31 août 2009

Richard Swift - The Atlantic Ocean

Deuxième chronique de nouveautés musicales pour aujourd'hui, histoire de prendre un peu d'avance sur les disques à venir de cette rentrée 2009. Pourtant, celui-là n'est pas complètement nouveau puisqu'il est déjà sorti il y a quelques mois. Il s'agit du nouvel album du songwriter américain Richard Swift. Et parmi la longue liste des songwriters venus d'outre-atlantique, celui-là se dégage aisément du lot. Son nouveau disque est pop, folk, baroque, mélodique, rempli à ras bords de synthés. C'est assez difficile de lui coller une étiquette précise, (Randy Newman ?) en même temps, ce n'est pas vraiment novateur non plus. C'est plutôt le genre de disque tout simple, qu'on prend plaisir à écouter. Ce n'est pas non plus le truc qu'on écoutera forcément dans 10 ans, en attendant, il nous aura fait passer un agréable moment et c'est déjà ça. Un disque de transition, en somme. Idéal pour affronter la quantité colossale de nouveautés qui s'annoncent pour les 2 mois à venir ... Girls, The XX, The Flaming Lips, The Dodos, Noah And The Whale, Why?, Atlas Sound, etc. C'est la dernière ligne droite : qui sortira vainqueur et sera élu musique à papa de l'année ? (Site officiel)

6/10

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Rigolotes chroniques futiles et insolentes
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Arctic Monkeys - Humbug

Voici l'un des albums les plus attendus de la rentrée : le nouveau disque des Arctic Monkeys. Après le sympathique intermède des Last Shadow Puppets, Alex Turner revient à son groupe originel. Si je n'ai jamais été vraiment fan de ce groupe sur la longueur d'un album, j'avoue qu'ils ont quand même commis quelques singles fracassants comme "Fake Tales Of San Francisco", 'Brianstrom" ou "Fluorescent Adolescent". Sur ce nouveau "Humbug", rien de tout ça : pas de single, que des titres assez quelconques. Mais que s'est-il passé ? Et bien, les Arctic Monkeys ont sans doute appris à jouer très bien de leurs instruments, mais ont malheureusement perdu tout naturel en route. Cette musique qui n'est jamais aussi bonne que lorsqu'elle est instinctive, à l'image des disques des Libertines, est ici beaucoup trop travaillée. La faute sans doute au très surestimé Josh Homme, leader des pompeux Queens Of The Stone Age - mais je ne suis pas très objectif, car je ne supporte pas ce genre de musique - qui a produit en partie le disque. Le son des Monkeys est donc plus lourd, plus viril. Plus casse-couilles aussi. Un peu à l'image de ce que sont devenus les désormais pénibles Kings Of Leon. C'est dommage car Turner a indéniablement du talent, il lui reste encore à sortir un disque vraiment marquant.(Site officiel)

5/10

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Fluctuat.net
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Mes indispensables : Pixies - Doolittle (1989)


Bon, cette fois-ci, c'est un disque un plus récent dont je vais vous parler pour ma discothèque idéale. Il s'agit du fameux "Doolittle" des Pixes. Bon, c'est vrai, pour l'instant, je n'ai pas forcément des goûts très originaux et tous les disques que j'ai sélectionné sont unanimement considérés comme des classiques. Mais promis, je vous ferais bientôt découvrir (je l'espère) des choses peut-être un peu moins évidentes. Alors, pourquoi les Pixies cette fois-ci ? Tout simplement, parce que c'est mon prochain concert : je vais effectivement les voir au zénith de Paris au mois d'octobre prochain dans le cadre de leur tournée spéciale autour du 20ème anniversaire de ... "Doolittle" évidemment ! Les Pixies, même si leur musique n'est pas forcément facile d'acccès - j'avoue pour ma part avoir mis plusieurs années avant d'en tomber raide dingue - et qu'ils sont peut-être le groupe le moins glamour de l'histoire du rock : Kim Deal et ses fameuses chemises de bûcheronne ! - ont aujourd'hui un statut de groupe culte. "Doolittle", leur deuxième disque, est considéré comme leur chef d'oeuvre. C'est peut-être le seul dans lequel il n'y a rien à jeter. Ce groupe a réussi à inventer un rock hors des sentiers battus : un rock mélodique, puissant, tranchant, avec des guitares hispanisantes (surtout sur les deux premiers disques) dûes en grande partie à l'excellent Joey Santiago, des paroles faisant souvent référence à l'univers de la science-fiction, des paroles assez surréalistes en fait, en témoigne le clin d'oeil à Bunuel dans "Debaser". Frank Black ne chantait pas, il braillait, ce qui contrebalançait parfaitement avec le chant plus doux et mélodieux de la bassiste Kim Deal. Avec eux, tout était possible : plus de contraintes couplet/refrain, les chansons pouvaient partir dans tous les sens. Les mélodies pop de "Here Comes Your Man" et même un peu naïves de "La La Love You" pouvaient cotoyer des vrais morceaux de rage comme "Tame". Les Pixies restent aujourd'hui encore un groupe ovni. En quatre albums, ils ont réinventé le rock et prouver au milieu du marasme dans lequel était tombé le genre dans le courant des années 80, que tout n'avait pas encore été fait. Bien sûr, ils ont pu être inspirés par des groupes comme Husker Du ou les Violent Femmes, mais ils ont apporté la fraîcheur en plus.


Pour les avoir déjà vus en concert il y a quelques années, lors de leur première reformation, je peux vous dire qu'ils n'ont rien perdu de leur mordant et que Frank Black en concert mouille toujours autant la chemise (faut dire que l'abus de Big Mac, ça ne doit pas aider !). Quant à espérer un nouveau disque des Pixies, je pense personnellement qu'ils devraient en rester là. En quatre disques incontournables, ils avaient déjà tout dit, en témoigne la carrière des Breeders ou de Frank Black en solo qui pâtissent beaucoup de la comparaison. Quand il ne fait pas beau dehors et qu'on a un peu le moral dans les chaussettes, rien ne vaut une bonne cure de Pixies ! "This music gone to heaven" ...

Clip de "Debaser" :


28 août 2009

Paris tout c'que tu veux ...

Retour de congés mais aussi bien sûr retour de ma chronique honteuse du vendredi. La dernière fois, je vous avais parlé de ma ville natale, Rennes. Cette fois-ci, ça sera ma ville d'adoption : Paris. Ben oui, comme beaucoup, Paris a d'abord été pour moi un passage obligé, pour le boulot bien sûr. Pourtant, j'avoue maintenant n'avoir pas spécialement envie d'en partir. Je pense même avoir adopté le mode de vie parisien (métro, boulot, dodo ?) et désormais à chaque fois que je quitte la capitale, je me rends compte qu'elle finit par me manquer. Mais alors, Paris en chanson, ça donne quoi ? Contrairement, à Rennes, ici, le choix est pléthorique. Une sélection drastique a donc été nécessaire. Elle n'engage bien sûr que moi. Mais commençons d'abord par le plus insupportable, histoire de vérifier s'il y en avait besoin que cette chronique est bien honteuse. Car s'il y a un chanteur qui m'exaspère dans la chanson française actuelle, c'est bien lui : Florent Pagny, celui qui a osé entre autres massacrer Brel ... Souvenez-vous, c'était il y a quelques années, il nous chantait "Châtelet Les Halles", la célèbre station de métro parisienne. Peut-être pas si nul que ça finalement et sans doute une de ses chansons les plus dignes, toute proportion gardée :

Bon, ça y est, c'est fait, j'ai réussi à mettre du Florent Pagny sur mon blog ! J'avoue qu'il m'en a un peu coûté tout de même. Mais bon, j'avais déjà parlé de Barbelivien, alors, après, forcément, tout est possible.
Pour rester dans le thème du métro, je ne pouvais bien sûr pas passer à côté du classique "Poinçonneur des Lilas" de Gainsbourg, métier qui a aujourd'hui (malheureusement ?) disparu :

Mais Paris, pour le touriste de passage, c'est d'abord, ça : "Les champs élysées" du gentil Joe Dassin :

A cette image d'Epinal, on peut aussi préférer celle du Paris un peu plus "canaille", celle des célèbres nuits parisiennes, celle de Dutronc notamment :

Celle aussi du quartier haut en couleur de Pigalle, du groupe du même nom, avec son fameux bar-tabac de la rue des Martyrs :

C'est un peu moins propret quand même, non ? Les Taxi Girl iront même plus loin et diront carrément que Paris, ça s'épelle M.E.R.D.E., rien que ça !

Marc Lavoine, lui, préfère nous la faire façon guide touristique et jeux de mots faciles avec son "Paris" tout public :

Quant à Alain Souchon, il nous indique bien la différence qui existait (et qui existe encore un peu) entre les 2 rives de la Seine : une bourgeoise-bohème branchée culture, la fameuse rive gauche, l'autre juste bourgeoise plus orientée business ... Les couleurs politiques y étaient donc bien respectées :

Et comment ne pas finir sur le charmant Dent May et son rafraîchissant "Oh!Paris" histoire de prolonger l'été : "I finally know that I belong here in this world ..." Si c'est pas de l'amour, ça ?

Sur ce, bon week-end à tous.

The Antlers - Two

Une bien belle vidéo pour un bon titre mais, comme je l'ai dit précédemment, un peu trop répétitif et mou à mon goût ... Mais je vous laisse juger par vous-mêmes.

The Antlers - Hospice


Voici un groupe qui commence à faire pas mal parler de lui dans le milieu de la blogosphère. Leur nouveau disque s'appelle "Hospice"et pourtant leur musique n'a pas grand chose à voir avec un truc pour vieux, encore que ... Pour les situer un peu, je vais reprendre ce qui se dit régulièrement à leur sujet : c'est Bon Iver qui reprend Arcade Fire. Avec un tel programme, forcément on en salive d'avance ... Malheureusement, même si effectivement, le chanteur possède une très belle voix, les mélodies ne sont pas renversantes et l'émotion ne passe pas souvent. Mais cet avis n'engage bien sûr que moi, car vu le nombres de critiques dithyrambiques sur "Hospice", je ne suis pas sûr (une fois de plus ?) de faire l'unanimité. Pourtant, j'avoue même m'ennuyer un peu à l'écoute de ce disque. Les titres sont assez longs et finalement pas très évolutifs. Du Arcade Fire, peut-être, mais un peu mou. Il faudra attendre encore un peu avant de trouver la perle rare de la rentrée, mais je ne désespère pas ... depuis le temps que je n'ai pas mis un petit 8 ... (MySpace)

6/10


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27 août 2009

Sonic Youth (9/15) : Washing Machine

Neuvième album de Sonic Youth et l'impression que le groupe tourne quand même un peu en rond. Avec le précédent "Experimental, Jet Set ...", ils semblaient pourtant avoir pris leur distance avec la vague grunge généré par Nirvana. Avec "Washing Machine", c'est le retour à des choses plus connues et des rythmes plus typiques du groupe new-yorkais. Et bizarrement, c'est justement le genre de disques qui rebutera sans doute le plus le néophyte de leur univers. Car ce qui est classique chez Sonic Youth ne l'est justement pas du commun des mortels. Cet album retourne donc à l'esprit de "Dirty" et même s'il contient son lot de bonnes chansons comme l'efficace "Becuz", la gentille ballade "Little Trouble Girls" (en duo avec la bassiste des Pixies et Breeders Kim Deal) ou le très étiré et expérimental "The Diamond Sea", "Washing Machine" n'est pour moi pas un disque très marquant dans la carrière de Sonic Youth. Les morceaux ont beau être aussi longs que sur "Daydream Nation", ils n'en ont pas toute la puissance et la complexité. S'amorce alors une période où le groupe restera un peu en retrait de l'actualité musicale : manque de renouvellement ? manque d'inspiration ? recherche d'un second souffle ? Un peu de tout ça sans doute. Bien sûr, les fans purs et durs resteront présents et fidèles. Pour les autres comme pour moi, il faudra patienter encore quelques années ...

Clip de "Little Trouble Girls" :












26 août 2009

Dan Deacon - Paddling Ghost

Dan Deacon, déjà responsable d'un des meilleurs disques de l'année nous concocte une vidéo bien sympathique et bien barrée, à l'image de sa musique. Et si "Bromst" était finalement supérieur à "Merriweather Post Pavilion" ?

25 août 2009

La Roux - La Roux

Voilà la nouvelle chanteuse hype du moment, dans un genre un peu différent de Florence And The Machine ou de Bat For Lashes. Même si le look est encore ici primordial. Mention spéciale pour la belle mèche ... rousse bien sûr ! Et la musique dans tout ça ? Et bien, c'est très orienté eigthies, très synthétique, mais à la sauce moderne. C'est quand même un peu moins cheap que Modern Talking ! Et on se laisse prendre facilement au jeu sur les premiers titres comme "In For The Kill" ou "Tigerlily". C'est simple, dansant, mélodique, facile d'accès, prêt pour affronter les dancefloors. Le problème, c'est justement que passer ces quelques premiers titres, ça s'essouffle assez rapidement pour flirter allègrement avec la mièvrerie. Quand le rythme diminue, cette musique perd indéniablement de son intérêt. De toute façon, je suis sans doute trop vieux pour me laisser prendre à ce genre de hype. J'ai (malheureusement?) passé l'âge d'aller danser en boîte ... (MySpace)

4/10

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There And Back Again

24 août 2009

Mes indispensables : David Bowie - Hunky Dory (1971)

Mes indispensables : le retour ! Et oui, comme promis, chaque lundi, je continue le parcours de ma discothèque idéale avec cette fois-ci, le grand, l'immense David Bowie. Bon, je sais, tout ça demeure très subjectif, mais ce chanteur en plus, d'avoir sorti une palanquée de chefs d'oeuvre pendant la décennie des années 70, est associé pour moi, à pas mal de choses et d'événements personnels. "Hunky Dory" correspond sans doute à son premier grand disque. Avant il y avait bien "Space Oddity" ou "The Man Who Sold The World", mais rien qui réussisse à tenir la route la durée d'un album. Ici, il y a par contre pléthore de chansons mémorables : "Changes", "Life On Mars", "Quicksand", etc. Bowie y avoue sa passion pour le Velvet et Bob Dylan, mais tout en gardant son style bien à lui, c'est-à-dire glam, "cabaret", décadent, très dandy. La classe bien anglaise quoi ! Et c'est ce qui fera finalement sa marque de fabrique tout au long de sa carrière : une inspiration très américaine avec un style et savoir-faire très britannique. Bowie, c'est aussi bien sûr une influence considérable sur tout un pan de la musique pop actuelle de Of Montreal à Arcade Fire, en passant par LCD Soundsystem.

Mais pourquoi ce disque plutôt qu'un autre ? Tout d'abord, il y en aura d'autres, parce que c'est pour moi, un artiste incontournable, même s'il n'a pas sorti un disque digne de son rang depuis belle lurette. ("Scary Monsters" ?) Ensuite, parce qu'"Hunky Dory", c'est le Bowie pas encore totalement sûr de son talent, et pourtant on sait que tout est déjà là, ce qui en fait assurément un disque attachant. Enfin, parce que ce disque, c'est aussi un tee-shirt que j'ai arboré pendant des années ... parce que c'est ce qui nous rapprochait, ma chère et tendre et moi. Mais cela est une autre histoire ...

"Oh ! You Pretty Things" :


"Life On Mars" :


"Queen Bitch" :

La Route du Rock - Dimanche 16 août 2009 au Fort St Père ...


Me voilà de retour de vacances pour un bon moment cette fois et c'est donc avec plaisir que je me plie à nouveau à l'exercice quasi quotidien de mon blog. Il faut bien s'occuper ;-)
Mais pour bien commencer cette rentrée qui s'annonce assez studieuse avec un paquet de disques sympas à sortir dans les prochaines semaines et les prochains mois, j'aimerais faire un petit flash back et vous parler quand même de la Route du Rock, puisque j'étais à Saint-Malo, ou plus exactement au fort Saint-Père le dimanche 16 août.
Des trois soirées du festival, j'avais indéniablement opté pour la plus tranquille avec des artistes comme Bill Callahan, Andrew Bird, Dominique A et Grizzly Bear. (je ne parle pas des 2 derniers groupes plutôt orientés électro voire techno, puisqu'à cette heure-là, j'étais déjà parti rejoindre mes pénates ...)
C'est la première fois que j'assistais à La Route Du Rock - je sais, c'est un peu la honte pour un breton fan de rock indé - et j'aimerais d'abord dire que j'ai été agréablement surpris par la bonne organisation de ce festival, qui plus est à taille humaine. C'est donc assez facile d'être près de la scène et l'ambiance ressemble alors plus à celle d'une salle que d'une grande messe en extérieur. En plus, pour une fois, le soleil était de la partie, ce qui n'est pas forcément gagné d'avance chez nous ...
Bref, la soirée a commencé assez tranquillement avec le concert de l'ex-Smog, Bill Callahan. Une prestation sans fausse note, de belle facture, mais un peu sage, bien dans la lignée de son beau dernier disque, même si je trouve une fois de plus qu'il manquait cette pointe d'émotion qui aurait pu emporter le public assez passif.




Après un court intermède, ce fut au tour du grand dadais d'Andrew Bird bidouillant comme à son habitude les instruments autour de lui : violons, claviers, guitares. Ce qui me fait dire que s'enregistrer en plein concert, c'est sympa quand ça ne s'entend pas trop, parce que ça permet d'écouter plusieurs instruments et mélodies en même temps même quand on est seul sur scène, mais là, j'ai trouvé que ça enlevait un peu de la fluidité de l'ensemble. Bref, un peu fouillis tout ça, même si j'ai quand même été estomaqué par la puissance de la voix du bonhomme. C'est d'autant plus dommage que cette fois-ci, il était entouré de trois musiciens et aussi d'un improbable technicien au look de membre de Black Sabbath ou du bassiste des inénarrables Spinal Tap (pour ceux qui connaissent ce film culte). Technicien bourré de tics qui entre chaque morceau venait invariablement toucher au moins à un instrument sur scène et attendait ensuite en frisant compulsivement sa moustache. Pas facile dans ces cas-là de rester concentré.





Après ces deux concerts agréables mais sans plus, est arrivée seule en scène "LA STAR" de la soirée, j'ai nommé monsieur A. Et cette fois-ci, le fait de s'enregistrer sur scène ne m'est pas apparu comme un problème, mais comme un atout, une évidence. Ce n'est pas Arman Méliès, ami de Dominique, debout à côté de moi dans le public qui me contredira ;-) Je sais que je ne suis sans doute pas objectif, mais Dominique A, sur scène, ça envoie le bois comme on dit, même tout seul. Ce type est plus impressionnant en concert, que n'importe quel Johnny de la terre - n'en déplaise à vos parents -. "La peau", "L'horizon", "Le courage des oiseaux" bien sûr et quelques titres de son dernier double album, à peine une heure de concert et un sentiment de trop peu, une grosse claque ... Encore, encore ! Il est plusieurs, ce n'est pas possible ...
Après ça, difficile d'enchaîner et c'était pourtant la lourde tâche des Grizzly Bear venus présenter leur magnifique dernier disque "Veckatimest". Et je dois dire qu'ils s'en sont plutôt bien sortis les bougres ! Belles voix, belle recherche sonore, belle énergie aussi. Les chansons y perdent sur scène en subtilité ce qu'ils gagnent en puissance ... Même si, je reste persuadé que cette musique est d'abord faite pour écouter chez soi, pour en saisir toutes les belles nuances ... J'ai quand même attendu ensuite l'arrivée de Simian Mobile Disco, histoire de, comme on dit. Mais je ne suis pas resté bien longtemps. Voir deux types gesticulés autour d'un amas de machines placées au centre d'une scène m'a assez vite fatigué. On aurait dit qu'ils participaient à une épreuve d'adresse de Fort Boyard, manquait que la clepsydre ... Mais c'est moi qui l'ait retournée complètement en pliant bagages et regagnant mon lit pour une belle nuit pleine de bien beaux souvenirs ... A l'année prochaine très certainement ...

PS : Pour des plus belles photos de la soirée que les miennes, jeter un oeil ici.

11 août 2009

Akron / Family - Set'Em Wild, Set'Em Free


Akron / Family n'est pas ce qu'on pourrait appeler un tout nouveau groupe, puisque ce "Set'Em Wild, Set'Em Free" est déjà leur cinquième album, mais j'avoue pour ma part n'avoir jamais entendu parler d'eux auparavant. Leur musique, comme le titre du disque pourrait y faire penser, renvoie directement en plein dans les années 70, période hippie. Et oui, après Devendra Banhart ou encore Animal Collective et Panda Bear, nous vivons un vrai revival hippie en ce moment. Et les Akron / Family sont un peu un mélange de tout ça : folk bien sûr, rythmes africains, déviances jazzys, etc. Leur musique est en effet assez indéfinissable et a plutôt tendance à partir dans tous les sens, à l'intérieur même d'un morceau. C'est pourquoi j'ai mis pas mal de temps à rentrer pleinement dans cet album. Et d'ailleurs, pour être franchement honnête, je n'y suis pas complètement parvenu. Le style baba cool, cheveux longs et pataugas ne correspond pas forcément à ce que je recherche. Bien sûr, il y a quelques jolis moments comme le très beau "River" ou encore les choeurs à la fin de "They Will Appear", mais après plusieurs écoutes, je trouve que l'ensemble manque encore de cohérence. De toute façon, ce n'est pas assez pop pour moi :-) (Site officiel)

6/10

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Des oreilles dans Babylone
Froggy's Delight
Bon pour les oreilles

10 août 2009

Mes indispensables : Television - Marquee Moon (1977)


Bon, c'est l'été et j'avoue que j'en ai un peu assez d'écouter toujours des nouveautés. Un peu de vieillerie, ça fait aussi du bien de temps en temps. Et comme certains me reprochent de trop critiquer et finalement de ne rien aimer, ça va me permettre de parler des disques que j'aime. Cette nouvelle rubrique sera désormais tous les lundis et s'intitulera "Mes indispensables." Cette sélection de disques (100?) correspondra à mes goûts personnels et il ne faut pas forcément y voir de critères objectifs sur les chefs d'oeuvre officiels de l'histoire du rock. Même si pour commencer, je vais vous parler d'un classique intemporel unanimement reconnu comme tel. Il s'agit de l'incontournable "Marquee Moon" du groupe Television. Parce que ce disque dépasse le cadre de la simple musique rock, pour venir côtoyer entre autres, l'univers du jazz. Avec ce disque, le groupe new-yorkais avait réussi à produire une musique de mutants, qui restera à jamais unique, "a moment in time" comme disent les anglais. Ils n'égaleront jamais ce premier essai. Tom Verlaine et son acolyte Richard Lloyd sont alors des dieux de la guitare et pour une fois, un solo de guitare n'est pas éprouvant et inutile mais participe au contraire à la magie de l'ensemble. 8 titres et autant de chefs d'oeuvre incontournables, pas une seule faute de goût. "Marquee Moon" doit autant au Velvet Underground et à la poésie d'un Lou Reed, qu'aux expérimentations sonores d'un John Coltrane. Rock, jazz, punk, personne n'a jamais vraiment réussi à étiqueter cette musique. 1977 était une année véritablement formidable.

Suite à mon profond attachement pour ce disque, j'ai été voir le groupe en concert, il y a quelques années, pour une de leurs nombreuses reformations, et j'ai malheureusement été très déçu. Television ressemblait à un groupe de vieux papys un peu aigris, se plaignant constamment du matériel soit-disant défectueux. Je n'avais pas retrouvé la magie de leur premier album. Je me suis alors dit qu'il ne fallait sans doute jamais essayer de revoir ses idoles, surtout aussi longtemps après, c'est toujours décevant. Les hommes sont quelques fois profondément ... humains. Heureusement, la musique, elle, est éternelle.

7 août 2009

Cass McCombs - Dreams Come True Girl

Et pour flirter cet été, rien de tel que ce joli slow de Cass McCombs : so romantic !

Galette-saucisse, je t'aime ...

Chose promise, chose dûe. Je vous avais dit que je tiendrais une chronique honteuse sur ma ville de naissance, à savoir Rennes. C'est donc ici et maintenant. Alors, je tiens à vous le dire tout de suite, cette chronique ne sera pas vraiment honteuse en fait, puisqu'à Rennes, vous le verrez, on a toujours su aimer la bonne musique, il suffit de voir chaque année, la programmation ultra pointue des Transmusicales, festival que le monde entier nous envie (si, si).
Commençons d'abord par les représentants les plus connus de la capitale bretonne, même s'ils n'y sont pas nés, mais juste passés y faire leurs études :

Etienne Daho (encore lui !) avec "Soudain" extrait d'un de ses meilleurs disques "Eden" :



Et le groupe Niagara, forcément : raaaaaaaah, Muriel Moreno, c'était quand même quelque chose et bizarrement, je trouve que cela n'a pas si mal vieilli :



Mais LE GROUPE qui a marqué la scène rock rennaise dans la fin des années 70 et au début des années 80, c'est indéniablement Marquis de Sade et leur leader Philippe Pascale, notre Lou Reed local :



Quelque part entre Television et Talking Heads : impressionnant pour des français, même trente ans plus tard !

Ensuite, on retrouvera Philippe Pascale dans Marc Seberg, aux influences plus new-wave, plus Taxi Girl :



Et enfin tout seul :



Je ne sais pas ce qu'il est devenu depuis ...

Ensuite, pendant plus d'une décennie, il faut bien avouer que la scène rennaise a été particulièrement calme. Et ce n'est que ces dernières années qu'elle renaît un peu de ses cendres avec notamment un groupe comme Montgomery, comparé dans les Inrocks à Animal Collective (rien de moins ) :



D'ailleurs, ça me fait penser que je n'ai toujours pas écouté leur dernier disque "Stromboli" qui devrait être chroniqué ici, d'ici peu. Enfin, j'espère.

Rennes, c'est aussi du rap avec le groupe Psykick Lyrikah dans lequel on retrouve le guitariste Olivier Mellano, connu pour avoir travaillé avec Miossec, Dominique A ou Yann Tiersen :



Et je me dis que c'est la première fois que je parle de rap ici ... ce qui n'est peut-être pas prêt de se reproduire ...

Tiens, pour finir, j'allais oublié Billy Ze Kick et les gamins en folie et leur fameux "Mangez-moi, mangez-moi" qui avait connu un gros succès au milieu des années 90. Avec les paroles en bonus (elle est pas belle, la vie !)



Sur ce, allez le Stade Rennais et bon week-end à tous,

Cass McCombs - Catacombs


Et voilà, je continue mes chroniques estampillées "Best New Music" chez Pitchfork, avec cette fois-ci un délicat songwriter américain. Même s'il a plutôt un nom qui fleure bon l'Ecosse : Cass McCombs. Sa musique fait un peu vieillotte, mi-Motown, mi-Beatles, comme ce formidable premier titre "Dreams-Come-True-Girl". D'ailleurs, je trouve que l'intérêt de ce cinquième album "Catacombs" réside presque exclusivement dans ce morceau. Le reste, en rapport est décevant, fade et assez ennuyeux, les titres s'étirant souvent inutilement sur plus de 5 minutes. Mais cette ouverture du disque, je ne sais pas vraiment pourquoi, je trouve que ça fonctionne. Pourtant, la musique fait très "Stand By Me", les paroles sont un peu gnangan : "You're not my dream, girl. You're not my reality, girl. You're my dreams come true, girl". Mais il y a quelque chose de profondément lumineux, là-dedans, d'immédiat. C'est le slow qui tue, comme on dit. Imparable. Surtout, quand intervient en fin de morceau, la belle voix de l'actrice Karen Black, qui a, notamment joué dans "Easy Rider" ou "Complot de Famille" d'Hitchcock. Roy Orbison, sors de ce corps ! (MySpace)

6/10

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6 août 2009

Pink Mountaintops - Execution

Les canadiens de Pink Mountaintops se font remplacer pour un joli groupe de filles dans le clip de "Execution " :

Sonic Youth (8/15) : Experimental, Jet Set, Trash & No Star


Après le succès de "Dirty" dû en grande partie à l'ouragan Nirvana et au mouvement grunge, Sonic Youth, en bons empêcheurs de tourner en rond, décide de brouiller les pistes avec ce "Experimental, Jet Set, Trash And No Star". Ce n'est pourtant ce qu'on pourrait appeler un disque expérimental, loin de là, les morceaux étant même assez resserrés, presque pops, mais il fait surtout preuve d'une certaine variété d'inspiration. "Bull In The Heather" est un de mes morceaux préférés du groupe, avec cette guitare tranchante, cette basse sautillante et ce chant phrasé et nonchalant de Kim Gordon. "Winner's Blues" est une très belle ballade folk. "Waist" serait digne de figurer sur le classique "Goo" pour son efficacité mélodique. Bref, chacun des titres possèdent son petit univers personnel, ce qui fait finalement de cet album, un disque assez attachant, même s'il n'est souvent considéré que mineur dans l'immense carrière du groupe. Je le trouve en tout cas bien supérieur au précédent "Dirty", car Sonic Youth y prend à nouveau des risques, preuve que ces lascars-là ne feront jamais une carrière en ligne droite, ce qui doit sans doute faire partie de leur charme.


Clip de "Bull In The Heather" :

4 août 2009

Sunn O))) - Monoliths And Dimensions


C'est le premier disque de metal chroniqué ici. Il s'agit du groupe américain Sunn O))). Leur musique est assez indescriptible : c'est du gros son avec des grosses voix, vous savez ce genre de voix bien mâles et peu exagérées que peuvent prendre les chanteurs de metal justement. Mais c'est tout de même du gros son un peu particulier, un genre de mur du son "atmosphérique" en quelque sorte. Un de ces trucs évolutifs (mais ici pas trop en fait) qui s'obtient juste quand on met les amplis à fond sans véritablement jouer de la guitare. En conclusion, c'est typiquement le type de musique que j'abhorre : ça fait mal à la tête et c'est aussi un peu risible surtout quand le chanteur se met à chanter avec cette espèce de voix d'outre-tombe forcée. Même si c'est un rire jaune, car ce disque fiche indéniablement les jetons, et est comme son nom l'indique un monolithe. Un truc uniforme, une masse énorme, un son brut, une enclume. Oui, c'est ça, ce disque me fait l'effet d'avoir pris une grosse enclume en pleine tronche. Après ça, je n'ai pas vraiment envie d'y revenir. Je ne suis pas maso quand même ... On ne m'y reprendra plus à écouter du metal. Pourtant, à la toute fin du dernier morceau de 16 minutes - "Alice", de loin le plus écoutable du lot - on apercevrait presqu'un peu de lumière avec quelques jolies notes de trombone, de harpe ou de flûte ...presqu'un peu trop "fleur bleue" à mon goût. Non, je plaisante ;-) (MySpace)

3/10


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3 août 2009

Hatcham Social - Murder In The Dark

Et ça faisait longtemps que je n'avais pas posté de nouvelles vidéos. Voici donc celle de "Murder In The Dark" de Hatcham Social, dans la pure lignée de Suede, la mèche à la Brett Anderson ... mais avec un drôle de pull ... pas très glam tout ça !

Hatcham Social - You Dig The Tunnel, I'll Hide The Soil


Cet album est sorti il y a quelques mois déjà. Je profite donc de l'été, période plus calme en termes de sorties musicales, pour rattraper un peu mon retard pris depuis ce début d'année. Ils s'appellent Hatcham Social, sont anglais et font ... de la britpop ! Et oui, après le revival new-wave, puis shoegaze, il était normal que l'on passe maintenant à la britpop, ce courant éphémère du milieu des années 90, provenant uniquement de Grande-Bretagne et dont les deux principaux groupes resteront Oasis et Blur. Mais le style de Hatcham Social s'apparenterait plutôt à celui de ceux qui ont peut-être été les précurseurs du mouvement, j'ai nommé Suede. Et Suede, c'était très inspiré du Bowie du début des années 70, période Ziggy Stardust ou des Smiths, période "Meat Is Murder". Bref, la musique de ce tout nouveau groupe n'a donc rien de véritablement nouveau et ce n'est d'ailleurs pas toujours très réussi, il faut bien l'avouer. De plus, la guitare n'est pas aussi folle que celle d'un Bernard Butler à ses débuts, Mais pour moi, cette musique rappelle de très bons souvenirs ("Animal Nitrate" ?) et rien que pour ça, le disque passe en boucle depuis quelques jours dans mon baladeur MP3, ce qui n'est déjà pas si mal ;-) (MySpace)