29 mai 2009

Passion Pit - Manners


Alors voilà un groupe qui devait être ce qu'on a pour habitude de présenter comme la hype du moment. Qui devait, car si les premiers EP de Passion Pit avait engendré un gros buzz sur la toile, l'album a plutôt tendance à se faire démolir un peu partout sur la blogosphère. Mais pourquoi tant de haine ? Ce groupe n'en mérite sans doute pas tant. Pas tant d'éloges ni tant de critiques. Soyons francs, "Manners" n'est pas un disque extraordinaire, et ne passera sans doute pas à la postérité. Il se contente comme qui dirait de faire du neuf avec du vieux, de manière plus ou moins habile. Plutôt habile sur le début du disque et aussi sur le tube en puissance "Sleepyhead", beaucoup moins le reste du temps. Alors voilà, Passion Pit est peut-être déjà un groupe mort-né : encensé trop tôt, les réserves actuelles sur leur disque pourraient entraîner leur chute définitive. Mais il leur reste quand même la scène qui devrait faire ressortir le côté festif de leur musique (ne pas se fier à la pochette sombre de l'album) et leur faire reconquérir une poignée de fans, surtout dans la future période des festivals d'été qui s'annonce. Alors, "Sleepyhead", tube de l'été 2009 ? En tout cas, ça ne serait pas forcément une mauvaise nouvelle pour nos oreilles. (MySpace)

5/10

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27 mai 2009

Phoenix - Wolfgang Amadeus Phoenix


Après Jason Lytle, voilà une autre déception : le nouvel album de Phoenix. Pourtant, le titre était prometteur, mais tout de même un peu pompeux (règle d'or : toujours se méfier des titres pompeux) : "Wolfgang Amadeus Phoenix". Les versaillais se prennent pour des petits mozarts et même si leur précédent et excellent "It's Never Been Like That" était prometteur, on était en droit de rester circonspect devant une telle affirmation. Et on avait sans doute raison, car ici pas de morceaux très accrocheurs, pas de "Consolation Prizes", pas de "Long Distance Call", juste les un peu poussifs "Lisztomania" et "1901". Du Phoenix pur jus au niveau du son, car s'il y a une chose qu'on ne peut pas leur reprocher, c'est justement d'avoir leur son bien à eux. Mais niveau mélodie, je trouve qu'ils sont quand même un peu en roue libre cette fois-ci, ça sent le manque d'inspiration tout ça. En plus, tous les titres se ressemblent. Alors, Phoenix est-il le plus grand groupe de pop française ? Pas sûr. En tout cas, cela reste sans doute celui qui est le plus reconnu par les médias anglo-saxons, qui, bizarrement, semblent plus apprécier que nous, leur musique. (Site officiel)

5/10

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26 mai 2009

Jason Lytle - Yours Truly, The Commuter


Après la triste fin de Grandaddy, un des meilleurs groupes pop des années 2000, voici son ancien leader, Jason Lytle, qui décide de continuer l'aventure en solo. Et forcément, on a hâte d'écouter ça. Malheureusement, on ne devrait pas. Parce que "Yours Truly, The Commuter" n'est pas bien folichon. Pourtant, ça commence plutôt pas mal avec le titre éponyme. On y reconnaît instantanément la patte du bonhomme. Par la suite, il y a bien un ou deux morceaux sympas, mais franchement, où est passé le Grandaddy de la grande époque, celle de "The Sophtware Slump" ou de "Sumday" ? Pourtant, Jason Lytle était quasi seul aux manettes du groupe : le son de Grandaddy, c'était lui et d'ailleurs, ça s'entend un peu quand même. Mais voilà, la deuxième moitié du disque est même assez pénible, tout en ballades assez plates et on s'ennuie ferme ... Dommage, dommage, on aurait tant aimer continuer à suivre cet artiste modeste (il vient d'une ville qui s'appelle Modesto en Californie, ça ne s'invente pas !) et talentueux. Mais là, non, l'inspiration tourne sérieusement en rond. Et puis, si c'était pour faire pareil et moins (beaucoup moins ?) bien, ce n'était pas forcément nécessaire. Bon, je sais, la note est un peu sévère, mais elle reflète ma déception. "Qui aime bien, châtie bien", comme dit le proverbe.(Site officiel)

5/10

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25 mai 2009

Grizzly Bear - Two Weeks

Le premier single extrait du nouveau Grizzly Bear : j'ai nommé l'excellent "Two Weeks".

Grizzly Bear - Veckatimest


Alors, celui-là, on peut dire qu'il était attendu comme le messie. Un peu à l'image du dernier Animal Collective. Le nouveau Grizzly Bear est effectivement un de ces albums qui fait beaucoup parler de lui dans le landernau de l'indie rock. Alors ? Chef d'oeuvre ? Tout le monde s'excite, certains sont déçus : trop compliquée, trop chiante comme musique, trop prise de tête, d'autres dithyrambiques : on ne s'en lasse pas, les morceaux sont variés, subtils. J'avoue pour ma part être un peu passé à côté des précédents disques du groupe, n'écoutant que d'une oreille discrète, ayant donc trouver les critiques un peu surestimées à leur égard. Car la musique des Grizzly Bear est de celle qui ne s'apprivoise pas facilement, il faut y retourner plusieurs fois pour comprendre toute la complexité et la finesse d'écriture. Quelque part entre les harmonies folk des Fleet Foxes et les recherches sonores d'un Robert Wyatt. "Two Weeks" et surtout "While You Wait for the Others" sont par exemple de véritables merveilles. Tout y est : l'énergie, la voix, les arrangements, la mélodie. Alors, meilleur qu'Animal Collective ? Difficile à dire, j'avoue que je n'ai pas encore entièrement digéré cet album-là, mais je sais qu'il me suivra sans doute pendant un petit moment. Pour l'instant, je dirais match nul, parce qu'il y a tout de même quelques morceaux au milieu de "Veckatimest" que je trouve un peu en retrait par rapport au reste. De toute façon, ce disque est bien positionné pour être dans les meilleurs de 2009. Incontestablement. (Site officiel)

[23/06/2009] Après plusieurs nouvelles écoutes attentives de ce disque, je craque : "Veckatimest" mérite assurément les 4 smileys. Peut-être déjà LE CHEF d'OEUVRE de l'année 2009 ! D'une richesse mélodique incroyable ...

9/10

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22 mai 2009

Sonic Youth (4/15) : Sister


Cette fois-ci, on s'attaque à du lourd, à du très lourd même, puisque "Sister" est sans doute un des meilleurs disques de Sonic Youth et des années 80 tout court. C'est un pas de géant que franchit le groupe depuis leur précédent "EVOL", qui, même s'il laissait présager un peu de la suite, ne permettait pas de penser à une telle déferlante. Car "Sister" est un formidable condensé de bruits tous azimuts et de mélodies pop. Tous les titres ou presque pourraient être cités, mais je retiendrais surtout les deux premiers : "Schizophrenia" et "Catholic Block". Deux monuments. Deux chansons où chaque seconde compte, où rien n'est laissé au hasard, contrairement à l'attitude cool et nonchalante qui pourrait transparaître à la première écoute. Car il y a ici une vraie progression à l'intérieur des morceaux. On ne sait pas où le groupe va nous amener mais on sait à l'avance que cela va être passionnant. Après, le reste, c'est de la littérature. Sonic Youth a rédéfini le rock à sa sauce. On est en 1987. Qui a dit que les années 80 n'avaient rien apporté à la musique ?

20 mai 2009

The Phantom Band - Checkmate Savage


Voici le premier disque d'un nouveau groupe écossais (et oui, encore !) : The Phantom Band. Et contrairement à des Franz Ferdinand ou autres Glasvegas, l'inspiration ici, n'est pas vraiment pop-rock. Disons que cela ressemblerait plus à du krautrock façon Can mâtiné de rock indé façon Pavement. Et pourtant, même ayant dit ça, je ne suis pas sûr d'être exhaustif, car il n'est pas évident que "Checkmate Savage" plaisent aux fans de Can comme à ceux de Pavement. Drôle d'univers donc. Car, cela part effectivement dans tous les sens, tout en restant toujours très maîtrisé. The Phantom Band devrait donc plaire aux amateurs de "nouveaux sons" - sans l'être vraiment complètement, car y-a-t-il encore des sons nouveaux ? Pour ma part, malgré le fait qu'il est difficile de ne pas être impressionné par le travail musical réalisé sur "Checkmate Savage", ce n'est pas vraiment le genre de musique que j'écouterais en boucle chez moi. Pas assez accrocheur sans doute. Et oui, j'ai des goûts assez classiques, je sais. (MySpace)

6/10

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19 mai 2009

Fanfarlo - Fire Escape

Et puis, quand même, un extrait vidéo de mon groupe du moment, Fanfarlo :

Patrick Watson - Fireweed

Le clip du premier titre du dernier Patrick Watson, le très beau "Fireweed" :

St Vincent - Actor


Elle s'appelle en réalité Annie Clark, fait à l'occasion partie du pléthorique groupe The Polyphonic Spree, a collaboré avec sa majesté Sufjan Stevens et officie en solo sous le curieux pseudonyme de St Vincent. Avec un tel nom, je ne pouvais évidemment que m'arrêter sur son dernier album en date "Actor". Bon, je vous avoue tout de suite, je ne connais rien de la carrière de ladite chanteuse et à l'écoute de ce disque, je dois dire que son univers est assez déroutant, car il est bien difficile de lui apposer une quelconque étiquette. On pourrait peut-être tout de même la rapprocher d'une Natasha Khan, voire d'une Alison Goldfrapp. En tout cas, "Actor" commence sous les meilleurs auspices, avec le formidable "The Strangers" et puis ... Et puis, mon attention se délite petit à petit, "The Party" est pas mal non plus pourtant. Mais franchement, je suis resté comme qui dirait à la porte de son univers. A bientôt, Annie. Peut-être à une prochaine fois, mais là, désolé, je n'ai pas accroché. (Bon, je sais, c'est un peu nul comme fin de chronique, mais il y a des jours comme ça ...) (Site officiel)

5/10

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18 mai 2009

Fanfarlo - Reservoir


Bon, ça faisait déjà un petit moment que je n'avais pas flashé un tant soit peu sur un disque. Et bien, c'est chose faite. Ils s'appellent Fanfarlo, ils sont anglais, mais ont un chanteur suédois. La pochette (très belle) de leur disque a été réalisée par la soeur du chanteur du groupe islandais Sigur Ros. Leur musique fait un peu (beaucoup?) penser à celle des canadiens d'Arcade Fire ou de Beirut mais aussi à celle de Coldplay (oui, je sais : terrain glissant). "Reservoir", leur premier album pourrait d'ailleurs sans doute être considéré comme l'album que la bande de Chris Martin aurait aimé enregistrer. Les musiques sont quelques fois faciles, la voix du chanteur assez quelconque, mais dans chaque morceau, il y a des bifurcations, des changements de direction, des trouvailles mélodiques qui font que ça marche. Un album pas prise de tête, qui, avec un coup de pouce du sort, pourrait même rencontrer un petit succès. Et oui, pourquoi pas ? Surtout qu'ils sont actuellement en tournée en première partie des connus mais assez indigestes Snow Patrol. En résumé, un disque qui fait tout simplement du bien d'un tout nouveau groupe à suivre. (Site officiel)

8/10

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Sound Of Violence
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15 mai 2009

La Route du Rock

Les premiers noms de la programmation du festival de la Route du Rock à Saint-Malo du 14 au 16 août prochains viennent de sortir ... Je vous laisse apprécier.
D'autres noms ne devraient pas tarder à être dévoilés.

Sonic Youth (3/15) : EVOL


Et oui, j'en avais presqu'oublié Sonic Youth avec tous ces nouveaux disques qui sortent en ce moment ! Et j'en étais à leur troisième véritable disque, "EVOL" sorti en 1986. Le son du groupe devient ici de plus en plus mélodique, pour preuve les morceaux se font plus courts, plus compacts. Les Sonic Youth se cherchent encore, ils trouveront d'ailleurs définitivement la clé dès leur prochain album. "EVOL" est donc un disque d'entre deux : pas aussi flippant que "Bad Moon Rising", pas aussi efficace que "Sister". Pas le plus intéressant du groupe, donc. Reste quelques titres sympathiques comme le dernier, le bien nommé "Bubblegum". Voilà, désolé de ne pas être plus expansif sur ce disque, mais c'est bientôt le week-end, alors ... (oui, je sais, c'est une excuse à 2 balles). Désolé aussi pour les fans qui considèrent souvent "EVOL" comme un des meilleurs albums des jeunesses soniques. Mais pas moi. Pas après avoir écouté les deux suivants.

14 mai 2009

Au Revoir Simone - Still Night, Still Light


Perdu dans la liste gargantuesque des albums que j'avais envie d'écouter, il y avait ce nouveau disque de Au Revoir Simone, un trio de jolies jeunes filles (un girls band ?) venues de New-York (une fois de plus). Elles font de la pop douce matinée d'électro. Douce, c'est le moins qu'on puisse dire d'ailleurs, leur musique n'est pas désagréable dans le fond et s'écoute gentiment, mais cela ressemble quand même fort à de la musique d'ambiance, de la musique d'ascenseur ou mieux d'aéroport. Pas de la musique qu'on écoute religieusement chez soi. Car si on n'écoute que ça, sans rien faire d'autre, on s'aperçoit que ce n'est quand même pas bien folichon. Bref, encore un groupe de filles (je vais finir par croire que je suis misogyne) nous provenant de New-York qui ne révolutionnera pas l'histoire de la musique et qui restera sans doute pour moi ni plus ni moins qu'un épiphénomène de mode (et oui, on veut nous persuader que l'avenir de la musique est féminin). Quand je pense à la quantité de disques qui sont là en attente d'être écoutés, je me dis que j'ai sans doute perdu mon temps. Mais c'est aussi un peu ça, tenir un blog de musique, non ? (Site officiel)

4/10

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Pop Revue Express
Magic
Esprits critiques

13 mai 2009

The Wave Pictures - If You Leave It Alone


Mais qu'est-il donc arrivé aux Wave Pictures depuis leur formidable précédent album chroniqué ici, il n'y a pas si longtemps ? "If You Leave It Alone" est sorti en catimini comme "Instant Coffee Baby", mais je ne suis pas sûr qu'il connaîtra le même "bouche à oreille" sur la toile. Les nouveaux Hefner et accessoirement amis de leur leader Darren Hayman viennent de sortir un album qu'on pourrait considérer comme un peu "mou du genou" et pas très varié, tout en ballades country-pop assez fadasses, il faut bien l'avouer. Où sont donc passées l'énergie et la spontanéité de titres comme "Leave The Scene Behind", "I Love You Like A Madman" ou "Just Like A Drummer" ? Dommage, dommage tout ça, car il dépend peut-être de la survie de tels groupes d'avoir son petit lot de fans et je ne pense pas continuer à les suivre si, à l'avenir, ils ne sont plus capables de rééditer l'exploit de leur précédent disque. Allez, on va dire que tout ceci est un accident, et qu'on continuera à reparler des Wave Pictures, même si malheureusement j'en doute un peu :-( (Site officiel)

5/10

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The Line Of Best Fit
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12 mai 2009

Patrick Watson - Wooden Arms


Bon, ce qu'il faut savoir une bonne fois pour toutes, c'est que Patrick Watson est un nom de groupe et non pas comme son nom l'indique pourtant un nom de chanteur. Même si le chanteur du groupe s'appelle Patrick Watson. Et oui, pas simple les gars. Ils sont canadiens et ont comme principales sources d'inspirations Jeff Buckley, Pink Floyd mais aussi Debussy et Satie. Pour ceux qui ont aimé DM Stith, c'est aussi assez proche musicalement. J'avais adoré leur précédent disque "Close To Paradise", qui portait assez bien son nom. Mais celui-là, je le trouve un ton (voire plusieurs ?) en-dessous. Il est pour moi, moins fluide et aussi moins inspiré, hormis quelques titres évidents comme "Big Bird In A Small Cage" ou le dernier et magnifique "Machinery Of The Heavens" . Je me dis pourtant que c'est le genre de musique qui se laisse apprécier sur la longueur, mais j'ai beau réécouter "Wooden Arms" plusieurs fois, je n'accroche pas complètement. Je n'y peux rien mais je constate que mon attention baisse par moments, ce qui ne m'arrivait pas avec "Close To Paradise". Qu'on se le dise, pour moi, le nouveau Patrick Watson est donc une déception. Bon, il arrive quand le premier chef d'oeuvre de 2009 ? (Site officiel)

7/10

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Punkushion
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Bande à part
NME

11 mai 2009

Dan Deacon - Bromst


Dan Deacon est un drôle de type. D'abord, il ne ressemble pas à grand chose, il faut bien l'avouer. Son look pourrait même paraître pour une attitude "anti-commerciale". Sans doute parce que le gars veut d'abord faire parler de lui pour sa musique et c'est tout à son honneur. Car à l'instar d'un James Murphy, Deacon est un passionné de musique. La comparaison avec LCD Soundsystem ne s'arrête d'ailleurs pas, leur musique est assez proche et pourrait être considérée comme du Brian Eno version années 2000, savant bricolage de sons électroniques et de pop-rock mélodique. Sur "Snookered", on croirait d'ailleurs entendre Eno. Puis, dans le même morceau, l'apparition soudaine de rythmes tribaux ferait plus penser au dernier Animal Collective. Animal Collective, LCD Soundsystem, on a fait pire comme influence, même si Deacon fait de la musique depuis quelques années déjà et il est difficile de savoir qui a inspiré qui. Bref, pas étonnant que Pitchfork en dise du bien. Pourtant, je mettrais un bémol à tout ça. Les titres sont trop longs, l'album aussi et l'ensemble peut devenir fatigant à force. Et puis, ça tourne quand même un peu en rond, ou plutôt ça part un peu trop dans tous les sens. Au final, ce n'est pas aussi renversant que la musique des deux groupes susnommés. Et m..., je vais encore mettre pour la énième fois, la même note ! (un site officiel pas très beau ...)

7/10

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6 mai 2009

The Horrors - Sea Within A Sea

La nouvelle hype du moment. "Sea Within A Sea" de The Horrors :

The Horrors - Primary Colours


Alors voilà le disque dont tout le monde parle en ce moment : le nouvel album de The Horrors. Pourtant, leur premier essai n'avait pas beaucoup fait parler de lui à l'époque. Alors pourquoi celui-là ? Parce que Geoff Barrow, le grand manitou de Portishead. C'est l'homme qui est derrière le nouveau son du groupe. Et cela s'entend. Surtout sur le dernier titre "Sea Within A Sea". Ce "Primary Colours" est pourtant bien dans la lignée de ce qui se fait beaucoup actuellement, à savoir un savant mélange de new-wave tendance gothique et d'influences de ce qu'on a appelé le mouvement "shoegazing" au début des années 90. Quelque part entre Joy Division et My Bloody Valentine, donc. Avec un peu du son du dernier Portishead. Forcément, on en frémit d'avance. On se dit que ça ne peut être que fabuleux. Et pourtant, je reste sur ma faim. C'est un peu brouillon, ça manque de concision. Ce n'est pas la claque du premier Interpol par exemple, même si certains titres comme "I Only Think Of You" y font beaucoup penser. "Sea Within A Sea" est bon, mais trop long, comme la plupart des morceaux. Ce qui faisait la force de Joy Division, c'était leur son tendu. Celle de My Bloody Valentine, c'était les mélodies pop sous les larsens. Ici, c'est Joy Division sans la tension, My Bloody Valentine sans les mélodies pop. Juste pas mal, sans plus. C'est dommage. (Site officiel)

6/10

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Bill Callahan - Sometimes I Wish We Were An Eagle


On pourrait facilement comparer les carrières respectives de Will Oldham et de Bill Callahan. En effet, ils ont commencé à peu près en même temps, ont sorti des disques régulièrement et sous des noms différents. Avant, Bill Callahan officiait sous le nom de Smog. Aujourd'hui, comme Will Oldham, il publie directement sous son vrai nom. Mais là où la comparaison s'arrête entre les deux hommes, c'est au sujet de leur dernier album. Je trouve en effet, celui de Callahan autrement plus réussi, plus orchestré, plus mélodique, moins country aussi, il faut l'avouer. Moins américain donc, plus ouvert, plus triste aussi bien dans la forme comme dans le fond. Sa voix chaude fait un peu penser à celle de Stuart Staples, le chanteur de Tindersticks, de Leonard Cohen ou de Mark Lanegan. C'est du folk de bonne facture, sans âge, qui aurait pu être aussi bien écrit il y a 40 ans. Bref, un album à recommander, qui se démarque aisément du commun des albums du genre, mais qui souffre quand même parfois de la comparaison avec ses glorieux ainés, Nick Drake en tête. Car il lui manque peut-être cette émotion qui aurait rendue la chose incontournable. (MySpace)
7/10

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5 mai 2009

Sonic Youth (2/15) : Bad Moon Rising

Suite de la rétro sur la carrière gargantuesque des jeunesses soniques, avec en 1985 leur deuxième véritable album : "Bad Moon Rising". Si le premier était un peu brouillon et avait tendance à partir dans tous les sens, il n'en est rien de celui-là. Et pourtant, malgré son homogéinité, il n'en est pas plus facile d'accès pour autant. Ce disque est dense, très dense, jusqu'à en être un peu indigeste parfois. Il faut vraiment faire l'effort de rentrer dedans. Sonic Youth continue ses expérimentations sonores et décide de nous faire peur. Car "Bad Moon Rising" est flippant, très flippant même. Un mélange de rock gothique et de punk. Et c'est sans doute encore un disque à réserver aux amateurs du groupe. Leur musique deviendra ensuite petit à petit un peu plus mélodique. Mais avec des titres comme "Society Is A Hole", "I'm Insane", "Death Valley 69" ou "Satan Is Boring", Sonic Youth n'a pas en 1985 leur coeur à la déconnade ...


Vidéo de "Death Valley 69" :


Yeah Yeah Yeahs au Bataclan le 30/04/2009


Jeudi dernier, j'étais au Bataclan pour mon premier concert de l'année 2009 ! Et oui, seulement ... Pas terrible quand on tient un blog de zik ! Mais pas facile quand on est nouveau papa ! Enfin, bref, c'était mon premier concert des Yeah Yeah Yeahs aussi, groupe dont j'avais surtout adoré le premier disque et un peu moins les deux suivants, surtout le dernier en fait. Mais je partais tout de même confiant, persuadé que la bande à Karen saurait tout de même être à la hauteur de l'événement. En attendant l'arrivée du groupe new-yorkais, nous avons eu droit à la fameuse première partie. Ils s'appellent HTRK, sont à priori australiens, ont sûrement des origines asiatiques vu leurs têtes, et font de la musique un peu dans l'esprit de My Bloody Valentine et je ne suis pas sûr qu'ils fassent beaucoup parler d'eux dans l'avenir. Car franchement, je n'ai jamais vu un groupe aussi amorphe sur scène. Leur jeu est statique, comme leur musique d'ailleurs : il n'y a aucune progression dans les morceaux, pas même de mélodies. La chanteuse n'a aucun charisme et son jeu de scène se résume à peu près à agiter des maracas de manière mécanique. On a l'impression d'entendre de la musique passée dans un vieux magnétoscope dont les piles seraient usées. Vous savez quand la voix devient grave et la musique ralentie. Bref, sachant que tout ça est noyé sous les larsens, cela devient vite un calvaire pour les oreilles. Une demie heure interminable. Sans doute une des pires prestations qu'il m'ait été donné de voir.


Après trois longs quarts d'heure de préparation avec notamment la mise en place d'un gros globe au centre de la scène, arrivent les Yeah Yeah Yeahs et il ne faut pas 2 secondes pour s'apercevoir de la différence entre les deux formations présentes ce soir-là. C'est souvent comme ça avec les premières parties, on a l'impression qu'ils ne servent que de faire valoir au groupe principal. Mais il faut avouer que les américains sont indéniablement puissants en concert, sans doute encore plus que sur disque. Karen O est une véritable tornade : elle s'amuse, danse dans tous les sens, hurle, chante, rie, balance des confettis, change plusieurs fois de tenues - toutes aussi bariolées les unes que les autres. Elle est incontestablement la chanteuse actuelle la plus classe et la plus rock'n'roll avec PJ Harvey. Tous les principaux tubes du groupe sont joués : "Y Control", "Maps", "Date with the night", "Gold Lion", "Zero", etc. Le public est aux anges, le set est impeccable, très pro finalement malgré l'énergie dépensée. Le seul regret, c'est que tout cela est court, beaucoup trop court, à peine 1h15 de concert. Mais on se dit que le groupe a quand même tout donné. Je sors en nage, je viens peut-être déjà d'assister à mon meilleur concert de l'année - surtout si c'est le seul ;-) A moins que je ne sois devenu "bon public", du fait que j'aille moins souvent à des concerts. D'ailleurs, j'ai trouvé ici un commentaire d'une personne un peu moins emballée que moi. Un rabat-joie sans aucun doute ;-)


Avec en bonus, une vidéo récapitulative du concert (d'assez mauvaise qualité, mais bon, cela donne quand même un aperçu ...) postée sur YouTube. On peut y entendre successivement les chansons : Heads With Roll, Cheated Hearts, Skeletons, Soft Shock, Down Boy, Zero, Y Control & Maps.