Que dire de plus qui n'a déjà été dit sur ce groupe et ce disque ? LE disque pop des années 80. Celui sans lequel je n'aurais sans doute jamais créé ce blog. L'équivalent d'un Sergent Pepper. La voix et les textes de Morrissey. La guitare magique de Johnny Marr. Ces chansons éternelles. "There Is A Light That Never Goes Out". Evidemment.


12 juin 2014

Ought - More Than Any Other Day

C'est l'ami internaute Pinkfrenetik qui m'a recommandé une plongée en apnée dans le rock tendu et bruitiste des canadiens de Ought. La première approche ne m'avait pas laissé de souvenirs impérissables et j'avais pris le parti d'en rester là, eût égard au grand nombre de nouveautés musicales qui m'attendaient. Pitchfork puis la Route du Rock avaient beau avaliser la musique de Ought comme supérieure à la moyenne, cela n'avait pas suffi. Et Pinkfrenetik de proposer alors sur son blog des places à gagner pour aller voir le groupe de passage à Paris juste avant l'indispensable rendez-vous malouin. Il n'en fallait pas plus pour que je tente ma chance. C'est que je suis une bête à concours. Et oui, quand il ne faut pas payer... En plus, la date tombe à pic dans mes vacances sans enfants. Alors, je suis retourné à l'écoute de "More than any other day" et cette fois-ci, les Canadiens ont fini par avoir raison de moi, surtout quand ils lâchent les bourrins, sur quelques titres dévastateurs comme l'impeccable "The Weather Song", en bonne place parmi mes titres préférés de 2014.
On pense au Sonic Youth de la meilleure période en plus braillard, "Daydream Nation" notamment, avec des chansons pour la plupart très étirées. Il reste bien quelques lourdeurs de ci, de là, mais cela fait partie intégrante de ce rock : dru, sec, coupant. On s'y fait parfois mal, mais au final, le jeu en vaut la chandelle. On risque de beaucoup transpirer et de prendre quelques coups dans la petite salle de la Mécanique Ondulatoire le 11 août prochain. Tant mieux.

Clip de "The Weather Song" :

8 juin 2014

Beastie Boys - Sure Shot (1994)

Dire que je suis attristé par la fin officielle des Beastie Boys annoncée cette semaine par Mike D serait exagéré. Pourtant, sur quelques titres ravageurs, le groupe arrivait parfois à m'emballer, comme du temps de "Ill Communication" et de ses tubes en puissance "Sabotage" et "Sure Shot". Les Beastie Boys auront marqué deux décennies de musique avec leur son atypique et si caractéristique, mélange de rock, de punk, de hip-hop, de jazz même. Ils avaient même réussi à se renouveler, prenant un virage électro avec "Hello Nasty" en 1998. Ils sont aussi l'un des rares groupes encore écoutables aujourd'hui de ce qu'on a appelé le "rock fusion". Ce mouvement était en odeur de sainteté commerciale au début des années 90, de Rage Against the Machine aux Red Hot Chili Peppers. Les Beastie Boys, moins formatés que la moyenne, étaient les trublions d'un genre qui se prenait trop au sérieux. Il suffit de regarder l'excellent clip de "Sabotage" pour constater que ces trois-là restaient de grands enfants. Plus que leur musique, j'aimais leur côté ludique. Alors, oui, les Beastie Boys vont manquer. Ce genre de groupes manquent toujours. Au final, je suis donc un peu triste. Même si, après le décès de MCA, alias Adam Yauch, il y a deux ans, ça n'aurait déjà plus été pareil. Une page se tourne.


You Can't, You Won't And You Don't Stop
Mike D Come On And Rock The Sure Shot

I've Got The Brand New Doo-Doo Guaranteed Like Yoo Hoo
I'm On Like Dr John, Yea Mr Zu Zu
I'm A Newlywed, Not A Divorcee
And Everything I Do Is Funky Like Lee Dorsey
Well, It's The Taking Fo Pelham, One, Two, Three
If You Want A Doodoo Rhyme Then Come See Me
I've Got The Savior Faire With The Unique Rhyme And
I Keep It On And On, It's Never Quitting Time And
Strictly Hand Held Is The Style I Go
Never Rock The Mic With The Panty Hose
I Strap On My Ear Goggles And I'm Ready To Go
'Couse At The Boards Is The Man They Call The Mario
Pull Up At The Function And You Know I Kojak
To All The Party People That Are On My Bozak
I've Got More Action Than My Man John Woo
And I've Got Mad Hits Like I Was Rod Carew

You Can't, You Won't And You Don't Stop
Ad Rock Come And Rock The Sure Shot

Hurricane Will Cross Fade On Your Ass And Bust Your Ear Drums
Listen Everybody 'Couse I'm Shifting Gears I'm
Fresh Like Dougie When I Set My Specs And
On The Microphone I Come Correct
Timing Like A Clock When I'Rock The Hip Hop
Top Notch Is My Stock On The Soap Box
I've Got More Rhymes Than I'v Got Grey Hairs
And That's Alot Because I've Got My Share
I've Got A Hole In My Head And There's No One To Fix It
Got To Straighten My Thoughts, I'm Thinking Too Much Sick Shit
Everyone Just Takes and Takes, Takes, Takes, Takes
I've Got To Step Back, I've Got To Contemplate
I'm Like Lee Perry, I'm Very
On Rock The Microphone And Then I'm Gone
I'm Like Vaughn bode, I'm a Cheech Wizard
Never Quitting, So Won't You Listen

Oh Yes Indeed, It's Fun Time
'Cause You Can't, You Won't And You Don't Stop
MCA Come And Rock The Sure Shot

I Want To Say a Little Something That's Long Overdue
The Disrespect To Women Has Got To Be Through
To All The Mothers And Sisters And the Wives And Friends
I Want To Offer My Love And Respect To The End
Well You Say I'm Twenty Something And Should Be Slacking
But I'm Working Harder Than Ever And You Could Call It Macking
So I'm Supposed To Sit Upon My Couch Watching My T.V.
I'm Still Iistening To Wax, I'm Not Using The CD
I'm That Kid In The Corner
All Fucked Up And I Wanna So I'm Gonna
Take A Piece Of The Pie, Why Not, I'm Not Quitting
Think I'm Gonna Change Up My Style Just To Fit In
I Keep My Underwear Up With A Piece Of Elastic
I Use A Bullshit Mic That's Made Out Of Plastic
To Send My Rhymes Out To All Nations
Like Ma Bell, I've Got The Ill Communications

6 juin 2014

Teleman - Breakfast

Il faut bien avouer que parfois, je reste en accord avec les Inrockuptibles, ce journal autrefois béni, il y a une éternité déjà. Lors du dernier festival organisé par le célèbre magazine, il y avait une affiche qui, avec le recul, était plus alléchante qu'il n'y apparaissait : les revenants de Suede partageaient la soirée avec les jeunes pousses de Temples et de Teleman. Si les nouvelles chansons de Brett Anderson et de sa bande de coiffeurs souffrent de la comparaison avec celles de leurs débuts, il paraît que leurs prestations live restent d'excellente tenue. J'ai déjà dit tout le bien que je pensais des très stylés Temples. Teleman flirte moins avec le passé ou alors avec un passé plus proche de nous : les années 80. Ce premier disque fait penser au dernier Metronomy. La production de Bernard Butler dont on reconnaît le son caractéristique par moments comme sur "Mainline" - tiens, tiens, comme par hasard, le premier guitariste de Suede, responsable des grandes heures du groupe - est un tantinet trop propre. 
Mais cela ne dessert pas pour autant cette pop qui, sous des aspects inoffensifs, fonctionne très bien, c'est-à-dire rentre inopinément dans le ciboulot. Comme Temples. Comme quoi, ce n'est pas nécessairement la musique la plus alambiquée qui possède la plus longue durée de vie. 

Clip de "Cristina" :

Clip de "23 Floors Up" :

4 juin 2014

Gruff Rhys - American Interior

Avec un tel nom, Gruff Rhys ne pouvait qu'être marqué par ses origines. Ce nouvel album de l'ex-chanteur des Super Fury Animals raconte l'incroyable périple de John Evans, obscur explorateur gallois du XVIIIème siècle partit à la recherche d'improbables ancêtres aux Etats-Unis. Bien sûr, connaissant l'animal, sorte d'équivalent anglo-saxon au dérangé Wayne Coyne, il en résulte une savoureuse épopée pop, passionnante de bout en bout. Pour s'en persuader, en plus de l'écoute de la musique, lisez donc la très belle interview du monsieur chez les Inrocks. S'il fallait choisir entre les nouveaux disques des rescapés de la britpop, je voterais volontiers pour celui du gallois, bien moins prétentieux et plus enlevé que celui de Damon Albarn, par exemple. L'ex-leader de Blur et de Gorillaz semble cacher un manque d'inspiration sous un apparat sonore qui, si délicat soit-il, ne peut masquer l'absence de vraies chansons.
Rhys, au contraire, n'a jamais essayé d'être quelqu'un d'autre. Il avance à son rythme, toujours un peu en marge. "American Interior", qui se décline aussi en version livre, film et application pour portable, est fidèle à son sujet : c'est le grand disque américain du gallois. Un mille feuille pop savoureux et crémeux à souhait. Loin d'être écoeuré, j'en redemande volontiers.

Clip de "American Interior" :

"Liberty" (Is Where We'll Be)" :
L'album en écoute intégrale sur YouTube.

2 juin 2014

The Notwist - Melkweg, Amsterdam - 28 mai 2014

De retour d'une courte semaine à Amsterdam, je reviens avec dans mes bagages le résumé du seul concert auquel nous avons pu assister. Avec maman, on s'est dit qu'on retournera là-bas, c'est sûr, pas pour ce que vous croyez hein, mais juste parce que la pluie aidant, nous n'avons pas pu goûter pleinement au mode de vie local. Deux vraies adresses à vous conseiller toutefois. Tout d'abord, un disquaire bien sûr et quel disquaire ! C'est bien simple, il y a tous les styles, toutes les époques, tous les formats et même de l'occasion, bref, c'est l'indispensable du coin et ça s'appelle Concerto. Et puis, une fois n'est pas coutume, une boutique de fringues, bah ouais, il paraît que les blogs de mode ça marche mieux que ceux de musique, alors... ça s'appelle Nili's et ils font notamment des tee-shirts originaux et assez sympathiques. Mais revenons à nos moutons, ils sont allemands, ont plutôt des têtes de chirurgiens dentistes - c'est pas moi qui le dit, c'est maman ;-) - et se nomment The Notwist. On se dit qu'avec un tel pedigree, on risque de ne pas rigoler tous les jours. Pourtant, leur concert fut une vraie bonne surprise, à l'image de leur dernier et excellent "Close To The Glass", plus enthousiasmant au final que mon autre sortie de la semaine, Neutral Milk Hotel. En live, la musique des teutons prend une autre dimension, plus rock - la version de "This Room" déboîte sévère -, plus électro, plus expérimentale aussi - "Pilot" part des délires sonores proches de la transe. Bref, plus passionnante. Comme on s'y attendait, le charisme scénique des frères Acher est proche du néant, mais ils n'en ont pas besoin, leur son à la précision chirurgicale justement parle pour eux. Et puis, on devine qu'ils feraient une agréable compagnie pour passer une soirée. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit, sans qu'ils aient besoin de l'ouvrir beaucoup. "No matter what we say. No matter what we think. We will never, will never leave this room". C'est un peu ce qu'on aurait aimé faire ce soir-là, dans la salle du Melkweg.