30 mars 2012

Dominique A - Vers Les Lueurs


Oui, j'ai attendu, je ne suis pas parti bille en tête comme certains. Une semaine d'écoutes répétées pour m'en imprégner. Un album du monsieur, ça se déguste. Pourtant, dès les premières notes, une évidence, "Vers Les Lueurs" (référence au "Lumières" de Manset ?) est le disque de Dominique A le plus lumineux (oui, je sais, c'est facile), le plus limpide. Le plus commercial aussi diront les éternels insatisfaits. Au final, il n'est pas si éloigné que ça d'un Calogero (aurait-il été influencé par son travail avec lui?). Même si la comparaison reste plus vraie dans le style lyrique que dans la forme ici nettement plus travaillée, tant au niveau de la voix, des textes (même si souvent en deçà de ce à quoi il nous avait habitué) que des arrangements qui n'ont jamais été aussi majeurs (et vaccinés ?). Dominique A se serait donc ouvert au grand monde, souhaiterait désormais charmer, embrasser au passage les récalcitrants jusque là à sa musique. Si les paroles sont toujours empreintes de mélancolie, le fait d'avoir fait appel à un quintette à vents permet de la balayer, ou plutôt de la rendre plus légère, acceptable. A travers quelques titres émouvants ("Loin du Soleil", "Ce Geste Absent"), elle demeure pourtant, mais de manière moins appuyée.
Le chanteur va gagner de nouveaux admirateurs, c'est certain, car avec "Vers Les Lueurs", il renvoie dans les cordes ceux qui le trouvaient autrefois ennuyeux et plombant. Au contraire, il va peut-être perdre quelques fans, ceux qui n'avaient d'yeux que pour "Rémué" et la partie la plus radicale de sa discographie. On ne peut pas gagner sur tous les tableaux et c'est tant mieux. En tout cas, rares sont les artistes qui, après vingt ans de carrière, continuent ainsi de rester en mouvement. Pour ma part, je suis de la dernière catégorie, les toujours fascinés (aveuglés?) par les nombreuses directions prises. S'ils pouvaient être plus nombreux à suivre cette lumière-là...

Clip de "Rendez-nous la Lumière" :

"Close West" en live au théâtre de la ville de Paris :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

29 mars 2012

Thus:Owls, Still Corners, Beth Jeans Houghton and The Hooves of Destiny - Paris, Divan du Monde - 26 mars 2012

(photo piquée ici)
Oui, bon, ce n'est malheureusement pas tous les jours que j'ai la chance d'assister à des concerts, donc quand l'opportunité se présente (surtout si c'est gratuit :), disons que je n'hésite pas trop. En plus, une des artistes programmées (Beth Jeans Houghton) dans le cadre de cette soirée du festival "Les femmes s'en mêlent" fait déjà partie de ma liste de disques 2012. Tout a commencé de la meilleure des manières, enfin, façon de parler, plutôt de la même manière que cette journée inoubliable à Saint-Malo, il y a deux ans maintenant, c'est-à-dire avec les suédo-canadiens de Thus:Owls ("Ainsi, hiboux", comme dirait la présentatrice SM de la soirée, proposant entre chaque groupe un petit intermède gentiment décalé, mais à l'humour malheureusement assez répétitif). Et en deux ans, Thus:Owls n'a pas vraiment changé de fusil d'épaule. La chanteuse est toujours habillée comme une grande prêtresse new-age et la musique a souvent tendance à côtoyer le rock progressif. Bref, si je conçois que certains puissent y trouver leur compte, je me suis bien ennuyé. Ensuite, ce fut au tour de la version britannique de Beach House, Still Corners ("toujours au petit coin" comme dirait la matrone des lieux, alias "maîtresse divine") et si les guitares se font un poil plus rock que celles de leurs homologues américains, les chansons sont plusieurs classes en dessous. Reste l'incontestable magnétisme de la chanteuse - c'est sûr, c'est moi qu'elle regardait. Si elle a pu paraître froide et distante au début du set, cachée derrière sa longue crinière blonde et une interdiction formelle de sourire, il s'est avéré que cette posture correspondait plutôt à de l'appréhension voire de la timidité. Il faut dire que le groupe précédent avait semble-t-il endormi l'assistance, qui ne se réveillera jamais complètement jusqu'à la fin. Still Corners viendront à la fin de leur prestation vendre leurs tee-shirts et disques derrière le stand consacré à cet effet. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à sa première impression...

Puis, the last but not the least, le groupe que j'attendais le plus de la soirée, fit son entrée. Il ne fallu pas bien longtemps pour qu'ils paraissent comme étant les plus pêchus du lot, à peine quelques notes. Malheureusement, eux non plus ne parviendront pas vraiment à enflammer la maigre foule du Divan du Monde, qui méritait pour l'occasion bien son nom. Cela ne suffit pas de réclamer l'appui du public, encore faut-il savoir le bousculer. Et puis, l'aspect de franche camaraderie que le groupe veut mettre en avant à tout bout de champ parait quelque peu forcé. Pourtant, la jeune anglaise a du talent à revendre, une belle voix, mais c'est encore maladroit - une reprise convenue du célèbre "Like A Prayer" de Madonna comme titre final, on a connu mieux pour laisser un souvenir impérissable. D'après ses dires, c'était seulement le sixième concert de l'année pour le groupe, ceci expliquant peut-être cela. En espérant que tout cela ne finisse pas comme du No Doubt, car vus les fringues et l'attitude faussement nonchalante, doute il y a.

Plein de très belles photos de la soirée ici.

28 mars 2012

Breton - Other People's Problems

Les anglais reprennent la main. Après quelques années marquées par la domination tant au point de vue quantité que qualité de la "Brooklyn Touch" en provenance de la Grosse Pomme, la perfide Albion se rebelle au sens propre comme au figuré et revient sur le devant de la scène rock. La riposte a d'abord été initiée par Manchester avec WU LYF l'année précédente. Cette fois-ci, c'est de la banlieue nord de Londres que la contestation fait rage avec les nouveaux encapuchonnés - décidément très à la mode ! - de Breton. Les influences sont du coup plutôt à aller chercher du côté du rap et de l'électro. Comme souvent dans ce genre de cas où un groupe souhaite, dès le premier jet, rassembler ses nombreuses influences, l'ensemble demeure assez inégal. Toutefois, leur premier album, le très attendu "Other People's Problems" contient au moins trois morceaux de bravoure : "Edward The Confessor", tube évident dans l'esprit de The Streets, en plus violent, hâbleur, bande son idéale d'une époque tendue où le moindre fait divers semble pouvoir tout faire basculer; "Jostle" et son introduction façon dancefloor et sa conclusion furibarde et enfin le tonitruant "Wood And Plastic" qui justifie à lui seul n'importe quel buzz entourant le groupe.
En 2 minutes trente à peine, les londoniens assènent un morceau qui tabasse sévère et donne une irrésistible envie d'appuyer sur "Replay", à défaut de tout envoyer promener. On oubliera donc les quelques maladresses récurrentes à ce type de premier exercice et on retiendra au moins une chose : ces Bretons-là sont déjà grands.

Clip de "Edward The Confesssor" :

Clip de "Interference" :

Clip de "The Commission" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

26 mars 2012

My Name Is Nobody - The Good Memories

En écoutant la musique de My Name Is Nobody, on n'imagine pas un seul instant que celle-ci est chantée par un frêle français à lunettes et, qui plus est, imberbe. On aurait mieux vu un de ces folkeux américains barbus avec la guitare en bandoulière, adepte des ballades fredonnées au coin du feu. On pense alors à Lou Barlow, pour le physique et la voix aussi, à Vic Chesnutt surtout pour cette dernière, à Jeff Mangum (Neutral Milk Hotel) même, pour les quelques envolées lyriques. A Bill Callahan évidemment. Vincent Dupas qui se cache derrière ce (modeste?) pseudo de cowboy n'est (était?) autre que le compagnon à la ville de Faustine Seilman. Vous savez, celle qui a gagné les Victoires de la musique à papa de la meilleure interprète féminine en 2011.
"The Good Memories" (son troisième album!) est régulièrement impressionnant, tout en retenue, mariant intelligemment les émotions. Les titres s'enchaînent naturellement, comme s'ils faisaient partie d'un seule et même histoire, sans qu'il y ait de réelles ruptures dans l'écoute. Ce petit collectif  Nantais (Papier Tigre, Patriotic Sunday, Faustine Seilman, etc) qui revisite l'americana à sa manière mériteraient décidément plus d'effervescence.


Album en écoute intégrale sur Mowmo.

23 mars 2012

Jacno - Rectangle (1979)

Il y a plus deux ans disparaissait l'une des personnalités les plus atypiques de la pop française : Jacno. Un intéressant documentaire retraçant sa carrière est encore visible pour quelques temps ici. S'il fallait ne retenir qu'une seule chanson de lui, ce serait évidemment "Rectangle", premier disque solo et adulte après l'adolescence des Stinky Toys qui lui avait quand même permis de partager l'affiche d'un des premiers festivals punk à Londres avec les Sex Pistols et les Clash (et de faire la couverture du Melody Maker). S'ensuivront quelques albums marquants avec sa compagne d'alors, Elli Medeiros, des productions pour ses "frères de sang", Daniel Darc et Etienne Daho, et une fin de parcours plus ou moins anecdotique. Jacno était devenu l'un de ses chanteurs tristement oubliés, qui ont pourtant inventé un style et eu une influence considérable. Notamment sur ce qu'on a appelé la "French Touch", emmenée par Daft Punk ou Air. Et puis "La Fossette" de Dominique A aurait-elle existé sans lui ? "Rectangle" donc, un tube. Très connoté années 80, "Platine 45", Lio ("Amoureux Solitaires", c'est Jacno), mais qui conserve une étonnante modernité. Une musique très graphique dont l'esprit a été bien perçu à l'époque, par un jeune cinéaste, Olivier Assayas, qui en fera un joli clip. Une mélodie, un air mille fois entendu et qui, bizarrement, ne lasse pas. Bref, la chanson idéale pour cette rubrique.

Clip réalisé par Olivier Assayas :

21 mars 2012

Mina Tindle - Taranta

Quand une jolie fille débarque précédée d'une si envieuse réputation, je ne sais pas pourquoi je me méfie toujours. Je me dis que son succès critique n'est peut-être pas dû qu'à sa musique. Comme pour L l'année dernière, que je trouvais en deçà de son alter-ego Babx, talent trop ignoré de la chanson française, Mina Tindle l'est aussi de son mentor, JP Nataf. Il faut dire que ce dernier a une nettement plus grande expérience que la belle qui est venue le chercher - preuve de son bon goût - pour produire son premier album, "Taranta". On entend la patte indéniable de l'ex-chanteur des Innocents derrière cette musique-là, surtout les titres les plus calmes et posés (ceux chantés en français notamment). Mina Tindle se singularise avec ses chansons les plus pop et enjouées, celles qui claquent des doigts et frappent dans les mains, comme  l'entraînant single "To Carry Many Small Things".
(copyright - Thomy Keat - 2011)
Je ne sais pas si la française - son vrai prénom est Pauline - un temps exilé aux Etats-Unis correspond à l'image que l'on se fait d'une chanteuse folk (pour en savoir un peu plus sur ce sujet rigoureusement indispensable c'est ici), mais même si le buzz qui l'entoure est sûrement trop flatteur, Mina Tindle reste promis à un avenir radieux. Les chanceux qui ont pu la voir en concert, sont paraît-il tous tombés sous le charme...de sa voix.

Clip de "To Carry Many Small Things" :
Album en écoute intégrale sur Deezer.

19 mars 2012

Tanlines - Mixed Emotions

Le mot Tanlines fait référence à la différence de bronzage qu'il peut y avoir, quand le soleil a été au rendez-vous, sur la peau des vacanciers à leur retour de congés : la marque du maillot de bain pour les uns ou seulement la marque du tee-shirt pour les autres. Les deux new-yorkais du groupe du même nom sortent un premier album "Mixed Emotions" réalisé exprès pour cette période-là, l'été : simple, direct, dansant. On pense aux Beach Boys sur "Lost Somewhere" avec ses paroles empruntées à "I Know There's An Answer", à Vampire Weekend pour l'afropop de "Yes Way" ou à la mode "chillwave" très tendance en ce moment ("Abby"). La pochette, quant à elle, n'est pas sans rappeler celle-là. Peut-être une preuve supplémentaire que Tanlines vise un large public. En tout cas, les références musicales sont évidemment celles des années 80 et de ses claviers kitschs.
Malgré son abord très instinctif, ce premier album a eu une lente maturation. En effet, les Tanlines ne sont plus vraiment des petits nouveaux, puisque "Real Life" est sorti il y a déjà deux ans et que la formation a tourné dès cette époque-là avec le leader des Strokes, Julian Casablancas. Au final, malgré le fait que "Mixed Emotions" ne parvienne pas à tenir sur la longueur, il offre quelques coups de soleil vraiment marquants ("Brothers", "All Of Me" ou "Green Grass"). Voilà un groupe qui porte donc bien son nom.

 Clip 360° de "Brothers" :

Clip de "All Of Me" :
Album en écoute intégrale sur NPR.

16 mars 2012

Blur - The Universal (1995)

En cette période électorale, il en est qui ont le chic pour attirer toute l'attention sur eux. Damon Albarn, le charismatique chanteur de Blur est de ceux-là. Car malgré le fait que son groupe n'ait pas sorti le moindre disque depuis l'excellent "Think Tank" paru en 2003, celui-ci n'a jamais vraiment disparu du terrain médiatique. Que ce soit avec Gorillaz, The God, The Bad & The Queen ou encore la production d'artistes maliens (comme les célèbres Amadou et Mariam), Albarn a multiplié entre temps les projets parallèles. Dernièrement, Blur revient aussi sur le devant de la scène puisqu'ils chanteront à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres, l'été prochain, avec excusez du peu New Order et The Specials en première partie. D'ici là, le chanteur aura sorti "Dr Dee", qui n'est rien moins qu'un opéra-rock ainsi que Rocket Juice and the Moon, un nouveau super-groupe; le guitariste Graham Coxon, de son côté, aura fait paraître un nouvel effort solo, "A+E" ! Et puis, bien sûr, une tournée est prévue... (avec une date en France ?). Mais venons au fait qui nous préoccupe aujourd'hui, "The Universal", titre de 1995, extrait du très vendu "The Great Escape", paru au moment où la brit-pop battait son plein. Ce mouvement de renouveau de la pop anglaise, très marqué bien évidemment par les glorieux ancêtres des sixties commes les Beatles et les Kinks, mais aussi dans le cas de Blur, de la décennie suivante avec Madness et Specials. Cette période où toute l'Angleterre imposant à nouveau sa pop, rêvait d'une nouvelle guéguerre entre les deux formations les plus médiatiques du lot, dans l'esprit du Beatles / Stones d'autrefois. D'un côté, les prolos (Oasis) avec leur rock fier-à-bras et taillé pour les stades, de l'autre, les bobos (Blur) et leur musique plus lettrée et distanciée qui s'inspire par exemple ici de Kubrick ( le clip, c'est "Orange Mécanique" et la pochette "2001"). Et à y regarder de plus près, par le thème abordé, "The Universal" pourrait d'ailleurs constituer l'hymne olympique idéal. Vous avez dit cynique ? No, just typically british.

This is the next century
Where the universal's free
You can find it anywhere
Yes, the future has been sold
Every night we're gone
And to karaoke songs
How we like to sing a long
Although the words are wrong

It really, really, really could happen
Yes, it really, really, really could happen
When the days they seem to fall through you, well just let them go


No one here is alone, satellites in every home
Yes the universal's here, here for everyone
Every paper that you read
Says tomorrow is your lucky day
Well, here's your lucky day

It really, really, really could happen
Yes, it really, really, really could happen
When the days they seem to fall through you, well just let them go

Well, it really, really, really could happen
Yes, it really, really, really could happen
When the days they seem to fall through you, well just let them go

Just let them go

14 mars 2012

Oddfellow's Casino - The Raven's Empire

Merci à l'excellent Popnews de m'avoir fait découvrir cette petite merveille. Oddfellow's Casino est un obscur groupe anglais originaire de Brigthon qui en est déjà à son troisième disque. Espérons qu'avec ce délicat "The Raven's Empire", ils fassent enfin parler d'eux. Car leur musique rappelle immédiatement le meilleur du folk anglais, du raffinement d'un Nick Drake ("Winter In A Strange Town") au doux psychédélisme d'un Kevin Ayers en passant par cette science du silence adéquat chère à Mark Hollis. Oui, rien de moins. Et comme pour ses illustres modèles, les arrangements sont ici aux petits oignons. Pour vous faire une idée plus précise, vous pourrez retrouver quelques jolis titres de leur discographie en vidéo à cette adresse.
"The Raven's Empire", d'une richesse mélodique rare - "Bluebirds" ou "Death Won't Have Me", mon dieu, quelles chansons ! - côtoyant régulièrement le meilleur Elliott Smith ou Czars, est de ces albums qui peuvent aisément vous suivre un bon bout de chemin. Il serait donc dommage de passer à côté d'un tel ami potentiel.

"Winter In A Strange Town" :

"We Will Be Here"

"The Crowds And The Rooks" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

12 mars 2012

The Magnetic Fields - Love At The Bottom Of The Sea

Ceux-là, j'ai honte de le dire mais j'étais jusqu'à présent complètement passé à côté. Pourtant, "Love At The Bottom Of The Sea" est déjà le dixième album des Magnetic Fields de l'intrigant Stephen Merritt. J'avais juste vaguement entendu dire que le groupe se situait, quelque part dans la même mouvance que les Flaming Lips, Mercury Rev et autres Grandaddy. Etant donné l'amour que je porte à ces formations, cette impasse semble d'autant plus étrange. Chose à moitié réparée donc avec ce "kitchissime" nouvel album, qui ne se refuse aucune fantaisie, surtout pas celle de balancer des chansons toutes plus courtes les unes que les autres, à peine plus de deux minutes en moyenne. Les thèmes abordés sont d'ailleurs raccords avec le style musical : "Andrew In Drag", "I've Run Away To Join The Fairies" ou "The Horrible Party". La pochette façon "muppet" enfonce le clou : tout ceci n'est pas à prendre au premier degré. Pourtant, le look de Merritt et de ses acolytes n'a rien à voir par exemple avec l'excentricité d'un Kevin Barnes.
Il faut dire que sous des abords sucrés, "Love At The Bottom Of The Sea" présente des chansons pop de facture assez classique. Il me faudra sans doute aller plonger dans leur soit-disant grande oeuvre de 1999, le gargantuesque triple album, "69 Love Songs" pour me faire une idée plus précise du phénomène. En attendant, même si ce disque ne vaut pas les principales réussites des trois groupes nommés précédemment, il apporte un peu de légèreté et de synthés au quotidien et ce n'est pas si mal.

Clip de "Andrew In Drag" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.

9 mars 2012

The Rolling Stones - Paint It, Black (1966)

Je ne sais pas si vous avez vu, lu ou entendu, mais il paraît que les Rolling Stones fêtent leur 50ème anniversaire en 2012. Oui, à vrai dire, on s'en fout un peu. Il faut admettre que ça fait bien longtemps qu'ils ne passionnent plus grand monde, hormis les fans purs et durs, ceux qui sont toujours persuadés qu'en matière de rock, on n'a pas fait mieux depuis (Philippe Manoeuvre ?). Pour d'autres, les choses intéressantes se sont arrêtées quelque part au début des années 70, après "Exile On Main Street", grand manifeste de blues-rock débraillé, fourre-tout délivré sous l'emprise évidente de drogues de toute sorte. C'est alors la fin de l'esprit "sex & drugs & rock'n'roll" cher à leur guitariste Keith Richards et le début d'une carrière au marketing savamment orchestré par Mick Jagger. N'étant pas un grand amateur des "pierres qui roulent" (à traduire d'ailleurs plutôt par "vagabonds" comme dans la célèbre chanson de Dylan), j'irais même jusqu'à dire que c'est dès la mort de l'ange blond Brian Jones, en 1969, que quelque chose s'est cassé. Même si toutes les chansons étaient déjà créditées par la paire Richards/Jagger, Jones apportait une note différente, comme cette sitar au début de "Paint It, Black". Une touche personnelle qui faisait toute l'originalité du groupe, ce tiraillement incessant entre le blues de la guitare et des arrangements plus pop (proche ici des Beatles et de l'intérêt de Harrison pour la musique indienne). "Paint It, Black" aussi, et ce souvenir éternel de la première vision de "Full Metal Jacket", lorsqu'à la fin, Matthew Modine se réjouit d'être toujours vivant tout en déplorant vivre dans un monde de merde. On n'a jamais fait une meilleure illustration du classique des Stones. En effet, difficile de faire plus noir.

I see a red door and I want it painted black
No colors anymore I want them to turn black
I see the girls walk by dressed in their summer clothes
I have to turn my head until my darkness goes

I see a line of cars and they're all painted black
With flowers and my love, both never to come back
I see people turn their heads and quickly look away
Like a newborn baby it just happens ev'ryday


I look inside myself and see my heart is black
I see my red door and it has been painted black
Maybe then I'll fade away and not have to face the facts
It's not easy facing up when your whole world is black




No more will my green sea go turn a deeper blue
I could not forsee this thing happening to you
If I look hard enough into the setting sun
My love will laugh with me before the morning comes

 
I see a red door and I want it painted black
No colors anymore I want them to turn black
I see the girls walk by dressed in their summer clothes
I have to turn my head until my darkness goes

Hmm, hmm, hmm...

I wanna see it painted black, painted black
Black as night, black as coal
I wanna see the sun, blotted out from the sky
I wanna see it painted, painted, painted, painted black
Yeah

Hmm, hmm, hmm...

7 mars 2012

Xiu Xiu - Always

Mais qu'est venu faire Jamie Stewart, l'homme qui se cache derrière Xiu Xiu, sur le label Bella Union, plutôt réputé pour être un aéropage de folkeux tous azimuts ? Et bien, la même chose qu'avant, même s'il avait aussi déjà côtoyé entre temps un adepte du genre en la personne de Jonathan Meiburg, le leader de Shearwater. La rencontre entre les deux hommes avait en effet abouti à un étonnant mais seulement à moitié réussi Blue Water White Death. Ce "Always" est donc dans la continuité de son précédent, l'excellent "Dear God, I Hate Myself". Moins barré que ses premiers disques, il contient malgré tout quelques chansons dérangées, dont une, au moins, au titre provocateur : "I Love Abortion".
Puis, il y a d'autres morceaux particulièrement efficaces, dansants, comme les quatre qui se bousculent au début du disque, avec une mention spéciale à "Beauty Towne". Bref, on est en terrain connu, c'est-à-dire que le style de Stewart, ne ressemblant à rien d'autre, est immédiatement reconnaissable. Pas le disque de l'année certes, mais l'oeuvre d'un artiste que je me plais de plus en plus à suivre et à écouter.

Clip de "Hi" :

Clip de "Beauty Towne" :

Album en écoute intégrale sur The Line Of Best Fit.

5 mars 2012

La musique à ... Michel Cloup

Quelle musique écoutaient tes parents ?
Mes parents écoutaient la musique à la radio. Nous n'avions pas de Hi-fi familiale. Je crois que mon père n'aimait pas particulièrement la musique et ma mère adorait les valses Viennoises.

Quels sont les premiers disques que tu as écoutés ?
Tous les samedis, nous allions au supermarché faire les courses et j'achetais un 45T, donc j'écoutais les tubes des années 80 sur mon tourne disque orange, dans ma chambre.

Premier disque acheté ?
"ça plane pour moi" de Plastic Bertrand

Y-a-t-il des disques que tu trouves un peu "honteux" aujourd'hui ?
Tous ceux que j'écoutais à cette époque le sont, sauf que je n'ai pas honte.

Comment es-tu arrivé dans le milieu de la musique ?
Dès l'âge de 10 ans, j'ai récupéré une guitare sèche à 3 cordes et un vieil orgue tout pourri, et j'ai commencé à gratouiller. Puis se sont enchainés les groupes de Lycée.

Y-a-t-il eu un déclic ?
Oui, mon premier concert, au Lycée, avec le groupe qui est devenu par la suite Lucievacarme. Nous avons commencé notre concert par une reprise de "Satisfaction", le public s'est excité, le filles se sont mises à danser et à crier, je me suis dit, dès les premières secondes : "voilà ce que je veux faire dans la vie."

Aujourd'hui, quelles sont tes principales influences ?
J'écoute beaucoup les songwriters américains contemporains et anciens : Bill Callahan, Scout Niblett, Neil Young, Léonard Cohen, et beaucoup d'autres...

Un (ou plusieurs) disques indispensables qui te suivent partout ?
Les albums solo de Bill Callahan.
 
Ecoutais-tu de la musique pendant l'écriture / l'enregistrement de "Notre Silence" ? Si oui, quel disque, quelle chanson ?
J'écoutais beaucoup "A river ain't too much to love" de Smog, un grand album silencieux.

Quel est le morceau (que tu as écrit) et dont tu es le plus fier  ?
Je suis toujours fier de mes dernières productions, donc "Notre silence", avant de les renier au profit des prochaines.

Une découverte récente ?
Karen Dalton.

Où est-ce que tu écoutes habituellement de la musique ?
Comme je suis souvent sur la route, c'est dans le van ou la voiture, en tournée, en conduisant ou en tant que passager.
Dans quelles conditions ?
En regardant le paysage.
Où est-ce que tu composes ta musique ?
Chez moi ou dans mon local de répétition.
Scène ou studio ?
J'aime les deux, même si je préfère les sessions d'enregistrements courtes et les longues tournées.

Quelle musique écoutent tes enfants  ?
Ils adorent le dernier Katerine, quelques trucs qu'on écoute à la maison aussi. Ma fille est fan des Jonas Brothers, elle essaie de m'initier, mais je n'accroche pas trop.
"Chanteur à papa" de l'année ?
C'est plaisant.

4 mars 2012

Mes victoires de la musique : les résultats !

Tout d'abord, merci à tous les votants qui se sont laissés prendre au jeu ! Vous avez été près de trois fois plus nombreux que l'an passé. Et pour 2012, il y a un grand gagnant en la personne de Michel Cloup qui rafle à lui tout seul trois victoires : meilleur artiste interprète masculin, meilleur album et meilleure chanson. C'est un véritable plébiscite pour l'ex-chanteur de Diabologum, dont le disque, à défaut d'avoir séduit un très large public, a au moins conquis le coeur de nombreux passionnés - qui d'autres que des passionnés pour venir ici ? -. La preuve, ici, ou encore . Les autres vainqueurs ? Cascadeur, l'évidente révélation. Miossec et son clip décalé, réalisé par son copain breton, Gustave de Kervern. Et enfin, les Nantaises de Mansfield TYA dont le dernier "NYX" a convaincu une majorité. Pour ma part, je préférais le précédent, "Seules au bout de 23 secondes", plus léger et homogène.

Artiste ou interprète masculin : Michel Cloup

Artiste ou interprète féminine : Mansfield TYA

Artiste ou groupe révélation : Cascadeur

Album de l'année : "Notre Silence" de Michel Cloup

Chanson de l'année : "Cette Colère" de Michel Cloup


Clip de l'année : "Chanson pour les amis" de Miossec

2 mars 2012

Rover - Rover

Lorsqu'il est arrivé seul avec sa guitare sur la scène de la Cigale entre La Femme et WU LYF, lors du dernier festival des Inrocks, je me suis demandé qui pouvait bien être ce grand type au look improbable. Passée la première impression visuelle, le bonhomme a rapidement fait parler le reste, à savoir une voix et une présence peu communes. Surtout pour un français, Timothée Régnier, de son vrai nom. On a rarement entendu un tel lyrisme par chez nous. Et, sans tomber le moins du monde dans le ridicule ou la grandiloquence. On pensait laisser inexorablement cette grâce, cette émotion-là, à fleur de peau, aux anglo-saxons par le biais de Jeff Buckley ou Antony Hegarty, même si la musique de Rover ressemble plus à celle d'un Bowie période "Hunky Dory". Après un premier EP remarqué paru l'année dernière, j'avais peur, comme il arrive souvent dans ce genre de cas de figure, que le chanteur ne tienne pas la longueur d'un album, qu'il ne parvienne pas à tenir l'intensité d'un "Aqualast".
C'était ignoré le talent du monsieur, sa palette musicale aussi, beaucoup plus large que prévue. A l'heure où mes victoires de la musique devraient bientôt rendre leur verdict, je suis déjà prêt à miser quelques biftons sur Rover, future révélation 2013. Car mine de rien, le chanteur a placé la barre haute.

Clip de "Aqualast" :

Album en écoute intégrale sur Deezer.