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Articles

Affichage des articles du mars, 2013

Top albums 1993

En 1993, la Grande-Bretagne est en grande forme avec l'arrivée sur le devant de la scène d'au moins quatre groupes importants de la décennie et pas moins de quatre claques : Suede, qui ressuscitait un glam-rock un brin sauvage (en témoigne leur prestation déjantée aux Brit Awards), les Auteurs, précurseurs de ce qui sera la Brit Pop mais déjà en marge du mouvement, à la noirceur vénéneuse, la Divine Comedy du petit irlandais Neil Hannon, joyeux crooner de pop symphonique, à l'opposé de Stuart Staples et de ses Tindersticks nettement plus ombrageux, mais pas moins somptueux. Pour venir compléter le tableau, les joyeusement bordéliques Boo Radleys qui embrassent tout le rock indé de l'époque dans leur gargantuesque "Giant Steps", les trop mésestimés écossais de Trash Can Sinatras, chaînon manquant entre les Pastels et Belle and Sebastian ou encore les autres losers magnifiques que resteront Moose, adeptes d'une pop haute en couleur et diablement raffinée. …

Arman Méliès - IV

Cette année 2013 semble décidément une année faste pour la musique de chez nous. Après les excellents Aline, Albin de la Simone, Maissiat et Babx, voici un nouveau disque qui risque de squatter un long moment mes oreilles."IV" est plus qu'une confirmation du talent d'Arman Méliès, c'est désormais une certitude : ce chanteur-là possède plusieurs classes au-dessus de la moyenne. Et surtout, il a le don pour se renouveler en beauté. Abandonnant les guitares, sa musique s'auréole maintenant de claviers qui regardent aussi bien vers la new wave (un peu) des années 80 que du krautrock (surtout) des années 70. "Silvaplana / Rôcken / Scharzwâsser / Der Antichrist" est un incroyable morceau de bravoure que n'aurait pas renié un Geoff Barrow à son meilleur, Can en influence majeure..."Mes chers amis", qu'il avait d'abord mis sur la toile agrémenté du discours triomphal de 2007 d'un certain Nicolas S., apparaît sur "IV" dése…

Rachid Taha - Zoom

Rachid Taha a toujours eu le bon goût de ne faire partie d'aucune caste. Si on glose souvent de la musique d'un tel ou d'une telle comme ayant des sonorités et influences très diverses, ce n'est souvent rien en rapport de celle de Taha. Son nouvel album "Zoom" est très rock, les textes mélangent allègrement le français, l'arabe et l'anglais et la musique itou. D'un hommage à la célèbre chanteuse égyptienne Oum Kalsoum ("Zoom Sur Oum") à une nouvelle participation de Brian Eno ("Voilà Voilà") en passant par une brillante réappropriation de l'éternel "O Sole Mio" ("Now Or Never"), il pratique toujours autant le grand écart et cela lui réussit bien. Il fallait entendre la reprise qu'il avait fait il y a quelques années du mythique "Rock The Casbah" des Clash, sans doute encore plus fort que l'original. Ses concerts sont de joyeuses fêtes où le public peut enchaîner une danse de …

Chapi Chapo & Les Petites Musiques de Pluie - Robotank-z

Voici un groupe au nom faisant irrésistiblement penser à l'enfance. "Chapi Chapo" a constitué pour toute une génération de gamins, l'équivalent actuel des Télétubbies, un premier contact avec cet objet si souvent décrié que reste la télévision. A la différence près que la musique de "Chapi Chapo" était quand même l'oeuvre du renommé François de Roubaix, compositeur de nombreuses musiques de films, disparu prématurément. Les Chapi Chapo ont gardé ce côté enfantin, leur musique est d'ailleurs entièrement réalisée à partir de jouets (visibles ici). Pour ce nouveau disque (leur troisième), ils ont fait appel à beaucoup d'invités, notamment à un expert ès mélodies pop réalisées à partir de claviers vintage, Jason Lytle. Le résultat assez varié se situe justement quelque part entre l'univers de Grandaddy et celui d'un Yann Tiersen. L'idéal pour le père que je suis est qu'on peut emmener ses enfants aux concerts des Chapi Chapo. Mathie…

The Frank And Walters - This Is Not A Song (1992)

Le rock, le soir, ce n'est plus Lenoir depuis bientôt deux ans maintenant. Son "remplaçant" le plus proche dans l'esprit au sein de la grille de programmes des radios publiques pourrait être Vincent Théval et son Label pop, le lundi soir sur France Musique. Resté à l'écart de l'agitation médiatique depuis sa retraite plus ou moins forcée à la rentrée 2011, Bernard Lenoir refait aujourd'hui parlé de lui avec la sortie d'une compilation regroupant l'essentiel de ses titres préférés diffusés lors de ses années passées dans le poste. L'occasion pour des blogueurs dont il reste, pour nombre d'entre eux, un père putatif, de se remémorer leurs jeunes années. Années de solitude où l'on passait nos soirées accrochées à la radio alors qu'autres sortaient et découvraient les filles et le monde extérieur. Le rock indé a bien souvent été l'apanage des garçons mal dans leur peau et Lenoir sans le vouloir ouvrait à cette population la boîte …

Youth Lagoon - Wondrous Bughouse

Avec ce nouveau disque, le jeune Trevor Powers rentre définitivement dans la cour des grands, sa dream pop s'éloigne désormais de celle des aînés Beach House pour trouver un style plus personnel. Comme la pochette, elle s'orne de davantage de fantaisie. Les deux titres annonciateurs de l'album, balancés il y a quelques semaines sur le web, étaient pour le moins prometteurs. Du coup, après la révélation il y a deux ans de "The Year Of Hibernation", c'est toute la blogosphère indé qui s'est emballée. Le second album de Youth Lagoon serait parmi ceux qui vont compter en 2013. Pourtant, si la première écoute s'avère particulièrement impressionnante, laissant augurer qu'il y en aura beaucoup d'autres, à force, cette multitude de petits sons électroniques qui viennent systématiquement agrémenter les morceaux, finissent par lasser. Certains y verront le syndrome "Animal Collective", cette regrettable volonté d'en rajouter à tout prix, …

Top albums 1994

10- Franck Black - Teenager Of The Year Frank Black, seul après la fin des Pixies, sort une sorte de best of de ce qu'il sait faire. Tout le meilleur de sa carrière passée et à venir est contenu dans ce "Teenager Of The Year". Bien sûr, il manque la guitare mariachi de Joey Santiago, la basse enveloppante et les choeurs mélodieux de Kim Deal, mais la matière brute y est. Elle est parfois sous-produite, mais c'est suffisant pour siffloter la plupart des titres sous la douche. On n'en demandait pas tant.
9- The Auteurs - Now I'm a Cow-Boy Souvent décrié, "Now, I'm a cow-boy" enfonce pourtant le clou du superbe "New Wave" et reste aussi recommandable que son précédesseur. La suite gagnera encore en énergie, ce qu'elle perdra en belles mélodies. Rien que pour ces deux classiques en tous points remarquables, les Auteurs méritent de figurer parmi les groupes anglais les plus importants de son époque. Pas étonnant que Luke Haines crache son

James - Sit Down (1989)

Je reprends aujourd'hui une rubrique abandonnée depuis quelques temps. Il faut dire que le nombre de nouveautés marquantes depuis le début de l'année 2013 ne m'en a pas vraiment laissé le temps. Petite pause donc, au moment où pourtant le nombre de sorties ne cessent de s'accroître. Tant pis, il est parfois réconfortant de se replonger dans le passé. S'il est un groupe qui aura toujours été le cul entre deux chaises, c'est bien James. Commençant sa carrière dans l'ombre des Smiths dont ils feront la première partie et courant rapidement derrière le succès de U2, la bande de Tim Booth n'a jamais réussi à trouver sa place. "Sit Down", leur plus gros hit est pile poil dans cet entre-deux, réussissant miraculeusement à faire l'amalgame des deux aspirations du groupe. Pour ma part, je reste cantonné à leurs deux premiers disques, le formidable et trop mésestimé "Stutter" ainsi que "Strip Mine". La suite commence donc par ce…

Babx - Drones Personnels

Oubliez donc le nouveau disque de David Bowie dont tout le monde ou presque va vous bassiner aujourd'hui, jour officiel de la sortie de "The Next Day". Sans trop s'y attarder disons que ce retour, même s'il est rassurant pour l'état de santé de l'artiste qu'on pensait préoccupant, me paraît pour le moins superflu musicalement parlant. La production est datée, les mélodies peu inspirées. Ne croyez pas ce qu'on vous raconte. Cela ressemble plus à une compilation de fonds de tiroir brassant maladroitement l'ensemble de sa carrière. On essaie de nous revendre une idole dont l'époque semble manquer. Mais le problème est toujours le même, on n'arrive pas à les vénérer quand il le faudrait vraiment. On réagit après coup. Ma vraie sortie importante de la semaine est celle de Babx qui, au passage, voue une belle admiration au personnage de Ziggy. Mais Ziggy est bien mort, il est temps de passer à autre chose. Je n'irai pas comparer le…

Top Albums 1995

10- Mathieu Boogaerts - Super 
C'est l'histoire de deux amis, tous deux prénommés Mathieu. Outre leur prénom, ils avaient beaucoup de choses en commun. Leur premier disque est sorti à peu près à la même époque. Leur univers musical était alors très semblable. Mais on dénotait déjà chez l'un, plus d'extravagance et une propension à la mégalomanie. Depuis, leurs chemins se sont séparés. Mathieu Boogaerts a continué son petit bonhomme de chemin avec ses mélodies modestes et discrètes, loin de M et du star-system. Ses textes comme sa musique ont beau avoir gagné en profondeur, il n'a jamais égalé le charme sans âge de ce premier essai fait des brics et de brocs, jusqu'à la pochette cartonnée. Il y avait alors une fraîcheur et une inventivité qui faisaient un bien fou. Super, oui, c'est le mot.

9- Miossec - Boire  Autre grosse révélation française de l'année à l'opposé des chansons douces amères de Boogaerts, Miossec n'a gardé que le deuxième adjectif…

Parenthetical Girls - Privilege (Abridged)

Bon, ça y est, on y est, depuis le temps que je l'attendais celui-là. Les Parenthetical Girls ont sorti les trois dernières années pas moins de 5 EP appelés "Privilege", numérotés de 1 à 5. Cet album n'est autre que le meilleur de ces disques, la version "petit manuel abrégé" ("Abridged"). Et de meilleur, il y en a ici : l'ensorcelante valse de "Evelyn McHale" - du nom de la jeune femme qui s'est jetée du haut de l'Empire State Building en 1947, immortalisée en photo et dont le destin tragique est raconté ici -, l'électro-pop ravageuse de "Young Throats", la ballade synthé-kitsch de "Curtains", j'en passe et des plus belles. C'est bien simple, cette formation originaire de Portland fait remonter chez moi les souvenirs de la découverte (adolescente) de Suede et de son "Animal Nitrate" : même clips barrés, même ambivalence sexuelle, même voix maniérée, même extravagance, même sens de l…

Girls Names - The New Life

Voilà un disque qui plaira à coup sûr aux afficionados de la trilogie "Seventeen Seconds / Faith / Pornography". Si on ne compte plus le nombre de groupes s'en étant inspiré, les Irlandais de Girls Names font plus que cela, ils se sont littéralement fondus dedans. "The New Life" et son rideau noir et blanc forcément pourrait correspondre à la vie d'après, ou plutôt à celle qui persiste, malgré le spleen, aidée en cela par cette musique au haut pouvoir curatif. Les guitares sont cristallines, la voix atone et distante, les basses lourdes à l'inverse des petites batteries au son synthétique. Bref, il ne manque pas un seul ingrédient de la recette cold wave. Le groupe semble connaître tout ça par coeur, transcendant le genre sur ce disque d'une cohérence et d'une homogénéité implacables. S'offrant même le temps d'un "Pittura Infamante" - du nom d'un type de peinture italienne de la Renaissance, qui a dit que les Irlandais n&#…

Top albums 1996

Pas de blah-blah de présentation cette fois-ci, tout est dit ci-dessous :
10- The Divine Comedy - Casanova 
Après deux disques presque parfaits de sobriété et d'élégance, Neil Hannon commence à avoir les chevilles qui gonflent et se prend pour "Casanova". Au milieu des morceaux un poil sur-arrangés et des excès de froufrous, submergent quelques magnifiques légèretés comme "Songs of love". Sa Divine Comedy est loin d'avoir rendu l'âme et carbure désormais à pleine (dé)mesure. 
9- Jay Jay Johanson - Whiskey 
Neil Hannon a un cousin suédois, il est beaucoup plus grand par la taille et pourtant moins assuré. Il faut dire que "The girl I love is gone" n'incite pas à la gaudriole. Pas démoralisé pour autant, il prévient "So tell the girls that I'm back in town". Une de perdue, dix de retrouvées, comme dirait le célèbre adage. Pour cela, Jay-jay Johanson sort l'artillerie idoine : une voix de crooner délicate, des textes un brin …