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Cut Worms - Hollow Ground

Fin mai, c'est l'heure habituelle du bouclage de la programmation de la Route du Rock collection été. À ce moment-là, les principales têtes d'affiche ont déjà été annoncées. Il ne reste donc plus que les seconds couteaux et des fois, c'est là que surgit la bonne surprise qu'on n'attendait pas. Cut Worms pourrait être celle-là. Sa pop peut d'emblée paraître un poil ringarde et datée, assez proche en cela des premiers Beatles ("She loves you yeah yeah" ou "I Want to Hold Your Hand"), de la sunshine pop californienne et des mélodies à la mode au début des années 60. Près de soixante ans plus tard, on n'en trouve d'ailleurs peu à vouloir reprendre le flambeau. Mais là où Cut Worms se différencie encore plus, c'est par sa belle science des arrangements.
Mark Clarke, le leader du groupe est un perfectionniste, c'est pour cela que ce premier album a mis un peu de temps à paraître. Quelques chansons ont été écrites il y a déjà p…
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Courtney Barnett - Tell Me How You Really Feel

Elles ne sont pas nombreuses les chanteuses dans le rock à être capable de se faire un nom aussi rapidement. L'australienne Courtney Barnett en fait indéniablement partie en se montrant avec ce deuxième album et un autre en duo avec le folkeux américain Kurt Vile, à la hauteur des espoirs générés par un premier essai unanimement salué par la critique et les amateurs du genre. Pour ma part, je n'avais pas été complètement convaincu (pourtant, le titre "Sometimes I sit and think and sometimes I just sit" ironique était prometteur) Il m'aura fallu attendre ce "Tell Me how you really feel" sans doute plus pop avec l'imparable "Need a Little Time", assurément un des meilleurs titres de 2018. Pour la musique, c'est toujours inspiré par l'indie rock des années 90, celle de Pavement surtout, avec ce chant légèrement nonchalant, ces guitares gentiment acérées (le presque punk "I'm not your mother, i'm not your bitch" dans…

Orchestre Tout Puissant Marchel Duchamp - Sauvage Formes

J'ai pris depuis quelques temps du retard dans ma chronique du "disque de la semaine", vacances obligent. Et puis, il faut dire qu'il n'y avait pour ainsi dire peu de sorties pour moi. L'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp est une drôle de formation qui, comme son nom l'indique, est composée de pléthore de musiciens (14 pour cet album d'où l'ajout de XXL dans leur nom). Ils sont suisses et défendent une politique écologique très à gauche, à l'opposé total du cliché qui voudraient que les helvètes soient tous foncièrement capitalistes. Leur leader soutient par exemple ouvertement les zadistes de Notre-Dame des Landes. Ce sont peut-être dans ces îlots ultralibéraux que les poches de résistance sont les plus fortes. Mais cela est une autre histoire. Ce qui nous intéresse ici est la musique. Celle-ci est assez atypique, car elle charrie beaucoup d'influences. La constance de chacun des 8 morceaux est un côté assez dansant. On a d'abor…

Fontaine Wallace - Fontaine Wallace

Il y a des chanteurs dont on croise la route un peu par hasard. Nicolas Falez en fait partie. Je me rappelle de son ancien groupe, Superflu, à la fin des années 90. Il affichait une certaine forme de modestie jusque dans son nom. Il avait profité alors d'un certain regain d'intérêt pour la musique d'ici (Dominique A, Katerine, Miossec, Autour de Lucie, etc). Les fontaines Wallace sont de ces belles installations qui passent malheureusement trop souvent inaperçues. Par contre, personne ne peut dire qu'elles soient superflues. Pour ceux qui savent voir, elles embellissent un cadre quotidien parfois assez gris. La musique de Falez n'a pas vraiment changé, juste mûri. Elle a passé la "quarantaine". Les textes sont sombres, assez résignés avec pas mal de résonances politiques ("président de personne", "général des défaites", "nous cherchons l'architecte mais nous n'avons trouvé que des ouvriers inquiets", etc). Des parole…

Josh T. Pearson - The Straight Hits !

Voici un gaillard qui est assez avare d’apparitions. Il aura fallu attendre dix ans entre le premier et seul disque de son groupe Lift to Experience et son premier effort solo. Sept ans sépare à nouveau ce « The Straight Hits ! » du précédent. « The Texas Jerusalem Crossroads » qui a récemment été réédité et remastérisé est en train d’acquérir un mini statut de disque culte. « Last of the Country Gentlemen » a ensuite démontré que le bonhomme était aussi capable de débrancher l’électricité sans que ses chansons perdent de leur force émotionnelle. Ce nouvel album vient une fois de plus brouiller les pistes, car c’est la première fois qu’un album de Josh T. Pearson sonne un tant soit peu « fun ». Le chanteur fait le crooner de supermarché, crie, miaule, s’amuse. Les fans de la première heure, plus adeptes de musique dite sérieuse, pourront le déplorer. Des titres comme « Loved Straight to Hell » devrait pourtant leur faire passer des frissons dans le dos. Et que dire du sublime « Y…

Eels - The Deconstruction

Une allumette prête à tout cramer et jeter ainsi à la poubelle ce qu'on a construit ? C'est le risque pour lequel Mark Oliver Everett alias Eels nous alerte sur son déjà douzième album. Le monde ne va pas bien, le chanteur est bien placé pour le savoir, lui qui a connu pas mal de déboires personnels, magnifiquement racontés dans son autobiographie, "Tais-toi ou meurs" - bizarrement traduit de l'américain "Things The Grandchildren Should Know". On retrouve sur ce "The Deconstruction", le style habituel et familier de Eels, depuis leurs débuts fracassants sur "Beautiful Freak" - première sortie à l'époque de l'éphémère label Dreamworks Records. Ces mêmes mots simples pour nous parler de la vie, de la mort et du temps qui passe ("I have a premonition. It's all gonna be fine. You can kill or be killed but the sun's gonna shine.") Cette même variété dans les mélodies, simple et directe sur "Today is the day

Frankie Cosmos - Vessel

Voilà le genre de disques d'apparence modeste et simple (voire simpliste) qui pourrait pourtant bien vous accompagner plus longtemps que vous ne le pensez. Frankie Cosmos, alias Greta Kline, fait de la pop avec deux fois rien : des textes de post adolescente un poil torturée et accessoirement fille d'acteurs plutôt connus, des accords de guitares mineurs, faciles et archi-rabattus, des albums faits à la maison. On pourrait passer rapidement son chemin. Sauf qu'il y a ici ce qu'il existe peu ailleurs : une âme, une absence totale de calcul et de posture et surtout un talent incroyable et inné pour trousser de jolies mélodies. Les titres se suivent, pour la plupart très (très) courts, et se ressemblent - tous aussi bons.  Le disque file ainsi et fait l'effet d'une petite bombe, sans qu'on y note un seul moment faible. On se demande alors ce que pourrait faire de plus la chanteuse dans ce style si caractérisque d'indie pop, tant ce "Vessel" sonn…