27 juin 2012

Sonic Youth - Teen Age Riot (1988)

Quand j'ai appris l'année dernière la séparation de Thurston Moore et de Kim Gordon, l'un des plus mythiques couples de l'histoire du rock, j'ai été un peu attristé. Pas parce que j'attendais encore monts et merveilles des jeunesses soniques, non, seulement parce qu'au fil des années et de leurs nombreux albums, ils faisaient, comme qui dirait, partie des meubles. Leurs disques constituaient des étalons sur lesquels mesurer le talent des nouveaux venus de la scène rock. Et force est de constater que même dernièrement, Sonic Youth avait gardé toute sa verve et sa raison d'être ("The Eternal", "Rather Ripped" ou "Sonic Nurse" tiennent largement la comparaison avec la jeune garde). Même si, à l'heure qu'il est, on ne parle pas encore d'arrêt définitif de la formation (une tournée est prévue pour la fin de l'année), le couple montre qu'il y a déjà une vie après. Ils sortiront ensemble un mini-album caritatif au mois de septembre prochain avec Yoko Ono, la veuve de John Lennon. Le disque s'intitulera simplement "YokoKimThurston". Moore a aussi monté un nouveau groupe Chelsea Light Moving dont un premier morceau est écoutable ici.
L'occasion était donc belle de revenir aux fondamentaux : "Teen Age Riot", le morceau emblématique de Sonic Youth. Celui qu'ils rejouent régulièrement en live et qui résume magnifiquement leur musique et leur son. Une chanson sur l'adolescence qu'on écoute bien souvent qu'une fois adulte. A l'inverse du "Smells Like Teen Spirits" de Nirvana (enfin, en ce qui me concerne). Intemporel, donc.


[Kim]
You're it
No, you're it
Hey, you're really it
You're it
No I mean it, you're it

Say it
Don't spray it
Spirit desire (face me)
Spirit desire (don't displace me)
Spirit desire
We will fall

Miss me
Don't dismiss me

Spirit desire

Spirit desire [x3]
We will fall
Spirit desire
We will fall
Spirit desire [x3]
We will fall
Spirit desire
We will fall

[Thurston]
Everybody's talking 'bout the stormy weather
And what's a man do to but work out whether it's true?
Looking for a man with a focus and a temper
Who can open up a map and see between one and two

Time to get it
Before you let it
Get to you

Here he comes now
Stick to your guns
And let him through

Everybody's coming from the winter vacation
Taking in the sun in a exaltation to you
You come running in on platform shoes
With Marshall stacks
To at least just give us a clue
Ah, here it comes
I know it's someone I knew

Teenage riot in a public station
Gonna fight and tear it up in a hypernation for you

Now I see it
I think I'll leave it out of the way
Now I come near you
And it's not clear why you fade away

Looking for a ride to your secret location
Where the kids are setting up a free-speed nation, for you
Got a foghorn and a drum and a hammer that's rockin'
And a cord and a pedal and a lock, that'll do me for now

It better work out
I hope it works out my way
'Cause it's getting kind of quiet in my city's head
Takes a teen age riot to get me out of bed right now

You better look it
We're gonna shake it
Up to him

He acts the hero
We paint a zero
On his hand

We know it's down
We know it's bound too loose
Everybody's sound is round it
Everybody wants to be proud to choose
So who's to take the blame for the stormy weather
You're never gonna stop all the teenage leather and booze

It's time to go round
A one man showdown
Teach us how to fail

We're off the streets now
And back on the road
On the riot trail

25 juin 2012

DIIV - Oshin

Il existe un label indépendant qui est en train de devenir une référence, car il commence à disposer dans son catalogue d'un nombre de groupes intéressants à la pelle : Beach Fossils, Wild Nothing ou Craft Spells. Capture Tracks est bien sûr basé à Brooklyn et on peut dire que les formations sorties de chez eux ont un son immédiatement reconnaissable : des guitares carillonnantes à forte dose de réverb' qui ont pour origine celles de Galaxie 500, des mélodies flower-pop influencées par le premier Stone Roses et parfois quelques touches de claviers fortement inspirés par ceux de New Order.  DIIV, renommé ainsi car Dive était déjà pris par un obscur groupe belge, est bien dans cette lignée avec encore plus de guitares que de coutume et moins de voix. Le groupe est d'ailleurs une excroissance des charmants Beach Fossils puis qu'on y retrouve à sa tête un de ses membres, Zachary Cole Smith.
"Oshin" est une fois de plus un disque de bonne facture qui ne bouleversera rien du tout, mais qui fait rapidement son petit effet. La recette Capture Tracks est devenue un must du genre, pas partagée par tant de monde que cela.  Un précieux gage de qualité.

Clip de "How Long Have You Known ?" :

22 juin 2012

"Tomber les filles avec Duran Duran" de Rob Sheffield

A la lecture de ce livre de Rob Sheffield, il paraît difficile d'éviter la comparaison avec le fameux "Haute Fidélité" de Nick Hornby, à la différence près que l'Américain est moins accro aux tops en tout genre. Pas de classement des petites amies ici, juste une juxtaposition d'anecdotes en relation avec l'adolescence de l'écrivain marquée par la musique pop (au sens large du terme) des eighties. Et au final, je dois admettre me sentir plus proche de la culture britannique de Hornby, sans doute parce que la Manche est plus étroite que l'Atlantique, même si Sheffield a des origines irlandaises. Les goûts assez éclectiques et surtout très "grand public" de ce dernier m'éloignent de son pourtant indéniable amour de la pop. C'est d'ailleurs quelque chose qui m'a toujours surpris chez certains "malades" de musique, leur côté très ouvert. Pour moi, une passion, ça implique forcément une sélection drastique, des prises de position bien tranchées que d'aucuns pourraient trouver élitistes. Reste une façon drôle et ludique d'évoquer ses jeunes années. Et puis, cet étonnant attachement à Duran Duran, ce groupe pour midinettes, comme si, parce qu'il n'arrivait pas à aborder les filles, l'auteur avait voulu les toucher indirectement par cette adoration commune. Aussi, je reste jaloux des gens qui gardent ainsi une nostalgie de la musique de leur adolescence. Je sais, c'est dur à dire, mais j'ai du mal à assumer mes goûts de cette période-là. Du coup, inévitablement, mes souvenirs se font plus silencieux ou alors moins agréables. Alors que Sheffield, non seulement, aimait Duran Duran, New Kids On The Block ou encore Bonnie Tyler, (avec les Smiths et les Replacements quand même) mais continue encore de les apprécier aujourd'hui. Il n'y a pas une once de reniement dans sa démarche et c'est sans doute ce qui fait la force de ce livre. Son auteur est resté un grand enfant. Comme tout amateur de pop ?

The Go-Go's - Our Lips Are Sealed
"Je rêvais d'être le seul membre masculin des Go-Go's. Je ne pouvais pas imaginer un trip rock star plus ultime. Je m'étais fait tout le film dans ma tête. J'allais apprendre à jouer de la basse et je remplacerais Kathy Valentine. Je deviendrais le grand amour de Jane Wiedlin, et elle m'emmènerait chez son coiffeur pour m'arranger parce que je n'aurais pas présenté assez bien pour l'accompagner dans les endroits trop cool où elle allait."

The Human League - Love Action

"La new wave était un état d'esprit avant d'être une manière de s'habiller. Mais quand même, qu'est-ce qu'il était moche, ce futal à pinces ! Il y avait quelque chose dans cette musique qui poussait à la dévotion chez les reclus, les losers et les mecs dans mon genre, plus observateurs qu'acteurs. Nos stéréos scintillaient au rythme des "beep" électroniques qui en sortaient, et nous étions envoûtés, prêts à parcourir ce vaste nouveau monde qui s'offrait à nous."


Haysi Fantaysee - Shiny Shiny
Bon, mais sérieusement, Haysi Fantaysee? Vous pouvez être sûr que lorsque le bon Dieu distribuait des cerveaux, ces mecs devaient être en train de ronfler dans une cave. [...] On ne vit pas dans un monde parfait, l'humanité est un égout de vanité et de corruption, et une chanson comme "Shiny Shiny" est le prix que nous fait payer l'Univers pour nos péchés."

Duran Duran - All She Wants Is

"Ils chantaient "All she wants is, all she wants is" - mais ils se gardaient bien de nous révéler l'objet de son désir. J'étais certain qu'ils le savaient. Je trouvais ça vraiment dégueulasse.[...] "All She Wants Is" me ramène à la question originelle : qu'est-ce que veulent les filles ? C'est là que commence le mystère."

20 juin 2012

Nancy Sinatra - These Boots Are Made For Walkin' (1966)

C'est le blogueur Benoît qui m'a remis cette chanson en tête. "These Boots Are Made For Walking" est devenu aujourd'hui un classique indémodable, une de ses chansons ayant déjà connu une multitude de reprises souvent horripilantes (de Jessica Simpson à Megadeth !) et étant désormais connu par les plus jeunes comme associée à des spots TV. Son auteur est le crooner à moustache, Lee Hazlewood, sorte de pendant variété easy-listening, d'un Johnny Cash ou d'un Leonard Cohen. En 1966, il avait écrit ce titre pour son répertoire personnel. Mais une dénommée Nancy Sinatra, fille de, le supplia de la lui prêter pour le succès que l'on sait. Sa jolie frimousse, son nom célèbre et ses tenues légères (la mini-jupe et les fameuses bottes) en plus des qualités évidentes de la mélodie participeront à la postérité de l'oeuvre. "These Boots Are Made For Walking", comme la chanteuse qui y sera sans doute éternellement associée, est une des chansons phares de son époque, hymne plus ou moins officiel du mouvement féministe (cette histoire de femme qui veut se venger de son mec en voulant lui marcher dessus avec ses bottes). Il y a quelques années, de célèbres artistes et pas des moindres (Morrissey, Jarvis Cocker ou Thurston Moore) avaient rendu hommage à la carrière de l'icône pop des sixties. Merci donc à Benoît d'avoir aussi rappelé l'homme derrière l'oeuvre, Lee Hazlewood, dont la carrière, elle, reste toujours injustement méconnue. La récente compilation de la période comprise entre 1968 et 1971, peut-être sa meilleure, pourrait permettre à certains de la réévaluer. Q'un homme talentueux se cache derrière la popularité d'une femme, n'est-ce pas là une des véritables avancées du féminisme !

You keep saying
You got something for me
Something you call love
But confess
You've been a'messin'
Where you shouldn't 've
Been a'messin'
And now someone else
Is getting all your best
Well, these boots
Are made for walking,
And that's just what they'll do
One of these days
These boots are gonna
Walk all over you

You keep lyin'
When you oughta be truthin'
You keep losing
When you oughta not bet
You keep samin'
When you oughta be
A'changin'
What's right is right
But you ain't been right yet
These boots are made for walking,
And that's just what they'll do
One of these days
These boots are gonna
Walk all over you

You keep playing
Where you shouldn't be playing
And you keep thinking
That you'll never get burnt (HAH)
Well, I've just found me
A brand new box of matches (YEAH)
And what he knows
You ain't had time to learn
These boots are made for walking,
And that's just what they'll do
One of these days
These boots are gonna
Walk all over you

Are you ready, boots?
Start walkin'

"Don't give up!
Kill 'em all! Kill 'em all!"

18 juin 2012

Alligator Indian - Spring I'm In

Depuis quelques temps déjà, depuis ma chronique de The Notes l'année dernière en fait, le petit label Bleeding Gold Records m'envoie fréquemment de ses nouvelles (profitez-en aussi, c'est souvent gratuit !). Et je dois avouer que je prends malheureusement rarement le temps d'écouter leurs admirables découvertes. A tort, évidemment. La preuve avec Alligator Indian, un nouveau duo en droite provenance de Brooklyn, le saint des saints. Voilà, quand l'actualité musicale se fait soudainement plus calme et moins enthousiasmante (cet album est sorti le 23 avril dernier), je reviens aux fondamentaux. Mais n'allez pas croire que je considère ce "Spring I'm In" inférieur aux disques chroniqués d'habitude ici. En effet, la musique de Alligator Indian a, comme qui dirait, du corps, de la consistance (Comment résister au très Field Mice "Ectocooler" par exemple ?). On pense encore aux Cocteau Twins dont l'influence ne cesse décidément de croître, et bien sûr à Jesus and Mary Chain, éternels pourvoyeurs d'une grande partie des nouveautés du petit monde du rock indépendant.
En conclusion, une chose à se promettre à l'avenir, celle d'écouter plus régulièrement la musique de Bleeding Gold Records. Elle vaut bien souvent de l'or et en plus a l'avantage de ne pas faire "saigner" le porte monnaie.

14 juin 2012

The Monochrome Set - Eine Symphonie Des Grauens (1979)

Le Monochrome Set ou télevision en noir et blanc en français est l'élément nécessaire et suffisant pour revoir "Nosferatu", une des pièces maîtresse de l'oeuvre de Murnau, dont "Eine Symphonie Des Grauens" n'est autre que le sous-titre. Ce groupe anglais est l'exemple parfait de "beautiful losers" dont l'histoire de la pop regorge. Leur musique n'a jamais été en phase avec son époque. Trop excentrique pour être assimilée au mouvement post-punk. Trop intellectuelle pour rafler la mise au moment de l'explosion de la new wave. La formation emmenée par Bid, de son vrai nom Ganesh Seshadri, authentique prince indien, a toujours fait fi des étiquettes. Elle n'en a pour autant pas moins inspirée de nombreux groupes, des Smiths (Morrissey avoue être un admirateur de la première heure) en passant par le meilleur de la brit pop. En fait, partout où la pop se montre élégante et érudite. Cette année, ils sont de retour aux affaires avec "Platinum Coils", album plus qu'honorable (mention spéciale au sémillant "Hip Kitten Spinning Chrome") mais toujours en déphasage complet avec son temps.
Comme quoi, rien n'a vraiment changé depuis l'exceptionnel "Eine Symphonie Des Grauens". La musique du Monochrome Set est pourtant de celles qui vampirisent : une fois mordu, elle revient discrètement hanter vos nuits.

I’m dead and dank and rotten
My arms are wrapped in cotton
My corpse loves you, let’s marry

(Get smart, once)Every night at sleepy time
(Get smart, twice)I hang my skin out on the line
(Get smart, sing) Oh, darling, would you be, be mine

(Chorus)[I’m in love, I think I’m in love
I’m in love, I think I’m in love
I’m in love, I think I’m in love]

I’m caught in a mesh of veins
My fingers and flesh and brains
My skull gives head, so let’s wed

(Get smart, once)Every night when all alone
(Get smart, twice)I drape my flesh around the phone
(Get smart, pray) Oh, darling, would you be my own

(Chorus)


Don’t cry, beautiful, it’s just a phase
To the father and the son and the holy ghost
I chant and I pray, I love

You know, God works in mysterious ways
To the father and the son and the holy ghost
I sing and I pray, I love

I’m soft and slightly stinking
My arms are small and shrinking
My lips kiss dirt, oh, let’s flirt

(Get smart, once)Every night at half past one
(Get smart, twice)There’s a little taste of things in come
(Get smart, chant) Oh, darling, can I be your son

(Chorus)

Don’t scream, baby, it’s just a coma
To the father and the son and the holy ghost
I chant and I pray, I love

You go to heaven, I go to Roma
To the father and the son and the holy ghost
I sing and I pray, I love

11 juin 2012

The Tallest Man On Earth - There's No Leaving Now

La musique de Kristian Matsson m'a jusqu'à présent plutôt rebuté. Il faut dire que le jeune homme ne partait pas avec un à-priori favorable. Il est suédois - oui, je sais, je fais une fixette anti-nordique, mais franchement je ne suis que rarement emballé par la musique en provenance du pays de Abba. En plus, son domaine est la folk music et les lecteurs habitués à ce blog sauront que ce genre a plutôt tendance à m'ennuyer qu'autre chose. La voix de Matsson n'est aussi pas sans rappeler celle de l'auguste Robert Zimmerman. Et là, encore... Bon, je sais, tant qu'à copier, autant s'attaquer directement aux maîtres. Mais, - désolé pour les adorateurs de l'idole - la voix nasillarde de Dylan n'est pas la plus émouvante qui soit. Enfin, le pseudo choisi par le suédois est particulièrement audacieux, voire prétentieux. Bref, beaucoup pour un seul homme et donc je ne m'y étais jamais vraiment attardé. A tort peut-être, car l'écoute rapide des premiers morceaux de "There's No Leaving Now" m'a facilement conquis. Sans connaître plus que cela The Tallest Man On Earth, je me dis que ce disque est sans doute son plus immédiat et mélodique.
Celui qui pourra lui ouvrir les portes d'un plus grand public. Celui sur lequel il se démarque de ses glorieuses influences et où il trouve enfin son style. Une belle gueule, une voix atypique, d'évidentes qualités mélodiques et une émotion palpable, le suédois a finalement tout pour plaire.

Album en écoute intégrale sur Deezer (à partir du 12 juin) ou NPR.

8 juin 2012

Top albums 2004

2004, une des plus belles années musicales de la décennie passée. Tout d'abord pour nous avoir fait découvrir un groupe majeur de notre époque : Arcade Fire. Pour ce premier disque, "Funeral", déjà en forme d'accomplissement artistique et puis aussi pour leurs prestations scéniques dantesques et inoubliables. Les Anglais, loin d'être en reste du Canada, fournissent d'un côté, l'incroyable machine à tubes, Franz Ferdinand, de l'autre, Flotation Toy Warning, un petit groupe, qui, avec deux fois rien, réussit un disque essentiel, d'une beauté subjugante. Il y a aussi Dogs Die in Hot Cars qui revisitent intelligemment la pop fraîche et enjouée des années 80, celle des Housemartins ou des Pale Fountains. En France, c'est la fête des songwriters supérieurs, JP Nataf, l'ex-leader des Innocents revient avec un album pop aux mélodies de velours; Daniel Darc, le rescapé des eighties, avec un "Crève Coeur" simple et bouleversant, Murat se fait plus pop que jamais avec un étonnant  "A Bird On A Poire" où il convoque la guitare rythmé de Fred Jimenez et la voix suave de Jennifer Charles de Elysian Fields. Enfin, grosse révélation avec la découverte d'un nouveau talent, celui d'un jeune trentenaire parisien Arnaud Fleurent-Didier, mal dans sa peau, du Delerm en plus touchant et direct. Et puis, que dire des deux disques américains de cette sélection : of Montreal et leur pop bariolée qui sort enfin de l'anonymat avec leur premier grand disque et Micah P. Hinson, ce jeune songwriter folk au timbre émouvant et capable d'en rabattre à la plupart des grands maîtres du genre.

10.  Daniel Darc - Crève Coeur
L'ancien chanteur de Taxi Girl, rescapé de tous les excès, revient avec un album cabossé et attachant. Retour miraculeux d'une époque injustement dénigrée, les eighties, Darc semble plus croire en Dieu qu'en son étoile ("Psaume 23"). Il existe pourtant un mot pour ce genre de fait inattendu : rédemption.


9. Arnaud Fleurent-Didier - Portrait d'un Jeune Homme en Artiste
Un jeune trentenaire parisien nous fait part de sa vie de petit bourgeois, de ses difficultés amoureuses, de ses problèmes pour percer dans le milieu très fermé de la musique. Dit comme ça, l'exercice pourrait paraître vain et ennuyeux. Au contraire, c'est régulièrement touchant et magnifique. Un grand auteur-compositeur est né.


8. Dogs Die In Hot Cars - Please Describe Yourself
Les chiens meurent dans les voitures chaudes nous disent ces Anglais adeptes d'une pop énergique et revigorante, A défaut de changer la face du monde, leurs chansons ont le mérite de ne pas se prendre pour ce qu'elles ne sont pas. Rafraîchissant.



7. Jean-Louis Murat - A Bird On A Poire
Murat s'octroie une pause légère dans sa discographie. Raison pour laquelle sans doute, ce disque est dans ce classement. Habituellement caché derrière une mélancolie et une langueur de façade, je ne savais pas le bonhomme capable de pondre un tel condensé de chansons pop au parfum des sixties.


6. Micah P. Hinson - Micah P. Hinson & The Gospel Of Progress
Un jeune américain, ancien SDF, balance un incroyable premier album sous inspiration Johnny Cash et à haute teneur émotionnelle. Revenu de loin, Hinson n'a plus peur de rien et semble se libérer du poids du monde qui l'entoure. A l'écoute de sa musique, nous aussi.


5. JP Nataf - Plus de Sucre
"Plus de Sucre", c'est bien ce qu'on pourrait dire du changement opéré dans la carrière de JP Nataf, autrefois leader des Innocents et plus habitué aux passages radios et aux mélodies sucrées. Ici, la musique se fait plus adulte, plus travaillée aussi. Si les Innocents étaient surnommés les XTC français, Nataf serait alors l'équivalent d'un Andy Partridge. La classe, tout simplement.

4. of Montreal - Satanic Panic In The Attic
Où l'on découvre enfin le génie de Kevin Barnes, cerveau malade de of Montreal. "Satanic Panic In The Attic" est un recueil de mélodies pop toutes azimutées, tellement dense que plusieurs années après, je ne suis toujours pas parvenu à en faire le tour.



3. Franz Ferdinand - Franz Ferdinand 
Des Ecossais reprennent le post-punk de la fin des années 70 pour en faire une formidable machine à tubes. Ce n'est évidemment pas le genre de coups d'essai qu'on peut reproduire à l'infini. En attendant, on n'a toujours pas fini de danser dessus.



2. Flotation Toy Warning - Bluffer's Guide To The Flight Desk
Incroyable disque hors du temps et des modes, qui n'a toujours pas trouvé de véritables successeurs. Des anglais inconnus au bataillon et sortis chez nous grâce à un excellent petit label indépendant bordelais (Talitres) produisent une pop supérieure qui s'envole régulièrement bien au-dessus de la mêlée. 


1. Arcade Fire - Funeral
Des Canadiens sortent le rock de chez eux (et d'ailleurs) de la torpeur pour délivrer un premier disque manifeste d'une génération. Les chansons de "Funeral" sont comme une course effrénée, témoins d'une époque où tout va trop vite. Mais c'est en concert qu'elles prennent tout leur sens, on y ressent les frissons, la chaleur et une énergie dévastatrice. La vie, quoi !

6 juin 2012

The Hives - A Little More For A Little You (2004)

The Hives, comme la plupart des groupes suédois est de ceux qu'on n'écoute qu'avec parcimonie (Abba, The Cardigans, I'm From Barcelona, etc). Pourtant, ceux-là n'ont pas grand chose à voir avec une formation habituée du concours de l'Eurovision. Non, sous couvert de sapes élégantes et distinguées, ce quintet gentiment déjanté ne fait pas vraiment dans la dentelle et a pour habitude de balancer un bon gros rock qui dépote, tous riffs dehors. Leur dernier disque en date, "Lex Hives" qui vient tout juste de sortir,  ne dérogera pas à la règle et devrait combler les amateurs du genre. On pourrait donc passer son chemin sans demander son reste, mais il y a toujours eu chez eux quelques titres plus marquants que les autres. "A Little More For A Little You" sous haute influence du Supergrass de "I Should Coco" en fait indéniablement partie. C'est d'ailleurs dès ce "Tyrannosaurus Hives" (inspiré évidemment par T-Rex) paru en 2004 que les Hives prendront un tournant plus ouvertement pop après des débuts plutôt connotés blues (les singles ravageurs que sont "Hate to Say I Told You So" et "Main Offender", ce dernier sert aussi de bande sonore à une publicité mémorable où l'on voit une Kylie Minogue toute en positions suggestives...). Même si leur musique n'a, somme toute, rien de révolutionnaire, elle a au moins le mérite d'être ludique et divertissante. Leur avantage est alors de ne pas trop se prendre au sérieux. Chose pas si courante dans le rock nordique.

You'll never get it right
They got a hundred lies for you
And when they pass them out
You gotta give or take a few
And be just the same
A head in the crowd but behind the game
Oh well, you never can tell
Such a clever kid
But i see
what's wrong with you-It's all you ever did
Take lies and believe them true (too)
Knew it all along
Another act and a
truth gone wrong
Oh no
It ain't my hollywood

I went on strike when the union said I would
Had a sign in my hand cause
the times were no good
AAnd all this time all they ever told me
too was to get a little lie to ring a little true I went
on strike when teh union said I should
Had a sign in my hand cause the times were no good
And all this time all they
ever told me too was to get a little more for little you
And maybe you're alright
And maybe I don't have a clue
Yeah, maybe black is white
And maybe black is white too
But it's all the same
You don't get the picture your getting framed
You took the bait and now it's too late
You didn't turn out right
Just look at you
You had the biggest plans
But no way
to carry through
It was all an act
And now you can't stick to the facts
Oh no
It ain't my hollywood
I went on strike
when the union said I would
Had a sign in my hand cause the times were no good
And all this time all they ever told me
too was to get a little lie to ring a little true
You spent your time just like they said you should now
Those marks on your face just don't look any good
And all the time all that they told you to was get a little more for your little you

4 juin 2012

Jherek Bischoff - Composed

Depuis que je suis tombé par hasard sur "Entanglements" de Parenthetical Girls en 2008, je voue une certaine admiration pour cet obscur groupe de rock indépendant américain. Le premier disque solo d'un de leurs membres, Jherek Bischoff, ne vient qu'ajouter une nouvelle pierre à ce passionnant édifice. Le gaillard y a invité pléthore d'amis et non des moindres, David Byrne quand même, Caetano Veloso, le célèbre chanteur brésilien, des musiciens de Deerhoof ou de Wilco, etc. On retrouve bien sûr son pote et chanteur de Parenthetical Girls, le très efféminé Zac Pennington sur l'excellent single "Young and Lonely". Ce dernier partage d'ailleurs sur ce titre, le chant avec Soko, cette jeune actrice française, passée derrière le micro et qui ne cesse depuis quelques temps de faire parler d'elle. "Composed" est un brillant manifeste de pop orchestrée, proche du classique, rappelant en cela la Divine Comedy de Neil Hannon, mais pas seulement. Le dernier titre, "Insomnia, Death and the Sea", ferait plutôt penser à du Dead Can Dance, c'est dire si le spectre musical est large. 
Mais il y a une constante sur chacun des neuf titres, c'est la qualité des voix et des arrangements. Le choix des invités semble avoir été longuement réfléchi pour donner à l'ensemble une miraculeuse homogénéité, bien loin du sentiment qu'on peut avoir à l'écoute d'une quelconque compilation bâclée. Il faut dire que Bischoff est un maniaque du studio. Il est allé à la rencontre de chacun des participants de son "Composed" et a enregistré séparément, qui, leur partie instrumentale, qui, leur partie vocale. Dé-composer pour mieux re-composer, voilà une démarche originale pour un très joli résultat.

Commentaires + quelques photos d'un concert joué en début d'année à New-York où Bischoff a rejoué "Composed" avec la plupart des interprètes du disque.

Clip de "Young And Lonely" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.