30 octobre 2009

Mayer Hawthorne - A Strange Arrangement

Pas de chronique honteuse aujourd'hui, pas le temps, trop de disques à écouter encore avant la fin de l'année. Je me suis fixé l'objectif de 150 disques chroniqués avant de pouvoir faire mon top 2009, ce qui fait qu'il me reste encore 30 albums à écouter ... Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, c'est un disque de soul, en la personne de Mayer Hawthorne, jeune américain dont "A Strange Arrangement" est le premier disque. Et ce qui frappe d'entrée, c'est la maturité musicale du bonhomme. On retrouve ici l'ambiance motown des années 60 et le "petit blanc" chante comme un "noir", avec une très belle voix de velours. Un disque idéal pour les romantiques, à écouter à deux lors d'une soirée en tête-à-tête amoureux. Un peu comme le dernier Richard Hawley finalement. Alors, bien sûr, je ne suis pas un grand fan de ce genre de musique et donc la note s'en ressentira forcément, mais je pense pouvoir dire sans me tromper qu'on tient là malgré tout un des meilleurs disques soul de l'année. A réserver aux amateurs, donc . Pour un week-end bien au chaud ... sous la couette.
Tiens pour la peine, je vous mets l'album en écoute ... et puis aussi celui plus bas de Richard Hawley, parce que la musique est toujours préférable à de longs discours.

6/10

Chroniques :
I Left Without My Hat
Courrier International
MyGoodZik

29 octobre 2009

Richard Hawley - Truelove's Gutter


Et merde, je me suis trompé ... J'avais déjà écouté les précédents albums du bonhomme et je n'avais pour ma part pas accroché : trop lisse, un peu chiant. Je devais sans doute me fier à son allure un peu ringarde de crooner sur le retour, mi Frank Sinatra, mi Johnny Cash, pas le genre de musique dont je raffole. Et puis, cette fois-ci, j'ai essayé d'écouter son nouveau disque sans à priori, rien que pour la musique, l'émotion qu'elle dégage. Et ma foi, je suis revenu sur ma position, car même si j'admets quand même que ce n'est pas forcément ma tasse de thé, ce "Truelove's Gutter" est, ce qu'on pourrait appeler, un disque classieux. Il y a ici une telle sobriété dans la voix, dans les mélodies, une telle économie de moyens dans les effets... Et réussir malgré tout à émouvoir, ça ne peut que forcer le respect. Cet album est à ranger à côté du dernier Bill Callahan, en plus anglais, plus dandy, moins folk. Le genre de disque qui doit rendre jaloux plus d'un Brett Anderson ... (Site officiel)

7/10

Chroniques :
Les Inrocks
Pitchfork
Uncut

28 octobre 2009

Why? - Eskimo Snow


Bon, sur ce coup-là, je n'ai pas grand chose à dire. Pourtant, c'est un disque dont j'attendais beaucoup. Car il faut reconnaître que ces américains sont l'un des rares groupes actuels à être capable de mélanger aussi habilement les genres du hip-hop à la pop. Sur ce nouveau "Eskimo Snow", ils s'essaient entièrement à la pop et ... badaboum, c'est raté ! Ce n'est pas foncièrement mauvais mais ça ne décolle jamais. C'est juste ce genre de disque complètement dispensable, qu'on écoute une fois, deux pour se donner bonne conscience et se dire qu'on a dû louper quelque chose, puis qu'on laisse dans un coin ou qu'on efface carrément de son disque dur. Bref, un disque de pop sans mélodie accrocheuse, sans goût de "reviens-y", sans véritable intérêt en fait, assez plat. Et c'est une sacrée déception de la part de ce groupe qui nous avait plutôt habitué aux montagnes russes. Une question nous brûle alors les lèvres : Why ? Oui, pourquoi ? Manque d'inspiration ? Baclage ? Finalement, au lieu de nous sortir un disque tous les ans, ils gagneraient peut-être à prendre un peu plus leur temps. Leur musique y prendrait peut-être alors l'ampleur qui lui manque indéniablement ici. (MySpace)

5/10


Chroniques :
Gonzaï
La Tête à Toto
Toujours un coup d'avance

27 octobre 2009

Brigitte Fontaine - Prohibition


Me revoici après un long week-end (bien mérité ?) d'absence ! Pas de chronique honteuse vendredi dernier donc, pas d'indispensable hier, mais directement un retour aux affaires courantes avec une chronique un peu plus d'actualité en la personne de l'excellent "Prohibition" de dame Fontaine. Ben ouais, je vous avais déjà parlé de mon disque préféré de la "vieille" (c'est elle qui le dit ;-) dans ma série d'indispensables ici, voici donc son dernier en date, et une chose frappe d'entrée, c'est son éternelle jeunesse. "Dura Lex" en titre d'ouverture est un vrai grand tube rock ultra efficace. Les paroles sont toujours aussi cyniques et décalées comme le suivant "Entre Guillemets" ou le provocateur "Prohibition". Les textes deviennent même plus politiques que jamais comme la chanson en duo avec Philippe Katerine, dont la filiation avec Brigitte Fontaine est évidente. "Partir ou Rester" en référence sans doute à mai 2007 ... Autre lien de parenté revendiqué et peut-être moins évident car dans des registres assez dissemblables, celui avec une autre allumée : Grace Jones avec laquelle elle chante "Soufi". Comme c'est le début de la semaine (pour moi, bien sûr ...), que je suis bien reposé et plutôt de bonne humeur, je vais lui mettre une bonne note à notre Brigitte nationale. Histoire de montrer mon indéfectible soutien dans sa lutte effrénée contre les "lustucrus" en tout genre et puis tout simplement parce que c'est son meilleur disque depuis "Kékéland" ... (Site officiel)

8/10

Chroniques :
RFI Musique
Zikéo
Sefronia

22 octobre 2009

Mes indispensables : The Flaming Lips - The Soft Bulletin (1999)


Bon, là-dessus, j'ai un peu de retard, car cela devait être lundi, mais au diable les contraintes et puis c'est mon blog et sur mon blog, je fais ce que je veux quand je veux. Donc, "mes indispensables", ça ne sera pas seulement que le lundi, mais le jeudi aussi par exemple. Mais trêve de bavardages, cette semaine, après la sortie de leur dernier album, que je trouve pour ma part un peu décevant, j'avais envie de revenir sur la carrière déjà pléthorique des Flaming Lips. Drôle de nom pour un drôle de groupe. "The Soft Bulletin" paraît en 1999 et permet alors au groupe de sortir un peu de la confidentialité, le disque est quasi unanimement reconnu comme un des meilleurs de l'année par la presse spécialisée. Il faut dire qu'ils tiennent enfin leur grand oeuvre pop, après des années de bidouillages hors des sentiers battus et en marge du public et aussi des critiques. Avec ce disque, ils entrevoient donc la lumière, grâce notamment au producteur Dave Fridmann, déjà responsable du son du génial "Deserter's Songs" des cousins de Mercury Rev, et qui, pendant quelques années, sera aux manettes d'une poignée de très beaux disques de pop psychédélique, jusqu'au dernier et récent "Oracular Spectacular" des fameux MGMT. "The Soft Bulletin" : cela pourrait ressembler à la rencontre improbable entre les douces mélodies des Beach Boys de "Pet Sounds" et le psychédélisme halluciné et planant des Pink Floyd version Syd Barrett. Les Flaming Lips continueront d'ailleurs dans la même veine avec l'excellent "Yoshimi Battles The Pink Robots" avant de se perdre un peu ...
En tout cas, si le son et la beauté de "The Soft Bulletin" auraient pu nous faire croire que le groupe avait désormais l'intention de prendre enfin la musique au sérieux, assister à un de leur concert nous démontre tout de suite le contraire. Les performances scéniques de Wayne Coyne et de sa bande se terminent toujours en grande fête récréative et régressive avec canons à confettis, envols de ballons gonflables et déguisements en tout genre. Et tant pis, si le son n'est pas toujours très bon, si les musiciens ne jouent pas toujours très juste et le chanteur chante parfois un peu faux, l'essentiel est ailleurs. Cela pourrait ressembler au goûter idéal d'anniversaire d'enfants - dans mes rêves, ils viendraient chanter "Do You Realize ?" au prochain anniversaire de ma petite Lulu. Pour un peu qu'on rentre dans leur délire, on ressort d'un concert des Flaming Lips avec une banane grande comme ça ... Et des groupes capables de s'amuser en pondant dans le même temps des disques de ce calibre, il n'y en a pas des masses. Notre époque manque cruellement de Flaming Lips ...

Clip de "Race For The Prize" :



21 octobre 2009

Sonic Youth (13/15) : Sonic Nurse


Et voici enfin l'album et ce n'est pas une mince affaire, qui m'a fait aimer Sonic Youth. Et oui, j'avoue ne pas être un fan de la première heure du groupe, loin s'en faut. Pourtant, ça fait déjà un moment que j'en parle ici et si justement, j'en parle, c'est grâce à "Sonic Nurse". C'est ce disque qui m'a donné l'envie de réécouter l'intégralité de leur oeuvre et qui m'a fait aimé d'autres albums comme "Sister" et "Goo". D'ailleurs, je trouve personnellement que "Sonic Nurse" est leur meilleur album depuis "Goo" justement. Le plus pop, le plus mélodique, celui qui va le plus à l'essentiel. Il n'y a pas de superflu dans les morceaux, les solos de guitares servent toujours à quelque chose, font avancer la mélodie, même si la plupart des titres dépassent allégrement les cinq minutes. Dix titres et pas un seul moment faible, c'est assez rare pour le signaler. Alors, bien sûr, ce n'est pourtant pas le disque que les fans officiels du groupe apprécient le plus, loin de là. Pas assez barré, trop propre sur lui. Mais je trouve que c'est l'un des plus accessibles, l'un de ceux qui à l'écoute, nous persuade s'il en était encore besoin que les Sonic Youth sont grands musiciens et que sous des apparences bruitistes, ils peuvent écrire de vraies grandes pop-songs qui se tiennent. Oui, ce "Sonic Nurse" m'a guéri des Sonic Youth, moi qui les trouvais un peu surestimés. On peut se tromper parfois : Sonic Youth est assurément l'un des plus grands groupes de rock au monde.




20 octobre 2009

The Pains Of Being Pure At Heart - Higher Than The Stars (EP)


Premier EP chroniqué ici, mais normal vu qu'il s'agit d'un de mes groupes chouchous de l'année : The Pains Of Being Pure At Heart. Leur premier album est déjà bien placé pour figurer dans les toutes premières places de mon top de l'année 2009. Voici donc les New-Yorkais déjà de retour avec un EP composé de 5 titres et bien dans la droite lignée de leur "Twee Pop" savamment inspirée des regrettés Field Mice. Le son s'est peut-être quelque peu adouci surtout sur le single "Higher Than The Stars". Il y a aussi une reprise sympathique de ce même morceau remixé par les non moins sympathiques Saint-Etienne. Bref, c'est de la noisy-pop dans tout ce qu'elle peut avoir de plus romantique. Un vrai bain de jouvence que ce groupe, un retour à l'adolescence mais plutôt "fleur bleue" que rebelle. Et tant pis, si musicalement j'admets que ce n'est pas forcément renversant et innovant, c'est en tout cas exactement ce dont j'ai envie d'écouter en ce moment. (Site officiel)
Autres liens sur La Musique à Papa : la chronique de leur premier album ici et quelques vidéos et .

8/10

Chroniques :
Indiepoprock.net
Pomme de Pin
Dans le mur du son

19 octobre 2009

Emilie Simon - The Big Machine


Voici l'album français de la semaine avec un peu de retard. Il s'agit d'un album chanté presque entièrement en ... anglais : le nouveau disque d'Emilie Simon, la sur-diplômée de la musique de chez nous, notre équivalent national de Björk en terme de bizarreries musicales électroniques. Sauf que cette fois-ci, de bizarrerie, il n'y a pas. Loin de là. C'est plutôt du côté de la pop classique de Kate Bush qu'il faut aller chercher l'inspiration. Car difficile de ne pas y faire référence en parlant de "The Big Machine" tellement son ombre est derrière chaque morceau, chaque intonation, chaque mélodie. On peut d'ailleurs dire que dans l'ensemble, c'est assez réussi comme imitation, ça vaut largement un bon disque de l'anglaise. "Rainbow" par exemple, le titre en ouverture est plutôt bon. Mais n'étant pas un grand fan de Kate Bush, ce disque ne m'a pas spécialement emballé non plus. En tout cas, cette Emilie Simon n'est décidément jamais là où on l'attend, car si, ces précédents disques étaient glacials et froids (référence à la BO de "La Marche de l'Empereur"), celui-là est presque trop léger et immédiat. De la pop dans le premier sens du terme donc, dans tout ce qu'elle peut avoir de facilement accessible et populaire. La consécration du grand public et pas de victoire de la musique pour une fois ? Histoire de changer un peu des habitudes. (Site officiel)

6/10

Chroniques :
Playlist Society
La musique est une histoire sans fin
Culturopoing

Les Pixies au Zénith de Paris le 16/10/2009


Les Pixies et "Doolittle", j'en ai déjà parlé il y a quelque temps ici, au moment d'ailleurs où j'ai acheté mes places pour ce concert, celui du vingtième anniversaire. Après leur tournée de 2004, ils avaient une fois de plus choisi le Zénith de Paris pour se produire chez nous et je ne peux dire pas que je sois particulièrement fan du son de cette salle ... Et puis j'ai aussi souvenir d'y avoir connu un véritable cauchemar auditif avec la fin d'un concert de My Bloody Valentine : un quart d'heure de larsens toutes décibels dehors, ça vous nettoie les tympans et vous fait connaître une étrange expérience : entre l'abrutissement qui vous ferait rentrer en transe et l'envie irrésistible de déguerpir au plus vite ... Ici, en comparaison, le son des Pixies, c'est comme qui dirait du petit lait. Bon, il ne faut pas se le cacher, tout ça sent profondément le marketing et le renflouage de caisse à plein nez. Nostalgie, nostalgie quand tu nous tiens ... Et on se laisse avoir quand même. Les tee-shirt sont sympas, il y a même des mugs, on peut aussi télécharger le concert ici. Mais un conseil, c'est moins cher sur le net que sur place, preuve en est fait que le but est aussi de se faire du fric sur le dos de fans un peu naïfs et prêts à tout pour garder un souvenir de l'événement. Même si événement, il n'y eut pas vraiment. Tout commence par la diffusion du court-métrage culte de Bunuel, "Le Chien Andalou" dont le groupe fait référence dans "Debaser", morceau inaugural du fameux "Doolittle". Et puis, surprise : les Pixies apparaissent et ne commencent pas par ledit morceau, mais par les faces B de l'époque. Le fameux premier titre viendra un peu plus tard, suivi du reste de l'album, dans l'ordre.
Le show est bien rodé, trop peut-être. Kim Deal, euphorique, trop peut-être (l'alcool ?). Les autres membres du groupe sont, à l'inverse, assez distants, pas blagueurs pour un sou, même si très pro. Il faut dire que les Pixies n'ont jamais non plus été connus pour leur côté "déconne" et pour leur charisme scénique. Disons qu'ils font le boulot, un point c'est tout. On aurait aimé un peu plus de convivialité, surtout que vingt ans après, l'enjeu est quand même moindre et le public tout acquis d'avance. Peu de rappel et quelques rares titres extraits de leurs autres albums comme le "Gigantic" final. "A big, big love" clame Kim Deal. Oui, sans aucun doute pour "Doolittle" et l'ensemble de leur courte mais parfaite discographie. Mais pour la prestation des Pixies de ce soir, c'est sans doute un peu exagéré, même si, à 45 ans, ils "envoient toujours aussi bien le bois", la preuve en image :

Autre chronique du concert sur Soul Kitchen

Quelques titres du concert à télécharger gratuitement :








16 octobre 2009

Lenoir ... c'est Lenoir

Désolé, il n'y aura pas de chronique de disque made in France cette semaine, pas le temps, mais promis, ça devrait arriver en début de semaine prochaine. Sinon, j'essaie toujours de tenir ma désormais célèbre (???) chronique honteuse du vendredi et cette semaine, elle ne l'est pas vraiment, voire pas du tout, honteuse. Il faut dire qu'après celle de vendredi dernier, il paraissait difficile de tomber plus bas. Cette fois-ci, prenons donc de la hauteur avec monsieur Bernard Lenoir. Ben oui, Bernard, le célèbre taulier des soirées rock de France Inter, celui qui a fait et fait encore découvrir le rock indépendant (le "vrai" rock en quelque sorte) à toute une génération de jeunes et de moins jeunes adultes. Moi aussi, je suis tombé dedans quand j'étais plus jeune, il y a une quinzaine d'années maintenant. Et ça a été une vraie potion magique ... Depuis, cette musique me suit encore dans ma vie de tous les jours et je pense, qu'elle me suivra encore, jusqu'au bout, car on dit souvent qu'on reste fidèle à la musique que l'on écoute à 18-20 ans. Mais revenons à ma découverte de Lenoir et de son émission, on est fin 93, début 94, je viens de tomber raide dingue de "Animal Nitrate" de Suede sur MTV. Je vous en ai déjà parlé et un ami bien intentionné me parle d'une émission rock sur Inter qui, tous les soirs, passe justement ce genre de musique. Je deviens tout de suite accro. J'enregistre tous les soirs, je me réécoute les K7, je note tous les noms de groupes, de chansons. Comment est-ce possible : tous ces groupes et artistes formidables existent et je n'en connais même pas l'existence et ce, depuis des années ? Pourquoi personne d'autres n'en parle ? Pourquoi cela ne passe-t-il pas à la télé, dans le Top 50 ? Et ce fut un autre coup de poignard terrible dans mes idées préconçues en matière de justice sociale. Oui, le monde était profondément injuste. Cette fois-ci, cela ne faisait plus aucun doute.
La bonne musique était quelque chose de cachée, de difficile d'accès, de honteux sans doute. (A bas l'élitisme, vive le politiquement correct et les goûts imposés !) Il fallait être initié, savoir, faire l'effort de la chercher. Et je rentrais alors en résistance tous les soirs entre 21h et 22h (depuis l'horaire a été décalée), seul chez moi, en cachette dans ma chambre, comme pendant les périodes troubles de notre histoire. (On a les combats qu'on peut ...) Non à la dictature des radios et des télévisions de masse, de RTL à TF1. Oui, à Echobelly, Cast, Gene, Longpigs, Geneva, My Life Story et tous ces groupes de brit-pop que j'écoutais en boucle à l'époque et qui ont depuis, totalement disparus de la circulation. Et tant pis, si leur musique a peut-être mal vieilli, que de souvenirs ! Depuis Internet est arrivé et je me suis casé, comme on dit ... Lenoir a sans doute perdu de son pouvoir d'attraction, il n'est plus le seul îlot de résistance - même si ses black sessions sont toujours aussi uniques (j'ai fait le compte, j'en ai vu 27, pas mal, non ?). Mais ce blog et beaucoup d'autres sur la toile font aujourd'hui perdurer le combat. Résister encore et toujours, pour lutter contre l'uniformisation rampante des goûts et des modes de pensée, garder intact son esprit critique et sa curiosité intellectuelle.

Sur ce, caresses et bises à l'oeil et bon week-end à tous,

En cadeau, quelques titres ...

Elastica - Waking Up :



Echobelly - Dark Therapy :


Cast - Alright :


The Longpigs - On And On :


Geneva - No One Speaks :


The Catchers - Cotton Dress :


My Life Story - Sparkle :


The Rentals - Friends Of P. :


Volcano Choir - Unmap


Volcano Choir, c'est le nouveau projet parallèle comme on dit de Justin Vernon, alias Bon Iver, celui qui a été encensé un peu partout sur la blogosphère l'année dernière pour son magnifique album "For Emma, Forever Ago", particulièrement long en bouche, puisque tout le monde ou presque l'a revu à la hausse un an après sa sortie. Et bien ici, je ne suis pas sûr que cela sera le cas, car je dois dire tout de suite que le monsieur ne réédite malheureusement pas son précédent exploit et si la voix est toujours aussi belle, les compositions ressemblent un peu à des musiques d'ambiance façon "Natures et découvertes". Un album court (seulement 8 titres), un peu expérimental pour quelque chose qui ressemble plus à des chutes de studio qu'à un véritable disque fini et correctement produit. On passera donc sur le petit accident de parcours et on attendra donc comme si de rien n'était le prochain disque de Bon Iver. (MySpace)

5/10

Chroniques :
Popnews
Pitchfork
Esprits Critiques

14 octobre 2009

Kings Of Convenience - Declaration Of Dependence


Tiens, c'est l'automne et revoilà les Simon & Garfunkel norvégiens qui repointent le bout de leur nez après quelques années de silence pour cause, entre autres de quelques projets parallèles. J'ai nommé bien sûr les Kings Of Convenience . Mais on retrouve tout de suite leur univers si particulier, on s'y sent immédiatement comme à la maison. Car, une fois de plus, c'est toujours aussi joli, sobre - euphémisme ici -, tout en jeu de guitares boisé, idéal pour les soirées au coin du feu en amoureux, tout en voix délicatement posées où pas une phrase n'est prononcée plus haute que l'autre et ce, tout au long du disque. Un groupe pour les scouts me direz-vous ? Peut-être. En tout cas, un groupe éminemment discret et si prises individuellement, leurs chansons font leur petit effet, en bloc, elles sont quand même assez monotones. A force de ne jamais vouloir la ramener, la musique des rois de la convenance - ils portent assez bien leur nom - est lassante. (Site officiel)

6/10

Chroniques :
Musique-indie
Ricard SA Live Music
SFR Musique

13 octobre 2009

Black session de Wild Beasts le 12/10/2009


Et oui, ça faisait déjà un bail que je n'avais pas assisté à un concert rock. Depuis la dernière Route du même nom en fait ... Et bien, c'est chose réparée grâce à l'éternel tandem Soulier/Lenoir, toujours fidèles au vieux poste de radio, malgré les années, internet, les blogs, Pitchfork et tutti quanti. Encore et toujours indispensables. Mais j'en reparlerais sûrement plus largement dans un post dédié. Hier, nous fêtions déjà la 305ème black session avec les anglais de Wild Beasts, dont le dernier album a été chroniqué ici, il y a quelques semaines. Et j'avoue avoir été agréablement surpris par la musique du groupe, nettement moins "lisse" en concert que sur disque. "All The King's Men" devient par exemple une véritable tuerie en live. Même si c'est le chant de Hayden Thorpe, proche de celui d'un Billy McKenzie, qui fait en grande partie, l'intérêt de ce groupe. L'autre chanteur qui n'a pourtant pas une voix dégueulasse, n'apporte pas l'émotion et la folie dont cette musique a besoin pour se transcender. Ils arrivent ainsi toujours à éviter de sombrer dans le kitsch, malgré leur inspiration très new-wave tendance Tears For Fears. On pense quelques fois à Antony, mais celui de Hercules And Love Affair plutôt que celui avec The Johnsons, aux Associates bien évidemment et puis à tout un tas de groupes des années 80, notamment U2, les Smiths, voire Echo And The Bunnymen. Bref, les climats sont assez variés. Le groupe ne jouera en tout cas qu'une heure seulement, sans rappel. Pas de discours, pas de démesure à part celle des morceaux dont le côté bizarre ressort davantage en concert, pas de tenues excentriques, juste un groupe très professionnel finalement. Je vais donc aller me réécouter de ce pas les deux albums de Wild Beasts, histoire de vérifier tout cela sur disque, car j'ai dû passer à côté de quelque chose, c'est sûr.

Merci à Paul de karmacoma.fr pour la photo ci-dessus et la vidéo ci-dessous.

The Flaming Lips - I Can Be A Frog

Je ne pouvais pas résister et ne pas vous mettre la vidéo complètement barrée du formidable "I Can Be A Frog" extrait du nouvel album des Flaming Lips.

The Flaming Lips - Embryonic

Et voici le nouvel album tant attendu de la bande de Wayne Coyne, le bricoleur génial des "Lèvres en feu" ! Personnellement, après le décevant "At War With The Mystics", c'était l'un des albums de la rentrée dont j'attendais le plus la sortie. ("rentrée ... sortie", ah ah ah, je suis drôle ce matin ...) Et puis, malheureusement pour moi, je suis une fois de plus déçu. Alors, bien sûr, certains pourront tout de même y trouver leur compte dans ce long nouvel album (18 titres !). Les Flaming Lips ont durci un peu le ton, avec la présence de grosses basses dans beaucoup de morceaux : l'influence des Chemical Brothers avec qui ils avaient travaillé il y a quelques années ? Mais des Chemical Brothers sur lesquels on ne peut pas danser, sous anti-dépresseurs. Et puis, tout de même, quelques titres plus doux et mélodiques, même si trop peu à mon goût, comme le formidable "I Can Be A Frog". Et oui, il m'en vient à regretter l'époque bénie de "The Soft Bulletin" et "Yoshimi ..." dont je vous reparlerais sans doute prochainement, époque où Coyne était plus inspiré que jamais. Même si je reconnais que ce groupe a l'énorme atout de ne jamais faire de surplace, je ne suis, pour ma part, pas forcément décidé à le suivre coûte que coûte, dans tous ses délires - en parlant de délire, il faut d'ailleurs aller les voir sur scène. Et ce "Embryonic" m'a laissé plutôt de marbre. (Site officiel)

6/10

Chroniques :
Fluctuat.net
OnLike
Popmatters

12 octobre 2009

Mes indispensables : Brigitte Fontaine - Brigitte Fontaine est ... (1968)

Premier disque français parmi mes indispensables, voici la bargeotte Brigitte Fontaine ! Et oui, à l'heure où elle vient de sortir un nouveau disque "Prohibition" dont la critique devrait intervenir bientôt ici, j'ai trouvé qu'il était judicieux de revenir sur sa carrière et notamment sur son premier véritable disque. (Il paraît qu'elle renie un peu les précédents) Et c'est une vraie claque ! Tout y est dit, le génie de cette femme-là n'est déjà plus à faire. Les textes sont magnifiques de drôlerie et de désespérance : "Il pleut, c'est tout ce qu'il sait faire", "Je t'aurais bien invité à prendre le thé dehors ... dommage que tu sois mort." ou "Cet enfant que je t'avais fait ... te souviens-tu ? ... qu'en as-tu fait ?" ... C'est littéraire, absurde, le duo avec Higelin, l'ami de toujours, rappelle fortement l'univers surréaliste d'un Ionesco par exemple. On pourrait décortiquer pendant des heures chaque chanson ... Et que dire des arrangements ? Inventifs, légers, pile-poil raccords avec les paroles. Le compositeur Jean-Claude Vannier n'en est alors qu'à ses débuts, il sera ensuite en grande partie responsable du son de "Melody Nelson" de Gainsbourg ou du "Bal des Laze" de Polnareff. Bref, on a affaire ici à un véritable chef d'oeuvre. Alors, on a beau trouver depuis, cette femme complètement déjantée, zarbie, allumée, droguée, alcoolique, moche, j'en passe et des meilleurs, il en restera au moins ce disque-là et puis quelques autres grandes chansons comme le fameux "Comme A La Radio" - la chanson seulement, j'accroche un peu moins à l'album (trop jazz expérimental pour moi). La pochette, très belle, au demeurant : ce point d'interrogation avec Brigitte Fontaine au milieu, le tout entouré d'un tableau macabre de Jérôme Bosch résume parfaitement bien l'ensemble.
Aujourd'hui, quelqu'un comme Philippe Katerine lui doit tout ou presque. Elle est l'une des seules, dans la chanson, à être capable d'allier humour et exigence artistique. Si certains pleurent encore la mort d'un Bashung, il nous reste encore quelques grands artistes vivants dans la chanson française et Brigitte Fontaine en fait indéniablement partie. Et je ne dis pas ça, parce qu'elle est bretonne et que des groupes comme les Sonic Youth en sont fans. A la question de cet album, une seule réponse possible pour moi : Brigitte Fontaine est ... follement géniale.

11 octobre 2009

Place de concert ...

J'ai gagné une place pour le concert de ce soir à la Maroquinerie mais je ne pourrais malheureusement pas y aller. Il s'agit de François And The Atlas Mountain et de Michael J. Sheehy. Pas de question particulière à vous poser, c'est juste le premier ou la première intéressé(e) qui me contacte par mail (lamusiqueapapa@gmail.com) qui empoche l'invitation ... A vos marques, prêt ...


9 octobre 2009

Lasciatemi cantare (con la chitarra in mano) *

Aujourd'hui, le thème de ma chronique honteuse porte comme vous avez pu le constater avec le titre de ce post sur l'Italie. Mais pas n'importe quelle Italie, pas celle qui chante dans la langue de Dante, mais celle qui a voulu s'essayer au milieu des années 80, à la langue de Shakespeare et qui a rencontré un succès considérable. Tous ces chanteuses, chanteurs et groupes ont depuis totalement disparus, ils n'ont fait pour la plupart qu'un tube ou deux puis sont partis aussi vite qu'ils sont arrivés. Ils ont pourtant squattés les premières places de tous les Top 50 européens de l'époque. Et aujourd'hui, plus aucune radio ou presque n'ose passer ces chansons. Pourquoi ? Parce que c'est la honte, quand même. Heureusement, la musique à papa est là et a fait son petit travail d'archives. (YouTube et DailyMotion sont d'excellents outils pour ça) Ceux qui, comme moi, ont connu cette époque bénie (???), iront peut-être de leur petite larmichette de nostalgie, les autres passeront sans doute complètement à côté. Mais tant pis, je prends le risque. Attention, pour les oreilles et les yeux sensibles, ça peut faire mal quand on n'est pas prévenu. C'est parti ! Ceux qui veulent tenter le blind test, il est quand même costaud ...
A tout seigneur, tout honneur, commençons par Opus, dont le succès de son "Live Is Life" leur a même permis de devenir le générique des très convoitées vachettes d'Interville (la classe, quoi !) :

Cette moustache, mon dieu, cette moustache !

Mais parmi ces chanteurs, il y avait bien sûr des playboys. Logique quand la musique n'est pas la priorité, il faut miser sur autre chose. Avec le pathétique Den Harrow et "Future Brain", ça saute aux yeux :

Autre succès interplanétaire (oui, oui, je vous assure ...), celui de Baltimora et son "Tarzan Boys" :

Mais qu'est-ce que c'est que ce look et ce maquillage ! Drôle de vision de Tarzan, l'homme de la jungle ...

Et eux, ils étaient pas mal non plus : (Finzy Contini - Cha Cha Cha)

Le playback est horrible et que dire de la chorégraphie !

Et maintenant, le lover made in eighties : pas très beau avec costume à carreaux improbable et super macho ... (Andrea - I'm a lover) :



Un dieu du synthé (ah le célèbre jeu de synthé à une main des années 80 !) avec le catogan et le costume façon Albator piqué à Laurent Voulzy, c'est Ivan avec "Fotonovella".


On dirait Mike Brant et admirez la danse sensuelle de sa partenaire : la choré n'a pas été répétée, on a quand même l'impression qu'elle improvise un peu ... (Monte Kristo - The Girl Of Lucifer)


Jackie Quartz qui aurait abuser du Studio Line, non, ce n'est pas possible, elle n'est pas réelle, c'est juste une illusion (je sais elle est facile ...) C'était l'inénarrable Spagna avec "Easy Lady".

Bon, il y en a eu plein d'autres, mais il fallait bien faire une sélection et j'avoue qu'elle n'a pas été si facile que cela ...

Sur ces relents de nostalgie de supermarché, bon week-end à tous,

* Laissez-moi chanter (la guitare à la main) extrait du célèbre "L'Italiano" de Toto Cutugno

Sonic Youth (12/15) : Murray Street


Sonic Youth, le retour ! Et oui, ça faisait déjà un petit moment que je ne vous avais pas bassiné avec eux ... J'en étais à "Murray Street", qui peut sans doute être considéré comme un disque charnière dans la carrière du groupe. Le guitariste Jim O'Rourke fait désormais officiellement partie du groupe et cela s'entend quand même un peu. Sonic Youth s'oriente alors vers ce qu'on a communément appelé à la fin des années 90, le post-rock, mouvement dont les principaux groupes avaient pour nom Tortoise ou les canadiens de God Speed You Black Emperor!. Le son s'est adouci un peu, les guitares sont encore plus mises en avant pour de longues plages instrumentales. Pourtant, s'il est considéré par beaucoup (Pitchfork, une fois de plus en tête) comme le meilleur disque du groupe de ce nouveau siècle, je le trouve tout de même inférieur aux deux suivants par exemple, plus tranchants, plus pop, plus mélodiques. Oui, "Sonic Nurse" et "Rather Ripped" sont les deux albums qui m'ont fait aimer Sonic Youth. Mais j'en reparlerais bien sûr plus longuement ...

Clip de "The Empty Page" :

Montgomery - Stromboli

Et voilà désormais la chronique française hebdomadaire ! Cette semaine, j'ai un peu de retard, car le disque est sorti il y a déjà pas mal de temps. Il s'agit de "Stromboli", le deuxième album des Rennais de Montgomery. Je dois dire que celui-là, je voulais le chroniquer depuis longtemps, mais ce n'est pas le genre de disques dont on parle comme ça, à la légère. Alors, j'ai attendu, j'ai pris mon temps. Pourquoi ? Parce que "Stromboli" est ce qu'on pourrait appeler un disque touffu, dense, chaque titre est une montagne russe, faite de montées, de descentes, de bifurcations en tout genre. C'est riche, trop riche même que ça en devient parfois indigeste. Ben, ouais, à la première écoute, on se dit pourtant que cela doit être long en bouche, parce que compliqué. Et puis, plus on y revient, plus on se dit que finalement, c'est juste trop compliqué. Le plus souvent, on ne comprend d'ailleurs même pas les paroles. Dommage, car il y a de l'idée. Quelques morceaux comme "6 bonnes raisons", le single, dont je vous avais déjà parlé ici, "Mégaceros" ou "Trampoline" sont plein de trouvailles ... On dirait des Innocents qui auraient trop écouté Animal Collective. Je viens d'apprendre récemment que le groupe fera la première partie de Dominique A, à Clermont Ferrand prochainement. Et je me dis que c'est justement cela qui leur manque, la rigueur et la voix du "maître". Avec leurs idées farfelues et leurs bricolages mélodiques et ludiques, "Stromboli" aurait eu une sacré gueule. Dommage, mais Montgomery est indéniablement un groupe à suivre, car le meilleur est forcément, encore à venir. (MySpace)

6/10

Chroniques :
Music In Belgium
Zikéo
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7 octobre 2009

Yo La Tengo - Here To Fall

"Here To Fall" ou la musique tout en loopings de Yo La Tengo.

Yo La Tengo - Popular Songs


Pour continuer dans les groupes originaires de Hoboken, ville de la banlieue new-yorkaise, après les Feelies qui n'ont malheureusement plus sorti de disques depuis 1991, voici les autres gloires locales, Yo La Tengo qui eux, n'ont jamais véritablement arrêté, même s'ils se sont formés un peu plus tard. Avec déjà plus d'une dizaine d'albums à leur actif, le groupe fait figure de vieux briscards sur la scène indie rock. Pourtant, leur succès et leur aura n'a jamais dépassé un quota assez restreint de fans. Il faut dire que Yo La Tengo ne fait pas du rock comme tout le monde et ce nouveau "Popular Songs" en est une fois de plus la preuve. Chaque titre est différent du précédent. Certains sont très pop, d'autres plus expérimentaux. Ici, les morceaux les plus évidents, plus mélodiques sont placés au début, les instrumentaux à rallonge à la fin. Malheureusement, une fois de plus, je ne suis pas complètement emballé par leur musique, même si quelques titres sont accrocheurs comme "Nothing To Hide" ou le très psyché "After The Glitter Is Gone". Yo La Tengo, ce sont un peu des Sonic Youth en plus éclectiques mais moins électriques. Pas désagréable mais pas franchement inoubliable. (Site officiel)

6/10

Chroniques :
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5 octobre 2009

Noah And The Whale - The First Days Of The Spring

Dans la liste des nouveaux groupes avec des noms d'animaux, j'avais oublié de vous parler de ceux-là : Noah And The Whale. Une chanson de leur premier album figurait déjà pourtant dans ma compil des meilleurs titres de 2008. Leur musique était alors pop, enjouée, gaie, joyeuse, fraîche, simple, un peu facile diront certains. Pour leur deuxième disque, le groupe fait le grand écart et ose le folk symphonique noyé de cordes et mélancolique - le chanteur sortirait d'une rupture amoureuse. Et bien leur en a pris, car c'est immédiatement magnifique, dès le très beau morceau d'ouverture. Je n'avais d'ailleurs pas repéré sur leur premier album que leur chanteur avait une aussi belle voix. "The First Days Of The Spring" est à situer quelques parts entre les travaux de Lambchop, Red House Painters ou des Tindersticks. Pas très loin de Bill Callahan aussi. Même si le fond reste tout de même plus pop, plus anglais. Mais là où les groupes précités ont quelque peu tendance à faire des disques trop monocordes et statiques, Noah And The Whale y injecte avec parcimonie, quelques éclats de lumière, comme les belles envolées lyriques de "Blue Skies" ou "Love Of An Orchestra" par exemple. C'est donc varié, tout en restant toujours délicat et en retenue. Une vraie belle réussite, même si j'y mettrais un seul bémol, histoire une fois de plus de faire mon rabat-joie : les paroles sont souvent un peu plates. (Site officiel)

8/10

Chroniques :
The Music Rainbow
MilleFeuille
Sound Of Violence

Mes indispensables : The Feelies - The Good Earth (1986)


Après la réédition de tous les albums de Beatles (promis, c'est la dernière fois que j'en parle), voici celle, autrement plus intéressante, des deux premiers disques des Feelies. Pourquoi plus intéressante ? Tout simplement parce que ces deux-là étaient devenus presque introuvables et qu'il était donc temps de remédier à cette odieuse injustice. Surtout leur deuxième, celui-ci donc, le bien-nommé "The Good Earth". Parce qu'il n'est injustement pas considéré comme leur meilleur - on lui préfère généralement le brouillon et plus expérimental "Crazy Rhythms" -. Il est ici effectivement question de disque terrien, de folk rural, mais toujours avec ce jeu de guitares caractéristique de la divine paire Million-Mercer. Les deux compères ont arrêté les surdoses de caféine et de Guronsan et en profitent pour délivrer leur disque le plus aérien, le plus compact, le plus homogène aussi. La tension est toujours là, mais plus légère, mieux maîtrisée. Tous les titres pourraient être cités, à l'inverse de "Crazy Rhythms" où quelques uns sortent irrémédiablement du lot, il n'y a aussi pas de reprises (ni Beatles, ni Rolling Stones, ni plus tard Velvet Underground) , pas de baisse de régime non plus. On croirait d'ailleurs entendre un seul et même morceau évoluant au fil des accords de guitares et des quelques paroles murmurées plus que chantées. On pourrait donc s'arrêter dès la fin du premier morceau, le génial "On The Roof", parce que tout est déjà là, mais on continue malgré nous, parce qu'on aime ça. The Feelies, c'est le chaînon manquant entre Television pour les magnifiques enchevêtrements de guitares et R.E.M pour le côté folk mélodique. C'est Peter Buck, fan de la première heure, qui produira d'ailleurs ce disque.
J'ai découvert, pour ma part, ce groupe il y a plus de 10 ans maintenant, grâce au magazine des Inrocks, par l'intermédiaire d'un classement des meilleurs disques de la période 1986-1995, à une époque où Les Inrocks étaient encore capables de défricher de nouveaux talents avant les autres, à une époque où internet n'existait pas encore ou presque. Dernièrement, The Feelies s'est reformé - ben, ouais, eux aussi ! - pour quelques dates aux Etats-Unis. Cette réédition pourrait aussi être l'occasion d'une éventuelle tournée européenne, avec un passage par Paris. Qui sait ?

2 octobre 2009

Jean-Louis Murat - Le Cours Ordinaire Des Choses


Ah, j'allais oublié de chroniquer mon disque français hebdomadaire. Cette semaine, il s'agit de Jean-Louis Murat, qui vient encore de publier un énième album. Ben oui, même si cette fois-ci, il a mis un peu plus de temps que d'habitude : un an et demie, presqu'une éternité à l'échelle muratienne ! En tout cas, il a sans doute eu raison, car même si je ne raffole pas forcément des disques de Murat enregistrés aux States, à l'image de "Mustango", force est d'avouer que celui-là se classe aisément parmi les meilleurs du bonhomme. Bien sûr, tout n'est pas encore parfait : "Comme Un Cow-Boy à l'âme Fresh", par exemple, n'est pas très folichon. Il subsiste aussi ici et là quelques relents de country - qui n'est pas la musique que je préfère, loin de là. Mais l'ensemble est quand même très bien arrangé avec des cordes et tout et tout. Et puis il y a aussi quelques jolis titres, comme le premier assez rock et la très jolie deuxième partie du disque (hormis le "cowboy" donc). Bref, c'est de la belle ouvrage, comme on dit. Mais Murat a-t-il jamais fait un mauvais disque ? Non, sans doute. Par contre, aucun ne m'a entièrement conquis. La prochaine fois, peut-être ? (Site officiel)

7/10

Chroniques :
Good Karma
La Quenelle Culturelle
Culturopoing.com

L'empire des sens

Cette semaine, pour ma chronique honteuse, j'ai envie de vous parler de ... sexe. Et bien, oui, allons-y carrément, c'est bientôt le week-end ! Et puis, c'est assez vendeur, un peu de cul, comme on dit, non ? Le but est lâché : faire un maximum de visites sur mon blog. Et alors, le sexe en musique, ça donne quoi ? ça donne quand même quelques classiques, comme l'inusable "Je t'aime, moi non plus" de Gainsbourg, par exemple :

C'est sans doute sa chanson la plus célèbre à l'étranger. Justement, parce qu'elle est ... osée. So French ...
Dans les mêmes années en France, Polnareff, pourtant, plus soft, avec "L'amour avec toi" avait fait l'objet de censures sur les radios par chez nous. Avec le recul, c'est plutôt gentillet comme paroles :

Désolé, pour l'affreux clip mais c'est tout ce que j'ai trouvé ... Non, ce n'est pas le Captain Samouraï Flower, mais une bien triste réincarnation de Polnareff. Vous me direz, c'est un peu la même chose ...
Mais comment ne pas parler de celui qui avait mis le cul en poésie, la première grand-mère à moustache : Georges Brassens. Voici la célèbre "Fernande" reprise ici par la première dame de F., épouse de qui vous savez, et accessoirement grosse cochonne. On voit mal Bernadette chanter la même chose ... ça y est, je fais des allusions misogynes. D'habitude, je ne suis pas comme ça, c'est uniquement quand je n'aime pas. Après Barbelivien et Pagny, voici Bruni. Si c'est pas la honte, tout ça ? Georges, si tu nous entends, là où tu es : désolé.

Dans le même registre, mais en un peu plus populaire et vulgarisateur, Pierre Perret (à ne pas confondre, avec Peter du même nom, auteur du fameux "Another Girl, Another Planet" ...) expliquait le zizi aux enfants.

Plus récemment, à la fin des années 80, la déconne dans le sexe, c'était les très poétiques Elmer Food Beat et leur culcultissime "Danièla".

C'est fin, ça se mange sans faim, comme dirait l'autre. Et des chansons comme ça, ils en avaient des albums entiers. Disons que le sexe, c'était tout simplement leur créneau. Malheureusement pour eux, après "Le plastique, c'est fantastique", le public s'est lassé. Pas grave, à vrai dire.

Mais le sexe, c'est aussi synonyme d'esthétisme. D'érotisme, que dis-je. Et il y en a une qui s'y connaît là-dedans, c'est Mylène Farmer. Son succès actuel et ses deux Stade de France remplis en 48 heures, elle les doit en grande partie à ça :

Là aussi, on aurait peut-être bien aimé que le public se lasse un peu plus ...
A l'étranger, le compatriote de Nikos, George Michael avait aussi sorti, il y a quelques années, un titre on ne peut plus sexplicite pour un clip assez ... hot.

Pas très subtil non plus, mais indéniablement vendeur.
Mais alors, chanter le sexe n'aurait-il d'autres buts que de faire vendre en faisant parler de soi ?
Pas forcément, écoutez donc plutôt ce qui est pour moi, l'une des meilleurs chansons sur le sujet par Iggy et ses Stooges : "Penetration", tout un programme, on s'y croirait ;-)


Sur cette chronique graveleuse, bon week-end à tous et faites de beaux rêves ;-)

1 octobre 2009

Jay Reatard - It Ain't Gonna Save Me

Attention, cette chanson peut devenir diaboliquement addictive, ça dépote, c'est barré à souhait et le clip est à l'avenant. Une des belles surprises de cette rentrée :

Jay Reatard - Watch Me Fall

L'adage de la semaine pourrait être celui-ci : ne jamais se fier à la pochette d'un disque. En effet, après la très belle pochette du premier album de The Big Pink, voici celle moins ragoutante du dernier disque du dinguo Jay Reatard. Pour la musique, il n'y a pourtant pas photo, j'ai nettement plus accroché à celle de Reatard ! Trop vite peut-être. Car, dès le premier morceau, ça démarre sur les chapeaux de roue : "It Ain't Gonna Save Me" est une bombinette pop-punk irrésistible. Pour la suite, le soufflé retombe un peu, mais reste tout de même très agréable. Un disque qui fonctionne dans l'urgence : 12 titres de 3 minutes maxi bien ficelés, sans fioriture, mais qui ne tient pas forcément l'écoute répétée. Ce "Watch Me Fall" me rappelle d'ailleurs un peu le premier Supergrass : même énergie, même sens mélodique, même humour potache. La différence, c'est que "I Should Coco" n'a toujours pas vieilli d'un pouce, près de 15 ans après, alors que ce disque risque sans doute de ne pas passer l'hiver. En attendant, il fiche une pêche d'enfer et apporte une vague de fraîcheur plutôt bienvenue au milieu de la production musicale actuelle. (Site officiel)

7/10

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