Accéder au contenu principal

Articles

Affichage des articles du avril, 2011

Crystal Stilts - In Love With Oblivion

Retour à Brooklyn avec un groupe qui vient de sortir son deuxième album et dont j'étais complètement passé à côté au moment du premier. A l'écoute de ce "In Love With Oblivion", je comprends d'ailleurs mieux pourquoi. Les Crystal Stilts ressemblent beaucoup à première vue, à tous ces nouveaux groupes inspirés par Joy Division, à l'instar de ceux qui ont relancé la mode, Interpol, New-Yorkais eux aussi. Mais les Crystal Stilts ont des atouts que la plupart n'ont pas. Tout d'abord, des claviers délicieusement psychédéliques qui les font se rapprocher de l'univers des Doors - comme sur le très (trop?) long et atmosphérique "Alien Rivers" - ou de Echo And The Bunnymen. Et puis surtout, un guitariste (JB Townhends) qui en impose. Au-delà de la voix grave et profonde de rigueur du chanteur, le groupe varie les styles et chacun des titres possède son petit riff efficace et bien identifiable. Même si tout n'est peut-être pas parfait, je retie…

Mes indispensables : Franz Ferdinand - Franz Ferdinand (2004)

Les Franz Ferdinand font partie de ces quelques groupes apparus pendant la décennie 2000 et qui resteront sans doute comme la formation d'un seul album, à l'instar des Strokes, des Libertines, de Interpol, etc. Ce n'est pas que leurs disques suivants soient mauvais, non, mais on a comme l'impression qu'ils avaient alors déjà tout dit et que quoiqu'ils fassent désormais, ils ne pourront au mieux que se répéter. A croire d'ailleurs que ce phénomène soit assez propre à cette décennie, même si le public s'intéresse toujours à la plupart d'entre eux, et ils sont paradoxalement, de plus en plus nombreux. Le "Take Me Out" des Franz Ferdinand, single impeccable restera comme un des hymnes de ces années-là, une de ces chansons qu'on ressortira à l'occasion, lorsqu'on voudra en faire un bilan. Avec un tel nom de groupe, on aurait pu penser à une déclaration de guerre, mais c'est ailleurs qu'il faut chercher. En effet, les Ecossai…

Stanley Kubrick (1928-1999)

L'exposition sur Stanley Kubrick à la Cinémathèque de Paris ? L'occasion était trop belle, tout d'abord d'aller y faire un tour, puisqu'en plus, c'est à deux pas de chez moi et ensuite de faire un post ici sur le réalisateur. Kubrick, c'est pour moi et pour beaucoup je pense, le plus grand, l'un des rares à avoir réussi à élever le cinéma au rang d'art majeur, à part entière. On cherche d'ailleurs actuellement ceux ayant de telles exigences et ambitions artistiques. Car, le monsieur a non seulement abordé un large spectre de genres : le film de guerre ("Les Sentiers de la Gloire", "Full Metal Jacket"), le film d'époque en costumes ("Barry Lyndon", sans doute mon préféré), le péplum ("Spartacus"), le film de moeurs ("Lolita"), le film d'horreur ("Shining"), le film de science-fiction ("2001, l'Odyssée de l'espace"), etc; mais à chaque fois, il a en plus réussi à…

Dirty Beaches - Badlands

Peu de groupes ont osé s'inspirer de manière aussi directe et frontale de la musique de Suicide, formation culte et un peu intimidante de la fin des années 70, composée des duettistes Alan Vega et Martin Rev. Enfin, de groupe, Dirty Beaches est plutôt l'oeuvre d'une seule et même personne, Alex Hungtai, un canadien d'origine taïwanaise. Celui-ci a élaboré ce "Badlands", seul, à la maison, en samplant de vieux titres amoureusement sélectionnés - notamment, "Voilà", une très belle chanson de... Françoise Hardy - en y rajoutant de grosses guitares bien sales et une voix de crooner trafiquée au vocodeur. Ces boucles de samples répétées à l'infini tout au long des morceaux produisent rapidement leur petit effet. Les trois premiers titres sont assez "rock" et bien dans l'esprit de Suicide, les trois suivants, les meilleurs, sont plutôt des ballades au tempo doucement romantique, enfin, les deux derniers - et oui, c'est tout -, unique…

The Velvet Underground - The Velvet Underground (1969)

Le voilà, le meilleur groupe rock de l'histoire, celui par lequel tout a commencé. Pour moi, le rock est réellement né en 1967, au moment de la sortie du premier album du Velvet Underground (avec Nico). Pour d'autres, c'est plutôt le jour où il est devenu adulte, comme si l'enfance, la jeunesse avant (Elvis Presley et les Beatles entre autres) ne comptaient pas. Chacun a son avis sur la question, il n'empêche que la formation de Lou Reed a sans doute généré plus de petits que les Beatles même, car c'est tout le rayon "indépendant" de votre disquaire préféré qui vient de là ou presque. En quatre disques, tous indispensables, de 1967 à 1970, le Velvet définit les bases d'un rock lettré et poétique, mi-mélodique, mi-expérimental, mi-paisible, mi-torturé. Ce troisième album en est la version douce et apaisée, à l'instar de la mythique pochette où les membres sont tranquillement avachis sur un canapé. John Cale vient alors de partir après le terrif…

The Feelies - Here Before

Les Feelies n'avaient pas sorti le moindre disque depuis près de 20 ans - et oui, déjà - et pourtant, à l'écoute de ce nouveau "Here Before" et ce dès le premier morceau, on a l'impression que rien n'a foncièrement changé, que tout est encore à la même place. Cet album aurait pu paraître en 2001, en 1991, qu'il n'aurait pas fait tâche dans la discographie du groupe. Car, c'est toujours la même voix, ce sont toujours les mêmes guitares surtout. Rien de nouveau sous le soleil, passons à autre chose, me direz-vous. Et bien, non, ce sont les Feelies, que diable ! Bien oui, les Feelies, quand même. Au milieu des multiples reformations actuelles (Pulp ou Gang Of Four pour ne citer qu'eux), ils risquent malheureusement une fois de plus de passer assez inaperçus. Comme à l'époque.
Alors que vingt ans d'absence et pas une ride au compteur - enfin, un peu quand même, il suffit de voir des photos récentes pour se rendre compte que physiquement, il…

Minks - By The Hedge

Encore un groupe du même style, à croire que j'écoute toujours la même musique en ce moment ! Ils s'appellent Minks, ils sont deux, un homme et une femme, ils sont beaux, ils s'habillent branchés - et oui paraît-il que le vison (mink en anglais) revient à la mode! - et viennent de "The Place To Be" actuellement, Brooklyn. On pourrait rapidement passer notre chemin : musique pas très originale et mille fois entendue, allure de bobos new-yorkais horripilante. Oui, mais voilà, ils sont fans de Felt - c'est Magic qui le dit - et puisent leur inspiration du côté des disques de Sarah Records. Alors, forcément, une fois de plus, on se fait un peu avoir. Et comme un sésame, cela pardonnerait tout et donnerait une envie irrésistible d'aller jeter une oreille ou plus si affinités à ce "By The Hedge". Et d'où vient donc d'ailleurs ce nouvel engouement pour l'ancien groupe de Lawrence Hayward parmi la nouvelle génération de musiciens et de criti…

Mes indispensables : New Order - Power, Corruption & Lies (1983)

Il existe dans l'histoire du rock peu de groupes ayant réussi à perdurer en demeurant aussi passionnants, malgré la mort de leur chanteur et leader. New Order, comme un nouvel ordre, une envie de faire autre chose, d'abandonner cette cold wave mélancolique de Joy Division qui a trouvé sa conclusion morbide - et prévisible ? - dans le suicide par pendaison de Ian Curtis. Les autres membres naïfs et insouciants disent après coup n'avoir pas vraiment pris la pleine mesure du malaise existentiel de leur ami, ayant juste l'impression que tout cela participait au grand cirque, spectacle du rock'n'roll. Toujours est-il que trois ans plus tard, ils trouvent enfin leur style, avec le légendaire single "Blue Monday" et leur direction, ça sera celui du dancefloor. L'ouverture au monde plutôt que le repli sur soi et "l"isolation". Les fans de Joy Division  peuvent le regretter, mais New Order créé aussi une nouvelle tendance, dont on voit aujou…

Cascadeur - The Human Octopus

On peut désormais reprocher beaucoup de choses aux Inrockuptibles,  d'être devenus au fil des années de plus en plus racoleurs et superficiels, et je ne parle même pas de la partie web du magazine où on ne compte plus les articles sans intérêt et écrits avec les pieds. Mais il y a une chose qu'ils continuent de faire plutôt bien, c'est de faire découvrir de nouveaux talents, et de les aider à "percer", grâce hier à CQFD et aujourd'hui aux Inrocks Labs. Syd Matters, dont il est souvent question ici, a été un des lauréats de ce concours. En voici un autre, en la personne de Cascadeur, alias Alexandre Longo - rien à voir avec Jeannie, encore que tous les deux soient de bons grimpeurs, très forts lorsqu'il s'agit de mettre le bon braquet. Le monsieur, à l'instar des Daft Punk et parce que c'est sa musique qui doit compter avant tout, a décidé de se cacher derrière un casque. Normal, c'est plus sûr quand on veut faire des cascades. Et le premie…

Mes indispensables : Grandaddy - The Sophtware Slump (2000)

Lundi prochain sera rediffusée sur l'antenne de France Inter la black session de Grandaddy datant de 2003 c'est-à-dire de la sortie de leur album "Sumday", nouveau jeu de mots après celui de "The Sophtware Slump". Ces deux disques, tous deux excellents, représentent aujourd'hui encore ce que le groupe a fait de mieux. Mais s'il ne fallait en garder qu'un pour cette rubrique d'indispensables, ça serait donc "The Sophtware Slump", plus aérien et aéré, respirant davantage la nature et le grand air. La nature est d'ailleurs un des thèmes de prédilection - avec les nouvelles technologies - de Jason Lytle, leader de Grandaddy. Il paraît encore difficile aujourd'hui de croire que ces californiens barbus, écolos et adeptes de skateboard soient devenus, l'espace de quelques années, l'un des fleurons de la pop outre-Atlantique.
Ce disque, leur plus abouti donc, reste sans doute avec "Deserter's Songs" de Mercury …

Laetitia Velma - Les Eaux Profondes

Exit Daphné et son dernier disque décevant : quelques jolies chansons délicates mais aussi certaines qui flirtent trop vulgairement avec la "variétoche".Exit Keren Ann qui, depuis qu'elle s'est mise à l'anglais, est devenue moins touchante. "La Disparition" était pourtant une formidable réponse au chef d'oeuvre "La Question" de Françoise Hardy. Mais voici donc - après l'interview d'hier - celle qui pourrait rapidement leur voler la vedette et s'imposer comme une chanteuse qui compte parmi la nouvelle génération : Laetitia Velma. En tout cas, son premier album "Les eaux profondes", est assez impressionnant de maturité, surtout quand on sait qu'elle a tout composé elle-même : paroles comme musiques. Après, bien sûr, il est difficile de ne pas citer Dominique A, qui a produit et arrangé l'ensemble, tellement le son ressemble au sien, celui de "La Musique" ou de "L'horizon". On pense aussi …

La musique à... Laetitia Velma

La journée avait pourtant mal commencé : retour tardif de week-end la veille, passage à l'heure d'été difficile (ben, oui, c'est qu'on vieillit...), réveil matinal puis quelques mots désagréables échangés entre collègues. Enfin, il y eut le sourire de Laetitia...
Le Piano / La Guitare - La musique classique / Le rock
Chez moi, il y avait beaucoup de musique classique. Quand j'étais petite, je me prenais pour un chef d'orchestre. A la maison, quand mes parents n'étaient pas là, ce n'était pas le rock, c'était la musique classique. J'ai commencé le piano à l'âge de 12 ans. J'ai un rapport très affectif avec cet instrument. Je ne suis pas allée au conservatoire. Je ne m'en suis pas dégoûtée. J'aime encore beaucoup le piano et je compose encore beaucoup au piano. A l'âge de 18 ans, j'ai composé ma première chanson à la guitare, mais en anglais. Pendant assez longtemps, j'ai chanté en anglais, dans des groupes, mais c'ét…

Syd Matters - Olympia - 29 mars 2011

Je me demande bien pourquoi j'avais une certaine appréhension à aller à ce concert. Pourquoi j'ai hésité. Peut-être tout simplement parce que j'avais peur que toute la subtilité, la finesse des mélodies et des arrangements de leur dernier album "Brotherocean", disque de l'année 2010 ici-même, ne soient pas correctement retranscrites en live, que tout simplement elles ne soient pas faites pour. J'ai eu tort. Mais avant cela, je vais quand même dire un petit mot sur la première partie, Bot'Ox, bizarrement assez éloignée musicalement de Syd Matters et dont le rock électronique uniquement instrumental, s'il a le mérite d'une certaine originalité, n'en demeure pas moins rapidement indigeste.
Puis la troupe de Jonathan Morali - ils sont jusqu'à 8 sur scène, avec 2 batteurs et 2 choristes - arrive donc sur scène. Les trois-quatre premiers titres confirment pourtant ma légère inquiétude, même la géniale "Hi Life" est un peu ratée : …