29 juin 2011

Nat Baldwin - People Changes

"People Changes" est un disque intimidant, exigeant, rebutant même parfois, pour qui n'est pas familier de l'instrument de prédilection de Nat Baldwin : la contrebasse, pour qui n'aime pas les nouvelles expériences. Il faut dire que le gars en question, n'est autre que membre du collectif bien barré des Dirty Projectors, connu pour ne pas suivre les chemins balisés et n'en faire qu'à leur tête - vous connaissez, vous, des contrebassistes qui jouent au basket ? (cf. la pochette). On peut alors être libre d'aimer ou pas, même si l'amateur de classique, de jazz comme de pop peut y trouver son compte. Et puis, une musique qui ne laisse pas indifférente possède déjà un atout important en soi. A l'image d'une Joanna Newsom et sa harpe, Baldwin est parfois seul avec son instrument. Mais contrairement à celle-ci, on sombre parfois carrément dans l'expérimentation à tout va, notamment sur le cacophonique "What Is There" ou la fin de "Real Fakes".
Ce qui lui fait emporter malgré tout la mise (chez moi en tout cas) est cette belle voix fragile, chargée en émotions.  Il suffit pour cela d'écouter le bien nommé "Lifted" ou le plus ouvertement mélodieux "The Same Thing". "People Changes" n'est malgré tout pas le disque sur lequel on reviendra facilement. Il faut espérer alors qu'il ne serve pas juste à impressionner le tout venant, l'ami de passage ("tu vois, moi, j'aime bien la contrebasse..."), mais au contraire qu'il libère les goûts, ouvre de nouveaux horizons...

"Weights" (enregistré live à Brooklyn, sur un terrain de basket)

27 juin 2011

Mes indispensables : The Boo Radleys - Giant Steps (1993)

S'il est un groupe qui restera pour moi intimement lié à ma période "Bernard Lenoir", ce sont les Boo Radleys. Cette période où j'écoutais religieusement tous les soirs de la semaine, l'émission culte sur France Inter. Le week-end arrivé, je continuais mon apprentissage de rockeur indépendant en me repassant toutes les cassettes des émissions précédemment enregistrées, pour ne garder ensuite que ce qui me bottait le plus. Les Boo Radleys donc - en référence au personnage asocial du célèbre roman "To Kill a Mockingbird" de Harper Lee - , cette formation anglaise dont le leader, Martin Carr, n'était autre que le mari de Hilda, qui officiait à l'époque comme assistante de Lenoir pour ses fameuses black sessions de Lydie Barbarian, connue à l'époque, par les afficionados de Lenoir pour ses duplex en direct d'outre-Manche pendant lesquels elle nous faisait partager ses derniers coups de coeur britons. Ah, temps béni (oui, je fais mon "vieux con"...) où internet n'avait pas encore relayé le pauvre Lenoir au rang de has-been, un peu à la traîne des dernières nouveautés. Tout va trop vite, mes chers amis... Mais revenons à ce qui nous intéresse aujourd'hui, ce curieux groupe liverpudlien, qui viendra confirmer la malédiction locale qui subsiste depuis la fin des Fab Four et agrandir ainsi les rangs des formations du cru promises à un grand avenir et dont le succès public restera malheureusement cantonné à quelques passionnés. 
Pourtant, ce disque, leur meilleur, "Giant Steps" a reçu des éloges quasi unanimes de la critique, et avec le suivant "Wake Up", plus pop, ils atteindront même la première place des charts anglais, effet brit-pop oblige. Et puis, ils disparaîtront bizarrement aussi vite qu'ils étaient arrivés, terminant leur carrière par deux disques tristement anonymes. Près de vingt ans après, leurs albums ont toutefois très bien résisté à l'épreuve du temps, car leur pop n'était jamais tout à fait rectiligne, leurs mélodies rarement prévisibles. Leurs morceaux contenaient toujours suffisamment de bifurcations, d'instruments et sons en tous genres pour leur permettre de durer. Sur "Giant Steps", ils étaient parvenus à résumer à merveille trente ans de pop, constituant ainsi un "White Album" pour leur génération. Malheureusement, tout cela n'intéressait déjà plus grand monde... Quelque mois après la réédition agrémentée de quelques bonus de leur discographie, il est peut-être temps de leur redonner la place qu'ils méritent.

Clip de "Lazarus" :


24 juin 2011

Craft Spells - Idle Labor

Ouh la la, je vous vois déjà arriver avec vos gros sabots. Encore des imitateurs ! Mais où est l'originalité ? C'est du copier-coller, ça devient lassant ! Surtout que cette fois-ci, les jeunes américains de Craft Spells ne se cachent pas vraiment, jusqu'à la pochette de leur album qui n'est autre qu'un décalque de celle du fameux "Power, Corruption & Lies" des New Order. La musique est l'avenant de celle de tous ces groupes récents du même style : The Pains Of Being Pure At HeartBeach Fossils, Wild Nothing, Minks ou Girls Names. Mais, comme la bande de Peter Hook et de Barney Sumner a rendu les armes depuis belle lurette, ça fait du bien d'entendre leur ancien son chez les autres, surtout quand c'est aussi bien digéré et assimilé.
Et tant pis si ce n'est pas toujours formidable, tant pis si les ficelles sont parfois grosses, tant pis si je radote, (c'est que papa commence à attraper de plus en plus de cheveux blancs, bientôt un an de plus d'ailleurs...), tant pis si mes goûts musicaux font du surplace (autre signe de vieillesse prématurée ?). C'est déjà l'été, pas vraiment l'heure pour les remises en question et les prises de tête (de risques ?).

Clip de "After The Moment" :

22 juin 2011

Black Lips - Arabia Mountain

Il paraît que les Black Lips se définissent comme un groupe de "flower punk" et à l'écoute de ce dernier "Arabia Mountain", force est de dire qu'ils ont plutôt bien défini leur style. Les influences viennent en effet du rock garage des années 60, des Troggs, des Sonics, en passant par les prémices du punk du milieu des années 70 avec les Ramones ("Raw Meat", "Bone Marrow"), jusqu'à leur équivalent actuel, les suédois de The Hives ("Modern Art"). On pourrait aussi citer les Rolling Stones ("Dumpster Dive"). La constante reste l'immédiateté, les morceaux ne dépassent presque jamais 2 minutes 30, les paroles simples, et puis il y a ce côté trublion (branleur?), ce désir de ne rien prendre au sérieux. De toutes ces chansons respirent en effet l'envie de profiter de l'instant, de s'amuser tout simplement : fun, fun, fun...
Pour "Arabia Mountain",  les Black Kips ont laissé une partie de la production au célèbre Mark Ronson, plus habitué à s'occuper de stars de la variété (Lily Allen, Amy Winehouse, Robbie Williams, etc) que de jeunes pousses du rock. Il en résulte leur disque le plus accessible et évident, mais sans doute aussi leur plus plaisant. Je n'écouterai probablement plus cet album dans quelques mois, mais rien que pour quelques titres dont le tonitruant morceau initial, "Family Tree", il pourrait bien m'aider à passer agréablement l'été.

Clip de "Modern Art" :

Clip de "Go Out and Get It" :


20 juin 2011

Mes indispensables : John Cale - Paris 1919 (1973)

Après un blog fonctionnant au ralenti les deux dernières semaines pour cause de vacances, me voilà véritablement de retour pour, j'espère, des posts plus fréquents, et rien de tel que de recommencer avec un indispensable. Oui, je sais, là-dessus, je ne suis plus dans l'actualité puisque John Cale a rejoué ce disque il y a quelques mois déjà à Paris, à la Salle Pleyel avec l'orchestre classique idoine. En 1973, lorsque sort cet album devenu depuis une référence dans la carrière de son auteur, il fait un effet profondément anachronique. Car c'est l'époque du rock progressif, du glam, les débuts du hard rock, et ce "Paris 1919" est de facture nettement plus classique et intimiste; étonnant surtout de la part de celui qu'on croyait comme le responsable principal du côté expérimental du Velvet Underground, mythique combo new-yorkais. John Cale est aussi considéré comme l'un des précurseurs du punk, ayant produit les premiers Stooges, Modern Lovers ou encore Patti Smith.
Il prouve ici qu'il est capable de composer des oeuvres pop mélodieuses et sophistiquées, qu'elles ne sont pas le seul apanage de son alter ego Lou Reed. D'ailleurs, cette même année, les deux compères sortiront ce qui reste sans doute leur meilleur album solo : "Berlin" pour l'un, "Paris 1919" pour l'autre. Un disque noir et désespéré pour le premier, un disque classieux et plus lumineux pour le second. Reed est ancré dans le présent, la drogue. Cale préfère aller voir dans le passé, évoquant les riches et plus belles heures d'une Europe légèrement fantasmée. Je garderai toujours une nostalgie particulière pour cet album, qui composait il y a quelques années une bande son idéale de mes trajets solitaires effectués en train, "somewhere between Dunkirk and Paris", pour rejoindre alors celle qui deviendra... maman.

14 juin 2011

WU LYF - Go Tell Fire To The Mountain

C'est un évènement : Manchester refait parler d'elle sur la scène rock. Et l'on se reprend subitement à croire avec ces jeunes garnements de WU LYF (énigmatiques initiales de World Unite Lucifer Young Foundation) à un nouveau mouvement musical venu nous réveiller de la torpeur actuelle, à l'image de la période Stone Roses / Happy Mondays de la fin des années 80 où la scène locale avait réussi à mélanger habilement la dance music et les mélodies pop so british. Ces petits bleus font déjà parler d'eux depuis de nombreux mois, d'abord par le biais d'un marketing savamment orchestré privilégiant le mystère, mais aussi surtout par leur musique hors norme mariant les Mondays justement, pour le groove aux rythmes tribaux et mystiques de Animal Collective, le tout supporté par des chants braillards dignes de stades de foot. Bref, c'est peu dire que ce premier album, "Go Tell Fire To The Mountain", était particulièrement attendu des amateurs de nouveaux sons.
S'il ne tient pas toutes ses promesses à la première écoute et aurait même tendance à lasser, car les morceaux se suivent et se ressemblent beaucoup, il parait étrangement résister à l'épreuve des écoutes répétées, distillant une folie qui, si elle reste maîtrisée, n'en demeure pas moins communicative. Et nous vient alors l'envie irrésistible, comme il y a plus de vingt ans, de danser en agitant stupidement les bras en l'air, de hurler à la lune, la tête dans les étoiles. L'incroyable effet Madchester est de retour... Une nouvelle révolution est bel et bien en marche.

Clip de "LYF" :
Clip de "Dirt" :

Clip de "Spitting Blood" :


11 juin 2011

John Maus - We Must Become The Pitiless Censors of Ourselves

John Maus est un drôle d'énergumène. Son nouvel album, le troisième, est assez inclassable, improbable mélange du kitsch de la variété italienne des années 80 et du romantisme noir de Joy Division. Il faut dire qu'il est l'ami d'un certain Ariel Pink, autre adepte de bricolages atypiques, n'ayant pas peur du ridicule. Le titre du disque - "We Must Become The Pitiless Censors of Ourselves" - et la pochette sur laquelle on voit un phare éclairer une mer déchaînée, sont des signes que la musique est pourtant chez Maus une affaire profondément sérieuse. Ne pas se fier aux apparences donc, ce qui se révèle au fil des écoutes, le chanteur possède un certain degré d'exigence. Comme si, après Brian Eno, David Bowie - la voix est très ressemblante sur "Head For The Country" - avait décidé de collaborer avec Giorgio Moroder à l'aube des eighties.
Si je n'adhère pas à tout, il y a quand même dans cette nouvelle mouture, quelques titres qui sortent du lot, le ténébreux "Quantum Leap" notamment et surtout le morceau de bravoure final "Believer" et ses savantes nappes de synthé. Rares sont les chanteurs actuels capables d'imposer ainsi un style et un univers aussi marqués et marquants.

Clip de "Believer" :

6 juin 2011

Mes indispensables : The Divine Comedy - Promenade (1994)

Pas facile de choisir un disque plutôt qu'un autre dans la déjà longue discographie du petit mais génial irlandais Neil Hannon et de sa Divine Comedy. Beaucoup choisiraient "Liberation", parce que c'est son premier et parce que c'est celui qui nous a permis de faire connaissance avec son univers musical sous influence Scott Walker ou Jacques Brel - en plus drôle, ce qui n'est dans ce cas pas bien difficile :) Les suites sont souvent moins surprenantes, puisqu'au mieux l'affirmation d'un talent déjà largement entraperçu dès les premiers abords. Et pourtant, ce deuxième disque, "Promenade" est plus qu'une confirmation. Hannon y parfait son amour pour les beaux arrangements classiques et laisse de côté la guitare, qui n'apparaît qu'en de rares occasions et toujours en retrait. Les albums suivants encore plus orchestrés tomberont quelques fois dans l'excès. Le pompon sera décroché avec "Fin de siècle", particulièrement grandiloquent et assez indigeste. Après, il fera presque du Radiohead sur "Regeneration" en embauchant leur producteur Nigel Godrich puis reviendra à ses premières amours. Mais pas un de ses disques n'a la constance, le charme et la légèreté de cette douce et agréable "Promenade". Il y a bien sûr le mirifique "Tonight We Fly" et sa chevauchée fantastique façon "Poupée de cire, Poupée de son", ses choeurs harmonieux et cette croyance irrépressible de s'envoler réellement avec lui. Cette chanson est depuis devenue le final obligatoire de chacun de ses concerts. 
On pourrait aussi évoquer "The Booklovers" dans lequel il se contente essentiellement de citer tous ses auteurs préférés, du "name-dropping" qui influencera notre équivalent français, Vincent Delerm - où  l'on mesure au passage toute la différence entre la pop d'ici et de là-bas. Il collaborera d'ailleurs sur "Les Piqûres d'araignées" de ce dernier. Enfin, il y parle aussi de son amour du cinéma dans "When The Lights Go Out All Over Europe", de la campagne anglaise dans "The Summerhouse", etc. Bref, c'est un parcours sans faute, qu'il n'a jamais réussi à baliser aussi magistralement depuis. 

"Tonight We Fly" en concert à emporter de la Blogothèque :

3 juin 2011

Secret Cities - Strange Hearts

La pochette est belle, psychédélique, luxuriante. La musique aussi. Ce disque me poursuit depuis de nombreux jours et il me vient aujourd'hui l'envie irrésistible de vous en parler. Je ne connaissais pas ce groupe, Secret Cities. Je n'en sais toujours pas beaucoup plus, à part qu'ils viennent de Fargo (tiens, tiens, les frères Coen...), dans le Dakota du Nord, près de la frontière canadienne. Ce "Strange Hearts" est leur deuxième album et si je suis tombé dessus par hasard, c'est cette fois-ci grâce au journal Magic, en allant à la pêche à la nouveauté. Et plus qu'une nouveauté, c'est donc une révélation. Que dis-je, un petit bijou. Comme un résumé du meilleur du rock indépendant de ces dernières années, de Grizzly Bear (surtout) à Arcade Fire (un peu, sur "Forest Of Love" notamment). Le tout en version lo-fi, avec les moyens du bord.
Les voix du groupe (Marie Parker et Charlie Gokey) sont toutes deux aussi douces et harmonieuses. Chacun des 11 titres pourtant assez courts arrivent à la fois à présenter de nombreuses bifurcations, de chausse-trappe tout en conservant une étonnante fluidité. Bref, ces américains sont un secret trop bien gardé qui mérite assurément d'être enfin découvert au plus grand jour. Peut-être d'ores et déjà mon disque de l'été...

Clip de "Always Friends" :

1 juin 2011

The Leisure Society (+Pendentif, Morning Parade et Francesqa) - La Flèche d'Or - 27 mai 2011

Qu'on se le dise, les anglais de The Leisure Society sont sans doute ce qui se fait de mieux actuellement de l'autre côté de la Manche en termes de pop de qualité, finement arrangée et aux mélodies soyeuses, dans l'esprit des plus grands, des Beatles et des Kinks bien sûr, ou plus récemment de Divine Comedy et Belle & Sebastian. Leur dernier album "Into The Murky Water" est une grande réussite - j'en parlais ici - et si, depuis, mon euphorie s'est quelque peu dissipée après de nombreuses écoutes, ce n'était, certes, pas suffisant pour m'empêcher d'aller voir ce que tout cela pouvait donner sur scène. Bon, la soirée était sous le patronage des Inrocks et pour en avoir fait plusieurs fois l'expérience, les soirées organisées par le magazine sont souvent de vastes fourre-tout où le génial côtoie le médiocre pour ne pas dire plus. Et ce 27 mai 2011 n'a malheureusement pas échappé à ce terrible constat. Pas moins de quatre groupes étaient programmés, et comme à la fâcheuse habitude de la Flèche d'Or, la soirée prit tout de suite du retard en commençant une heure après l'horaire prévu. Première formation à venir pointer le bout du nez sur scène, les bordelais de Pendentif, sympathique groupe de pop ensoleillée dans la droite lignée des Rémois de Bewitched Hands en version "new wave", avec tout plein de jolis choeurs dedans et qui a en plus le mérite de chanter en français. C'est rafraîchissant comme apéritif, à l'image de la robe estivale de la très jolie chanteuse. Le hic, c'est que les paroles basiques pêchent un peu et que cela passerait sans doute mieux en anglais. Bonne mise en bouche, malgré tout.

Parce que la suite sera un véritable calvaire. Les deux groupes anglais suivants, Morning Parade et Francesqa, pratiquent un rock de stade, pompeux et pompier et ont déjà l'attitude arrogante qui va avec. Je préfère alors me réfugier près du bar, mais la salle étant petite, il est difficile de ne pas entendre les pénibles chanteurs, apprentis Chris Martin ou Bono, s'époumoner lors de sets qui paraissent interminables. Les premiers ont un avantage : ils ont un clavier. Malheureusement, loin d'alléger l'ensemble, cela les ferait presque ressembler à David Guetta... Bref, s'il n'y avait pas le groupe à suivre, j'aurais bien pris mes jambes à mon cou. The Leisure Society, donc, la raison de ma présence. Les débuts du septet furent pourtant assez hésitants, il faut dire que tous les potards étant au rouge suite aux bourrins précédents, quelques réglages furent nécessaires pour revenir à la "normale" et à une musique plus raffinée. Le concert fut cependant trop calme et pas assez enlevé (et trop court) pour emporter complètement l'adhésion, hormis sur quelques chansons comme sur le très "Belle & Sebastian", "Dust on the dancefloor". Pas avantagés non plus par la programmation et par la salle où les gens allaient et venaient sans arrêt, il faudra certainement revoir le groupe sur scène dans un autre écrin, même si, comme je le crains, leur musique de chambre est plutôt de celles qu'on écoute paisiblement chez soi.

2 extraits live dudit concert à la Flèche d'Or :