30 mars 2013

Top albums 1993


En 1993, la Grande-Bretagne est en grande forme avec l'arrivée sur le devant de la scène d'au moins quatre groupes importants de la décennie et pas moins de quatre claques : Suede, qui ressuscitait un glam-rock un brin sauvage (en témoigne leur prestation déjantée aux Brit Awards), les Auteurs, précurseurs de ce qui sera la Brit Pop mais déjà en marge du mouvement, à la noirceur vénéneuse, la Divine Comedy du petit irlandais Neil Hannon, joyeux crooner de pop symphonique, à l'opposé de Stuart Staples et de ses Tindersticks nettement plus ombrageux, mais pas moins somptueux. Pour venir compléter le tableau, les joyeusement bordéliques Boo Radleys qui embrassent tout le rock indé de l'époque dans leur gargantuesque "Giant Steps", les trop mésestimés écossais de Trash Can Sinatras, chaînon manquant entre les Pastels et Belle and Sebastian ou encore les autres losers magnifiques que resteront Moose, adeptes d'une pop haute en couleur et diablement raffinée. Les américains, un peu à la traîne à la suite de la désagrégation du mouvement grunge, balanceront quand même du folk hautement dépressif mais régulièrement bouleversant chez les Red House Painters, ou à l'inverse plus accueillant pour Grant Lee Buffalo. Enfin, the last but not the least, les divins Australiens de The Apartments reviennent aux affaires après une longue absence pour montrer de quel bois (plus rugueux) ils se chauffent et c'est toujours aussi bien.

10- The Apartments - Drift
Il aura fallu attendre sept ans avant de voir arrivée une suite au séminal "The Evening Visits...And Stays For Years". Le ton s'est entre temps durci. Reste cette indéniable qualité d'écriture. Pas étonnant que le récent passage à Paris du groupe de Peter Milton Walsh ait fait remonter tant de jolis souvenirs aux fans de l'époque...


9- Grant Lee Buffalo - Fuzzy
Ce groupe a sans doute eu la chance d'être parrainé par les célèbres REM. Sans cela, pas sûr que ce "Fuzzy" aurait eu tant d'écho. Cela aurait été dommage, car cette folk musique ponctuée de belles envolées lyriques reste toujours aussi savoureuse aujourd'hui.


8- Red House Painters - Red House Painters
Voici une musique qui sait prendre son temps pour marquer les esprits. Une sorte de "Pink Moon" étirée avec par-ci, par-là quelques guitares noisy. A l'époque, on appelait cela du slowcore. La formation de Mark Kozelek a sorti deux disques sans titre pour cette même année 1993. Celui-ci, le premier, et souvent appelé "Rollercoaster", à cause de sa pochette et d'un des titres de l'album, contient entre autres, une des plus belles chansons d'amour qui soit, l'incroyable "Katy Song".

7- Moose - Honey Bee
Délaissant le shoegazing des débuts pour une pop plus arrangée et harmonieuse, ces caribous anglais réussissaient à produire une musique d'apparence simpliste mais à la richesse infinie. Le propre des plus grands. Et dire que depuis, ils ont honteusement été oubliés...


6- The Trash Can Sinatras - I've Seen Everything
Les Trash Can Sinatras nous avouent déjà avoir tout vu. Nous, on n'avait encore rien entendu. Par le biais de quelques chansons savamment orchestrées, ils nous démontrent qu'en Ecosse aussi les Smiths ont fait des émules. Brillant.



5- Tindersticks - Tindersticks
En réécoutant aujourd'hui ce premier essai des Tindersticks, on se dit qu'ils n'ont jamais fait mieux depuis. Qu'en plus de vingt titres, les anglais nous faisaient passer par tous les sentiments. Que, mise à part peut-être le second, leurs autres disques paraissent en comparaison assez plat émotionnellement parlant. Majestueux comme la robe de la gitane sur la pochette.

4- The Divine Comedy - Liberation
Avec "Liberation", c'est toute la pop qui se libère de ses carcans habituels. Neil Hannon convoque le Scott Walker de la fin des années 60 en l'enrobant comme un bonbon acidulé. Délicieux.




3- The Boo Radleys - Giant Steps
Autre libération, mais moins rectiligne, celle préconisée par les Boo Radleys ne manque pas non plus de saveurs et de textures alambiquées. Des Beatles à My Bloody Valentine en passant par Love, personne n'est lésée.



2- The Auteurs - New Wave
Luke Haines et ses auteurs inventent une pop racée et sans âge, teigneuse sans oublier d'être mélodieuse. Un classique qui ne prend pas une ride, sans doute du fait qu'il n'y a pas une once d'esbroufe, ni de volonté d'en mettre plein les esgourdes. Concis et précis, en un mot : efficace.


1- Suede - Suede
Le groupe, l'album, la chanson ("Animal Nitrate") où pour moi, tout a commencé. Le genre de révélations (oui, il existe une autre voie que celle tracée par Phil Collins et consorts) qui vous marquent à vie, au-delà de toutes considérations objectives et rationnelles.


27 mars 2013

Arman Méliès - IV

Cette année 2013 semble décidément une année faste pour la musique de chez nous. Après les excellents Aline, Albin de la Simone, Maissiat et Babx, voici un nouveau disque qui risque de squatter un long moment mes oreilles."IV" est plus qu'une confirmation du talent d'Arman Méliès, c'est désormais une certitude : ce chanteur-là possède plusieurs classes au-dessus de la moyenne. Et surtout, il a le don pour se renouveler en beauté. Abandonnant les guitares, sa musique s'auréole maintenant de claviers qui regardent aussi bien vers la new wave (un peu) des années 80 que du krautrock (surtout) des années 70. "Silvaplana / Rôcken / Scharzwâsser / Der Antichrist" est un incroyable morceau de bravoure que n'aurait pas renié un Geoff Barrow à son meilleur, Can en influence majeure..."Mes chers amis", qu'il avait d'abord mis sur la toile agrémenté du discours triomphal de 2007 d'un certain Nicolas S., apparaît sur "IV" désespérément muet. Pour éviter tout rattrapage politique ou tout simplement parce que l'homme ayant été poussé vers la sortie depuis, il n'y a plus rien à dire. A ressortir au cas où quand même, car enrobée de cette musique glaciale, ajoutée à cela le recul de cinq ans de mandat, le ton solennel prend un tournant quelque peu ironique, voire cynique. 
Je pourrais encore faire le même reproche à Arman Méliès, son absence de voix marquante. Celle-ci est atone, impersonnelle. Sauf qu'elle sonne pour une fois très juste, accompagnée par cette musique synthétique et froide. Aussi bien adulé par l'ancienne garde dite "sérieuse", de Bashung à Thiéfaine pour qui il a écrit, que par une jeune génération plus fantaisiste en la personne de Julien Doré, le chanteur appose une signature immédiatement reconnaissable. Près d'un siècle après et avec ce quatrième album, c'est un autre Méliès qui nous envoie à sa façon directement sur la lune. Loin de cette morne terre.

Clip de "Mes chers amis" :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

25 mars 2013

Rachid Taha - Zoom

Rachid Taha a toujours eu le bon goût de ne faire partie d'aucune caste. Si on glose souvent de la musique d'un tel ou d'une telle comme ayant des sonorités et influences très diverses, ce n'est souvent rien en rapport de celle de Taha. Son nouvel album "Zoom" est très rock, les textes mélangent allègrement le français, l'arabe et l'anglais et la musique itou. D'un hommage à la célèbre chanteuse égyptienne Oum Kalsoum ("Zoom Sur Oum") à une nouvelle participation de Brian Eno ("Voilà Voilà") en passant par une brillante réappropriation de l'éternel "O Sole Mio" ("Now Or Never"), il pratique toujours autant le grand écart et cela lui réussit bien. Il fallait entendre la reprise qu'il avait fait il y a quelques années du mythique "Rock The Casbah" des Clash, sans doute encore plus fort que l'original. Ses concerts sont de joyeuses fêtes où le public peut enchaîner une danse de ventre avec un pogo dévastateur.Le bonhomme, souvent entre deux eaux - façon de parler - y est affable, n'hésitant pas à dériver sur des propos politiques. 
Il faut dire que le chanteur n'a jamais pratiqué la langue de bois. Ses interviews, quand il apparaît plus à jeun, sont en revanche parmi les plus intéressantes qu'il m'ait été donné de lire. Car derrière cette musique directe de prime abord, se cache un homme qui a quelque chose à dire sur notre société. Il serait temps de "zoomer" un peu plus sur la carrière de ce chanteur hors normes.

Clip de "Now Or Never" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

22 mars 2013

Chapi Chapo & Les Petites Musiques de Pluie - Robotank-z

Voici un groupe au nom faisant irrésistiblement penser à l'enfance. "Chapi Chapo" a constitué pour toute une génération de gamins, l'équivalent actuel des Télétubbies, un premier contact avec cet objet si souvent décrié que reste la télévision. A la différence près que la musique de "Chapi Chapo" était quand même l'oeuvre du renommé François de Roubaix, compositeur de nombreuses musiques de films, disparu prématurément. Les Chapi Chapo ont gardé ce côté enfantin, leur musique est d'ailleurs entièrement réalisée à partir de jouets (visibles ici). Pour ce nouveau disque (leur troisième), ils ont fait appel à beaucoup d'invités, notamment à un expert ès mélodies pop réalisées à partir de claviers vintage, Jason Lytle. Le résultat assez varié se situe justement quelque part entre l'univers de Grandaddy et celui d'un Yann Tiersen.
L'idéal pour le père que je suis est qu'on peut emmener ses enfants aux concerts des Chapi Chapo. Mathieu de Random Songs l'avait fait il y a quelques temps. Leurs spectacles sont ludiques, faits de bric et de broc, avec diffusion de dessins animés en toile de fond et invitation des enfants à la découverte de ces drôles d'instruments. En plus, tout ceci peut aussi bien s'écouter tranquillement à la maison, mais cette fois-ci, plutôt entre adultes. Car si le décorum est enfantin, la musique, elle, reste malgré tout très mature et travaillée. "Robotank-z" est donc le disque idéal pour instaurer la paix dans les familles.

20 mars 2013

The Frank And Walters - This Is Not A Song (1992)

Le rock, le soir, ce n'est plus Lenoir depuis bientôt deux ans maintenant. Son "remplaçant" le plus proche dans l'esprit au sein de la grille de programmes des radios publiques pourrait être Vincent Théval et son Label pop, le lundi soir sur France Musique. Resté à l'écart de l'agitation médiatique depuis sa retraite plus ou moins forcée à la rentrée 2011, Bernard Lenoir refait aujourd'hui parlé de lui avec la sortie d'une compilation regroupant l'essentiel de ses titres préférés diffusés lors de ses années passées dans le poste. L'occasion pour des blogueurs dont il reste, pour nombre d'entre eux, un père putatif, de se remémorer leurs jeunes années. Années de solitude où l'on passait nos soirées accrochées à la radio alors qu'autres sortaient et découvraient les filles et le monde extérieur. Le rock indé a bien souvent été l'apanage des garçons mal dans leur peau et Lenoir sans le vouloir ouvrait à cette population la boîte de Pandore. Ceux qui ont vécu ces années-là en direct connaissent toutes les chansons de "Bernard Lenoir, L'inrockuptible" par coeur ou presque. Avec l'arrivée d'internet, beaucoup d'anciens auditeurs ont réussi à "tuer le père", n'éprouvant plus de raisons particulières de l'écouter, hormis peut-être pour ses fameuses black sessions. Tout et plus que ce qu'il proposait était devenu disponible à l'écoute et en téléchargement. Lenoir a donc eu raison de passer la main. A l'entendre aujourd'hui, on devine bien qu'il vient d'une autre époque. On a l'impression d'assister aux souvenirs d'un ancien combattant d'un monde qui n'existe plus. On aurait aimé une fin plus joyeuse que cette compilation, plus originale surtout avec des extraits de black sessions par exemple. S'il fallait résumer le rock cher à Lenoir, ça serait peut-être par le biais de cet obscur groupe irlandais, The Frank and Walters, synthétisant à merveille l'intelligence et la modestie pop. Ils seront pour les curieux en concert gratuit au Truskel, à Paris, les 19 et 20 avril prochains (c'est Pop Is On Fire qui le dit). La page "Bernard Lenoir" est-elle donc définitivement tournée ? En tout cas, on se demande bien comment font les garçons mal dans leur peau, aujourd'hui...

This is not a song about politics
this is not a song about sex
If you want I'll talk about arrogance
and if you're respectfully dressed

This song is not about old James Dean
'cause he's mentioned in too many songs already
my friend

This is not a song about animals
this is not a song about trees
there are times when you cannot trust no-one
tell me why does this have to be

This song is not about rich or poor
it's about how we probably feel insecure
my friend


This is a song
I wrote especially for you
I want to say thank you for having me too
'cause I'm glad to be here on this earth
living out all my dreams to their worth
and most of all I love you all and wish you well

HOPE YOU REALISE MY SOLITUDE A LITTLE (x4)

18 mars 2013

Youth Lagoon - Wondrous Bughouse

Avec ce nouveau disque, le jeune Trevor Powers rentre définitivement dans la cour des grands, sa dream pop s'éloigne désormais de celle des aînés Beach House pour trouver un style plus personnel. Comme la pochette, elle s'orne de davantage de fantaisie. Les deux titres annonciateurs de l'album, balancés il y a quelques semaines sur le web, étaient pour le moins prometteurs. Du coup, après la révélation il y a deux ans de "The Year Of Hibernation", c'est toute la blogosphère indé qui s'est emballée. Le second album de Youth Lagoon serait parmi ceux qui vont compter en 2013. Pourtant, si la première écoute s'avère particulièrement impressionnante, laissant augurer qu'il y en aura beaucoup d'autres, à force, cette multitude de petits sons électroniques qui viennent systématiquement agrémenter les morceaux, finissent par lasser. Certains y verront le syndrome "Animal Collective", cette regrettable volonté d'en rajouter à tout prix, jusqu'à l'écoeurement. On n'en est heureusement pas encore là, les chansons de "Wondrous Bughouse" gardent dans l'ensemble toute leur légèreté et leur fluidité.
Mais je me surprends rapidement à zapper certains titres pour ne plus écouter que les mêmes, inlassablement, "Mute", "Attic Doctor" ou "Dropla". Pas forcément l'idéal pour durer. Mais je cherche la petite bête, ce nouveau Youth Lagoon reste de haute volée.


Album en écoute intégrale sur Grooveshark.

15 mars 2013

Top albums 1994


10- Franck Black - Teenager Of The Year
Frank Black, seul après la fin des Pixies, sort une sorte de best of de ce qu'il sait faire. Tout le meilleur de sa carrière passée et à venir est contenu dans ce "Teenager Of The Year". Bien sûr, il manque la guitare mariachi de Joey Santiago, la basse enveloppante et les choeurs mélodieux de Kim Deal, mais la matière brute y est. Elle est parfois sous-produite, mais c'est suffisant pour siffloter la plupart des titres sous la douche. On n'en demandait pas tant.

9- The Auteurs - Now I'm a Cow-Boy
Souvent décrié, "Now, I'm a cow-boy" enfonce pourtant le clou du superbe "New Wave" et reste aussi recommandable que son précédesseur. La suite gagnera encore en énergie, ce qu'elle perdra en belles mélodies. Rien que pour ces deux classiques en tous points remarquables, les Auteurs méritent de figurer parmi les groupes anglais les plus importants de son époque. Pas étonnant que Luke Haines crache son venin ensuite sur l'épisode britpop qui aura enterré prématurément et injustement la carrière de son groupe.

8- Pavement - Crooked Rain, Crooked Rain
Après un premier disque devenu culte (un excellent tribute à leur "Slanted and Enchanted" est au passage disponible gratuitement en téléchargement sur le webzine "A découvrir absolument") pour son côté mélodique et brouillon à la fois, Pavement enchaîne avec un tout aussi indispensable "Crooked Rain, Crooked Rain", plus harmonieux et accessible. Mais Stephen Malkmus ne serait pas fidèle à lui-même s'il ne composait pas des chansons aux trajectoires déviantes, quelque part entre les Smiths et les Pixies.

7- Blur - Parklife
Oasis est apparu avec les brillants singles "Supersonic" ou "Live Forever", mais c'est Blur qui remporte réellement la mise avec ce magnifique "Parklife", grâce à son écriture haut de gamme, largement supérieure à celle des frangins Gallagher. Ce disque est un brillant condensé du meilleur de trente ans de pop anglaise, des Kinks à Madness. 


6- Suede - Dog Man Star
Avant d'être viré manu militari du groupe par son alter ego Brett Anderson, Bernard Butler aura généré cette grande oeuvre presque à lui tout seul. Car une fois parti, le son de Suede ne retrouvera plus cet élégant et savoureux mélange de glam-rock, de pop psychédélique et de musique presque classique.  


Peaufinant davantage sa musique, Neil Hannon abandonne un peu la guitare et c'est sans doute là qu'il excelle le plus. "Promenade" porte bien son nom, tellement les mélodies semblent couler de source, jusqu'au "Tonight We Fly", final en apothéose, qui fiche carrément la chair de poule et qu'il reprend depuis en rappel de chacun de ses concerts.


Massive Attack avait popularisé le genre (trip-hop), mais Portishead lui a véritablement donné une âme, une chair. Et comme Flaubert le disait, "la chair est triste". On ne saurait mieux dire tellement ce "Dummy" est une machine à faire pleurer dans les chaumières. Tout cela sans énormément d'effets, juste la voix de Beth Gibbons et les machines froides et pourtant envoûtantes de Geoff Barrow.

On croyait que Morrissey n'arriverait plus jamais à égaler son ancien groupe en solo, et bien, on avait tort. "Vauxhall And I" y arrive miraculeusement. Depuis, il n'a jamais réédité cet exploit, son écriture n'étant jamais aussi bien accompagnée et mise en musique que sur ce disque. On note au passage qu'il aura eu besoin de deux guitaristes pour remplacer Johnny Marr.


"His'n'Hers" ou l'anti-chambre du succès à venir. On y entend déjà les prémices du classique "Different Class". Jarvis Coker a pris beaucoup d'assurance, comme la musique de Pulp. Les tubes s'enchaînent. On les sent enfin prêts pour la reconnaissance grand-public méritée.



Un seul vrai disque et puis s'en va. Depuis, "Grace" a été maintes fois repris, notamment sa version de "Hallelujah" jusque dans les télé-crochets. On a ensuite raillé le personnage, son côté beau gosse et poseur, ses talents de guitariste et son maniérisme. Mais il fallait avoir vécu Jeff Buckley en direct à l'époque, l'avoir entendu live pour se rendre compte de son potentiel et de l'immense gâchis de son décès prématuré. Ce type ne pouvait de toute façon pas laisser indifférent. La marque des grands vivants qui vivent pleinement, quitte à diviser, quitte à se brûler les ailes aussi. Un ange est passé.

13 mars 2013

James - Sit Down (1989)

Je reprends aujourd'hui une rubrique abandonnée depuis quelques temps. Il faut dire que le nombre de nouveautés marquantes depuis le début de l'année 2013 ne m'en a pas vraiment laissé le temps. Petite pause donc, au moment où pourtant le nombre de sorties ne cessent de s'accroître. Tant pis, il est parfois réconfortant de se replonger dans le passé. S'il est un groupe qui aura toujours été le cul entre deux chaises, c'est bien James. Commençant sa carrière dans l'ombre des Smiths dont ils feront la première partie et courant rapidement derrière le succès de U2, la bande de Tim Booth n'a jamais réussi à trouver sa place. "Sit Down", leur plus gros hit est pile poil dans cet entre-deux, réussissant miraculeusement à faire l'amalgame des deux aspirations du groupe. Pour ma part, je reste cantonné à leurs deux premiers disques, le formidable et trop mésestimé "Stutter" ainsi que "Strip Mine". La suite commence donc par cette injection à venir s'asseoir près d'eux. Comme ils enchaîneront alors les disques plus balourds les uns que les autres, malgré l'apport de Brian Eno à la production, je les ai laissé là sans demander mon reste. Tout cela fait du coffret "The Gathering Sound" sorti l'année dernière dans un relatif anonymat un objet que seuls les rares fans invétérés se seront empressés d'acheter. Drôle d'histoire que celle de James qui aura d'abord attiré les amateurs de rock indépendant, puis intéressé un cours instant un plus large public, pour enfin ne plus passionner personne. James ou le cas d'école des éternels losers. (ci-dessous, deux versions de "Sit Down", l'une sortie en single en 1989 visible en vidéo, l'autre au format audio seulement est présente sur le disque "Gold Mother" paru en 1990 et c'est celle dont je retranscris les paroles)

I'll sing myself to sleep 
A song from the darkest hour 
Secrets I can't keep 
Inside of the day 
Swing from high to deep 
Extremes of sweet and sour 
Hope that God exists 
I hope I pray 

Drawn by the undertow 
My life is out of control 
I believe this wave will bear my weight 
So let it flow 

Oh sit down 
Sit down next to me 
Sit down, down, down, down, down 
In sympathy 

Now I'm relieved to hear 
That you've been to some far out places 
It's hard to carry on 
When you feel all alone 
Now I've swung back down again 
It's worse than it was before 
If I hadn't seen such riches 
I could live with being poor 
Oh sit down 
Sit down next to me 
Sit down, down, down, down, down 
In sympathy 


Those who feel the breath of sadness 
Sit down next to me 
Those who find they're touched by madness 
Sit down next to me 
Those who find themselves ridiculous 
Sit down next to me 
Love, in fear, in hate, in tears 

Down 
Down 

Oh sit down 
Sit down next to me 
Sit down, down, down, down, down 
In sympathy 

Oh sit down 
Sit down next to me 
Sit down, down, down, down, down 
In sympathy 

Down

11 mars 2013

Babx - Drones Personnels

Oubliez donc le nouveau disque de David Bowie dont tout le monde ou presque va vous bassiner aujourd'hui, jour officiel de la sortie de "The Next Day". Sans trop s'y attarder disons que ce retour, même s'il est rassurant pour l'état de santé de l'artiste qu'on pensait préoccupant, me paraît pour le moins superflu musicalement parlant. La production est datée, les mélodies peu inspirées. Ne croyez pas ce qu'on vous raconte. Cela ressemble plus à une compilation de fonds de tiroir brassant maladroitement l'ensemble de sa carrière. On essaie de nous revendre une idole dont l'époque semble manquer. Mais le problème est toujours le même, on n'arrive pas à les vénérer quand il le faudrait vraiment. On réagit après coup. Ma vraie sortie importante de la semaine est celle de Babx qui, au passage, voue une belle admiration au personnage de Ziggy. Mais Ziggy est bien mort, il est temps de passer à autre chose. Je n'irai pas comparer le talent de Babx à celui du Thin White Duke, mais ce jeune trentenaire est en train de devenir mine de rien, l'un des auteurs-compositeurs-interprètes français les plus importants du moment, trouvant un style en dehors de toute mode. On y croise un peu de Bashung (le single "Tchador Woman"), de Gainsbourg période café ("Naomi Aime") mais surtout beaucoup de Babx. Chacun des dix titres de ces "Drones Personnels" propose quelque chose de différent. 
On peut alors difficilement les aimer tous de la même façon, des plus accrocheurs "Suzanne aux yeux noirs" (rien à voir avec le "Isabelle a les yeux bleus" des Inconnus), le rockeux "Tchador Woman" ou un duo avec la "Nouvelle Star" Camelia Jordana en forme de non tube de l'été à venir, pour poursuivre avec les fantastiques au sens propre comme figuré car ayant tous deux pour thème l'anticipation, "J'attends les E.T." et "2012" et distiller de ci, de là, quelques titres bouleversants, comme "Helsinki" ou "Les Noyés". Babx continue donc à impressionner par sa qualité d'écriture - même si moins personnelle que sur son excellent premier essai de 2006 - et son inspiration mouvante. On reconnaît pourtant désormais bien sa patte, notamment quand il écrit pour les autres, comme pour le premier disque de Camelia Jordana justement. Ah bon ? David Bowie sort un nouveau disque ?

Clip de "Tchador Woman" :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

8 mars 2013

Top Albums 1995



10- Mathieu Boogaerts - Super 
C'est l'histoire de deux amis, tous deux prénommés Mathieu. Outre leur prénom, ils avaient beaucoup de choses en commun. Leur premier disque est sorti à peu près à la même époque. Leur univers musical était alors très semblable. Mais on dénotait déjà chez l'un, plus d'extravagance et une propension à la mégalomanie. Depuis, leurs chemins se sont séparés. Mathieu Boogaerts a continué son petit bonhomme de chemin avec ses mélodies modestes et discrètes, loin de M et du star-system. Ses textes comme sa musique ont beau avoir gagné en profondeur, il n'a jamais égalé le charme sans âge de ce premier essai fait des brics et de brocs, jusqu'à la pochette cartonnée. Il y avait alors une fraîcheur et une inventivité qui faisaient un bien fou. Super, oui, c'est le mot.

9- Miossec - Boire 
Autre grosse révélation française de l'année à l'opposé des chansons douces amères de Boogaerts, Miossec n'a gardé que le deuxième adjectif. Car ici, ça ne caresse pas vraiment, disons plutôt que ça claque, ça crache, ça boit surtout. Et ça faisait surtout bien longtemps qu'on n'avait pas entendu quelque chose d'aussi direct et désespéré par chez nous. Il reprend au passage un obscur vieux titre de Johnny ("la fille à qui je pense") à qui il redonne une nouvelle vie et qui prend une drôle de tournure sortie de l'insouciance des yé-yés. Aujourd'hui, Miossec écrit les chansons de Johnny. La boucle est bouclée, comme on dit. On ne soupçonne jamais assez les ravages de l'alcool...

8- Gene - Olympian 
En pleine période brit-pop, il paraissait évident qu'un nouveau groupe anglais allait vouloir singer les Smiths. Leurs meilleurs porte-paroles furent donc Gene, plus proches des guitares de Johnny Marr, que de Morrissey dont ils empruntent seulement la voix et pas le cynisme. Le groupe n'a malheureusement pas survécu à la vague brit-pop. Reste cet "Olympian", petit précis parfait pour tout fan de la célèbre formation mancunienne.

7- Bjork - Post 
L'islandaise poursuit ses rêves de grandeur et ses expérimentations en rajoutant des vrais instruments dans sa mixture électronique. "Post" est une vraie comédie musicale (comme la fantasque reprise de "It's oh so quiet"), mais à son image, tordue, bizarroïde, remplie à ras bords de bruits en tout genre. Près de vingt ans plus tard, cette musique a gardé toute sa pertinence.

6- Radiohead - The Bends 
Après le basique "Pablo Honey" et son tube "Creep" qu'on imaginait trop grand pour eux, on ne donnait pas cher de la peau de Radiohead. C'est qu'on avait encore rien entendu. "The Bends" les propulse directement parmi les meilleurs formations d'outre-manche, réussissant à enfiler les petits classiques, de "Street Spirit" à "Fake Plastic Trees" en passant par "Just". On sait maintenant que ce n'était qu'une étape, Radiohead parvenant à faire encore mieux depuis. N'empêche, c'était déjà excellent. On n'en demandait déjà pas tant.

5- PJ Harvey - To Bring You My Love 
L'indomptable Polly Jean Harvey met un poil de douceur dans son rock ténébreux et se rêve presque en charmeuse, vénéneuse, (a)mante religieuse, femme fatale à la robe de soie rouge. Mais c'est encore de rouge sang, rouge de colère dont il est ici question. Le calme n'est qu'apparent, quand calme il y a. Sa musique n'a jamais été aussi enrobante, mêlant à merveille le chaud et le froid, pour mieux nous terrasser.

Ça fait maintenant trois ans que Mark Linkous a décidé de mettre fin à ses jours. Un film est en cours de réalisation pour retracer son parcours. Vous pouvez aider à sa production ici même. Ce disque au titre imprononçable était leur premier. Tout était déjà là. La rage comme le désespoir. Impossible de rester de marbre devant ses chevaux-là. Leur folk reste sans égal.

3- Supergrass - I Should Coco 
Au milieu de tous ces nouveaux groupes plus préoccupés par leur apparence physique ou à copier les glorieux aînés, a débarqué Supergrass. Et ces garnements ont tout balayé sur leur passage, faisant paraître très vieux toutes les autres formations pop de l'époque. Un tourbillon de fraîcheur encore diablement efficace aujourd'hui. Depuis, Supergrass est devenu adulte, puis s'est arrêté. Leur musique n'était faite pour la maturité. Tant mieux.

Dominique A abandonne ses petits claviers et son minimalisme qui était jusque là sa marque de fabrique. Sa musique toujours modeste gagne en ampleur et même en noirceur : "Ma haine a fait son choix et sur moi s'est portée" (sur "Je ne respire plus, Milos") ou le magnifique tourbillon des "Hauts quartiers de peine". Il rencontre même un beau succès d'estime avec le "Twenty-two bar" qui lui ouvrira les portes des Victoires de la musique. Il faudra attendre plus de quinze ans avant qu'il ne saisisse pleinement cette chance-là. Mais c'est toujours cette mémoire-là qui "nous convient à merveille".

1- Pulp - Different Class 
Jarvis Cocker et son groupe sont alors à leur zénith et s'il ne devait rester qu'un seul disque de la période brit-pop, ça serait sans doute celui-là. Emmené par deux singles indémodables ("Common People" et "Disco 2000"), Pulp enchaîne les tubes, l'écriture n'a jamais été aussi précise et décalée. Où comment danser intelligemment. Leur retour à Paris sur la scène de l'Olympia fut un excellent moyen de revivre ces années-là. Une classe différente, assurément.

6 mars 2013

Parenthetical Girls - Privilege (Abridged)

Bon, ça y est, on y est, depuis le temps que je l'attendais celui-là. Les Parenthetical Girls ont sorti les trois dernières années pas moins de 5 EP appelés "Privilege", numérotés de 1 à 5. Cet album n'est autre que le meilleur de ces disques, la version "petit manuel abrégé" ("Abridged"). Et de meilleur, il y en a ici : l'ensorcelante valse de "Evelyn McHale" - du nom de la jeune femme qui s'est jetée du haut de l'Empire State Building en 1947, immortalisée en photo et dont le destin tragique est raconté ici -, l'électro-pop ravageuse de "Young Throats", la ballade synthé-kitsch de "Curtains", j'en passe et des plus belles. C'est bien simple, cette formation originaire de Portland fait remonter chez moi les souvenirs de la découverte (adolescente) de Suede et de son "Animal Nitrate" : même clips barrés, même ambivalence sexuelle, même voix maniérée, même extravagance, même sens de la mélodie pop qui transperce, la paire Pennington / Bischoff rivalise d'audace avec Anderson / Butler. Si ça ne vous parle pas, sachez que pour moi, ça veut dire beaucoup, ça veut dire que les Parenthetical Girls sont devenus en l'espace de 5 ans - depuis l'écoute de leur formidable "Entanglements", classé mon top albums de 2008 - l'un de mes groupes préférés du moment et peut-être plus encore.
"Privilege (Abridged)", c'est mon "Different Class" des années 2010, dans les thèmes abordés et dans l'excellence pop (Pennington évoque d'ailleurs le célèbre disque de Pulp dans une récente interview). Si quelques blogueurs font les grincheux sur les sorties musicales depuis le début de l'année 2013, personnellement, j'enquille les disques qui comptent et ce "Privilege (Abridged)" fera assurément partie de ceux-là.

Clip de "The Privilege" :

De nombreux clips illustrant les chansons du disque ont été réalisées et sont visibles sur le site du groupe.

4 mars 2013

Girls Names - The New Life

Voilà un disque qui plaira à coup sûr aux afficionados de la trilogie "Seventeen Seconds / Faith / Pornography". Si on ne compte plus le nombre de groupes s'en étant inspiré, les Irlandais de Girls Names font plus que cela, ils se sont littéralement fondus dedans. "The New Life" et son rideau noir et blanc forcément pourrait correspondre à la vie d'après, ou plutôt à celle qui persiste, malgré le spleen, aidée en cela par cette musique au haut pouvoir curatif. Les guitares sont cristallines, la voix atone et distante, les basses lourdes à l'inverse des petites batteries au son synthétique. Bref, il ne manque pas un seul ingrédient de la recette cold wave. Le groupe semble connaître tout ça par coeur, transcendant le genre sur ce disque d'une cohérence et d'une homogénéité implacables. S'offrant même le temps d'un "Pittura Infamante" - du nom d'un type de peinture italienne de la Renaissance, qui a dit que les Irlandais n'étaient pas cultivés ? -, un titre redoutable d'efficacité.
Girls Names montrent que de l'autre côté de la Manche - non, cette musique n'est pas l'exclusivité de la nouvelle scène new-yorkaise - aussi on sait élégamment marcher dans les traces des glorieux ainés. Normal, ce sont quand même les Britons qui ont inventé ça, il y a plus de trente ans maintenant. Comme quoi, dans le rock, comme dans le reste, "rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme". Du moment que c'est bien fait...

1 mars 2013

Top albums 1996


Pas de blah-blah de présentation cette fois-ci, tout est dit ci-dessous :

10- The Divine Comedy - Casanova 
Après deux disques presque parfaits de sobriété et d'élégance, Neil Hannon commence à avoir les chevilles qui gonflent et se prend pour "Casanova". Au milieu des morceaux un poil sur-arrangés et des excès de froufrous, submergent quelques magnifiques légèretés comme "Songs of love". Sa Divine Comedy est loin d'avoir rendu l'âme et carbure désormais à pleine (dé)mesure. 

9- Jay Jay Johanson - Whiskey 
Neil Hannon a un cousin suédois, il est beaucoup plus grand par la taille et pourtant moins assuré. Il faut dire que "The girl I love is gone" n'incite pas à la gaudriole. Pas démoralisé pour autant, il prévient "So tell the girls that I'm back in town". Une de perdue, dix de retrouvées, comme dirait le célèbre adage. Pour cela, Jay-jay Johanson sort l'artillerie idoine : une voix de crooner délicate, des textes un brin ironiques donc, et une musique aux sonorités trip-hop bien dans l'air du temps : pari gagné. D'un point de vue musical, en tout cas. 

8- Eels - Beautiful Freak 
Que seraient devenus Eels, s'ils n'avaient pas été les premiers signés par le label Dreamworks, aujourd'hui disparu, de monsieur Spielberg ? Quel critique se serait intéressé alors à leur pop brinquebalante aux influences multiplies, du jazz au hip-hop ? De ce prestigieux parainage et de l'éclatante réussite de ce "Beautiful Freak" au titre bien senti comme sa pochette, nos anguilles préférées ont su se faufiler et bâtir une carrière exemplaire jusqu'au dernier disque paru début 2013 fortement recommandable. 

7- Cake - Fashion Nugget 
Que sont devenus ces Cake-là depuis leur brillante reprise de "I will survive", avant la coupe du monde de foot de 1998 ? Ils avaient pourtant inventé une autre façon de faire du rock, à la cool. Moins torturée mais encore plus métissée que celle de Eels, la musique de "Fashion Nugget" garde aujourd'hui encore tout son pouvoir d'attraction. 


6- Placebo - Placebo 
Brian Molko nous avait prévenu dès le début, il aurait aimé faire partie des Sonic Youth. On imagine aussi que David Bowie lui aurait bien plu comme second rôle. Ce premier album est celui dans lequel il se rapproche le plus de son rêve. Il a ensuite abandonné petit à petit les guitares qui claquent, ne faisant que reproduire une seule et unique recette, en la vulgarisant davantage de disque en disque. 

5- Katerine - Mes Mauvaises Fréquentations 
Ce disque est une petite merveille de légèreté et d'intelligence. Katerine invente une pop qui lui ressemble, inspirée des mélodies et des arrangements de Michel Legrand et de l'humour d'une Brigitte Fontaine. Depuis, le chanteur insaisissable a pris une autre direction qu'on ne pourra que regretter à l'écoute de ce bijou, qui reste quoiqu'on en dise ce qu'il a su faire de plus abouti. 

4- Belle & Sebastian - Tigermilk 
A l'époque de la première sortie de "Tigermilk", peu de gens savaient. Il faut dire que le disque n'avait d'abord été tiré qu'à quelques centaines d'exemplaires. Puis, il a fallu, le suivant, le désormais classique "If You're Feeling Sinister" pour que le talent de ces écossais-là éclatent au grand jour. Leur apogée se prolongera jusqu'à la fin des années 90, multipliant les sorties de disques de quelques formats que ce soit. Il y avait alors une identité forte, l'impression pour tous les ados fans de pop et mal dans leur peau (pléonasme?) qu'ils détenaient enfin depuis la séparation des Smiths un groupe qui leur correspondait. 

3- Suede - Coming Up 
Suede perdait de sa folie avec l'abandon de la guitare teigneuse et romantique de Bernard Butler, pour gagner une guitare plus directe et un clavier. Le résultat : une machine à tubes pop néo-glam d'une incroyable efficacité. Le problème, c'est que la brit-pop touchait déjà à sa fin et Suede n'intéressait plus grand monde. Pourtant, avec leur nouveau disque à paraître très bientôt, c'est à cette musique-là que la bande de Brett Anderson essaie de revenir. Un signe. 

2- Deus - In A Bar, Under The Sea
Depuis ce "In a bar, under the sea", on ne se moquera plus jamais du rock belge. Parce que comparé au rock encore un peu adolescent de Noir Désir, celui de Deus affichait une impressionnante maturité, portée en cela par une pléiade de personnalités talentueuses. Ensuite, Tom Barman, ayant fait le ménage, prendra seul les rênes, leur musique gagnant en homogénéité, ce qu'elle perdra en mystère. Car, "In a bar, under the sea", à l'image de son titre, a dû en effet être écrit dans un bar, mais pas sur cette planète. Preuve qu'on a beau être voisins, on ne comprendra jamais complètement les belges. 

1- Belle & Sebastian - If You're Feeling Sinister
"If You're Feeling Sinister", même les amerloques en sont tombés en pâmoison, à l'image de Pitchfork qui vient de publier un documentaire visible ici, rien que sur le disque. Peut-être est-ce dû au festival "All Tomorrow's parties" initié par leur chanteur, Stuart Murdoch, en 1999, dans lequel le public comme les groupes invités par l'un d'entre eux (en mai prochain, ce sont les Yeah Yeah Yeahs et Grizzly Bear qui régalent) se retrouvent tous en ensemble dans une sorte de camp de vacances ? On ne s'étonne pas qu'une telle idée ait pu germer dans le cerveau de Murdoch, car on l'imagine bien comme ancien boy-scout. Sinon, "If You're Feeling Sinister", c'est comme son titre l'indique... Le poison et son remède. Un classique, je vous dis.