31 décembre 2012

Disco 2012...


Les traditionnels top chansons et albums étant maintenant terminés, il est grand temps de tirer un trait définitif sur cette année 2012. Je ne vais pas vous le cacher, mais musicalement, 2012 m'a déçu. Pas de grands disques à signaler, c'est-à-dire des trucs que je me remettrais régulièrement entre les oreilles dans les prochaines années. A moins que... Quelques chansons excellentes voire parfaites, quand même. Normal, vous me direz à l'heure du règne absolu de la musique virtualisée et du zapping. L'objet disque a tendance à ne plus intéresser personne. Sauf quelques chevaliers d'arrière-garde (comme moi ?) car, paradoxalement, le vinyle regagne du terrain. Mon disque de l'année ("Take The Kids Off Broadway" de Foxygen) n'est d'ailleurs sorti que dans ce seul format physique. Restent les concerts et celui dont je garderai haut la main, le meilleur souvenir, celui de la reformation de Pulp, à l'Olympia, pour le festival des Inrocks. Un moment unique, hors du temps. Un nouveau titre du groupe, "After You" est d'ailleurs disponible (merci I Left Without My Hat, pour l'info) et produit par le formidable James Murphy (monsieur ex-LCD Soundsystem pour les novices). Et l'on se prend à croire à une telle collaboration pour tout un nouveau disque...Qui sait ? 

Sinon, j'ai forcément retenu la tournée de Dominique A, celle avec quintet à vents où il rejouait en première partie son disque d'il y a 20 ans, l'inoubliable "Fossette". Barbara Carlotti aussi, qui jouait un concert privé au Café de la Danse le jour du fameux débat du second tour de la présidentielle mais surtout le jour de la naissance de mon fils, Ferdinand. Des souvenirs, évidemment. Et si je devais en sélectionner encore un autre : Foxygen à la Mécanique Ondulatoire. Pour le lieu, l'ambiance et la naissance d'un grand groupe. Assurément. Et vous, quels sont vos concerts marquants de l'année ? Dans tous les cas, je vous souhaite un très bon réveillon et vous dis déjà à l'année prochaine pour encore plus de bonne musique (si, si, parce que j'ai déjà écouté quelques trucs de 2013 et je peux vous dire qu'il y a du très très bon). A très vite...

28 décembre 2012

Top Albums 2012 : 5-1

ça y est, c'est la fin de ce top albums 2012, avec quelques surprises concernant les premières places. Pas de "grandes claques" cette année, juste beaucoup de très bons voire d'excellents disques. Quelques belles révélations comme Foxygen, Chris Cohen ou Django Django et puis des valeurs sûres telles Spiritualized ou Dominique A.


Depuis leur "Let It Come Down" de 2001, je m'étais un peu écarté de Spiritualized. Cette année, il a fallu l'écoute de l'incroyable single "Hey Jane", chanson de 2012 ici même, pour me faire changer d'avis. Le groupe de Jason Pierce est toujours l'un des meilleurs actuellement sur la planète rock. "Sweet Heart, Sweet Light", l'une de leurs plus grandes oeuvres.





Dès le mois de janvier, ces écossais avaient frappé fort, balançant une sorte d'électro-rock revigorante, convoquant dans le même temps des harmonies proches des Beach Boys. Si les voix pêchent un peu pour être au diapason des guitares, ce premier disque demeure une éclatante réussite.




Que dire de plus sur Dominique A ? Qu'il est l'artiste de la chanson française le plus passionnant de ces vingt dernières années. Qu'à chaque nouvel album, il parvient brillamment à se renouveler. Sur "Vers Les Lueurs", sa musique est plus lumineuse et ouverte que jamais. Sa tournée marathon d'abord avec orchestre à vents puis ensuite en formation rock plus restreinte fut l'une des plus incontournables de l'année. Peut-être enfin l'heure d'une réelle consécration grand-public ? 


Grosse révélation que cet artiste et cet album qui dégagent dans le même temps une maîtrise et une modestie salutaires. Chris Cohen est batteur et a oeuvré jusqu'à maintenant dans l'ombre de quelques formations d'indie-rock, de Deerhoof and passant par Ariel Pink. Avec "Overgrown Path", c'est directement dans la cour des grands songwriters qu'il passe. De l'easy-listening, loin d'être si easy qu'il n'y paraît.



Le voilà, mon coup de coeur de l'année 2012 ! Foxygen est un groupe de jeunes américains à peine pubères qui ont pourtant déjà réussi à assimiler le meilleur de la musique rock des années 60-70, des Rolling Stones au Velvet en passant par l'inévitable David Bowie, voire même d'un soupçon de Syd Barrett. Leur "Take The Kids Off Broadway" est une oeuvre bourrée de références mais aussi de mélodies marquantes. Les morceaux, jamais linéaires, partent constamment en vrille, bifurquent, prennent des chemins de traverse mais retombent constamment sur leurs pieds. Impressionnant. Vivement la suite en 2013 !

 

27 décembre 2012

Top Albums 2012 : 10-6

On se rapproche petit à petit du but avec deux disques français presque diamétralement opposés, un canadien à la cool, un buzz anglais mérité et des américains passés maîtres dans l'art des guitares entêtantes.

10- Arlt - Feu La Figure

Ayant déjà inventé sur leur premier disque habilement appelé "La Langue", une nouvelle façon de chanter en français, le duo Arlt passe en mode trio en recrutant le brillant guitariste de Holden. "Feu La Figure" est plus qu'une confirmation. Le groupe impose définitivement un style, une marque de fabrique. Rare.




9- Mac Demarco - 2 

La musique de Mac Demarco peut paraître à priori facile et légère. Pourtant, on y revient volontiers et puis, pour l'avoir vu en concert, le canadien est un vrai showman. On risque donc de réentendre parler du bonhomme. De toute façon, une chanson comme "My Kind Of Woman" justifie à elle seule le talent de Demarco.




8- Barbara Carlotti - L'amour, l'argent, le vent 

A l'heure où on fête le génie de la célèbre "dame brune", il est une autre Barbara qui est en train de devenir un véritable étalon dans le paysage actuel de la chanson hexagonale. Sur "L'amour, l'argent, le vent", la Corse y gagne à tous les niveaux : texte, musique mais surtout fantaisie et talent mélodique. Une voix presque désuette posée sur de jolies ritournelles aux sonorités eigthies. Savoureux.



7- Alt-J - An Awesome Wave 
Alt-J est sans doute le plus gros buzz de l'année sur la planète rock indépendant. Forcément, plus qu'ailleurs, cela crée des divergences. Certains sont immédiatement tombés sous le charme de cette pop atypique, embrassant intelligemment les genres. D'autres trouvent leur musique un peu trop gentillette, manquant paradoxalement de personnalité. Je penche pour la première solution pour le disque, pour la deuxième pour la scène où Alt-J paraît encore un peu vert.


6- DIIV - Oshin
Voici un disque qui, au départ, ne semblait pas ajouter de l'eau à quelques moulins que ce soient, bien dans le style du label, Capture Tracks, sur lequel le groupe était signé. Et au final, ces chansons-là ont un étonnant pouvoir d'attraction. On partirait aisément dans une ronde telle le chanteur-guitariste au casque blond, lors de ses concerts. Bref, dans la musique de DIIV, je plonge.




26 décembre 2012

Top Albums 2012 : 15-11

On continue à parcourir mes albums préférés de 2012 avec aujourd'hui plutôt des outsiders. Des disques qui n'ont pas beaucoup fait parler d'eux, qui n'inventent rien mais qui m'ont touché chacun à leur manière.

15- Woods - Bend Beyond 
Voici un groupe de folk-rock américain qui sort, bon an, mal an, chaque année, son petit disque. Et, à chaque fois, on y gagne en qualité. Ayant commencé avec des albums un peu bricolés, Woods publie désormais des chansons à l'efficacité plus immédiate. S'ils continuent comme ça, ils pourraient dès demain faire partie des favoris du genre.




14- Oddfellow's Casino - The Raven's Empire 
Oddfellow's Casino sont mes outsiders de l'année. "The Raven's Empire" aurait dû faire nettement plus parler de lui, car il ne comporte pour ainsi aucun titre faible. Chaque morceau est divinement bien arrangé et contient sa charge d'émotions. Dans la lignée d'un Elliott Smith ou d'un Nick Drake. En toute modestie.





13- Xiu Xiu - Always 
J'aime bien Xiu Xiu, j'aime bien cette façon tarabiscotée d'écrire des chansons pop. Cette façon d'éviter toujours le côté kitsch, en saupoudrant ses morceaux de sons étranges et azimutés. Malgré les références évidentes aux années 80, Xiu Xiu possède un son immédiatement identifiable, ce qui est rare.





12- Phantom Buffalo - Tadaloora 

Ceux-là auraient pu être plus haut dans ce classement s'ils avaient maintenu l'excellence de leur début d'album. Cette pop douce et magnifiquement orchestrée et chantée. Malheureusement, vers la fin, les guitares un peu trop démonstratives apparaissent et le gâteau savoureux devient à force, un peu écoeurant. Dommage...



11- Hospitality - Hospitality
Ce modeste groupe d'indie pop américain a réussi, sans faire de bruit, l'un des meilleurs albums du genre en 2012. Il faut dire que le style est tellement rabâché que beaucoup passent expressément à côté. "Hospitality" est pourtant un concentré de chansons aux mélodies toutes plus accrocheuses les unes que les autres.





24 décembre 2012

Top Albums 2012 : 20-16

Cette semaine, c'est au tour des disques de se faire classer. Et comme pour les chansons, la remontée sera lente jusqu'à la première place vendredi prochain. 20 au lieu de 10 les années précédentes, pas forcément parce 2012 aura été une meilleure année, non, juste parce que plus que les autres fois, j'ai eu du mal à départager tout ce beau monde. Voici déjà cinq propositions de musiques différentes, cinq voyages pour lesquels chacun est libre ou non d'embarquer...

20- Here We Go Magic - A Different Ship 
La pop de Luke Temple est toujours aussi raffinée, maîtrisée, mais un peu poil trop sage. En concert, c'est la même chose. On voudrait bien que le groupe se lâche plus, débride un peu tout ça. Here We Go Magic pourrait ainsi être considéré comme les anti-Animal Collective. Heureusement sur quelques chansons, leur musique s'envole un peu comme sur le très réussi "How Do I Know", un de leurs meilleurs titres à ce jour.



19- Swans - The Seer 

Je n'aurais pas cru pouvoir adhérer à ce genre de musique sombre, aux batteries plombantes, aux rythmiques répétitives, à ces titres de plus de trente minutes qui prennent inévitablement leur temps. Je sais que je zapperai systématiquement l'écoute de certains morceaux. Au contraire, je suis irrésistiblement happé par d'autres dont la longueur ne me gène pas du tout.



18- Dan Deacon - America 

La musique de Dan Deacon fait tantôt penser à du LCD Soundsytem pour son efficacité punk, tantôt à du Animal Collective pour son avalanche de sons en tout genre disséminés le long des morceaux. Sous ses abords ludiques, "America" est une violente charge contre l'Amérique. Preuve que Dan Deacon n'est pas que l'olibrius que ses concerts pourraient faire croire. 



17- Breton - Other People's Problems 
Ces anglais-là auraient pu prétendre à de plus hautes marches. Leur rock est un étonnant mélange de punk, d'électro, de hip-hop même. Le problème, c'est que tout est loin d'être parfait, mise à part quelques titres particulièrement efficaces ("Edward The Confessor", "Wood And Plastic", etc). Mais comme il parait qu'ils ont fait de gros progrès sur scène depuis leurs débuts, leur prochain disque pourrait définitivement les installer comme un groupe qui compte.


16- Motorama - Calendar

Des Russes dans ce classement ? Oui, mais des Russes signés chez Talitres et qui semblent avoir bien appris, qui leur Joy Division, qui, plus récemment, leur Interpol ou The National. "Calendar", leur deuxième album, n'invente rien, mais aligne, mine de rien, une pléiade de titres impeccables. 





Joyeux Noël à tous et à mercredi pour la suite du classement...

21 décembre 2012

Top Chansons 2012 : 10-1

ça y est, c'est la dernière ligne droite, le sprint final ! Et le vainqueur est...

10- The Magnetic Fields - Andrew In Drag
Les Magnetic Fields sont une de mes principales découvertes musicales de l'année - comme quoi, il n'est jamais trop tard. Avec leur dernier album, ils sont revenus à leur meilleur - le triple disque "69 Love Songs" de 1999 -, des jolies mélodies pop agrémentées de paroles délicieusement décalées.


9- Breton - Edward The Confessor  
Ils s'appellent Breton en référence à André. Pourtant point de surréalisme avec eux, mais un rock qui emprunte aussi bien au hip-hop qu'à l'électro ou au punk. Un melting-pot qui n'est pas toujours convaincant sauf sur quelques titres à l'efficacité imparable, tel "Edward The Confesssor".
 

8- Dominique A - Quelques Lumières 
La musique de Dominique A n'a jamais été aussi avenante - la preuve, ma petite Lucie connaît par coeur le refrain de "Quelques Lumières" - elle n'en reste pas moins passionnante.


7- Barbara Carlotti (et Philippe Katerine) - Mon dieu, mon amour  
Barbara Carlotti s'impose définitivement comme une des figures majeures de la nouvelle chanson française. Sur "L'amour, l'argent, le vent", elle fignole encore davantage son univers, tout en y assénant plus de fantaisie comme sur cet impayable duo avec l'inénarrable Katerine.


6- Alt-J - Breezeblocks 
Ces anglais-là font une quasi unanimité. Il faut dire que le rock subtil est assez inclassable. Par fainéantise, on les compare souvent à Radiohead. Pourtant, un titre comme "Breezeblocks" n'a pas besoin de références. Il est tout simplement bon et se suffit à lui-même.


5- Here We Go Magic - How Do I Know  
Le rock intello de Here We Go Magic sait aussi faire preuve d'un peu de folie, comme avec les "houhou" de ce "How Do I Know". On pense même au meilleur des Feelies.


4- Mac Demarco - My Kind Of Woman
Ne pas se fier aux apparences, ce Canadien aux allures de bûcheron, pratique un rock à la cool, capable par moments de pures étincelles, comme sur "My Kind Of Woman". 


3- Melody Echo's Chamber - I Follow you 
Cocorico, en France aussi, on sait faire de la dream-pop de qualité. La preuve avec Melody Echo's Chamber derrière lequel se cache Melody Prochet, une compatriote. A l'écoute de ce "I Follow You", c'est plutôt nous qui la suivrions n'importe où.


2- Foxygen - Take The Kids Off Broadway
Ces jeunes américains sont promis à un grand avenir. Un nouveau disque est déjà prévu pour le début 2013. En attendant, "Take The Kids Off Broadway" parvient en à peine trois minutes à réunir le meilleur de la pop des années 70, ce qui n'est pas un mince exploit.


1- Spiritualized - Hey Jane
Avec "Hey Jane", Jason Pierce réussit la chanson rock parfaite : ça commence par un blues psyché dont il a le secret pour finir sous une pluie de choeurs éblouissante. "Sweet heart, sweet light. Sweet heart and love of my life". Magique.

20 décembre 2012

Top Chansons 2012 : 20-11

On se rapproche petit à petit du but : les places de 20 à 11.

20- The Tallest Man On Earth - 1904 
Il est suédois et possède la voix et le physique du jeune Dylan. On pourrait crier au plagiat sauf qu'à l'écoute de titres comme ce "1904", il est bien difficile de ne pas reconnaître au bonhomme un talent bien à lui.


19- Dan Deacon - True Trush 
Un peu fatigant sur la longueur d'un album, la musique du très barré Dan Deacon parvient à enchanter le temps d'un "True Trush". Du Animal Collective en plus festif.


18- Mark Lanegan - The Gravedigger's Song 
Le nouvel album de Mark Lanegan, "Blues Funeral", est comme son nom l'indique du blues crépusculaire. N'étant pas spécialement amateur du genre, je n'en garderai que ses moments les plus tumultueux comme cette impressionnante entrée en matière : "The Gravedigger's Song".

17- Kindness - Swinging Party 
Reprenant brillamment une des meilleures chansons des Replacements, Kindness y accentue son côté langoureux et sensuel.  Une excellente manière de faire du neuf avec du vieux.


16- Bat For Lashes - Laura 
La très "bobo" Natasha Khan vient prouver avec ce "Laura" qu'elle peut mettre une raclée à n'importe quelle Lana Del Rey - derrière "Video Games" et "Laura", on retrouve le même co-songwriter, Justin Parker - sur le terrain des ballades langoureuses et émouvantes pour lesquelles il n'est donc nul besoin d'avoir de grosses lèvres lippues. 


15- Yan Wagner - Forty Eight Hours 
Un franco-américain surfe sur le revival eighties décidément très en vogue. Son "Forty Eight Hours" rivalise même avec le meilleur New Order.


14- Swans - Avatar 
Attention, il n'est pas facile de rentrer dans l'univers sombre et un peu flippant de Swans. "Avatar" est une des portes d'entrée les plus accessibles. Mais attention, une fois qu'on a goûté de ce pain-là, une grande partie de la production musicale actuelle paraît bien fade.


13- Chromatics - Kill For Love
Si ces américains avaient réussi à tenir le rythme de leur excellent début d'album sur la longueur, ils auraient tué sans problème la concurrence. Mais, avant la moitié du trop long "Kill For Love" (17 titres, quand même!), on commence déjà à s'ennuyer ferme. Reste donc entre autres, ce morceau éponyme parfait.


12- Django Django - Default 
C'est bien simple, tous les titres ou presque de leur premier album pourraient faire partie de ce classement tellement il regorge de tubes en puissance. Mais s'il fallait en prendre un par "Default"...


11- Palma Violets - Best Of Friends
Ils n'ont sortis à l'heure actuelle qu'une poignée singles comme ce brillant hymne "Best Of Friends", mais le premier LP des garnements de Palma Violets s'annonce d'ores et déjà comme l'un des plus attendus de 2013.

19 décembre 2012

Top Chansons 2012 : 30-21

On continue notre remontée avec les places de 30 à 21...

30- Trailer Trash Tracys - You Wish You Were Red 
Les Trailer Trash Tracys ont dû se palucher l'intégrale de Twin Peaks avant de sortir leur premier disque. L'intro de "You Wish You Were Red" fait indéniablement penser à une bande son de Badalamenti.
 

29- Wild Nothing - Shadow 
Le jeune Jack Tatum sort un nouveau disque de son Wild Nothing dans la lignée de son précédent, c'est-à-dire fortement inspiré par New Order et les Smiths. Après quand c'est aussi bien fait que sur "Shadow", je ne peux qu'adhérer.


28- Dirty Projectors - Gun Has No Trigger 
Des trois groupes américains majeurs du rock indépendant des années 2000 et ayant tous sortis un disque cette année (les autres sont Grizzly Bear et Animal Collective), les Dirty Projectors sont ceux qui s'en sortent le mieux. Parvenant encore à se réinventer, comme sur ce "Gun Has No Trigger" au charme universel.


27- Tu Fawning - Anchor 
Autrefois retorse, la musique des américains Tu Fawning a gagné en simplicité et en efficacité. De là, à dire que leur album "A Monument" porte bien son nom... 


26- Wovenhand - Glistening Black 
David Eugene Edwards n'en a toujours pas bien fini avec ses vieux démons et son rock est toujours aussi teigneux, comme ce "Glistening Black" particulièrement cinglant.

25- Rover - Aqualast 
En France, on a maintenant aussi notre guitar-hero à la voix d'ange, j'ai nommé Rover. Au final, sa musique est pourtant plus proche d'un Bowie que d'un Jeff Buckley. Ce n'est pas encore parfait, mais une chanson comme "Aqualast" tiendrait presque la comparaison avec ses glorieux aînés. 


24- Lower Dens - Brains 
Une musique lancinante qui s'attaque plus immédiatement au cerveau qu'aux guibolles. Ensorcelant.


23- Tim Burgess - White 
Les Charlatans ne sont plus et c'est tant mieux, car leur chanteur, seul, sort son meilleur disque, bien accompagné en cela par celui de Lambchop, Kurt Wagner. 


22- Daniel Rossen - Silent Song 
Un éminent membre des Grizzly Bear s'échappe en solo et surpasse même son groupe le temps d'un superbe "Silent Song".


21- DIIV - Have Long Have You Known ?
Un rescapé des brillants Beach Fossils monte son propre groupe, DIIV, et mise tout sur les guitares carillonnantes. Le résultat est largement à la hauteur de son ancienne formation.

18 décembre 2012

Top Chansons 2012 : 40-31

Suite de mon top 50 de 2012 avec vous le verrez aujourd'hui, pas mal de titres découverts grâce à mes (quelques) chers lecteurs.

40- Shearwater - Animal Life
Avec une telle voix, il pourrait se permettre la sensibilité et la finesse, mais non, avec son groupe, Jonathan Meiburg en fait toujours un peu trop. Dommage... Reste que parfois on se laisse prendre à son rock calibré comme avec "Animal Life".


39- Beth Jeans Houghton - Sweet Tooth Bird

Voici une jeune anglaise au talent bien affirmé qui pratique une pop lyrique aux rythmiques plutôt accrocheuses, assez incroyable finalement qu'elle n'est pas rencontrée plus de public.
 

38- Memoryhouse - The Kids Were Wrong
Vus en concert l'été dernier à la Plage Glazart, ce charmant groupe canadien, assez inoffensif en apparence a tout de même à son répertoire quelques jolies mélodies qui vous trottent un moment dans la tête comme "The Kids Were Wrong".


37- Go-Kart Mozart - Spunky Axe
Le légendaire Lawrence est de retour avec sa dernière formation en date, Go-Kart Mozart et délivre un de ses meilleurs disques depuis belle lurette, dans la continuité de ceux de Denim. 

36- Hooded Fang - Brahma
Ces Canadiens avancent masqués et balancent une sorte de pop ensoleillée au son inspiré des sixties californiennes mais en plus déglinguée. Revigorant.

35- Tame Impala - Feels Like We Only Go Backwards
Des jeunes Australiens revisitent la pop psychédélique de la fin des années 60. On pense à Pink Floyd, à Lennon surtout. C'est parfaitement maîtrisé, et ça manque bizarrement souvent de folie. N'est pas Syd Barrett qui veut. En attendant "Feels Like We Only Go Backwards" est très bien quand même.  


34- The Bewitched Hands - Vampiric Way
Mes Rémois préférés sont de retour avec un disque dans la lignée du premier et confirme, chose loin d'être évidente, tout le bien que je pensais déjà d'eux. "Vampiric Way" contient aussi son lot de chansons fluos et colorées, propres à faire danser tout un chacun, comme la chanson éponyme.

33- Lost In The Trees - Golden Eyelids
Raffinement quand tu nous tiens. Les Lost In The Trees, dans la lignée d'un Antony Hegarty, pratique une musique sensible, quelque fois pas loin de la sensiblerie, quelques fois non, comme sur ce très beau "Golden Eyelids".


32- Xiu Xiu - Beauty Towne
En deux albums (les deux derniers), Jamie Stewart et Xiu Xiu sont devenus un de mes groupes préférés du moment, multipliant les chansons pop alambiquées, remplies de sons en tout genre. Idéal pour durer ?


31- Beach House - Myth
Les Beach House ne se réinventent pas et continuent ni plus ni moins sur la lancée de leur excellent "Teen Dream". En moins bien. Sauf sur des titres comme "Myth"...
 

17 décembre 2012

Top Chansons 2012 : 50-41

Et voilà, c'est donc parti pour mon bilan de fin d'année et une fois n'est pas coutume, je vais faire durer le suspense. On commence cette semaine avec les chansons en remontant tranquillement de la 50ème à la première place, histoire de se remémorer le sacro-saint Top 50 qui a malgré moi bercé ma jeunesse...

50- Jonathan Boulet - This Song Is Called Ragged
Avec un nom pareil, les jeux de mots vaseux sont faciles. Pourtant, les Inrocks ont pris le parti de l'encenser. Si je n'irais pas jusque là, trouvant sa musique régulièrement clinquante, sur quelques titres, comme "This Song Is Called Ragged", cet australien parvient à faire mouche.

49- Amanda Palmer - Want It Back
Du poil, du poil, beaucoup de poil dans ce clip de la délurée Amanda Palmer, ex-Dresden Dolls qui n'est pas en peine pour tout dévoiler. C'est énergisant ou lassant selon l'humeur.

48- Thee Oh Sees - Flood's New Light
Cela fait déjà un bail que les Thee Oh Sees existent, à la marge de tout circuit. Il faut dire que leur rock abrupt et indocile rentre difficilement dans une catégorie. Cela leur permet en tout cas d'avoir leur petit lot de suiveurs. Sur le dernier "Putrifiers II", on entend même quelques presque pop-songs comme cet efficace "Flood's new Light"
47- Stephan Eicher - Le Sourire
Le sympathique suisse aux allures de d'Artagnan est de retour et s'il fait désormais beaucoup moins parler de lui que lorsqu'il réclamait de pouvoir "Déjeuner en paix", sa musique reste toujours aussi fortement recommandable. Sur son dernier album, il fait appel à quelques camarades de jeu comme Miossec, rien de tel pour nous filer "Le sourire". A noter au passage, le clip dans lequel on retrouve Emma de Caunes, la fille de l'ami de toujours, pour un sujet surfant sur la vague des "Indignés". "Un pour tous..."

46- Julia Holter - In The Same Room
Voilà une jeune américaine intrigante qui fabrique une sorte de dream-pop lo-fi à l'univers assez personnel malgré les évidentes références qui pourraient rapidement venir à l'oreille. Envoûtant.

45- Allo Darlin - Capricornia
Tweepop, quand tu nous tiens... Les années passent, mais je me fais à chaque fois avoir par ce genre de musique très inspirée par les Field Mice et toute la clique de groupes à la pop légère, naïve, mélodique et gentiment mélancolique.
 
44- Judah Warsky - Painkillers and Alcohol
Un membre des dispensables parisiens de Chicros sort un disque en solo et sur quelques morceaux bien sentis, on retrouve le meilleur de Grandaddy. 
 
43- Eugene McGuiness - Lion
Un petit minet anglais ressuscite miraculeusement la pop "Stock-Aitken-Waterman" des années 80. Et franchement, les Rick Astley ou autres Jason Donovan peuvent aller se recoiffer... Trente ans après, on est passé au second degré et surtout on a largement gagné en peps et talent.

42- Hospitality - The Birthday
Un groupe américain au nom passe-partout qui fait une pop à priori du même acabit. Sauf que mine de rien, une telle hospitalité, on y revient. Leur premier album ne contient pas de fausses notes, comme cet aimable "birthday".

41- Holograms - Chasing My Mind
Holograms ou comment prouver que même en Suède, il existe des garnements qui ne respectent rien et sont capables de balancer des morceaux de punk régressifs à haut pouvoir addictif.

14 décembre 2012

The House Of Love - Shine On (1988)

Dans la série des reformations d'anciennes "gloires" des années 80, je demande les dandys romantiques de The House Of Love. C'est bizarre mais pour une fois, ça ne sent pas le fric. Il faut dire qu'un disque est déjà sorti en 2005 dans l'anonymat quasi général, douze ans après la première séparation. Et puis, le groupe n'a réellement connu le succès que sur ses deux premiers albums entre 1988 et 1990 et la poignée de singles associés, ce "Shine On" bien sûr, mais aussi "Destroy The Heart" ou encore "Christine". Ensuite, la vague Madchester - Stone Roses, Happy Mondays et consorts - est passée par là, reléguant la pop discrète et raffinée de House of Love dans les vieux cartons - comme celle des Smiths, Felt, Echo and the Bunnymen ou Go-Betweens. L'époque n'était déjà plus aux fans de Leonard Cohen et de Lou Reed. Mais comme la musique des deux derniers nommés, il s'avère aujourd'hui que les disques de la bande de Guy Chadwick ont mieux résisté au temps que la grande majorité de ceux de leurs contemporains. Une maison de l'amour, c'est forcément précieux. Et puis surtout, ça ne peut pas vieillir : "Shine on, and on and on..."
PS : Dès lundi prochain, vous retrouverez ici même les inévitables bilans de fin d'année !

In a garden in the house of love,
sitting lonely on a plastic chair
The sun is cruel when he hides away,
I need a sister - I'll just stay
A little girl, a little guy
in a little church or in a school
Little Jesus are you watching me,
I'm so young - just eighteen
She, she, she, she Shine On
She, she, she, she Shine On
She, she, she, she Shine On
In a garden in a house of love,
there's nothing real
just a coat of arms
I'm not the pleasure that I used to be
So young - just eighteen
She, she, she, she Shine On
She, she, she, she Shine On


I don't know why I dream this way
The sky is purple and things
are right every day
I don't know, it's just this
world's so far away
But I won't fight, and I won't hate
Well not today
In a garden in the house of love
Sitting lonely on a plastic chair
The sun is cruel when he hides away
I need a sister - I'll just stay
She, she, she, she Shine On...
And on and on...
Shine...
Shine on...

12 décembre 2012

Noel Harrison - The Windmills Of Your Mind (1968)

Il est des classiques, comme cela, que l'on arrive encore à (re)découvrir au travers d'une reprise. Pour "The Windmills Of Your Mind" composé par Michel Legrand, ce fut par le biais de celle des Parenthetical Girls, sur leur excellent disque "Entanglements" qui était dans mon top 2008 - et oui, ce blog a bientôt 4 ans ! Il faut dire qu'il y a eu tellement de  versions différentes de la chanson qu'au final, elle ne semble appartenir à personne et donc par voie de conséquence, être l'oeuvre de tout un chacun. La première mouture, en anglais dans le texte, a servi à l'époque de bande originale au film "L'affaire Thomas Crown" dans lequel on retrouvait le couple légendaire Faye Dunaway et Steve McQueen et a même obtenu un oscar. C'est l'inconnu Noel Harrison - rien à voir avec Georges - qui en était l'interprète. Il y aura très rapidement une version française, "Les moulins de mon coeur". Si les chanteurs et chanteuses se sont succédés pour reprendre le morceau, son compositeur, plus encore que ses différents auteurs, est le seul qui y reste véritablement associé. Car, d'une reconnaissance hexagonale avec entre autres les comédies musicales de Jacques Demy, Legrand - l'oncle de Victoria, chanteuse de Beach House - acquiert alors une renommée internationale. Il est actuellement en tournée avec la chanteuse lyrique Nathalie Dessay pour y revisiter l'essentiel de son travail pour le cinéma. Chose rare finalement dans l'histoire de la musique moderne, qui privilégie bien souvent le chant et la performance vocale - il suffit de voir le succès des émissions de télé-réalité type "Star Academy" ou "Nouvelle Star" ou même encore celui du film "Les Choristes" - au détriment de la qualité musicale, la vraie "star" de "The Windmills Of Your Mind" est Michel Legrand. Rien que pour ça, il justifie aisément son patronyme.

Round like a circle in a spiral
Like a wheel within a wheel
Never ending on beginning
On an ever-spinning reel
Like a snowball down a mountain
Or a carnival balloon
Like a carousel that's turning
Running rings around the moon
Like a clock whose hands are sweeping
Past the minutes on its face
And the world is like an apple
Whirling silently in space
Like the circles that you find
In the windmills of your mind

Like a tunnel that you follow
To a tunnel of its own
Down a hollow to a cavern
Where the sun has never shone
Like a door that keeps revolving
In a half-forgotten dream
Or the ripples from a pebble
Someone tosses in a stream
Like a clock whose hands are sweeping
Past the minutes on its face
And the world is like an apple
Whirling silently in space
Like the circles that you find
In the windmills of your mind


Keys that jingle in your pocket
Words that jangle in your head
Why did summer go so quickly?
Was it something that I said?
Lovers walk along a shore
And leave their footprints in the sand
Was the sound of distant drumming
Just the fingers of your hand?
Pictures hanging in a hallway
Or the fragment of a song
Half-remembered names and faces
But to whom do they belong?
When you knew that it was over
Were you suddenly aware
That the autumn leaves were turning
To the color of her hair?

Like a circle in a spiral
Like a wheel within a wheel
Never ending or beginning
On an ever-spinning reel
As the images unwind
Like the circles that you find
In the windmills of your mind

7 décembre 2012

2012 : quelques disques oubliés...

Une semaine et quelques heures d'écoute plus tard, il est temps de vous faire un bref résumé de vos propositions de disques pour 2012 et de ce que j'en ai retenu. Tout d'abord, merci à tous ceux qui ont bien voulu me faire part de leurs découvertes musicales de l'année. Le choix était, mine de rien, conséquent, même si je connaissais déjà beaucoup de choses parmi les listes en commentaire de mon post. J'en ai gardé, comme l'année dernière, que 10. En toute subjectivité. Par manque de temps, de place et d'envie aussi peut-être.

Pour commencer, les américains de Lost In The Trees qui, pour moi, étaient inconnus au bataillon. L'un d'entre vous place leur "A Church That Fits Our Needs" comme son disque de l'année, haut la main. C'est effectivement excellent, même si un poil trop précieux à mon goût.
Autre disque en tête d'un de vos tops, celui de Lawrence Hayward, alias Felt, Denim et depuis déjà de nombreuses années maintenant, Go-Kart Mozart. On retrouve son goût pour la pop régressive et très premier degré. De celle qui privilégie la mélodie avant tout. Et tant pis si le kitsch n'est jamais très loin. Et si finalement, ce n'était pas une façon comme une autre, de ne jamais être démodé. 

Autre chanteur qui roule sa bosse depuis un moment déjà, Mark Lanegan, et autre album positionné tout en haut des préférés de 2012 par un autre papa, liste envoyée par mail cette fois - il se reconnaîtra. Son "Blues Funeral"est comme son nom l'indique un disque de blues. Et quand il est aussi sombre et habité que sur "The Gravedigger's Song", je ne peux qu'adhérer.

Une de mes plus belles découvertes de votre sélection sont assurément les canadiens de Hooded Fang dont le "Tosta Mista" sorti chez nous cette année, date déjà de 2011. Leur musique est une drôle de pop sans âge, qui ne ressemble pourtant à rien de vraiment connu. Hormis peut-être à ces artistes apatrides tels un Daniel Johnston.

Des Australiens font (très bien) du Beatles versant psychédélique. On croirait entendre régulièrement la réincarnation de John Lennon sur le "Lonerism" des Tame Impala qui est déjà le disque de l'année pour le magazine anglais du NME.

Mais l'époque est aussi au revival des années 80. Le reste de cette sélection rappelle plus ou moins fortement cette période. Comme avec l'inévitable Lescop, clone moderne d'Etienne Daho et de Daniel Darc. C'est du réchauffé mais bien fichu comme son tube "La Forêt", en référence évidente au titre des Cure.
NCZA/Lines du nom des fameuses lignes de Nazca au Pérou est un ami de Metronomy et sa musique est dans la même veine, en plus lancinante comme sur ce "Compass Points", belle tentative pour brouiller les repères de la pop à papa. L'essai n'est pas forcément concluant sur la longueur d'un album.

D'autres anglais plus connus maintenant. Hot Chip, dont le single annonciateur de l'album, "Flutes" était plus que prometteur. Malheureusement, à quelques rares exceptions près, leur disque m'a déçu. N'est pas New Order qui veut.

Enfin, les américains aussi apprécient ce genre de musique. New Order et les Smiths ont fait des adeptes chez Wild Nothing, dont j'avais parlé à l'occasion de leur premier disque. Le nouveau est toujours aussi bien, même s'il a désormais un parfum de déjà entendu.
Enfin, last but not least, les excellents américains de Chromatics, qui comme Tame Impala squattent la plupart des tops de fin d'année avec "Kill For Love" (1er chez Magic). Tout ça pour un disque seulement à moitié réussi. Toute la deuxième partie est malheureusement plus que dispensable. Restent des chansons au potentiel évident comme le titre éponyme.

5 décembre 2012

Arlt, Chris Cohen, Mac Demarco - Paris, Point Ephémère - 2 décembre 2012


Suite de notre week-end de concerts parisiens au Point Ephémère - la salle était fermée dernièrement pendant une semaine en raison d'une agression ayant eu lieu juste à côté -. Etaient réunis le même soir trois des groupes marquants de cette année, tous responsables de très bons disques : Arlt, Chris Cohen et Mac Demarco. Trois ambiances et trois styles sensiblement différents. On commence donc par les petits français de Arlt. Ils sont seulement trois sur scène et surtout n'ont que deux instruments : une guitare et... une autre guitare. Les versions des chansons ressemblent fortement à celles du disque, leur deuxième "Feu, La Figure" : même économie de moyens, même mise en avant des paroles, des jeux sur les mots, des bruits de bouche, même enrobage sonore de Mocke, le guitariste de Holden. Ce dernier vient d'ailleurs en aide à Sing-Sing, le chanteur aux faux airs de Jean-Pierre Darroussin, pour accorder sa guitare. Après, on adhère ou pas. Maman trouve ça creux, que le couple de chanteurs chante mal et qu'ils sont moches. Je trouve au contraire qu'ils proposent quelque chose de nouveau, que leur musique d'apparence austère a juste ce côté suffisamment fantaisiste dans les textes pour rendre l'ensemble plus léger. Bref, belle confirmation pour ma part.

Chris Cohen continue dans la même lignée, à savoir une réécriture très appliquée de son disque, le superbe "Overgrown Path". Les titres de son album prennent tout de même une connotation plus rock en live, sans doute en raison de l'omniprésence de la batterie - Chris Cohen est batteur -. Pourtant, celle-ci n'est jamais envahissante, elle rajoute juste ce qu'il faut de peps à ces jolies mélodies. Tout cela est joué de manière très soignée, sans fioritures. On regrette quand même l'absence totale d'interactivité avec le public, hormis le passage comique et non intentionnel du micro qui ne veut pas rester accroché à son pied. Pas facile de le tenir quand on a les deux mains prises avec son instrument.

La tchatche, ce n'est au contraire,  pas ce qui manque à Mac Demarco qui félicitera au passage - et de manière ironique ? - le coté très professionnel de son prédécesseur. On aurait pourtant dû s'y attendre avec la pochette de "2" comme avec la musique de ce canadien. On ne pensait pas avoir affaire à un tel showman. L'attitude cool n'est pas feinte. On sent une vraie générosité, un réel plaisir d'être là. Et puis, mine de rien, une profonde maîtrise. Derrière le grand n'importe quoi, se cachent aussi des musiciens de talent. Le bassiste avec son bonnet de Stroumph plaisante allègrement avec l'assistance pendant que Mac part chercher une autre guitare. Il faut dire que le groupe enchaîne à vive allure les cannettes de bières. Cela explique aussi sans doute pourquoi ils gardent tous ce sourire béat scotché au visage. On serait bien partis avec eux faire une virée nocturne dans les rues de la capitale après le show, comme le chanteur nous le proposait. Cela n'aurait assurément pas manqué de piquant. Mais nos vies ne sont pas les mêmes. Une telle insouciance, par les temps qui courent, ça fait un bien fou. Ces canadiens-là ne respectent rien.

3 décembre 2012

Foxygen, X-Ray Eyeballs - Paris, La Mécanique Ondulatoire - 30 novembre 2012

Dès les premiers instants, on avait l'air d'intrus, maman et moi. La Mécanique Ondulatoire est avant tout un bar. On y rentre comme on veut et c'est Happy Hour jusqu'à 21h. Pour les accros au tabac, il y a même un fumoir à l'étage. Mais pas d'endroit apparent où jouer de la musique.  Pas de vigile non plus à l'entrée. Pas de billetterie. Personne à nous demander quoi que ce soit : on a dû se tromper. On finit quand même par trouver un escalier qui descend dans une cave voutée. Les membres de Foxygen sont là à régler leurs instruments, entourés de deux personnes qui semblent être des techniciens. C'est facile à deviner, car comme souvent, ceux-ci ont l'allure de metallos, avec leurs cheveux longs et leurs tee-shirts à l'effigie de Machine Head. Pas vraiment dans l'esprit de la soirée. Comme ça n'a pas l'air de commencer tout de suite, on remontre au rez-de-chaussée prendre une bière. Une heure passe et toujours rien. Petit à petit, le bar se remplit. Un groupe de jeunes bobos semblent avoir organisé une soirée ayant pour thème la moustache. Garçons comme filles, ils bavardent tous, le plus sérieusement du monde, affublés d'une moustache postiche collée sous le nez. L'étau finit par se resserrer près de l'escalier qui descend à la cave. La caisse s'installe au bas. Les concerts peuvent commencer. Enfin. C'est Foxygen qui ouvre les hostilités. Ceux pour qui on s'est déplacé, car leur premier LP "Take The Kids Off Broadway" est une des plus réjouissantes nouveautés de 2012. Un habile mélange de tout le meilleur des années 1970, de Bowie aux Rolling Stones post "Beggars Banquet" (un de leurs titres ressemblent à s'y méprendre au mythique "Sympathy For The Devil"). Ils sont jeunes, terriblement jeunes. Le guitariste a même encore de l'acné. Mais, progressivement, on oublie leur dégaine de petits hipsters new-yorkais pour être subjugué par l'énergie déployée et la qualité de leur son, qui plus est, dans un espace aussi confiné. Ils ont quelque chose, c'est évident. On retrouve bien sur scène, le côté "montagnes russes" de leurs mélodies. On pense donc aux Stones, surtout, mais aussi au Velvet, voire même aux B52's. Ils dégagent en plus, une fraîcheur et une sympathie non feintes. Je saute sur l'occasion, à la fin du set pour leur acheter le vinyle. Il faut faire vite, ils n'en ont pris qu'une toute petite poignée. Le guitariste m'avoue n'être pas très familier avec les euros et me laisse prendre, en confiance - il doit savoir que papa n'est pas un voleur :) - la monnaie dans les quelques pièces qu'il me tend.
J'arbore alors fièrement le disque sous le bras, pendant que la deuxième formation de la soirée se prépare. Il faut dire que dès les préparatifs, on sent que le style sera différent. X-Ray Eyeballs privilégie le look avant le son. C'est indéniable. Leur punk-rock façon Ramones est pour le moins basique. Il n'empêche que le rare public restant est plutôt enthousiaste et entame rapidement un pogo. Le chanteur-guitariste d'origine asiatique est excité comme une puce, par rapport aux autres membres du groupe. Notamment de la guitariste aux longs cheveux bouclés, qui a l'air complètement absente, donnant presque l'impression de jouer une autre musique. Tout finira par un porté du leader de X-Ray Eyeballs directement jusqu'au bar. Il faut dire que l'avancement de la soirée aidant, on se laisserait presque avoir par cette musique très premier degré. On remonte finalement l'escalier vers la sortie, s'apercevant au passage qu'à l'étage, se joue tout autre chose. Les gens, bien plus nombreux qu'en bas, semblent ne même pas savoir qu'un concert avait lieu juste au-dessous. Comme si cette soirée ne s'était finalement pas passée. Et si Foxygen, groupe fantasmé de tout amateur de rock, n'existait pas vraiment ?