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Articles

Affichage des articles du mars, 2012

Dominique A - Vers Les Lueurs

Oui, j'ai attendu, je ne suis pas parti bille en tête comme certains. Une semaine d'écoutes répétées pour m'en imprégner. Un album du monsieur, ça se déguste. Pourtant, dès les premières notes, une évidence, "Vers Les Lueurs" (référence au "Lumières" de Manset ?) est le disque de Dominique A le plus lumineux (oui, je sais, c'est facile), le plus limpide. Le plus commercial aussi diront les éternels insatisfaits. Au final, il n'est pas si éloigné que ça d'un Calogero (aurait-il été influencé par son travail avec lui?). Même si la comparaison reste plus vraie dans le style lyrique que dans la forme ici nettement plus travaillée, tant au niveau de la voix, des textes (même si souvent en deçà de ce à quoi il nous avait habitué) que des arrangements qui n'ont jamais été aussi majeurs (et vaccinés ?). Dominique A se serait donc ouvert au grand monde, souhaiterait désormais charmer, embrasser au passage les récalcitrants jusque là à sa musique…

Thus:Owls, Still Corners, Beth Jeans Houghton and The Hooves of Destiny - Paris, Divan du Monde - 26 mars 2012

(photo piquée ici) Oui, bon, ce n'est malheureusement pas tous les jours que j'ai la chance d'assister à des concerts, donc quand l'opportunité se présente (surtout si c'est gratuit :), disons que je n'hésite pas trop. En plus, une des artistes programmées (Beth Jeans Houghton) dans le cadre de cette soirée du festival "Les femmes s'en mêlent" fait déjà partie de ma liste de disques 2012. Tout a commencé de la meilleure des manières, enfin, façon de parler, plutôt de la même manière que cette journée inoubliable à Saint-Malo, il y a deux ans maintenant, c'est-à-dire avec les suédo-canadiens de Thus:Owls ("Ainsi, hiboux", comme dirait la présentatrice SM de la soirée, proposant entre chaque groupe un petit intermède gentiment décalé, mais à l'humour malheureusement assez répétitif). Et en deux ans, Thus:Owls n'a pas vraiment changé de fusil d'épaule. La chanteuse est toujours habillée comme une grande prêtresse new-age et…

Breton - Other People's Problems

Les anglais reprennent la main. Après quelques années marquées par la domination tant au point de vue quantité que qualité de la "Brooklyn Touch" en provenance de la Grosse Pomme, la perfide Albion se rebelle au sens propre comme au figuré et revient sur le devant de la scène rock. La riposte a d'abord été initiée par Manchester avec WU LYF l'année précédente. Cette fois-ci, c'est de la banlieue nord de Londres que la contestation fait rage avec les nouveaux encapuchonnés - décidément très à la mode ! - de Breton. Les influences sont du coup plutôt à aller chercher du côté du rap et de l'électro. Comme souvent dans ce genre de cas où un groupe souhaite, dès le premier jet, rassembler ses nombreuses influences, l'ensemble demeure assez inégal. Toutefois, leur premier album, le très attendu "Other People's Problems" contient au moins trois morceaux de bravoure : "Edward The Confessor", tube évident dans l'esprit de The Streets, …

My Name Is Nobody - The Good Memories

En écoutant la musique de My Name Is Nobody, on n'imagine pas un seul instant que celle-ci est chantée par un frêle français à lunettes et, qui plus est, imberbe. On aurait mieux vu un de ces folkeux américains barbus avec la guitare en bandoulière, adepte des ballades fredonnées au coin du feu. On pense alors à Lou Barlow, pour le physique et la voix aussi, à Vic Chesnutt surtout pour cette dernière, à Jeff Mangum (Neutral Milk Hotel) même, pour les quelques envolées lyriques. A Bill Callahan évidemment. Vincent Dupas qui se cache derrière ce (modeste?) pseudo de cowboy n'est (était?) autre que le compagnon à la ville de Faustine Seilman. Vous savez, celle qui a gagné les Victoires de la musique à papa de la meilleure interprète féminine en 2011.
"The Good Memories" (son troisième album!) est régulièrement impressionnant, tout en retenue, mariant intelligemment les émotions. Les titres s'enchaînent naturellement, comme s'ils faisaient partie d'un seule …

Jacno - Rectangle (1979)

Il y a plus deux ans disparaissait l'une des personnalités les plus atypiques de la pop française : Jacno. Un intéressant documentaire retraçant sa carrière est encore visible pour quelques temps ici. S'il fallait ne retenir qu'une seule chanson de lui, ce serait évidemment "Rectangle", premier disque solo et adulte après l'adolescence des Stinky Toys qui lui avait quand même permis de partager l'affiche d'un des premiers festivals punk à Londres avec les Sex Pistols et les Clash (et de faire la couverture du Melody Maker). S'ensuivront quelques albums marquants avec sa compagne d'alors, Elli Medeiros, des productions pour ses "frères de sang", Daniel Darc et Etienne Daho, et une fin de parcours plus ou moins anecdotique. Jacno était devenu l'un de ses chanteurs tristement oubliés, qui ont pourtant inventé un style et eu une influence considérable. Notamment sur ce qu'on a appelé la "French Touch", emmenée par Daft…

Mina Tindle - Taranta

Quand une jolie fille débarque précédée d'une si envieuse réputation, je ne sais pas pourquoi je me méfie toujours. Je me dis que son succès critique n'est peut-être pas dû qu'à sa musique. Comme pour L l'année dernière, que je trouvais en deçà de son alter-ego Babx, talent trop ignoré de la chanson française, Mina Tindle l'est aussi de son mentor, JP Nataf. Il faut dire que ce dernier a une nettement plus grande expérience que la belle qui est venue le chercher - preuve de son bon goût - pour produire son premier album, "Taranta". On entend la patte indéniable de l'ex-chanteur des Innocents derrière cette musique-là, surtout les titres les plus calmes et posés (ceux chantés en français notamment). Mina Tindle se singularise avec ses chansons les plus pop et enjouées, celles qui claquent des doigts et frappent dans les mains, comme  l'entraînant single "To Carry Many Small Things".
(copyright - Thomy Keat - 2011) Je ne sais pas si la fra…

Tanlines - Mixed Emotions

Le mot Tanlines fait référence à la différence de bronzage qu'il peut y avoir, quand le soleil a été au rendez-vous, sur la peau des vacanciers à leur retour de congés : la marque du maillot de bain pour les uns ou seulement la marque du tee-shirt pour les autres. Les deux new-yorkais du groupe du même nom sortent un premier album "Mixed Emotions" réalisé exprès pour cette période-là, l'été : simple, direct, dansant. On pense aux Beach Boys sur "Lost Somewhere" avec ses paroles empruntées à "I Know There's An Answer", à Vampire Weekend pour l'afropop de "Yes Way" ou à la mode "chillwave" très tendance en ce moment ("Abby"). La pochette, quant à elle, n'est pas sans rappeler celle-là. Peut-être une preuve supplémentaire que Tanlines vise un large public. En tout cas, les références musicales sont évidemment celles des années 80 et de ses claviers kitschs.
Malgré son abord très instinctif, ce premier album …

Blur - The Universal (1995)

En cette période électorale, il en est qui ont le chic pour attirer toute l'attention sur eux. Damon Albarn, le charismatique chanteur de Blur est de ceux-là. Car malgré le fait que son groupe n'ait pas sorti le moindre disque depuis l'excellent "Think Tank" paru en 2003, celui-ci n'a jamais vraiment disparu du terrain médiatique. Que ce soit avec Gorillaz, The God, The Bad & The Queen ou encore la production d'artistes maliens (comme les célèbres Amadou et Mariam), Albarn a multiplié entre temps les projets parallèles. Dernièrement, Blur revient aussi sur le devant de la scène puisqu'ils chanteront à l'occasion de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Londres, l'été prochain, avec excusez du peu New Order et The Specials en première partie. D'ici là, le chanteur aura sorti "Dr Dee", qui n'est rien moins qu'un opéra-rock ainsi que Rocket Juice and the Moon, un nouveau super-groupe; le guitariste Graham Coxon

Oddfellow's Casino - The Raven's Empire

Merci à l'excellent Popnews de m'avoir fait découvrir cette petite merveille. Oddfellow's Casino est un obscur groupe anglais originaire de Brigthon qui en est déjà à son troisième disque. Espérons qu'avec ce délicat "The Raven's Empire", ils fassent enfin parler d'eux. Car leur musique rappelle immédiatement le meilleur du folk anglais, du raffinement d'un Nick Drake ("Winter In A Strange Town") au doux psychédélisme d'un Kevin Ayers en passant par cette science du silence adéquat chère à Mark Hollis. Oui, rien de moins. Et comme pour ses illustres modèles, les arrangements sont ici aux petits oignons. Pour vous faire une idée plus précise, vous pourrez retrouver quelques jolis titres de leur discographie en vidéo à cette adresse. "The Raven's Empire", d'une richesse mélodique rare - "Bluebirds" ou "Death Won't Have Me", mon dieu, quelles chansons ! - côtoyant régulièrement le meilleur Elli…

The Magnetic Fields - Love At The Bottom Of The Sea

Ceux-là, j'ai honte de le dire mais j'étais jusqu'à présent complètement passé à côté. Pourtant, "Love At The Bottom Of The Sea" est déjà le dixième album des Magnetic Fields de l'intrigant Stephen Merritt. J'avais juste vaguement entendu dire que le groupe se situait, quelque part dans la même mouvance que les Flaming Lips, Mercury Rev et autres Grandaddy. Etant donné l'amour que je porte à ces formations, cette impasse semble d'autant plus étrange. Chose à moitié réparée donc avec ce "kitchissime" nouvel album, qui ne se refuse aucune fantaisie, surtout pas celle de balancer des chansons toutes plus courtes les unes que les autres, à peine plus de deux minutes en moyenne. Les thèmes abordés sont d'ailleurs raccords avec le style musical : "Andrew In Drag", "I've Run Away To Join The Fairies" ou "The Horrible Party". La pochette façon "muppet" enfonce le clou : tout ceci n'est pas à p…

The Rolling Stones - Paint It, Black (1966)

Je ne sais pas si vous avez vu, lu ou entendu, mais il paraît que les Rolling Stones fêtent leur 50ème anniversaire en 2012. Oui, à vrai dire, on s'en fout un peu. Il faut admettre que ça fait bien longtemps qu'ils ne passionnent plus grand monde, hormis les fans purs et durs, ceux qui sont toujours persuadés qu'en matière de rock, on n'a pas fait mieux depuis (Philippe Manoeuvre ?). Pour d'autres, les choses intéressantes se sont arrêtées quelque part au début des années 70, après "Exile On Main Street", grand manifeste de blues-rock débraillé, fourre-tout délivré sous l'emprise évidente de drogues de toute sorte. C'est alors la fin de l'esprit "sex & drugs & rock'n'roll" cher à leur guitariste Keith Richards et le début d'une carrière au marketing savamment orchestré par Mick Jagger. N'étant pas un grand amateur des "pierres qui roulent" (à traduire d'ailleurs plutôt par "vagabonds" …

Xiu Xiu - Always

Mais qu'est venu faire Jamie Stewart, l'homme qui se cache derrière Xiu Xiu, sur le label Bella Union, plutôt réputé pour être un aéropage de folkeux tous azimuts ? Et bien, la même chose qu'avant, même s'il avait aussi déjà côtoyé entre temps un adepte du genre en la personne de Jonathan Meiburg, le leader de Shearwater. La rencontre entre les deux hommes avait en effet abouti à un étonnant mais seulement à moitié réussi Blue Water White Death. Ce "Always" est donc dans la continuité de son précédent, l'excellent "Dear God, I Hate Myself". Moins barré que ses premiers disques, il contient malgré tout quelques chansons dérangées, dont une, au moins, au titre provocateur : "I Love Abortion".
Puis, il y a d'autres morceaux particulièrement efficaces, dansants, comme les quatre qui se bousculent au début du disque, avec une mention spéciale à "Beauty Towne". Bref, on est en terrain connu, c'est-à-dire que le style de St…

La musique à ... Michel Cloup

Quelle musique écoutaient tes parents ?
Mes parents écoutaient la musique à la radio. Nous n'avions pas de Hi-fi familiale. Je crois que mon père n'aimait pas particulièrement la musique et ma mère adorait les valses Viennoises.
Quels sont les premiers disques que tu as écoutés ?
Tous les samedis, nous allions au supermarché faire les courses et j'achetais un 45T, donc j'écoutais les tubes des années 80 sur mon tourne disque orange, dans ma chambre.
Premier disque acheté ?
"ça plane pour moi" de Plastic Bertrand

Y-a-t-il des disques que tu trouves un peu "honteux" aujourd'hui ?
Tous ceux que j'écoutais à cette époque le sont, sauf que je n'ai pas honte.
Comment es-tu arrivé dans le milieu de la musique ?
Dès l'âge de 10 ans, j'ai récupéré une guitare sèche à 3 cordes et un vieil orgue tout pourri, et j'ai commencé à gratouiller. Puis se sont enchainés les groupes de Lycée.
Y-a-t-il eu un déclic ?
Oui, mon premier concert, au …

Mes victoires de la musique : les résultats !

Tout d'abord, merci à tous les votants qui se sont laissés prendre au jeu ! Vous avez été près de trois fois plus nombreux que l'an passé. Et pour 2012, il y a un grand gagnant en la personne de Michel Cloup qui rafle à lui tout seul trois victoires : meilleur artiste interprète masculin, meilleur album et meilleure chanson. C'est un véritable plébiscite pour l'ex-chanteur de Diabologum, dont le disque, à défaut d'avoir séduit un très large public, a au moins conquis le coeur de nombreux passionnés - qui d'autres que des passionnés pour venir ici ? -. La preuve, ici, ou encore . Les autres vainqueurs ? Cascadeur, l'évidente révélation. Miossec et son clip décalé, réalisé par son copain breton, Gustave de Kervern. Et enfin, les Nantaises de Mansfield TYA dont le dernier "NYX" a convaincu une majorité. Pour ma part, je préférais le précédent, "Seules au bout de 23 secondes", plus léger et homogène.
Artiste ou interprète masculin : Mi…

Rover - Rover

Lorsqu'il est arrivé seul avec sa guitare sur la scène de la Cigale entre La Femme et WU LYF, lors du dernier festival des Inrocks, je me suis demandé qui pouvait bien être ce grand type au look improbable. Passée la première impression visuelle, le bonhomme a rapidement fait parler le reste, à savoir une voix et une présence peu communes. Surtout pour un français, Timothée Régnier, de son vrai nom. On a rarement entendu un tel lyrisme par chez nous. Et, sans tomber le moins du monde dans le ridicule ou la grandiloquence. On pensait laisser inexorablement cette grâce, cette émotion-là, à fleur de peau, aux anglo-saxons par le biais de Jeff Buckley ou Antony Hegarty, même si la musique de Rover ressemble plus à celle d'un Bowie période "Hunky Dory". Après un premier EP remarqué paru l'année dernière, j'avais peur, comme il arrive souvent dans ce genre de cas de figure, que le chanteur ne tienne pas la longueur d'un album, qu'il ne parvienne pas à teni…