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Articles

Affichage des articles du août, 2012

Top Albums 2002

10 ans déjà, 10 ans que nous sommes ensemble maman et moi. Forcément, 2002, ce sont d'abord des souvenirs. De la musique aussi. David Bowie parce que c'est notre principale admiration commune. Il sortait alors son dernier bon disque, "Heathen". J'allais le voir en concert à Nïmes, dans les arènes, rendant maman jalouse. Beth Gibbons, sublime au grand Rex (avec une divine reprise du "Candy Says" du Velvet), concert ensemble cette fois, marque le jour de notre pacs. Les Libertines et les Flaming Lips, deux groupes également entendus "seul" en live, pour deux concerts inversement appréciés. Celui des anglais ne restera pas dans les annales. On sentait déjà l'urgence de leur musique et aussi la tension interne à la formation. Nonchalants et brouillons, ils bâcleront l'affaire en deux temps, trois mouvements. Celui des américains fut une fête incroyable, une sorte d'apothéose mystique. Peu importe la qualité du son, j'étais transpo…

Swans - The Seer

Il y a quelques fois des rencontres fortuites, improbables. On ne rentre pas chez Swans par hasard, sans y être auparavant invité, sous prétexte de sérieuses désillusions. Le maître de maison, Michael Gira, n'est pas de ceux qui mettent tout de suite à l'aise. En trente ans de carrière, on ne peut pas dire qu'il ait fait beaucoup de concessions. A l'image de la pochette de "The Seer", la musique de Swans montre d'emblée les crocs. Prière de laisser votre répertoire de blagues potaches au placard, ce n'est pas le genre d'endroits où les gens viennent se décontracter et rigoler entre potes. Non, un disque de Swans est une expérience à vivre, en solo de préférence. Il faut accepter d'y pénétrer car rien n'y est fait pour rassurer : des titres souvent interminables, certains de plus de trente minutes, peu de paroles, des rythmiques martiales à faire froid dans le dos, des motifs répétitifs aux lentes progressions, idéales pour la transe, etc.…

Dan Deacon - America

Voici le nouvel album d'un autre cinglé du rock indépendant US. Mais Dan Deacon, avec son allure de geek attardé, provoque d'emblée plus de sympathie qu'un Ariel Pink. Ici, on n'a de plus, pas l'impression d'être victime d'une quelconque manipulation. C'est de la musique à prendre au premier degré : festive, partant tout azimut, souvent même trop généreuse qu'elle en finit par fatiguer les tympans. "America" marque un tournant dans la carrière du bonhomme. D'abord, parce que c'est son premier disque sur un des labels les plus incontournables du rock indépendant, Domino. Ensuite, parce que pour la première fois, Deacon aborde des sujets plus sérieux, d'où ce titre d'album (à lire sa très intéressante interview dans Les Inrocks, pour preuve que sous des allures de demeuré, le gaillard est loin d'être idiot). Les deux morceaux les plus accrocheurs sont situés très rapidement sur le disque. "True Thrush" et "…

DIIV (+Caandides+Parakeet) - Paris, La Plage Glazart - 23 août 2012

Retour à la plage Glazart - décidément l'un des lieux de sorties idéales du moment à Paris - trois jours après,  avec au programme trois noms de groupes aux voyelles doublées. On commence évidemment avec le "A" et Caandides, assez fidèles à leur patronyme. La musique de ces très jeunes français est en effet encore assez naïve, malgré les évidentes influences américaines, en tête desquelles Vampire Weekend. Ce qui nous manque souvent, comparé aux anglo-saxons, c'est un son, un vrai. Et là, une fois de plus, il n'y en a pas. C'est un espèce de gloubiboulga sans saveur, malgré parfois quelques tentatives de mélodies. C'est poussif et loin d'être suffisant pour espérer sortir le public parisien de sa torpeur et de ses discussions de vacances. Ensuite, on a droit au "E" dédoublé avec les anglais de Parakeet. Ce sont des britanniques qui font de la musique d'américains, très inspirés par la mouvance noisy et punk de la fin des années 80, Pixi…

Elephant 6

Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas agrémenté cette rubrique que d'aucuns trouvaient intéressante. (si, si, c'est vrai) Il a fallu cette fois-ci une bien triste nouvelle pour que je la relance. Et oui, la mort de Bill Doss. Pour les non initiés, ce nom ne dira rien du tout. Et ça tombe bien, parce que c'est aussi le but. Où est l'intérêt de parler d'une grande maison de disques remplie d'artistes archiconnus et reconnus ? Ben oui, où est l'intérêt ? Bill Doss était un des fondateurs de ce label au curieux nom, Elephant 6. (Un concert hommage a déjà lieu début août réunissant les principaux sociétaires du label). C'était aussi l'un des membres de Olivia Tremor Control, groupe qui, s'il n'a pas vraiment marqué les esprits pendant le court laps de temps où il a sévit, en gros pendant la seconde moitié des années 90, commence à acquérir depuis un statut culte pour quelques admirateurs éperdus. Il faut dire que leurs deux seuls al…

Memoryhouse (+Motorifik) - La Plage Glazart, Paris - 20 août 2012

Etant redevenu célibataire pour quelques jours, sans mouflet à garder, j'avais décidé de profiter de la chaleur estivale de cette fin de mois d'août pour sortir un peu. Bon, à Paris, l'été, ce n'est pas non plus Byzance côté événements culturels, mais il y a encore de quoi s'occuper les yeux et les oreilles. Il y a notamment ce concept plutôt intéressant de la plage concert (oui, depuis le succès de Paris-Plage, il y a une manie dans la capitale à vouloir recréer à tout prix l'ambiance de bord de mer). Le principal problème, c'est que cette soit-disant plage (sans la mer, donc), se situe Porte de la Villette, c'est-à-dire à un des endroits les plus moches de Paris, à deux pas du périph' et entouré de grandes barres d'immeubles tout gris. Au lieu de plage, on pourrait donc plutôt parler d'île, tellement elle semble isolée au beau milieu de nulle part. Enfin bref, l'idée est malgré tout louable (et louée), car elle permet d'assister à…

Ariel Pink's Haunted Graffiti - Mature Themes

John Maus possède un "frère de coeur" tout aussi barré que lui : Ariel Pink. A eux deux, ils forment les Starsky & Hutch de l'électro-pop tendance kitsch. L'un brun, l'autre blond. Mais des Starsky & Hutch conscients de leur penchant pour le second degré, un brin provocateurs. Si Maus est plus sauvage, noir, Pink comme son nom l'indique, est plus léger. D'ailleurs, il ne faut pas voir dans le titre de son nouveau disque, "Mature Themes", une envie soudaine de passer enfin à l'âge adulte. La musique est toujours insidieusement régressive et c'est ce qui fait sa marque de fabrique. Ariel Pink est sans doute le prototype même du rockeur du XXIème siècle. Habile faiseur, il a réussi à faire l'amalgame de plusieurs décennies d'influence (en s'arrêtant surtout sur la disco-pop italienne des années 80) tout en se dissimulant derrière un son intentionnellement cheap, bricolé et des paroles absconses. Comme s'il ne fallait…

La Route du Rock - 10 août 2012 : Spiritualized, Dominique A, Patrick Watson, Alt-J, etc

On ne va pas se le cacher, même si l'été et les premières vraies chaleurs ont tardé à pointer le bout de leur nez, la rentrée approche désormais à grand pas et avec elle, sa cohorte de sorties musicales qui s'annoncent passionnantes (Animal Collective, Grizzly Bear, Wild Nothing, Dan Deacon, David Byrne & St Vincent, Benjamin Biolay, j'en passe et des sûrement meilleures...). En attendant, rien de tel qu'un retour sur de récentes vacances dans ma Bretagne natale avec l'un des meilleurs festivals rock de France : la Route du Rock. Et je ne dis pas ça par chauvinisme. Pour preuve, rien que la première journée (la seule à laquelle j'ai assisté) comptait pas moins de quatre disques dont j'ai déjà parlé ici  : Alt-J, Patrick Watson, Dominique A et Spiritualized. La soirée a d'abord commencé avec Yeti Lane sur la très petite scène de la Tour. Ce n'est jamais facile d'ouvrir les hostilités d'un festival et ces français sous haute influence Gra…

Bloc Party - Banquet (2004)

Quand ils ont débarqué à peu près en même temps que les Franz Ferdinand, j'ai d'abord été méfiant : encore un de ces groupes de rock éphémères, encensés aujourd'hui par le NME et descendus en flamme dès le deuxième disque. Et puis, je me suis laissé prendre, comme beaucoup, par ce revival très efficace de cold wave et de post punk, cet adroit mélange de Gang of Four, de Police, avec un zest de Cure. La collection de singles ("Banquet", "Helicopter", "Little Thoughts") annonciateurs de l'album était pour le moins ravageur. Puis, "Silent Alarm" est presque arrivé trop tard. Il m'a déçu. D'autres formations du même genre étaient apparus entre temps. Je me suis alors rapidement désintéressé de Bloc Party. En plus, ils me donneront en partie raison pour la suite : si la guitare épileptique qui caractérise leur musique est toujours présente, la troupe du leader d'origine nigériane Kele Okereke oublie régulièrement d'éc…

Eugene McGuinness - The Invitation to the Voyage

Après le vin, la bière - oui, c'est l'été, on fait les rapprochements qu'on peut - mais si la musique de Meursault pouvait avec un peu d'audace se délecter avec la boisson du même nom, celle de ce jeune anglais n'est pas forcément de celle qu'on écoute une pinte à la main. "The Invitation To The Voyage" n'en est pas vraiment une. C'est plutôt une remontée dans le temps, un retour à l'insouciance des eighties. C'est le deuxième disque de Eugene McGuiness, ami de Miles Kane, responsable l'an passé d'un sympathique disque de pop symphonique et lui-même ami de Alex Turner, le chanteur des Arctic Monkeys, avec lequel il a créé The Last Shadow Puppets. Bref, tout cela constitue la nouvelle grande fratrie de la pop anglaise. Depuis son premier essai, le jeune Eugene a considérablement changé de look. Il arbore désormais un style de dandy, plus assuré, à la Marc Almond, le leader des célèbres Soft Cell.
Rayon musique, c'est tou…

Meursault - Something for the Weakened

On connaissait déjà le célèbre vin et le personnage principal de "L'étranger" de Camus, il faudra désormais rajouter le nom de ce groupe écossais dont je parle déjà pour la deuxième fois. En provenance de Edimbourg, Meursault pratique sur le bien nommé "Something for the Weakened" un folk-rock fragile mais plus apaisé qu'auparavant. Même si, sur quelques morceaux enflammés comme l'excellent "Flittin'", leur musique capiteuse s'autorise toujours de tonitruantes envolées. Si on leur accolait autrefois l'étiquette d'"epic lo-fi", sorte d'Arcade Fire en version bricoleux, ce n'est plus vraiment le cas maintenant. Epique, sans doute encore un peu. Par contre, on ne ressent plus tellement le côté amateur et certains pourront s'en attrister. Le son n'est plus caché sous quelques artifices. Au contraire, il s'est bonifié, a pris du corps, à l'instar de la voix de Neil Pennycock, plus forte et émouvant…

Buzzcocks - Ever Fallen in Love (with Someone you Shouldn't've Fallen in Love with) (1978)

Pour moi comme pour beaucoup, les Buzzcocks font partie de ces groupes chéris, divines incongruités, pas vraiment en phase avec leur époque. Pourtant, "Spiral Scratch", leur premier EP paru en 1976 est souvent considéré comme le premier disque de la vague punk anglaise qui emporta le rock sur une autre planète à mille lieues des sempiternels solos de plomb du rock progressif alors encore très à la mode. Un sacré coup de pied dans la fourmilière ! Martin Hannett est déjà à la production. On le retrouvera bien sûr plus tard avec Joy Division. Mais dès 1977, Howard Devoto l'un des deux leaders des Buzzcocks avec Pete Shelley quitte le navire, trouvant que le punk n'est désormais plus un état d'esprit mais seulement une attitude. Il fondera les tout aussi indispensables Magazine. De son côté, Shelley poursuit dans une veine plus pop. Alors que les Pistols parlent de néant et de destruction, les Clash et les Jam de politique, les Mancuniens ne revendiquent rien et se…